Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

mardi 5 janvier 2016 à 22h00min

Avocat à la Cour, expert en droit des Affaires et en Fiscalité, Dr Salifou Dembélé, est également enseignant vacataire à l’Université de Ouagadougou. Ministre de la Jeunesse, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi sous la Transition, Dr Salifou Dembélé est bien connu pour son style direct. En clair, l’homme ne va pas avec le dos de la cuillère pour dire ce qu’il pense. « Je n’ai pas la langue de bois », avertit-il même parfois avant d’aborder certains sujets. En fin de mission à la tête de son département, Dr Dembélé dresse un bilan … « sans complaisance ».

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Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

Lefaso.net : Quel est le bilan que vous pouvez faire de votre passage à la tête de ce ministère ?

Dr Salifou Dembélé : C’est toujours difficile de se juger soi-même, comme on le dit souvent. Mais comme il faut se prêter à l’exercice, je vais m’y lancer. Je pense que c’est un bilan qui est mitigé ; on voulait faire beaucoup de choses, au regard de l’importance de la jeunesse dans l’insurrection populaire. Mais, nous avons été limités, essentiellement, et par le temps et par les moyens financiers.
Mais dans l’ensemble, la chose la plus importante, c’est que nous sommes arrivés à mettre en place un certain dialogue avec l’ensemble des associations et organisations de la société civile (OSC) de jeunesse afin qu’au cours de la Transition, il n’y ait pas de troubles à ce niveau. Au sortir de l’insurrection populaire qui a été essentiellement l’œuvre de la jeunesse, ce n’était pas évident que le travail de la Transition à ce niveau-là puisse se faire dans la quiétude. Au moins, pendant tout le temps que nous avons passé à la tête de ce département, il n’y a jamais eu un mouvement d’OSC ou d’associations en ce qui concerne le département ministériel. Et cela est à mettre au crédit de tous les collaborateurs, tout le personnel du ministère ; on a tous œuvré dans un même sens. C’est-à-dire, impliquer les jeunes dans tout ce que nous faisons, dans les actions que nous voulons mettre en œuvre, de sorte que nous puissions avoir une sorte de gouvernance dans laquelle, le jeune /la jeunesse puisse avoir la place qui est la sienne. A ce niveau, on peut dire que dans l’ensemble, on est satisfait. Là où on n’a pas pu atteindre les objectifs, c’est essentiellement au niveau des questions d’emplois. Ce sont des questions de moyens dans un premier temps, et ensuite de vision et d’environnement à mettre en place pour pouvoir accompagner cette jeunesse-là. Mais le temps qui nous a été imparti ne pouvait pas nous amener à le faire et à ce titre, nous avons tracé des sillons. Donc, dans l’ensemble, on peut dire qu’on est satisfait mais, on aurait pu mieux faire.

Lefaso.net : A votre arrivée, quelle perception aviez-vous du département, quel constat en avez-vous fait et quelle image en retenez-vous à votre départ ?

Dr Salifou Dembélé : On sortait d’une insurrection et pour une nouvelle nomination, vous avez les épaules lourdement chargées et vous vous dites :est-ce que je peux arriver à mettre en œuvre toutes ces actions . Mais l’avantage, quand vous arrivez, vous êtes accompagnés par une équipe. Je profite donc de l’occasion pour remercier l’ensemble du personnel car, les gens se sont véritablement impliqués pour qu’on puisse mener les actions. J’ai rencontré de très bonnes volontés au sein de ce département et ils ont mis leurs efforts pour qu’on puisse atteindre nos objectifs.
Mais, mon ressentiment, ce que je pensais au début avant d’être ministre, et ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’il y a un déphasage total entre le secteur privé et le secteur public. Il y a un déphasage total entre les actions qu’on veut mener, les moyens et les procédures qui sont mis en place pour mener ces actions. L’administration a une spécificité qui est sa lenteur légendaire. Et je pense qu’il faut qu’on arrive à casser cette lenteur. La jeunesse est une jeunesse impatiente. Si nous avons un dispositif qui introduit la lenteur, il faut faire en sorte qu’un dossier qui doit être traité en trois mois ou deux semaines, on puisse le réduire d’une semaine. C’est du temps qu’on gagne.
Le deuxième élément, c’est qu’il y a un point important qui n’est pas beaucoup mis en exergue dans l’administration (à la différence du privé), c’est tout ce qui concerne le suivi des actions qu’on mène ; pour s’assurer que l’action a atteint ses objectifs ou pas. Si elle n’a pas atteint ses objectifs, qu’on arrête purement et simplement. En d’autres termes, on peut faire beaucoup d’investissements, beaucoup de financements sans savoir, un ou deux ans après, l’impact de ces investissements (est-ce que les jeunes que nous avons formés, les jeunes que nous avons installés…continuent à exercer leur profession ou pas. Est-ce que l’entreprise est morte, continue-t-elle d’exister… ?). C’est un problème réel qui se pose. Accompagner un jeune (soit en lui donnant un kit d’installation, soit en lui donnant un financement) suppose aussi un accompagnement quand il s’installe. Si la promotion de l’auto-emploi passe par l’accompagnement du jeune que nous installons, cela veut dire que tous les deux mois par exemple, nous devons aller voir comment ça va, est-ce qu‘il se maintient, qu’est-ce qui ne va pas, que faut-il corriger, faut-il apporter un financement complémentaire, etc. ? De sorte que l’entreprise ne meurt pas. Si l’entreprise meurt, notre investissement part à l’eau. Et si ça part à l’eau, on ne pourra pas encore accompagner d’autres jeunes ; parce que c’est à travers les remboursements qui sont effectués que nous pouvons continuer encore à accompagner des jeunes. Voilà ce que je ressens comme un petit pincement au cœur ; le côté suivi n’est pas priorisé dans l’administration et il faut qu’on aille dans ce sens. L’administration, en termes de gestion, doit aller vers une gestion axée sur les résultats ; la chose qui compte, c’est le résultat. D’ailleurs, c’est la tendance actuelle en matière de gestion de ressources humaines et il faut qu’elle puisse être le leitmotiv dans toutes les administrations. Je suis sûr que si on part sur cette base, on va atteindre un certain nombre d’objectifs. Quand j’arrivais, je pensais que tout allait aller comme sur des roulettes comme dans le privé mais là, on se rend compte qu’un dossier peut faire deux à trois jours du 2ème au 3ème étage. Et ça, c’est dans l’administration ; nous sommes dans les papiers. Même si cela (lenteur) peut s’expliquer, parce qu’un certain nombre de dossiers nécessitent des mesures, de sorte qu’on puisse faire le contrôle (je ne suis pas contre) mais je ne suis pas pour que la procédure soit trop longue. Les jeunes ne sont pas trop patients et il faut qu’on prenne en compte les préoccupations de cette jeunesse qui n’est pas trop patiente.

Lefaso.net : Vous avez entamé des reformes à votre arrivée et engagé des actions également, peut-on faire un point de ces dossiers à ce jour ?

