Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

mardi 2 février 2016 à 00h29min

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a tenu ce lundi 1er février 2016 une session extraordinaire en vue d’examiner le renforcement du dispositif judiciaire du Burkina face au terrorisme. Il s’agira également au cours de cette session, de mettre en place un comité de réflexion et de propositions de résolutions sur le fonctionnement de l’institution et la vérification du quorum. Première l’année, la présente session se tient les 1er et 2 février 2016 à Ouagadougou.

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Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

Sur convocation de l’intersyndical des magistrats, les membres du Conseil supérieur de la magistrature tiennent une session extraordinaire relative aux dispositifs sécuritaires du Burkina suite aux attaques terroristes du 15 janvier dernier.
Et pour le ministre de la justice René Bagoro, « Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de renforcer le dispositif judicaire en matière de lutte contre le terrorisme ».

Raison pour laquelle, il apprécie la présente session. « Le pouvoir judiciaire sait à des moments précis, prendre ses responsabilités pour apporter sa contribution dans la construction du pays. La situation actuelle a montré que le cadre législatif et règlementaire est insuffisant. Nous apprécions cette session sui permettra de faire des propositions pour qu’au niveau de l’exécutif, nous puissions introduire les textes adéquats au niveau du parlement pour adoption » a-t-il signifié.

Ainsi, le ministre de la justice a indiqué que le gouvernement attend beaucoup de cette session extraordinaire. A cet effet, il a invité le comité de résolutions qui sera mis en place à prendre des décisions motivées. Le but étant de transmettre des décisions qui seront mises en application.

« Le pouvoir judiciaire est désormais déconnecté du pouvoir exécutif dans son fonctionnement. Il va falloir prendre des décisions mûres. Le gouvernement en tant qu’exécutif, jouera sa partition. Nous sommes preneurs de tout ce qui pourra nous permettre au niveau du gouvernement, d’améliorer nos textes, notre arsenal juridique et sécuritaire pour lutter efficacement contre ce fléau » a dit René Bagoro.

Dans cette dynamique, la présidente du Conseil supérieur de la magistrature, Thérèse Traoré/Sanou préconise la coordination des procédures judiciaires. « Les terroristes peuvent frapper à n’importe quel endroit du territoire. Il faut que le dispositif judiciaire et la police soient biens organisés. Chaque procureur est indépendant dans son domaine. Cependant, il faudrait coordonner toutes les actions en mettant en place une structure centrale pour les enquêtes et les procédures judiciaires » a-t-elle suggéré.

Par ailleurs, le ministre de la justice a saisi l’occasion pour féliciter le pouvoir judiciaire à travers le parquet et la police judiciaire pour le travail effectué dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du 15 janvier 2016. Ce fut également l’opportunité pour le ministre, d’attirer l’attention les membres du CSM sur la nécessité des textes portant fonctionnement de l’institution. Il s’agit notamment du décret devant permettre une relecture du budget de l’institution. « C’est douloureux qu’en raison des moyens financiers, nous soyons obligés de de tenir la session extraordinaire dans une salle exiguë qui est une salle d’’attente », a déploré René Bagoro.

En outre, le ministre a témoigné sa reconnaissance aux membres du CSM et sollicité leur appui pour l’accomplissement de sa mission. « Je voudrais demander votre soutien en termes de propositions et d’interpellation pour que les réformes qui ont été entamées et pour lesquelles j’ai reçu mandat de continuer la réflexion, puissent être faites dans l’intérêt des acteurs de la justice et de la population burkinabè pour laquelle nous travaillons » a-t-il dit.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 2 février 2016 à 03:44, par djinatiè
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    Bravo aux magistrats !

  • Le 2 février 2016 à 07:03, par Solidaritesf
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    Tout ça c’est bien beau mais la réhabilitation de l’appareil judiciaire passe d’abord par l’éradication de la corruption et tout ce qui s’apparente. Toutes choses qui ont élu durablement domicile dans nos palais. Puisse Dieu le juge suprême nous sauver !

  • Le 2 février 2016 à 07:51, par L’étalon99
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    et les salles de conférence des ministères, de Ouaga 2000, du CES, etc. toutes ces salles sont pour l’Etat alors où se trouve le problème de budget
    maintenant si vous voulez passer des marchés alors il faudra attendre

  • Le 2 février 2016 à 09:08, par sIL
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    IL me plait de rappeler à madame la présidente du CSM que ’’ le procureur n’est pas indépendant dans son domaine’’. Au Burkina Faso, tous les procureurs du Faso relève d’un Procureur Général. Au Burkina Faso, il y a deux procureurs généraux, qui à leur tour relèvent du ministre de la justice. Donc, à partir des Procureurs Généraux, la coordination peut se faire. Déjà, avec ce qu’on a comme structure, on n’a pas les moyens de fonctionnement, Est-ce utile d’en créer d’autres organes de plus ?

  • Le 2 février 2016 à 11:07, par lemonument
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    Courage aux magistrats ; vous avez de plus en plus les rudiments pour votre indépendance ; mais sachez que l’indépendance s’arrange à la guerre et une indépendance sans indépendance financière sera vouée à l’extinction.

  • Le 2 février 2016 à 11:57, par Kunibè SOME
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    Je suis d’avis avec l’internaute N°4. La structuration actuelle de notre appareil judiciaire permet de lutter efficacement s’il y a la volonté politique contre ce fléau si la volonté politique y est. ça ne servira à rien de multiplier les structures s’il n’y a pas les moyens pour les accompagner. Pendant que l’on servait 60 000 F CFA de carburant par trimestre à chaque chef de juridiction (un peu plus pour le Procureur), le député avait au moins 280 000 F CFA par mois, n’en parlons pas du Ministre et certains directeurs de service. Il semble qu’il y a eu une augmentation, mais toujours en deçà des besoins réels de la justice. Le problème de la justice, je l’ai toujours dit et répété, est une question de volonté politique. Si le politique veut que la justice marche comme il faut, elle marchera. Mais apparemment, le politique n’a jamais eu cette volonté ces trente dernières années. Espérons seulement qu’avec les nouvelles autorités démocratiquement installés, cette volonté politique existera et se manifestera réellement. Seront joints aux discours les actes, car "plus rien ne sera comme avant". Vivement qu’il en soit ainsi. SVP Webmaster, laissez passer.

  • Le 2 février 2016 à 14:32, par Bernard Luther King ou le Prophete Impie
    En réponse à : Conseil supérieur de la magistrature 2016 : La lutte antiterroriste à l’ordre du jour de la première session

    A quand la lutte contre l’insecurité routière, l’insecurité gastronomique (carbure et autres) ?
    L’insecurité ROUTIERE est plus grave que l’insecurité TERRORISTE. Sur la route, nous sommes tous des criminels et des victimes.. En 2000, un vehicule de transport en commun DINA de 24 places fait près de 15 morts dont un Commandant de Brigade de Gendarmerie, à l’entrée de Zorgho. A la prise de connaissance de la tragedie, il se trouvait que le conducteur en question faisait partie de ma liste NOIRE de conducteurs extremement dangereux. Eh oui, je lui avais confectionné une Fiche S en son temps, que les Français se tiennent tranquilles ! "Kuim dalgo suug sakda a to puugê" : "La daba du paresseux inveteré est plus operationnelle dans le champ du voisin". De plus, notre code penal date de 1968 (ou autour ) selon un magistrat cette année sur RTB, à quand cette mise à jour ?

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