Grand Banditisme : 11 présumés délinquants dont un ex-caporal de l’armée aux arrêts

jeudi 14 janvier 2016 à 23h18min

Un réseau de délinquants spécialisés dans les vols à mains armées dans les domiciles et les commerces a été démantelé par le commissariat de police de Nongr-Massom. Au nombre de 11, ils ont été présentés à la presse ce jeudi 14 janvier 2015 à Ouagadougou par le commissaire Mahama Kaboré et ses éléments.

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Grand Banditisme : 11 présumés délinquants dont un ex-caporal de l’armée aux arrêts

Bado Jean Marc est le chef de ce présumé gang qui a perpétré plus d’une dizaine d’attaques à mains armées dans la ville de Ouagadougou. Parmi ses hommes de main figure son frère, un ancien caporal de l’armée radié à la suite des mutineries de 2011. Il s’agit de Bado Moumouni Frédéric, précédemment vigile sur un site d’orpaillage à Boussé dans la région du Plateau-Central. Avec leurs acolytes, ils ont rendu visite à plusieurs victimes dont la pharmacie Naaba Koom située au quartier Somgandé. C’était le 16 décembre 2015. A la suite donc de ce braquage perpétré par deux individus « non identifiés » aux environs de 11h, la police a débuté ses investigations. Aujourd’hui, 11 bandits ont été mis hors d’état de nuire même si quatre autres sont toujours en cavale.

Mode opératoire

Selon le commissaire principal, Mahama Kaboré, la majorité de ces braqueurs sont des repris de justice. Ce sont donc des hommes aguerris qui ont une parfaite connaissance des techniques. Ainsi, leur mode opératoire variait selon le moment. « De jour, et à deux, ils font irruption dans les commerces déjà identifiés et se font passer pour des clients. Ils s’assurent de l’opérationnalité de leur plan et subitement exhibent leurs armes, les pointent sur les occupants de l’enceinte et passent à l’action », explique le commissaire.Et de nuit, le mode opératoire consiste à maitriser le veilleur de nuit avec «  un fil de fer mou ou du scotch transparent ». Pour parvenir à leurs fins, une cisaille et un arrache-clou sont utilisés pour forcer les entrées. Et comme tout bandit, la bande prenait le soin de positionner « de façon stratégique » leurs engins afin de prendre la poudre d’escampette en « toute assurance ».

Structures visitées et butin retrouvé

En plus de la pharmacie Naaba Koom, qui selon Dr Yasmine Congo a été victime de cambriolage à plusieurs reprises, le gang a attaqué des structures telles que le groupe OBOUF le 19 septembre 2015 à 02heures du matin ; la pharmacie Rayim Tiga, elle, a été braquée le 8 décembre 2015 à 19 heures au même moment que le point de vente Airtel Money du sieur Sawadogo Félix. Et le butin saisi par la police se compose de trois armes à feu, de sept engins à deux roues, d’un tricycle qui permettait de soustraire les engins volés, de quinze cartes SIM, des ordinateurs, de huit téléphones portables, etc.

Poursuivre « la collaboration »

Une fois de plus le commissaire Mahama Kaboré et ses hommes, tout en saluant la collaboration des populations dans cette affaire, ont invité celles-ci à continuer dans ce sens « pour construire une société paisible et sécurisée ». Et avant de rappeler les numéros verts que sont le 17, le 16 et le 10 10, les conférenciers ont insisté sur « l’impérieuse nécessité de veiller sur les armes personnelles de même que celles utilisées par les sociétés de gardiennage », puisque les malfrats trouvent les armes auprès de leurs victimes.

Katogsé Kayouré
Poko (Stagiaire)
Photo : B.P.
Lefaso.net

Quelques témoignages de victimes

Dr Yasmine CONGO, Pharmacienne à la pharmacie Naaba-Koom.

« Le 16 décembre 2015, j’étais dans mon bureau et quand je suis sortie du bureau pour donner une facture à mon magasinier, j’ai vu un agent que je ne connaissais pas à l’intérieur de ma pharmacie. Je pensais que c’était le laboratoire INSD qui venait pour nettoyer son présentoir. J’avançais et j’ai vu qu’il y avait quelqu’un dans la salle du public. Je me suis dit : « ça c’est les délégués qui chahutent ». Pour moi, ils voulaient rentrer dans la pharmacie. Mais pourquoi, me suis-je demandée ? Lorsque je me suis rapprochée, j’ai entendu quelqu’un dire à un monsieur d’avancer car cela ne le concernait pas. Je me suis posé un tas de questions avant de constater qu’ils enfonçaient le client. Ils le forçaient à rentrer dans la pharmacie et au même moment, je me suis trouvée face à un individu qui braqua le fusil sur moi. Et donc, j’ai compris tout de suite qu’il fallait être zen et ne pas faire de raffut. Ils nous ont alors guidés vers le magasin. Là, j’ai trouvé déjà mes agents qui étaient couchés par terre. Alors, les braqueurs m’ont dit de me coucher aussi et de ne pas bouger vu qu’ils ne blaguaient et disaient qu’ils allaient nous exploser la tête. Bon, on s’est couché et après ils ont fait lever le magasinier pour lui demander où était le coffre-fort. Le magasinier a répondu qu’il n’y avait pas de coffre-fort. Ils sont allés donc vers la caisse enregistreuse et ont pris l’argent liquide sans toucher aux jetons. Ils sont partis ensuite vers le secrétariat où il y avait mon pharmacien assistant qui n’était au courant de rien du tout. Là, ils les ont couchés tous les deux et ont pris la petite caissette où il y avait de l’argent pour la garde de nuit, deux ordinateurs portables puis ils sont partis. Ils ont emporté environ 212.000 F CFA. Grâce à Dieu ils n’ont touché personne et nous ont pas bousculés puisque c’est nous mêmes qui nous sommes couchés par terre ».

Aicha BA, de l’Agence Airtel Money EKAMAF

« Le 21 septembre, ils sont venus aux environs de 19 heures en face de la clinique Notre Dame de la Paix. Une fois à l’intérieur, ils m’ont dit qu’ils voulaient des cartes SIM. Le temps que je m’apprête pour les leur donner, ils ont sorti de leur sac une arme chargée. Ils l’ont pointée sur nous (elle était avec des clients, NDLR) et m’ont demandé de ramasser tout ce que j’avais. J’ai exécuté sans broncher. La scène s’est produite au moment où on arrêtait nos comptes. Ils sont partis avec la somme de 590.000, des bracelets en argent (08), des bagues et une boite de jetons. Et après, il y a un des délinquants qui a demandé de nous menotter et l’autre disait que ça ne valait pas la peine. Ils nous ont donc demandé de nous coucher par terre et ils sont repartis sur une moto de marque 135. Certes, on est ravi de l’arrestation de ces bandits mais nous ne sommes toujours pas rentrés en possession de ce qu’ils nous ont volé.

Propos recueillis par
Poko (Stagiaire)
Lefaso.net

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