Dr Salifou Dembélé : Je vais commencer par les actions et je pense que la première grosse action, ce sont les assises nationales de la jeunesse qui ont eu lieu à Gaoua et dont l’objectif était double. Le premier, c’est que les préoccupations de l’ensemble de la jeunesse soient entendues par les hautes autorités du pays, de sorte qu’on puisse décliner ces préoccupations en activités et en actions à leur profit. En d’autres termes, on ne s’assoit pas dans un bureau pour confectionner des actions pour les jeunes mais, on prend en compte ce que les jeunes eux-mêmes veulent pour pouvoir les mettre en œuvre. Le second point, est qu’on a profité de ces assises pour inviter les chefs d’entreprises qui sont venus à Gaoua (il y a eu une rencontre avec le Premier ministre) et où ils ont pris des engagements pour recruter des jeunes ; nous avons eu plus de 2000 promesses de recrutement. Il y a des entreprises qui ont effectivement recruté mais il n’y a pas mal qui, pour diverses raisons (vous savez que dès l’instant où vous avez l’instabilité, l’investissement s’en va ; l’argent n’aime pas les bruits de bottes), ont remis leur recrutement à l’année prochaine. On a aussi eu les Journées nationales de la Jeunesse (JNJ) avec pour spécificité que c’était toute la jeunesse du continent africain qui était à Ouagadougou. Et dans le cadre des négociations ou de la mise en œuvre de l’agenda post 2015 des Nations-Unies, les jeunes sont venus avec un certain nombre de recommandations et ils ont demandé à ce que le Président de la Transition, Michel Kafando, soit leur porte-parole auprès des Nations-Unies pour qu’on prenne leurs préoccupations en compte dans l’agenda post 2015 qui est actuellement en train d’être déroulé.
Au niveau des réformes, elles ont porté sur les aspects formation professionnelle et emploi. D’abord, au niveau de la formation professionnelle, la reforme majeure, c’est la reconnaissance directe du diplôme délivré par nos centres de formation. Avant cette réforme, les jeunes détenteurs des diplômes délivrés par les centres de formation professionnelle ne pouvaient pas accéder aux concours de la fonction publique par exemple (même si ce n’est pas l’objet premier de quelqu’un qui sort d’un centre de formation) ; parce que les diplômes qu’on leur délivrait n’était pas du tout reconnus. De la même manière, lorsqu’on les recrutait au privé, on ne savait pas où les classer pour pouvoir faire appliquer une grille salariale. Cette question est désormais réglée définitivement par la reconnaissance des diplômes qui y sont délivrés. Cette reconnaissance des diplômes est rétroactive.
Toujours au chapitre de la formation professionnelle, pour qu’on puisse la hisser à la place qui est la sienne à savoir la voie royale pour lutter contre le chômage et obtenir un emploi décent, nous avons décidé d’accompagner de manière spécifique, tous les apprenants de nos centres de formation de référence. Par exemple, il n’est pas question que quelqu’un quitte le centre de formation de référence de Ziniaré, un centre dans lequel on a des équipements exceptionnels, se retrouve en chômage. C’est inadmissible ! Et depuis que le centre a été mis en place, il n’y a jamais eu d’accompagnement de ces jeunes, ils étaient complètement désemparés. Nous avons donc décidé de les accompagner. Nous avons remis 200 kits (nous avons eu la remise symbolique) pour le centre de Ziniaré et nous l’avons inscrit comme action prioritaire dans le livre blanc, qu’on remette au moins 300 kits l’an prochain. De sorte que tous les apprenants du centre de Ziniaré soient prioritaires dans l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, que ce soit au niveau des kits ou des financements. Pour qu’un centre de formation puisse fonctionner, il faut que ça attire du monde. Pour que ça attire du monde, il faut que ceux-là qui sortent du centre travaillent. En ce moment, nous allons faire de la publicité par exemple ; tous les parents vont vouloir aller mettre leurs enfants dans les centres professionnels parce qu’ils se rendront compte que tous ceux qui y sortent ont un emploi. Voilà comment on va valoriser la formation professionnelle ; parce que, je suis persuadé d’une chose : ce n’est pas ceux qui sortent de l’enseignement général qui seront les plus demandés par les entreprises privées, c’est plutôt ceux qui ont appris les métiers, ceux qui ont des compétences.
Au niveau de l’emploi, deux choses : premièrement, nous avons rallongé la durée du volontariat de six à douze mois. Désormais, le volontaire qui fait ses douze mois est dispensé du SND (Service national de développement) ; c’est important parce qu’avant, il faisait les deux. La plus grande avancée, toujours au niveau du volontariat, est que nous sommes en train de mettre en place un partenariat avec le secteur privé ; on ouvre le volontariat au privé. A travers ce partenariat, si certains jeunes donnent satisfaction, vous avez 90% de chance que certains soient retenus à la fin. Vous savez, le secteur privé recrute parce qu’il a besoin, il veut aussi des gens compétents. Une entreprise ne peut pas lâcher quelqu’un qui est bon, ce n’est pas possible. Ce point est à mettre au niveau des dossiers urgents que mon successeur aura à gérer.
Toujours au niveau de l’emploi, l’action majeure, c’est d’inclure le suivi des jeunes que nous installons. Financer un jeune, l’installer, ce n’est pas ça le problème. Mais, que devient-il dans trois mois par exemple ? Son activité rapporte quoi ? Si on l’installe et qu’il ne gagne rien, avons-nous atteint notre objectif ? Non ! Pour soumissionner à la plupart des marchés, on demande une expérience. Le jeune qui vient d’être installé n’a pas d’expérience, donc il ne peut pas avoir un marché. Donc, on n’a pas résolu quelque chose. Nous avons proposé que tous les jeunes que nous allons accompagner, que ce soit avec des kits d’installation, que ce soit avec des financements, qu’on puisse mettre en place une sorte de politique avantageuse à leur endroit. Cette politique passe d’abord par l’attribution d’un quota de marchés, pour qu’ils puissent travailler et avoir un revenu. Si vous êtes installé et que vous avez zéro marché, je ne sais pas comment vous allez fonctionner ! Et cet argent, c’est l’argent du peuple qu’on jette à la fenêtre ; parce que si on n’a pas de remboursements, c’est tout le monde qui a perdu. Deuxième élément, ce sont les avantages au niveau fiscal. S’il doit recruter quelqu’un, il faut qu’il paye l’IUTS ; le jeune qui commence, peut-il payer à 100% l’IUTS, l’impôt ? Non, il faut mettre en place un système progressif. De sorte qu’il paye seulement 10% la première année, 20, 30%, ainsi de suite jusqu’à pouvoir atteindre les 100%. Il faut un accompagnement. Un bébé qui naît, on l’accompagne jusqu’à ce qu’il marche. Même quand il commence à marcher, on tient ses bras ; c’est quand on sent qu’il est stable, qu’on le laisse. Voilà ce que nous devons faire avec les jeunes que nous installons. Si nous ne les accompagnons pas, nous n’aurons rien fait. Ce n’est pas sortir des chiffres pour dire qu’on a donné 10 mille emplois, non ! Nous avons donc mis l’accent sur le suivi de sorte que nous proposons que 10% des financements que nous obtenons soient réservés au suivi. Et cela va nous permettre de remettre en cause ; si c’est bon ou ce n’est pas bon. Il faut qu’on se remettre en cause ; quand ça ne va pas, on arrête. Quand un domaine est saturé, on ne forme plus dans ces domaines parce qu’on veut que les gens soient opérationnels.
Un autre élément qui me semble important (c’est dans les projections), il faut qu’on réfléchisse sur notre système éducatif. Tout part de là, le système éducatif doit être remis en cause. Le système éducatif en vigueur, c’est ce que vous avez suivi. C’est ce même système éducatif que nous, nous avons suivi. C’est ce que nos papas ont suivi aussi. Donc, dans les années 50, 60, c’est le même système éducatif. Aujourd’hui, c’est pareil : CEP, BEPC, BAC, etc.
Dans les années 50, 60, le premier pourvoyeur d’emplois, c’était l’administration (l’Etat). Voici donc un système éducatif qui était accroché à l’Etat, je comprends. Mais, aujourd’hui, le premier employeur, c’est le secteur privé. Pourquoi avons-nous donc un système éducatif qui place l’Etat comme premier recruteur alors que dans la pratique, c’est le secteur privé qui est le premier recruteur ? Il y a donc une inadéquation totale. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de chômeurs. On a beaucoup de chômeurs parce que les gens qu’on forme ne sont pas demandés. Qui les veut ? Vous formez les juristes et autres, c’est pour être avocats, magistrats…mais c’est saturé. On ne peut donc pas. Or, il y a des secteurs aujourd’hui dans lesquels le privé a besoin de compétences mais on n’en a pas ; on est obligé de faire venir des expatriés pour occuper ces postes. Donc, il faut changer ; il faut que notre système éducatif puisse travailler en partenariat avec le secteur privé pour que dès le début, on sache qui on veut. Il faut des gens à un bas niveau, à moyen niveau et à un haut niveau. Mais tout ce personnel que nous formons, qui nous coûte très cher, que nous soyons sûrs qu’on aura besoin d’eux, sinon c’est de l’argent jeté par la fenêtre. Voilà pourquoi il faut que nous nous inscrivions dans une vraie réforme de système éducatif qui puisse mettre en avant, le fait que désormais, ce n’est plus l’Etat le premier employeur mais plutôt le secteur privé. Si on part de ce fait, il faut que notre système éducatif soit adapté aux besoins, aux attentes du secteur privé. Et là, vous verrez qu’on aura moins de chômeurs, il n’y a pas de secret, la voie royale, c’est cela. C’est ce que nous sommes en train de préparer comme document aussi à l’intention de notre successeur.

Lefaso.net : Parlant de priorités à léguer à votre successeur, quelles sont-elles, selon vous ?

