Ruines de l’ancienne Assemblée nationale : Bientôt un complexe « Musée de l’insurrection-Nouvel hémicycle »

jeudi 11 février 2016 à 00h12min

Le comité d’initiative citoyenne pour la réalisation d’un complexe parlementaire intégré « Musée de l’insurrection-Nouvel hémicycle » a été reçu par le président de l’Assemblée nationale, le 10 février 2016. Les membres dudit comité sont allés exposer à Salifou Diallo le projet de l’érection d’un musée sur les ruines de l’ancienne Assemblée nationale. L’objectif est d’en faire un symbole fort de la lutte du peuple burkinabè, pour la défense de la démocratie, des institutions, de l’alternance et de la nécessité de respecter scrupuleusement la constitution. Le comité en sort renforcé dans son idée puisqu’elle est partagée par le patron de l’actuel parlement.

Ruines de l’ancienne Assemblée nationale : Bientôt un complexe « Musée de l’insurrection-Nouvel hémicycle »

La prise et la destruction de l’Assemblée nationale par le peuple insurgé le 30 octobre 2014 a été un acte symbolique, mais aussi un moment décisif dans l’insurrection populaire ayant conduit au départ de Blaise Compaoré du pouvoir. Les stigmates de cette violence sont encore visibles sur les murs noircis de fumée et les fenêtres soufflées de l’Assemblée nationale. Selon plusieurs citoyens, ces stigmates sont à conserver pour marquer la conscience nationale, constituer un lieu de mémoire et témoigner du message du peuple souverain et de la demande citoyenne du respect de sa volonté, de la démocratie et de la liberté.

Le comité d’initiative citoyenne pour la reconstruction de l’Assemblée nationale est né il y a plusieurs mois. Ladite initiative est portée par un collège de personnalités de la société civile burkinabè. Les membres de ladite initiative sont allés exposer au nouveau président de l’Assemblée nationale un projet qui nous tient à cœur, le 10 février 2016. Il s’agit de l’érection d’un musée sur les ruines des bâtiments de l’Assemblée nationale. Plus précisément, il s’agit de la réalisation d’un complexe intégré comportant un nouveau siège de l’Assemblée nationale, et l’érection d’un musée sur les ruines du parlement assiégé. Cette initiative a des visées symbolique, mémorielle, pédagogique, institutionnelle et économique. Selon ses initiateurs, elle permettra de marquer la démocratie burkinabè en renouveau, à en cimenter la légitimité dans le financement populaire de la construction du musée et à frapper la conscience des populations, des politiques et des dirigeants actuels et futurs.

Convergence de vues entre initiateurs et président de l’Assemblée nationale

Et, la satisfaction se lisait sur les visages des membres du comité à leur sortie d’audience. « Le projet que nous avons en tête, nous l’avons exposé au président de l’Assemblée nationale. Il se trouve que nos idées convergent parce que eux aussi à leur niveau, ils avaient effectivement en tête d’ériger un monument souvenir commémoratif qui va rendre hommage à la jeunesse burkinabè, à la lutte de tout le peuple burkinabè tel qu’il s’est manifesté les 30 et 31 octobre, ensuite lors du coup d’Etat manqué du 16 septembre et lors de toutes les résistances que le peuple burkinabè a déployées pour consolider ces acquis engrangés à l’occasion de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 », a confié Edouard Ouédraogo, le porte-parole du comité, à l’absence du président Luc Marius Ibriga.
Selon Edouard Ouédraogo, le public sera bientôt saisi de la question pour réfléchir sur le contenu architectural et artistique à donner à ce monument et sur les moyens de l’ériger. « Il faudra non seulement un monument commémoratif, mais que ce soit aussi l’occasion pour les Burkinabè de montrer leur capacité contributive à la réalisation de cette œuvre qui doit passer à la postérité. Donc, concrètement, nous pensons qu’il faut initier une contribution populaire. Même si elle ne sera pas suffisante, ce sera le symbole fort de la volonté du peuple burkinabè d’ériger effectivement ce musée en souvenir des luttes et des sacrifices consentis pour la restauration et la consolidation de la démocratie dans notre pays », a-t-il poursuivi.
Cette initiative citoyennese veut une contribution à la constitution de la mémoire de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la promotion de la conscience d’un renouveau démocratique au Burkina.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Messages

