Gouvernement Thiéba I : Des acteurs politiques et de la société civile confiants

jeudi 14 janvier 2016 à 00h18min

Les Burkinabè connaissent depuis ce mercredi 13 janvier 2016 les membres du premier gouvernement de Paul Kaba Thiéba. Il est composé de 23 ministres, 2 ministres délégués et 4 secrétaires d’Etat. Si les acteurs sont unanimes sur l’effet surprise que certaines nominations ont provoqué et la nécessité de juger les ministres à l’aune des résultats, ils émettent tout de même des réserves. Ils l’ont fait savoir dans ce micro-trottoir réalisé avec certains acteurs de la société civile et politiques.

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Gouvernement Thiéba I : Des acteurs politiques et de la société civile confiants

Ablassé Ouédraogo, président de « Le Faso Autrement » : « Tout gouvernement a l’obligation de répondre aux aspirations de la population qu’il est censé servir »

Nous avons, comme tout le monde, appris au réveil le mercredi 13 janvier 2016 la composition du premier gouvernement du Président Roch Marc Christian Kaboré. C’est un gouvernement de 30 membres, le Premier ministre y compris, avec une redéfinition de certains portefeuilles ministériels et l’arrivée de Secrétaires d’Etat. C’est peut-être là la nouveauté. Beaucoup de ministres de ce gouvernement ne sont pas des inconnus d’où la difficulté de penser que le Président du Faso et son gouvernement pourront véritablement imprimer le changement demandé et relever les défis auxquels notre pays est confronté à cette étape de son histoire.

Par essence, tout gouvernement a l’obligation de répondre aux aspirations de la population qu’il est censé servir. Comme vous le savez, aucune nomination politique n’est gratuite. Pour le Burkina Faso d’aujourd’hui, les attentes des populations sont nombreuses et les demandes sociales et de justice sont énormes et tous les Burkinabè attendent des résultats et immédiatement. Certainement que la déception n’aura pas de place car les populations savent ce qu’elles veulent et pour ce faire, elles veillent au grain. Depuis l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, rien ne peut plus être comme avant au Burkina Faso. Je suppose que la désignation des membres du gouvernement a été bien réfléchie vu le temps qui a été pris pour sa formation. Le gouvernement sera jugé aux résultats et comme on le dit, c’est au pied du mur qu’on reconnait le bon maçon. Je souhaite tout simplement que le gouvernement puisse travailler à satisfaire les demandes des populations. Plus que jamais et pour répondre au besoin de changement des populations, le Burkina Faso a besoin de faire autrement.

Daniel Da Hien, ligue des consommateurs : « Je vois Simon comme celui qui va remettre de l’ordre dans le pays »

Le gouvernement est enfin tombé et il faut saluer la richesse de sa composition. J’ai trouvé un gouvernement composé de technocrates et de politiques. Le maillage a été bien effectué pour faire face aux problèmes qu’il y a à résoudre.
Maintenant tout le monde attend de ce gouvernement des changements effectifs. On n’est plus en campagne et ceux qui ont été choisis et que nous connaissons ont chacun un parcours. Au regard de cela, leur nomination augure de lendemains meilleurs.

Pour le choix de Simon Compaoré, à ma connaissance, on ne lui a pas encore retiré son droit politique. C’est aussi le cas de Clément Sawadogo. Ils ont tous travaillé pour la victoire de leur parti. Je pense que c’est dans ce cadre qu’ils ont été choisis pour devenir ministres. Contrairement à ce que les gens pensent, je vois Simon comme celui qui va remettre de l’ordre dans le pays. Parce que si vous remarquez, on est en train de perdre notre civisme et notre citoyenneté responsable. Simon a fait ses preuves lorsqu’il était Maire de Ouagadougou.

Sinon dans l’ensemble, je suis confiant que ce gouvernement nous aidera à enclencher les chantiers du développement.

Hervé Ouattara, CAR : « Le programme du président Roch Marc Christian Kaboré doit être totalement mis en œuvre »

Très sincèrement je ne vois pas la jeunesse de ce gouvernement. D’ailleurs ce n’est pas la jeunesse d’un gouvernement qui répond aux aspirations du peuple. Les populations attendent véritablement autres choses de ce gouvernement que sa jeunesse. Il y a entre autres l’aboutissement des dossiers de crimes de sang et de crimes économiques. Les gens attendent également de ce gouvernement que nous puissions aller à la cinquième république et que l’employabilité de la jeunesse soit prise en compte. Et de façon générale, que le programme politique du président Roch Marc Christian Kaboré soit totalement mis en œuvre.

Nous avons espoir surtout quand on voit des gens comme René Bagoro, magistrat intègre, engagé et qui connait bien les rouages de la justice, est à même de défendre et de répondre à l’attente de la société civile et de faire en sorte que les dossiers pendants en justice puissent connaitre un dénouement. Nous sommes donc confiants mais nous attendons de voir car c’est au pied du mur qu’on reconnait le bon maçon.

Marcel Tankoano, président du M21 : « Le Burkinabè a désormais l’œil sur la gestion du pouvoir »

C’est un gouvernement qui était beaucoup attendu par le peuple et du coup, c’est un « ouf ! » de soulagement. Pour le moment, on ne peut pas faire une analyse de fond, on ne peut que jeter un regard sur la composition et dire que ceux qui ont été appelés au gouvernement doivent savoir qu’ils y sont pour servir le peuple, rien que le peuple. Ils doivent savoir également que notre pays vient de loin, et même de très loin et qu’ils sont là pour mettre en exergue les valeurs d’intégrité et de patriotisme. C’est une confiance qui a été placée en eux et, de ce fait, ils doivent travailler d’arrache-pied pour conduire le pays vers des lendemains meilleurs. C’est-à-dire trouver des solutions aux problèmes posés par les populations. Nous avons un gouvernement qui tient, en partie, compte de la jeunesse et également des femmes. Donc, on peut dire avec quelqu’un que c’est un ‘’gouvernement de reconnaissance populaire’’, même si ce n’est pas arrivé. Nous les encourageons à travailler à mieux satisfaire le peuple burkinabè. Ils doivent comprendre que les erreurs qu’on pouvait pardonner aux autres ne leur sont pas admises. Le Burkinabè a désormais l’œil sur la gestion du pouvoir, ce n’est plus comme de par le passé. Aujourd’hui, les gens sont véritablement intéressés à la gestion du pouvoir. Donc, l’ensemble du gouvernement, que nous encourageons, doit travailler seulement dans l’intérêt supérieur de la nation. Ils (les ministres) ne sont pas appelés pour faire leur propre promotion mais pour faire avancer notre pays dans la démocratie. Tous les regards sont tournés vers eux et ils doivent travailler en ayant cela en tête, ce combat du peuple insurgé. C’est impératif pour éviter à notre pays, des remous sociaux. Vous savez qu’il y a des mouvements qui s’annoncent dans certains départements. Il faut travailler très rapidement à arrêter ce qui peut paraître comme une gangrène. Nous n’aimerions plus revivre ce que nous avons connu.

En ce nouvel an, je profite pour souhaiter le meilleur pour les Burkinabè ; qu’il y ait un vrai changement, que ce ne soit pas une continuité, sinon, ça va être regrettable. Je souhaite aussi le sens de la compréhension, que 2016 soit vraiment une année où il y aura assez d’ouverture, de compréhension entre nous Burkinabè et qu’on se retrouve autour de l’intérêt national.

Propos recueillis par Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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