Dr Salifou Dembélé : La première priorité concerne l’insertion socio-professionnelle des jeunes et étendre le volontariat au secteur privé.
Imaginons qu’on ait un volontaire au niveau de l’administration, et l’administration publique recrutant par concours et parce qu’il n’a pas réussi aux concours, il doit retourner chez lui (alors qu’il a donné entière satisfaction). Il ne faut pas que les volontaires que nous recrutons et qui donnent satisfaction, on ne puisse pas trouver un moyen pour les recruter à la fonction publique ; parce qu’après les douze mois, ils s’en vont chez eux, ils chôment alors qu’ils ont appris. Maintenant, quand on va faire un recrutement, on lance le concours et ils peuvent passer le concours et échouer (parce que c’est un concours et surtout que les épreuves dispensées ne sont même pas en adéquation avec ce qu’on veut faire, avec le test psychotechnique dont je ne connais pas trop l’utilité) ! Donc, on va prendre quelqu’un qui n’a jamais travaillé, qu’on est obligé de former un peu au début pendant qu’une personne est-là et a été formée pendant douze mois. Là, je pense qu’il y a quelque chose qui n’est pas logique. On ne peut pas investir des millions sur des bénévoles, qui nous coûtent minimum 40 mille francs par mois et au moment où on doit recruter, on demande qu’ils aillent faire le concours ; il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut qu’on trouve un mécanisme qui puisse nous permettre de les prendre. C’est en cela qu’on arrive à mettre en avant cette insertion socio-professionnelle parce qu’on a atteint notre objectif. Si c’est pour faire le volontariat et après devenir des chômeurs, on a raté notre objectif. La deuxième priorité, ce sont les questions de jeunes. Je pense qu’il est grand temps, qu’on puisse avoir une organisation faîtière qui soit représentative de l’ensemble des organisations de la société civile de jeunes au Burkina. On avait ce qu’on appelle Conseil national de la jeunesse (CNJ), qui a été critiqué en son temps, et qui fonctionne aujourd’hui dans l’irrégularité totale (j’ai demandé à ce qu’on le mette à jour, ça n’a pas été fait). Mais, mon souhait est qu’on ait un bon interlocuteur pour que la gouvernance des jeunes puisse être prise en compte, c’est bien qu’on puisse avoir une structure faîtière qui prend en compte l’ensemble des organisations de jeunes au Burkina. Le troisième élément qui me semble important, si on veut véritablement que les questions de chômage puissent être résolues, il faut qu’on accorde beaucoup de poids à la formation professionnelle ; parce que quand on parle de formation professionnelle, ce peut être en milieu rural comme en milieu urbain.
Une des priorités, c’est de passer de l’exode rural à l’exode urbain ; parce que les villes sont pleines, surpeuplées (les gens quittent les campagnes pour aller en villes parce qu’on se dit qu’il y a l’argent là-bas). Il faut qu’on arrive à inverser pour dire qu’il y a l’argent en campagnes. Que les gens quittent les villes pour aller en campagnes, cela veut dire qu’il y a des secteurs qu’il faut qu’on développe ; c’est le secteur agro-sylvo-pastoral. Qu’on puisse les accompagner pour qu’ils puissent s’installer. Je vous assure, vous ne pouvez pas être dans la production agricole et ne pas avoir l’argent ; parce que quelle que soit la crise qui va survenir, les gens vont toujours manger, ça c’est obligatoire. Donc, il faut qu’on valorise le secteur primaire. Cela voudrait aussi dire qu’il faut qu’il y ait une formation professionnelle pour ces gens afin qu’ils puissent être de vrais professionnels et non comme on le connaît aujourd’hui (les gens cultivent pour manger or actuellement on parle d’agro-business).
Enfin, pour pouvoir atteindre tous ces objectifs, ce sont les moyens. Si la jeunesse est une priorité (et Dieu sait que c‘est une priorité pour tous les gouvernements), il faut que les affectations des ressources soient aussi à la hauteur de la priorité. Deuxième point, les questions de jeunesse ne sont même plus des questions d’emplois, c’est désormais une question sécuritaire. Un jeune qui n’est pas occupé à la formation professionnelle, un jeune qui n’est pas occupé à un emploi est un jeune à la merci des djihadistes. Ils sont-là, ils ne sont pas loin. Si nous ne nous occupons pas de ces jeunes, en termes de formation professionnelle, d’emplois, ces jeunes-là vont s’occuper de nous. Et ça, ce n’est pas normal. Dès qu’il y a l’insécurité, ça va jouer sur notre développement. Cela veut dire que le budget qu’on doit accorder à la formation professionnelle doit être conséquent, qui peut prendre en compte la réalité de la sécurité. Ce n’est même pas une question à traiter dans un seul pays, elle doit être traitée au plan de la sous-région ; parce qu’aujourd’hui, la lutte contre le djihadisme est internationale. C’est pour cela que lorsque j’étais aux Nations-Unies, j’avais plaidé pour qu’on mette en place un plan Marshall de la jeunesse. Il faut un plan Marshall avec des moyens financiers costauds, de sorte qu’on puisse occuper ces jeunes pour ne pas les laisser à la merci des djihadistes. Celui qui ne fait rien peut constituer un terreau pour les djihadistes.

Lefaso.net : Nous allons revenir sur un point qui continue de faire des gorges chaudes ; le programme de formation en entreprenariat pour lequel de nombreux jeunes ont encore postulé cette année mais jusque-là, c’est l’attente pour eux. Au sein de votre département, certaines directions parlent de problème de décaissement par le gouvernement….Bref, qu’est-ce qui se passe au juste ?