  • Aih aih aih aih, mr l´architecte

  • très bonne initiative. surtout l’idée de faire participer les burkinabé de toutes les couches sociales au projet est une volonté à saluer. courage

  • M. Edouard Ouédraogo , On sait que vous avez participé pleinement à cet soit disant insurrection préparer de longues dates. Notre musée national a du mal à démarrer faute de financement et vous voulez encore donner trop de problème à notre gouvernement. Vous savez ce qu’il faut pour qu’un musée fonctionne bien ? Ou bien c’est vous qui allez financer ça vu que vous avez beaucoup d’argent obtenu d’ailleurs sous le régime Compaoré. En tant que sage, je pense que vous devez réfléchir à consolider la paix, l’entente et la quiétude dans ce pays au lieu de diviser les gens.

  • Je félicite d’abord le comité qui a réfléchi dans le sens de l’érection de l’ex-assemblée nationale en un musée ; C’est bien d’avoir pensé à cela , mais je trouve que ce n’est pas "arrivé" ; Je pense que nos ministères manquent encore de locaux pour abriter certains de leurs services ou de leurs directions, si bien que des individus mal intentionnés profitent louer leurs villas à l’Etat. C’est pourquoi vous rencontrerez des directions entières dans des quartiers (six mètres)
    perdus de Ouaga Pour cela, je propose qu’on fasse des réfections du bâtiment ou que l’on reconstruise un autre qui servira à l’administration publique. Nous sommes encore en retard dans le développement et on ne peut pas prioriser des musées en lieu et place des instances administratives.

  • Quelle pédagogie pour la postérité ? "saccager et brûler pour protester ou revendiquer" ?. Non, je crois que ce n’est pas avec gaieté de cœur que le peuple a saccagé cet édifice qui est un bien national. Donc cet acte posé par dépit (certes légitime) ne serait être tout de même une pédagogie de lutte populaire à enseigner aux générations futures. Comme l’a dit le commentateur 4, exploitons de façon utile et optimale nos peu d’infrastructures administratives (d’ailleurs déficitaires). Pour ce qui est de l’immortalisation, on peut par exemple reproduire les ruines de l’AN en miniatures (à l’image des maquettes sur table), et réaliser beaucoup d’images (photos et vidéos) à conserver dans un endroit spécialement aménagé au musée national. Et utiliser le site de notre ex-AN à d’autres fins. C’est plus économique et plus utile ainsi !

  • Je suis d’accord pour le projet.
    Je propose dès maintenant que chaque ministre cotise1.5% par mois de son salaire, que les nouveaux députés cotise chacun 3% par mois de salaire et enfin les futurs DG, SG, et maires aussi donneront 1% de leurs revenus mensuels pour la construction de ce monument. Ceci leur permettra de marquer leur adhésion à la volonté populaire manifestée à travers les événements des 30 et 31 octobre 2014.
    La suite on verra.

  • bonne initiative, du courage , les burkinabès vont contribuer pour le souvenir éternel de cette révolution

  • L’idée en soi est généreuse !La question qu je me pose est de savoir si nous sommes prêts à contribuer individuellement et collectivement pour l’érection de ce musée.Il y a aussi son coût d’entretien !L’ entrée dans un musée est normalement payante.Sommes nous prêts à mettre la main à la poche pour rendre cette œuvre pérenne ou allons compter sur les touristes de passage dans notre pays pour en financer l’entretien ?Le burkinabè lambda a certainement d’autres soucis au quotidien pour aller dépenser pour visiter un musée fût-il bâti sur les ruines de l’ancienne assemblée.

  • Je pense que la réconciliation des fils et filles du pays est primordiale que de chercher d’autre dépenses pour l’état qui souffre déjà . Pour le problème des pays sous développés, chacun veut se faire voir , et chercher des points avec le gouvernement .
    Des stratégies qui mettent nos pays en retard .
    Merci

  • Les ruines de l’ancienne Assemblée nationale doivent demeurer un musée pour toute l’Afrique même si des agents vont travailler dans des bâtiments situés dans des six mètres.
    Ceux qui gesticulent qu’il faut réfectionner ces locaux au prix de la réconciliation ne veulent pas se regarder dans le miroir. La meilleure réconciliation c’est quand les preuves sont là et bien présentes : Les ruines !!!!!!!!!

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