Dr Salifou Dembélé : Effectivement… Je n’ai pas la langue de bois, il faut que les choses soient claires. Le programme de formation en entreprenariat est un préalable pour obtenir un financement, le financement du FAIJ. Le FAIJ finance les jeunes, si et seulement si, ils ont été formés en entreprenariat, pour être sûr que les fonds qui seront remis serviront à quelque chose. Lorsque j’ai pris fonction, on avait un budget de 300 millions pour ce programme de formation en entreprenariat. Mais, en venant ici, comme je ne maîtrisais pas les données, je ne savais pas comment les choses se passaient. Moi, j’ai entendu mes directeurs généraux qui m’ont posé une préoccupation, qui est qu’il y a des compétences au sein du ministère, qui peuvent former en entreprenariat et s’il n’est pas pertinent qu’on se focalise sur ces compétences-là. Je dis, mais, si j’ai des compétences ici à l’interne, je préfère les valoriser que d’aller à l’externe. J’ai donc appelé mon directeur des marchés publics et je lui ai dit ceci : si nous avons 300 millions, vous mettez 200 millions pour le privé et 100 millions pour mon personnel. Je dis d’aller néanmoins se renseigner au niveau de la DG-CMEF au niveau du Ministère de l’économie et des Finances. Je pense qu’une semaine ou un mois après, il est venu me dire qu’au niveau de la DG-CMEF, dans le plan de passation des marchés, les 5000 jeunes à former étaient pour les privés, on ne peut pas casser maintenant pour faire 200 millions pour le privé et 100 millions pour le public. Je dis mais, qu’à cela ne tienne, j’ai une autre inquiétude ; parce que la valorisation à l’interne est importante. Et il a dit que dans tous les cas, les cabinets qu’on recrute recourent à nos cadres de formation. Ils disent en ce moment qu‘ils vont voir avec les cabinets, comment on peut intégrer aussi nos cadres pour qu’ils puissent, eux aussi, avoir une rétribution. Et au même moment, la directrice du FAIJ est venue me voir, me posant deux doléances. La première (j’avais pris l’engagement que j’allais faire la formation en langues nationales mooré et dioula) est qu’on fasse la formation en langues nationales ; il y a des jeunes qui ne peuvent pas avoir le financement parce qu’ils ne parlent pas français ; donc, il était impératif qu’on intègre les langues nationales. Je dis qu’il n’y a pas de problème. La deuxième doléance était qu’on puisse décentraliser les formations, au lieu que ce soit par région qu’on aille dans les provinces (les 45). Quand elle est arrivée, j’ai appelé le directeur des marchés publics pour lui dire de mettre ces propositions dans les dossiers d’appel d’offres parce que c’est important. C’est-là qu’il me dit que les cabinets sont déjà recrutés et que ça a été fait depuis longtemps. Je dis mais, c’est fait depuis longtemps mais je ne suis au courant de rien, ni la directrice générale du FAIJ ! Il m’a posé le problème et je dis non, ce n’est pas comme cela et je dis de convoquer tous les cabinets recrutés, on va discuter. J’ai donc tenu une réunion avec le secrétaire général et avec un certain nombre de personnels de mon cabinet. J’ai posé le problème de la langue, en mooré et en dioula, et le fait d’étendre la formation aux provinces au lieu de se limiter aux régions. Quand j’ai fini de parler, il y a un qui prend la parole et qui me dit : « Monsieur le ministre, je ne sais pas si nous avons le même dossier d’appel d’offres ». Il dit que j’ai parlé de 5000 jeunes mais eux, ils n’ont pas ce dossier. Je lui demande de savoir quel dossier ils ont. Il me dit que eux, ils ont un dossier dans lequel ils forment 30 jeunes par région. Ce qui fait 390 jeunes. Le budget fait 256 millions, pour 390 jeunes. J’ai donc demandé à mon directeur des marchés publics, de me donner le DAO (Dossier d’appel d’offres, ndlr) pour que je vérifie. J’ai effectivement vérifié et j’ai demandé aux prestataires privés de nous excuser qu’on va suspendre la réunion ; il y a un malentendu. J’ai suspendu la réunion, j’ai demandé d’annuler ce marché. Purement et simplement. Parce que, pour moi, 5000 jeunes, ce n’est pas 390 jeunes. Je ne sais pas quand ça s’est passé. Je dis comme on n’a pas le temps, je vais solliciter le ministère de l’économie et des Finances pour qu’on voie des cabinets pour faire des ententes directes pour former ces 5000 jeunes. C’est ce que j’ai donné comme instructions. Le lendemain, on vient me voir en me disant que les cabinets qui avaient été recrutés sont partants pour former les 5000 jeunes au même tarif. Donc, on part de 390 à 5000 jeunes. C’est important que cela soit dit. Je dis mais, qu’à cela ne tienne, s’ils sont partants, et comme ils ont déjà compéti, il n’y a pas de problème, on va faire une entente directe. Il y a un seul cabinet qui a dit qu’au regard du changement, lui, il n’est pas intéressé. Je précise qu’il y avait treize cabinets. Donc, ça a été dispatché maintenant entre les autres cabinets. Le dossier a été introduit mais il n’a pas abouti, parce que le montant a été gelé au niveau du Ministère de l’économie et des Finances. Donc, ça va se faire en 2016 et ce doit être la priorité de mon successeur, de dégeler ce montant de 256 millions pour que la formation puisse se faire. Voilà, exactement, ce qui s’est passé. C’est un marché dans lequel j’ai tenu à ce que mes cadres puissent être pris en compte (jamais, je ne vais laisser mes cadres à côté parce que ce sont eux qui nous accompagnent, qui font le boulot). Donc, c’est véritablement une priorité, sinon, le financement FAIJ ne pourrait pas être octroyé tant que ces jeunes-là ne sont pas formés en entreprenariat. Ce que je souhaiterais, je pense qu’il faudrait relancer ce marché en intégrant les langues en dioula, mooré (en attendant d’ajouter progressivement d’autres langues nationales) ; ça peut se faire très vite en janvier à travers un appel d’offres ouvert, pour éviter tout problème. C’est inimaginable, si on doit former 390 jeunes à 256 millions, on devient tous des spécialistes en formation et on devient tout de suite multimillionnaires ! Non, ce n’est pas comme cela que ça se passe.

Lefaso.net : Comment l’enseignant de droit fiscal a vécu son expérience de ministre ?

Dr Salifou Dembélé : Très enrichissante, parce qu’on vient du privé et on a été aussi confronté aux règles du public…. On a été un peu formaté. Et aujourd’hui, je regarde le public autrement parce que, pour moi, l’impression qu’on a, est que quand on vient, c’est une lenteur (même si on comprend parfois). Mais ce qu’on constate, c’est que les résultats ne sont pas mis en avant ; ce n’est pas une priorité et les questions de responsabilité et de sanctions sont rarement appliquées. On a l’impression que quand on est dans le public, on est-là à vie ; quels que soient les actes qu’on pose. Je dis non ! Si vous posez un acte grave, on vous licencie ! Parce que vous êtes agents publics, vous êtes astreints à certaines obligations, je ne comprends pas... Je pense sincèrement qu’il y a une certaine vision, et c’est cela qui me pose un peu problème ; l’emploi à vie… Tant qu’on ne sanctionnera pas les agents fauteurs de troubles et autres, on ne pourra pas valoriser la fonction publique ; parce qu’à quoi ça sert de se casser la tête pour travailler comme un âne alors que l’autre ne fait pratiquement rien ? Bien au contraire, il tire la roue en arrière et peut-être même qu’il gagne plus d’argent que toi, non ! Il faut reconnaître le travail de ceux-là qui s’impliquent vraiment et sanctionner ceux-là qui violent les engagements qu’ils sont pris. En d’autres termes, que tous les Conseils de discipline de tous les départements ministériels puissent voir le jour, être activés pour qu’on puisse commencer à travailler dans ce sens. Ça ne veut pas dire qu’on va commencer à licencier, non. Les sanctions sont graduelles…Au moins, qu’on sache qu’il y a une épée en haut et que chacun puisse répondre de ses actes. C’est un peu cette expérience que j’ai. De l’autre côté, c’est aussi les rapports humains ; j’ai appris à écouter, surtout les jeunes. On était ici parfois jusqu’à 2 heures du matin, pour les écouter. Et cela m’a permis de comprendre une chose : ces jeunes-là sont très intelligents, ils savent ce qu’ils veulent et ils savent aussi que ce ministère n’a pas les moyens de résoudre leurs problèmes. Mais, ils ont besoin d’une chose : être entendus, être considérés, de savoir que ce qu’ils donnent comme propositions sont prises en compte et qu’ils ne sont pas restés dans les oubliettes. Et c’est cela qui va nous permettre d’avoir une gouvernance qui prenne en compte les priorités de la jeunesse. Et quand une gouvernance prend en compte les préoccupations de la jeunesse, celle-ci ne peut pas se révolter contre cette gouvernance parce qu’étant impliquée. C’est en cela qu’on résout les problèmes en amont, au lieu de les résoudre en aval (parce que dans ce dernier cas, ça laisse plus de dégâts). Par exemple dans les Fonds, les jeunes doivent y être ; pourquoi n’y sont-ils pas ? Je ne sais pas. La remise des kits, pourquoi les organisations de la société civile de jeunes n’y sont pas pour la sélection des bénéficiaires, je ne sais pas. C’est aussi en cela qu’ils vont se rendre compte des difficultés que nous rencontrons ; parce que souvent on fait l’objet de critiques parce qu’ils ne savent pas comment les choses se passent. Mais s’ils y sont, ils comprendront comment les choses se passent. Donc, la gouvernance est une question fondamentale à prendre en compte pour pouvoir résoudre toute crise en amont.

Lefaso.net : Au moment où vous partez, quel message souhaiteriez-vous laisser à votre personnel ?

Dr Salifou Dembélé : Je suis arrivé sur un terrain que je ne connaissais et j’ai bénéficié d’un accompagnement réel. C’est qu’il y a eu parfois des crises d’incompréhensions mais j’ai également fait comprendre au personnel que la priorité qui me guide, c’est le traitement égalitaire ; l’équité, la justice. Jamais, d’injustice. C’est dans ce sens que j’ai voulu aller. Sans doute, je n’ai pas pu le faire comme je le voulais, peut-être que je n’ai pas été bien conseillé, induit en erreur (peu importe), ce qui m’a guidé, c’est le traitement égalitaire. A ce titre, l’accompagnement dont j’ai bénéficié a permis d’atteindre un certain nombre de résultats. Ce n’est pas suffisamment certes, mais c’est ce qu’on pouvait faire aussi au regard du temps qui était imparti. Donc, toute ma reconnaissance, toute ma gratitude. Là où je serai, je lui serai toujours reconnaissant parce que, c’est ce personnel qui m’a forgé à la gestion de la chose, de l’administration publique que je ne connaissais pas du tout.

Lefaso.net : Quelle sera la destination du ministre ?

Dr Salifou Dembélé : Le ministre ne sait même pas quelle est sa destination ; parce qu’il est dans le privé. Et comme on le dit, au privé, nous sommes des HTT (hommes tout terrain). Mais, où que je sois, je pense qu’avec l’expérience que j’ai vécue, je vais toujours œuvrer dans l’accompagnement des questions de formation professionnelle, d’emplois dans mon pays. Où que je sois, je vais œuvrer dans ce sens ; que ce soit à travers des ouvrages, des études etc., pour apporter ma petite contribution à la question de la formation professionnelle en priorité et que les questions de l’emploi des jeunes ne soient pas vues sur l’angle seulement de la lutte contre le chômage mais sous l’angle sécuritaire. Rappelez-vous du slogan du Président Kafando : avec les jeunes, oui tout est possible. Sans les jeunes, attention ! Il faut que ce slogan-là soit une réalité.

Lefaso.net : A vous de conclure …. !

Dr Salifou Dembélé : C’est de souhaiter les vœux de santé, de paix, de fraternité à l’ensemble du peuple burkinabè. Pour dire que nous sommes du même pays ; on doit se toucher main à main, quelles que soient nos options politiques. Il faut œuvrer en sorte que tout aille dans le sens du développement de notre pays. Que nous soyons des altruistes, que nous ne soyons pas des égoïstes. Que Dieu chasse en nous cet égoïsme-là et qu’il fasse en sorte qu’en fin 2016, quand on va se retrouver, on se dise qu’on a pu atteindre un certain nombre d’objectifs ; parce que la population a été soudée, la paix a été préservée, la quiétude règne et qu’on a pu mettre en place un système qui a pu attirer les investisseurs (parce que si le privé, national comme étranger, ne vient pas investir, quoi qu’on fasse, la question du chômage va toujours se poser avec acuité). Donc, santé, paix fraternité pour l’œuvre de développement du Burkina et bon vent au nouveau gouvernement qui va prendre le relais dans peu de temps, sachant qu’il aura toujours notre accompagnement parce que nous nous inscrivons dans la continuité, la fraternité, de sorte qu’on ne recommence pas à zéro. Au niveau de mon département, on a décidé de sortir un livre blanc qui ressasse un peu l’ensemble du diagnostic (les actions prioritaires à mener, les recommandations, etc.) pour qu’on puisse partager ça avec mon successeur.

Entretien réalisé par :
Oumar L. OUEDRAOGO
Nicole OUEDRAOGO

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 janvier 2016 à 17:37, par Le citoyen
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Très bel entretien qui révèle effectivement beaucoup de dessous de table. Voilà, Messieurs de l’ASCE, faites tout possible pour faire toute la lumière sur cette question de formation. Parce qu’en réalité, cela veut dire que depuis le programme, les gens ne font que former 390 jeunes au lieu de 5000 et au prix de cette dernière offre. Tout le réseau dot être démantelé, SVP. Nous, jeunes du Faso, allons pas accepter cette forfaiture pendant aussi facilement, il faut que toutes les responsabilités soient situées et que chacun paye ce qu’il a à payer. C’est clair et c’est net ! C’est quelle malhonnêteté ça ?

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  • Le 5 janvier 2016 à 19:18, par Truth Hurts
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Merci petit Samo pour le franc parler. Former 390 jeunes à 256 millions ! c’est ce que le régime de Blaise nous a légué. Il faut dénoncer tous ceux qui ont voulu piller l’argent de la formation de nos enfants pour qu’ils aillent répondre devant la justice.
    Le plus gros boulot pour le Président Kaboré sera d’abord de rendre l’administration publique opérationnelle à 100% en la débarrassant des fainéants et des corrompus.
    Au niveau de l’enseignement secondaire par exemple, il faut revoir comment employer pleinement les encadreurs pédagogiques(conseillers et inspecteurs) qui, en dehors de quelques sorties de visite de classe, ne font rien, à telle enseigne que beaucoup font ce concours juste pour pouvoir se reposer ou avoir le temps de faire autre chose(vacation, affaires privées,etc.) Dans un pays pauvre très endetté comme le nôtre, on ne peut pas se permettre de gaspiller ainsi les ressources humaines ! Il est donc impérieux et impératif que le prochain gouvernement prenne ce problème à bras le corps afin de donner de l’occupation aux travailleurs de ce corps. Autrement, il faut tout simplement le supprimer et laisser les enseignants dans les classes où ils sont beaucoup plus utiles à la nation. Truth Hurts.

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  • Le 5 janvier 2016 à 19:42, par demain2
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Monsieur le Ministre votre bilan s’avère intéressant. Mais il convient de signaler que votre vision du privé vous a conduit à privilégié vos intérêts personnels et ceux de votre DIRCAB nous savons que vous avez passé votre temps à tourner dans le monde que de travailler pour l’intérêt de la jeunesse. Votre DIRCAB a exécuté des activités des directions techniques sans même leur implication.il y a des directions qui ont vu leur programme d’activités exécuté par ce dernier. les Fonds et certaines directions techniques sont dirigés par des femmes dont ont connait le type de relation qu’il y a entre vous. Au moment opportun on en reviendra. S’il ya un classement à faire en matière de gouvernance le Ministre de l’Education de Base et vous allez être derniers au classement.

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  • Le 5 janvier 2016 à 19:59, par un jeune chomeur avec experience
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Mr le Ministre,vous étiez ministre des apprenants chercheurs d’emploi ou de toue la jeunesse ? Vous semblez ignorer que des jeunes se sont formés eux même sans vos financements et sont sur le carreau.D’autres jeunes ont perdu leur emploi (c’est d’ailleurs eux qu’on appelle chômeur). Une formation +un kit ne suffisent pas pour être entrepreneur Mr Le ministre.Un menuisier avec son kit ira faire des pièges à chats, pendant que dans les chantiers des bâtiments administratifs, c’est le maçon qui est coffreur,ferrailleur électricien.Je crois qu’il faut une politique de création d’emploi et d’attribution de marché.Qu’on oblige pour tout marché d"un certain montant, que chaque spécialité soit un lot (pour que beaucoup d’entreprises spécialisées compétentes profitent) (béton,menuiserie,électricité,eau,téléphone,informatique...). Que chaque entreprise spécialisée soustraite avec les petites entreprises spécialisées aussi. Vous verrez que les gens n’auront même plus besoin de votre accompagnement mais vont se formé du simple manœuvre à de grands entrepreneurs. Quant aux expatriés,ils sont là pour la plus part, pas par manque de compétence locale, mais pour rapatrier les sous ou pour représenter les intérêts de certains burkinabé dans le privé (blanchiment ). Vous verrez des sans papiers devenir des SG,des DG,des DT et des assistants techniques de forme.

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  • Le 5 janvier 2016 à 21:20, par Lustre
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Bien dit M. DAMBELE. Pour des raisons personnelles ( l’accomplissement de mes objectifs professionnelles m’obligeant à passer par cette phase) j’ai démissionné du privé pour le publique, Mais la lenteur donc vous parler est terrible. Votre interview fait ressortir toutes mes difficultés du quotidien.

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  • Le 5 janvier 2016 à 22:13, par Hypocripte Ouedraogo
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Dr. Salifou Dembele, ce n’ est pas l’ emploi a vie qui pose probleme. C’est le manque de rigueur et la politisation de l’ administration. J’ ai horreur des gens qui n’ admettent pas d’ espace gris entre le public et le prive. Le public a ses vertus ainsi que ses faiblesses. le prive aussi. L’ Administration avec Grand A est regie par des textes. Les textes sanctionnent les comportements indelicats. Maintenant, si des gens volent, paressent, forniquent au bureau et ne sont pas sanctionnes, il faut voir du cote des individus nommes qui manquent de fibre morale, de poigne, du politique qui clientelise, nepotise et avec les promotions canapes. Des ministres meme sous la transition ont ete accuses a tort ou a raison d’ avoir embauche leurs etudiantes et que des bureaux seraient transformes en lupanars. Je ne peux pas donner de noms mais des noms ont circule. Ce n’ est pas la faute de l’ Administration qui donne des boulots a vie. Les boulots a vie, est-ce mauvais ?

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  • Le 5 janvier 2016 à 23:26, par pk12
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Voilà un très brillant Ministre qui va malheureusement quitter son poste sans achever son brillant boulot qu’il a entamé, moi si j’étais à la place du (de la) premier (première) Ministre je le maintiendrai à son poste le temps qu’il ait le temps de finir ses preuves. Je ne connais pas ce Mr, mais en le lisant tu sens toute sa sincérité et son dévouement pour la jeunesse. Bravo à toi.

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  • Le 5 janvier 2016 à 23:39, par Mamadou
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Merci Mr le Ministre pour cet éclairage et surtout l’esprit qui vous anime. Vous êtes un vrai patriote et vous avez votre place pour accompagner la jeunesse quelque soit le lieu ou vous serez. Si tout le monde essayait de faire comme ca, je pense qu’on aurait trouver des solutions rapides et conséquentes à beaucoup de nos problèmes afin de booster le développement dans un environnement paisible, une fois de plus bravo à vous !

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  • Le 6 janvier 2016 à 00:17, par ton ami kéré de france.
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Salif, c’est toutes ces tarés de l’administration publique qui constituent les facteurs qui freinent le développement de notre pays. Tu as fait ce que tu as pu. Reviens bosser dans ton cabinet et continue de contribuer comme tu peux car le mal est profond. Il faut une transformation progressive et profonde des mentalités. Ton ami Kéré de France.

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  • Le 6 janvier 2016 à 06:16, par le vrai general
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    M.svp ! Arrêtez cette pub car vous en avez eu l’occasion de le faire pendant 13mois mais vous avez opter pour l’augmentation d votr salair étant ministre, oubliant q c’était un service national pour la patrie.

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  • Le 6 janvier 2016 à 06:38, par Walay
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Hé les gens. Mais ça ne sortira pas de ma bouche. Les cabinets qui ont accepté de former 5000 jeunes avec la même envelope doivent des explications. Cela veut bien dire qu’ils empochaient impunément les frais de formation de 610 jeunes. Tout va finir par se savoir. Les gens pensent que les inspecteurs doivent s’intéresser àceux qui gèrent les caisses seulement alors que les problèmes sont ailleurs. Allons seulement. Walsh

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  • Le 6 janvier 2016 à 07:17, par Matou à Sikassossièra
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Tout ca cest du montage. Mr Dembele est un arriviste. Voilà un Mr qui ne fait rien sans la télé .sans la presse et Toujours A coup de pub et pour rien ! Comme tous les autres membres du gouvernement passé , il s’auto congratule en disant cest moi seul qui peut mieux faire sinon les autres cest du bleuff !
    Tous les tapages médiatiques qu’il fait n’ont rien à voir dans la résolution des problèmes de chômage et d’emploi des jeunes today. Les jeunes en milieu rural et citadin veulent des solutions concrètes qui tiennent compte des nouvelles réalités de notre monde globalisé .
    MR Dembele Parle trop ! Tu parles trop ! Tu parles trop ! Arrête ça now !

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  • Le 6 janvier 2016 à 07:39, par CHRIS
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Bjr,
    Bien dit, surtout lorsque l’on vient du secteur privé pour gérer le secteur public ; seulelment, ces intellectuels pensent que les ’’fonctionnaires’’ ne peuvent pas développer le Burkina, en oubliant d’ôu ils sont venus. Si vous enlevez tous les cadres formés au Zinda, au LOC, ou au Lycée yadéga, je suis certain que ce pays aura des difficultés pour survivre ; il me semble que la plupart des cliniques de santé, les universités privées ne survivraient pas sans l’apport des "fonctionnaires"". Alors...
    Et puis, on connait beaucoup d’entreprises privées qui ont disparu par suite de mauvaise gestion.
    Enfin, si vous êtes un avocat intègre, n’oubliez pas vos collègues qui "mangent et boivent de l’orphelin".
    Bon vent et sachez que le Burkina survivra toujours avec le public et le privé

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  • Le 6 janvier 2016 à 08:14, par eliane.
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Il faut vraiment chercher à voir clair dans cette affaire de formation des trois dernières années

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  • Le 6 janvier 2016 à 08:30, par Paligba
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    "Moi, j’ai entendu mes directeurs généraux qui m’ont posé une préoccupation, qui est qu’il y a des compétences au sein du ministère, qui peuvent former en entreprenariat et s’il n’est pas pertinent qu’on se focalise sur ces compétences-là. Je dis, mais, si j’ai des compétences ici à l’interne, je préfère les valoriser que d’aller à l’externe".

    Monsieur le Ministre,
    En réalité, la formation des 5 000 jeunes revient à ces compétences dont vous parlez. Ces agents ont été formés avec les ressources publiques et perçoivent un salaire mensuel rien que pour ça. C’est parce que ces gens ne fond pas leur travail et rien leur arrive (comme vous le reconnaissez vous même) qu’on est obligé de faire appel à des privés. Quand on parle d’argent, subitement ils se rappellent qu’ils ont les compétences pour faire le travail.

    Pour le nombre de jeunes à former, c’est simplement un scandale. Il faut comprendre que si avec 256 millions on peut former 5 000 jeunes, on avait juste besoin de moins de 20 millions pour former 390 jeunes (51 200 F / jeune, c’est raisonnable) et les gens allaient se partager 236 millions. C’est extrêmement grave ! ! ! ! !

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  • Le 6 janvier 2016 à 08:35, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    - Monsieur le Ministre, vous parlez trop avec l’espoir d’être rappellé encore autour de la gamelle publique !

    Sinon pourquoi limiter les formations au mooré et au dioula ? Où mettez-vous le fulfuldé ? Je vous dis qu’au Sahel vous n’aurez pas le choix : ou utiliser le fulfuldé ou ne pas y faire vos formations. Et dans ce cas, ce sera une discrimination envers les sahéliens et les peuls parce que là-bas, presque tout le monde parle le fulfuldé, mêmes les mossis. D’ailleurs le morré y est parlé mais pas trop. Par contre votre dioula, il est exceptionnellement parlé et ceux qui le parlent n’ont pas besoin de vos formations à la sauce pimentée burkinabè, car pour la plupart, ils sont fonctionnaires ou travailleurs du privé.

    - Donc vous-mêmes vous n’avez pas suffisamment réfléchi ! C’est bon mais c’est pas arrivé !

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 6 janvier 2016 à 08:40, par El_monstro
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Merci au Lefasonet pour cette interview. Mais à mon avis, il y a des questions assez sérieuses pertinentes que vous avez oubliées. Demandez au Ministre est-ce qu’il fait parti des ministres qui ont bénéficiés des grosses indemnités pour rattrapage sur manque à gagner ancien poste-ministre ? Apparemment Me KAM, semblait le défendre. A mon avis, Ministre de la Transition était un poste désintéressé... Pourquoi se faire dédommagé ?

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  • Le 6 janvier 2016 à 08:46, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    ’’On ne peut pas investir des millions sur des bénévoles, qui nous coûtent minimum 40 mille francs par mois et au moment où on doit recruter, on demande qu’ils aillent faire le concours ; il y a quelque chose qui ne va pas’’.

    - Mr. le Ministre, tout va bien et même très bien ! Ce n’est pas parce qu’on a été volontaire qu’on est d’office prioritaire dans les recrutements !

    Ce que vous ignorez c’est que plusieurs de vos fameux volontaires se sont négativement illustrés sur le terrain. Dans ma petite commune rurale ici, ils ont été affectés et ils ont tous fuit avant une semaine pour rejoindre Ouagadougou. A la fin du mois on jette 40.000 FCFA par volontaire. Et comme il faut signer un papier pour témoigner qu’ils ont été à leurs postes, la 1ère fois leurs responsables dans les services les ont compris qund ils sont revenus pour prendre ce papier. Une fois qu’ils ont prit l’argent, ils ont encore disparu. Revenus en fin de mois pour encore prendre l’attestation de présence, ils se ont vus opposé un refus catégorique et c’est les queues entre les pattes qu’ils sont repartis car remerciés ! Et vous croyez qu’avec ces comportements, on peut réduire le chômage ?! Vos volontaires sont mal suivis sur le terrain par ceux chargés de le faire et qui ne font pas leur travail ! Cette histoire de volontariat, c’est du brouhaha de spéculation et pas plus !

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 6 janvier 2016 à 10:05
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    kôrô yamyélé, le ministre dioula et mooré en attendant, il faut lire donc avant de réagir souvent. merci !

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  • Le 6 janvier 2016 à 10:31, par Gbè
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Voilà un bilan assez intéressant et ma foi sans faux fuyant. On n’a jamais aimé les gens qui travaillent parce qu’ils ferment le gombo de certains. Mais l’essentiel est de faire ce que tu peux car à l’heure du bilan on saura toujours ce que tu as apporté. L’insurrection a donné "bouche" à tout le monde et chacun veut critiquer, faire circuler de fausses rumeurs, etc. juste pour salir la réputation des gens. Même à Rock on veut donner des "conseils" maintenant ! Bon vent au Dr Dembélé

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  • Le 6 janvier 2016 à 10:39, par le panafricain
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    BRAVO , vous savez si c’était nos cousins c’était grave
    Chez le petit Président (franc ois) revoyez les factures des villas AZIMO qui’il a donné a nos cousins moi j’ai Honte ..................................
    Quel Burkindi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  • Le 6 janvier 2016 à 10:50
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Dr Dembélé, il y a que la reconnaissance des diplômes de centres de formation a été posé et était en cours avant votre arrivée. Ce travail a été entrepris par vos prédécesseurs suite aux difficultés d’insertion des jeunes formés aussi bien au public que dans le privé et aux travaux d’un projet clos en 2014. Pour l’encadrement des bénéficiaires des kits il est normal que les agents de votre ministère fasse la formation et le suivi pour l’auto emploi. Le privé devrait compléter le manque de ressources humaines dans ce domaine et non le contraire. Comment des conseillers en formation professionnelle ne feront ils pas l’accompagnement des personnes formées ? Ils ne doivent pas seulement faire l’identification des besoins, non et non. Après l’identification, il y a l’animation des sessions de formation en fonction de leurs compétences et plus tard le suivi de l’insertion de diplômés. C’est dans ce contexte que le ministère de la formation professionnelle ne devait pas être dissocié du ministère des enseignements secondaires et supérieures afin que les enseignants du secondaires puissent être affectés dans des centres de formation professionnelle surtout pour ceux qui ne remplissent pas le quota horaire dans leur établissement. Mais la guéguerre des conseillers en formation professionnelle faites aux enseignants affectés dans ce ministère pour des postes a mis certains enseignants au placard. Comment voulez vous que vos conseillers en formation professionnelle dispensent alors certains cours si chaque groupe d’acteurs devaient rejoindre son département ministériel. Vous n’avez pas compris cela Dr Dembélé. un simple exemple vous avez de économiste et des juristes conseiller en formation professionnelle ? Est ce que la formation professionnelle pour l’apprentissage d’un métier est fondé sur des bases juridiques ou/ et économiques ? Si les enseignants demandaient à être payés pour donner des cours est ce normal ? C’est ce que certains conseillers veulent pourtant. C’est du mercenariat dans leur propre ministère. Il faut arrêter cela.

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  • Le 6 janvier 2016 à 11:05, par Truth Hurts
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Merci M. Dembélé pour le franc parler. 256 millions pour former 390 jeunes au lieu de 5000 ! C’est trop gros pour être vrai. les auteurs de cette tentative de détournement doivent rendre compte.
    Pourtant ce sont ces pratiques qui sont monnaie courante dans les services de la fonction publique. Nous osons croire que le Président Kaboré qui connaît toutes ces pratiques tordues— érigées en système de gouvernement sous l’ancien régime— n’aura pas trop de problèmes pour redresser l’administration publique en la débarrassant de toutes ses tares afin qu’elle soit opérationnelle à 100%.
    Aussi il faut mettre fin au gaspillage de nos maigres ressources humaines. Dans l’enseignement secondaire par exemple,alors que les lycées et collèges manquent terriblement d’enseignants, on recrute annuellement des encadreurs pédagogiques (inspecteurs, conseillers), qui, hormis quelques sorties de visite de classes ou de supervision des examens scolaires, n’ont plus rien à faire ; à telle enseigne que nombre d’enseignants postulent à ce concours juste pour se reposer ou se livrer à des activités privées. Alors soit on occupe les travailleurs de ce corps, soit on laisse les enseignants dans les classes où ils sont plus utiles au pays. Truth Hurts.

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  • Le 6 janvier 2016 à 11:41, par Yamsoba
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    j’ai bien lu l’intervention du ministre et les reactions des uns et des autres. et je profite pour rectifier certain propos. le 1er sieur qui dit que le programme est pilloté avec le meme montant et le même nombre de jeunes comme une ancienne pratique, je dis nom. le FAIJ a produit des statistiques de formations des 5000 jeunes en entrepreneuriat de 2008 à 2011.Puisque le programme est repartI au MJFPE en 2012. Les statistiques sont disponibles. et vous pouvez voir le nombre d’incrits( avec les refences:nom et prenom, projet, telephone...), le nombre de formés, ceux qui ont effectivement deposés un plan d’affaire et ceux qui ont beneficiés du credit. je vous invite à faire un tour au FAIJ pour demander à voir les statistiques. il peut meme être consulté dans les 13 regions des Directions Regionales de la jeunesse et de la formation professionnelle. Pour dire que le FAIJ à effectivement formés 5000 jeunes par an, par le passe.
    au ministre je dirai que la formation en langue nationale et la delocalisation de la formation dans les provinces ne sont pas des innovations de cette année ou du moins de sa part. elles ont été introduite par le Faij en 2011 pour prendre en compte cette couche qui n’etait pas pris en compte dès le depart et aussi suite aux suggestions et critiques lors des ateliers bilans qui regroupaient en son temps le FAIJ, les Directions Regionales de la Jeunesse, les cabinets. Et tous ses efforts ont été aneanti non seulement par des esprits égoistes et par le president du conseil de gestion Mr NION Philippe Kouton Neri.

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  • Le 6 janvier 2016 à 12:03
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    M. Yamyélé vous avez bien raison pour ce qui concerne le suivi des volontaires. il ya effectivement de gros efforts en ce sens mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt car sur le terrain il ya vraiment des jeunes volontaires qui donnent satisfaction et qui continuent de travailler même quand leur contrat fini. Déjà l’exigence de l’attestation de présence est un bon début mais il ya des responsables de structures qui s’entendent avec le volontaires pour donner le papier contre une partie de ce qu’il reçoit. Pour avoir été volontaire j’en sait quelque chose.

    Maintenant pour revenir à l’interview je l’ai trouvé intéressant jusqu’à cette partie "On ne peut pas investir des millions sur des bénévoles, qui nous coûtent minimum 40 mille francs par mois et au moment où on doit recruter, on demande qu’ils aillent faire le concours ; il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut qu’on trouve un mécanisme qui puisse nous permettre de les prendre. C’est en cela qu’on arrive à mettre en avant cette insertion socio-professionnelle parce qu’on a atteint notre objectif. Si c’est pour faire le volontariat et après devenir des chômeurs, on a raté notre objectif"
    D’abord les volontaires ne sont pas des bénévoles, il ne coutent pas 40 mille minimum mais plus et c’est fixe donc la réponse pouvait être précise. Par ailleurs il faut prendre garde à ne pas faire du volontariat un passage obligatoire pour l’emploi en les priorisant. Si quelqu’un n’a pas été volontaire c’est pas nécessairement sa faute et il doit avoir les même chance qu’un volontaire pour occuper un emploi salarié. Ou alors est-il moins jeune et a t-il moins de droit ? Si un volontaire veut prétendre à un poste qu’il se prépare en conséquence pour le test qui y donne droit. Vous venez du privé et je comprend votre raisonnement en terme de rendement rapide mais là c’est l’administration et l’Etat doit se donner les moyens de former toute personne qu’il mobilise et d’en payer le coût.

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  • Le 6 janvier 2016 à 13:27, par Dja
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    le problème de la formation professionnelle des jeunes au BF est très profond et mérite d’être appréhendé avec beaucoup de profondeur. depuis quelques années on passe le temps à dilapider nos ressources et les PTF qui nous accompagnent commencent à rechigner. Il faut situer le problème à 2 niveaux : la gouvernance et le suivi (dont le ministre Dembélé a évoqué).
    - au niveau de la gouvernance, la formation et l’emploi des jeunes sont pilotés par un seul département. les multiples fonds y sont logés ( FAIJ, FAPE, FASI, FAFPA) ainsi que les programme PRFP PAPS/EFTP, PEJDC). Chaque année au minimum une dizaine de milliards sont mobilisés pour la cause. quels en sont les résultats ? combien de personnes sont effectivement formées et dans quels domaines ?(je dis bien effectivement) ? il revient souvent des pratiques telles que le Dr Dembélé l’a relevé et à l’issue les statistiques sont gonflées pour être servies aux pauvres contribuables.
    Combien sont effectivement employés ou ont créé leur propres entreprises ?
    Interrogez les structures concernées, on vous servira des données effarants.
    Comment ces politiques de formation et d’insertion professionnelles sont elles menées ? est-ce en rapport avec les organisations professionnelles existantes ? est-ce en rapport avec les chambres consulaires ( agriculture, artisanat, élevage, mines) qui devraient constituer des appuis substantiels dans ce domaine ?
    Tant que le mjefp va continuer sa politique de formation et d’insertion cloisonnée sans associer effectivement les faitières des différentes des corps de métiers il sera difficile que la politique gouvernementale atteigne son but, on nous servira rien que des statistiques bonnes pour la poubelle, les arrangements entre copains conduiront toujours à afficher 5000 formés pour 390 avec la mm enveloppe.

    - en ce qui concerne le suivi contrôle, il faudra une structure autonome hors MJEFP pour assurer cela. ce qui permettra d’avoir des données assez objectives

    Pour l’instant je m’arrête là et invite les nouvelles autorités à aborder ce problème avec responsabilité cela évitera qu’on passe le temps à dilapider nos maigres ressources pour des résultats insignifiants

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  • Le 6 janvier 2016 à 13:55, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    - INTERNAUTE 19, pourquoi ’’en attendant’’ pour les foulaphones alors qu’il y a 3 langues nationales dans ce pays qui sont écrites, traduites et enseignées (Mooré, Fulufuldé et Dioula) ? Pourquoi ? Je t’informe que le Dioula même est peu développé par rapport au fulfuldé ! C’est ainsi qu’on procède pour brîmer petit-à-petit certaines couches sociales importantes de notre pays par instinct répulsif coloré d’ethicisme. Quand moi j’interviens, je ne le fais pas au hasard, alors là, pas du tout ! Tu crois que cette formation en Mooré ou Dioula au Sahel fera des résultats ? Rien ! On est là et on verra ! Ou alors sous-couvert du ’’en attendant’’ on veut favoriser les mossis du Sahel puisque le dioula même est extrêment rare là-bas. Celui qui a eu cette idée est un ségrégationniste et un machiavélique parce que pour les poulos du Sahel c’est ’’en attendant’’ !

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 6 janvier 2016 à 14:42, par YNK
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Ce sont les mêmes cadres dont vous défendez les compétences qui ont dépouillé les marchés et attribuer les marchés de formation !!!! Il n’a jamais été au temps de l’ancien régime de former 390 jeunes entrepreneurs . Vérifier bien de quoi vous parlez !!!!!!!
    C’est vous et votre équipe qui vous êtes mélangé les pédales avec les cabinets !!!!!
    Quand aux règles de l’Administration, elles existent pour éviter qu’on pille les ressources publiques. Elles ne sont pas faites pour bloquer le travail mais ceux qui veulent se reposer et prendre leur salaire ou ceux qu’elles empêche de piller mettent en avant leur caractères inadéquates pour ne pas travailler à remplir leur devoir ! Etant connues, en tenant compte de leurs contraintes, on doit s’y prendre à temps avec les passassions des marchés, mettre des agents compétents aux dépouillement des marchés, tenir des fichiers sur les entreprises indélicates, suivre les travaux des entreprises avec rigueur, etc.
    Le Public ne fonctionne nulle part au monde comme le privé !!!!! Parce que les ressources sont bien public et on peut pas permettre à un poignet de gens de les gérer à leur guise comme une entreprise privé !!!!

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  • Le 6 janvier 2016 à 15:00, par Bat- Les Sitoyen
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Ceux qui repandent les rumeurs sur les autres en utilisant le nom d’ OSCs, si c’est vrai, pourquoi meme vous n’ avez pas le courage de le faire meme ici, meme a visage caches comme la lachete est votre nature ?

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  • Le 6 janvier 2016 à 16:12, par belgré
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Je reste un peu sur ma faim. Je m’attendais à ce que M. le Ministre infirme ce qui a été dit sur sa rallonge d’indemnités pour compenser ses pertes en devenant Ministre. Puisqu’on ne force personne à devenir Ministre, démentir cette information allait donner plus d’aura à vous et à ce que vous faites ou dites.
    A propos des volontaires, M. le Ministre reconnaîtra avec moi que ce ne sont pas tous les jeunes du Burkina désirant devenir volontaires qui le deviennent. Ce ne serait donc pas juste et équitable de favoriser l’accès à la fonction publique prioritairement aux seuls ex-volontaires.
    Enfin, j’estime judicieux d’éviter les révélations de la sorte du moment où vous êtes parvenus, grâce à votre maestria, à conjurer le scandale. Ce type de révélations choque, révulse, jette le discrédit sur l’administration dans son entièreté, contribue ainsi à effritement de l’autorité de l’État et en dernier ressort n’apporte pas de solutions probantes à la pratique.

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  • Le 6 janvier 2016 à 17:46, par Sidpawalmde
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    DR DEMBELE, si le volontaire q vs confondez à bénévole est aussi important pour vs, vs n’allez pas vs opposez aux missions de suivi. Vs passez le temps a tourner de mission en mission et qd les autres veulent travailler, vs vs plaignez de je ne sais quoi. Au début, on a Bcp espéré en vs mais hélas vs vs etes laissé avoir par le plaisir du pouvoir et le jeu des nominations fictives.
    Karo Yamyele, je te respecte mais avant de juger les gens, renseigne toi sur les conditions réelles de travail. Depuis un temps, les gens sont exaspérés par les mauvais conditions de travail et les frustrations. Démission sur démission des agents qui ont travaillé comme des malades. Je suis déçu de ces responsables qui ne font que suivre l’intérêt de leur ventre.

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  • Le 6 janvier 2016 à 22:23, par transition !
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Monsieur le ministre, quand vos cadres veulent être impliqués en tant qu’exécutants dans les marchés publics qu’eux mêmes ont attribué à des cabinets, il y a problème (et, c’est aussi le cas de toutes les autres structures à vocation de création d’emplois ou d’entreprises pour jeunes où l’Etat injecte des milliards). Aussi, Monsieur le ministre, lorsque vous affirmez avoir été sur un terrain que vous ne connaissez pas, avec le risque d’avoir été induit en erreur, alors quelles résultats vouliez vous atteindre dans ces conditions ? Si vous même par ignorance ou incompétence mettez de mauvais dossiers dans le circuit, alors comprenez que l’Etat (l’administration publique) les rejette pour sauvegarder ses ressources financières. Ce que vous qualifiez de lenteur de l’administration est largement imputable aux hommes (qui ne sont pas auxbonnes positions) et non aux procédures administratives.
    Amicalement

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  • Le 6 janvier 2016 à 23:19, par yabsoré
    En réponse à : Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi : Le bilan sur fond de révélations de Dr Salifou Dembélé

    Mr le Ministre, avez vous vu le film 100jours à Palerme ? ce film relate l’échec d’un intégrè venu combattre une administration corrompue à Palerme. au bout des 100jours il s’est rendu compte que son secrétaire particulier était du réseau de la corruption. il ressort de votre entretien une fumée corruptible de votre entourage notamment dans cette affaire du marché de formation mais il semble que ne maitrisez les modes de manifestation de la corruption , c’est pour cela que vous accédez à leur proposition de former 500 jeunes au lieu de 390 au même prix. avez vous oublier ce dicton qui dit:si on propose un marché dont vous semblez bénéficiaire ! méfiez -vous !
    Mr le Ministre, en vous lisant,on sent un glissement de votre rôle de ministre à celui d’un avocat des bénévoles( syndicat) qui réclame leur intégration pure et simple à la fonction publique au mépris des textes en vigueur d’une part, et un appui à la concurrence déloyale dans le marché de formation au contrario de la loi 010/98 / AN du 21 juin 1998 portant modalités d’intervention et repartitions des compétences entre l’Etat et les autres acteurs de développement

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  • Le 7 janvier 2016 à 16:52
    En réponse à : Rien ne sera plus comme avant

    "Rien ne sera plus comme avant". Il faut une nouvelle orientation politique dans la pratique pour notre pays. Ce serait mal parti que de vouloir travailler avec des institutions qui ne sont plus adaptées aux réalités actuelles. Certaines institutions doivent être reformulées. C’est un devoir pour ne pas trahir la jeunesse qui s’est sacrifiée pour l’avènement d’une ère nouvelle pour notre pays. La mauvaise gouvernance du système passé a plongé les jeunes dans la révolte et l’incivisme. Le ministère chargé de la jeunesse dans sa configuration actuelle ne peut plus répondre aux aspirations de la nation. Il faut l’éclater. Il s’impose l’impérieuse nécessité de créer un ministère de la jeunesse et de la promotion civique et un ministère de la promotion de la formation professionnelle et de l’emploi. Les institutions actuelles sont vraiment anachroniques. J’invite par la même occasion la culture a récupérer ses loisirs.

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