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Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 1er janvier 2016 à 12h08min
Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

2015 a tiré sa révérence, la transition burkinabè avec. 2016 s’installe avec ses espoirs, ses craintes, ses inquiétudes… L’année dont nous célébrons le ‘’deuil’’ aura été des plus riches en actions, faits et gestes politiques, mais aussi en enseignements, pour le pays des Hommes intègres. Retour sur quelques faits marquants de l’année 2015 au Burkina, une année de transition politique.

2015, une année de transition politique au Burkina. Une année de tâtonnements aussi. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les acteurs de la transition ont essayé de tracer les sillons d’une véritable justice pour les Burkinabè et d’une gouvernance saine.
Ce n’est un secret pour personne. Le Burkina, sous l’ère Compaoré, avait mal à sa justice. Ainsi, dès leur arrivée, les « transitionnaires » ont donné le ton. A son investiture en novembre 2014, le Président Michel Kafando a annoncé la réouverture du dossier Thomas Sankara. Pour permettre à l’ensemble des Burkinabè de se reconnaître en leur justice, des états généraux de la justice ont été organisé en mars 2015, lesquels états généraux ont débouché sur la signature d’un pacte national pour le renouveau de la justice.
Quelques jours plus tard, le dossier Norbert Zongo est rouvert. En mai 2015, interviennent les exhumations des restes supposés de l’ex-président Thomas Sankara et de ses douze compagnons assassinés lors du coup d’Etat de 1987 qui a permis à Blaise Compaoré d’accéder à la plus responsabilité de l’Etat.
C’est en octobre 2015 que le rapport d’autopsie et le rapport balistiques ont été présentés aux familles des victimes. Concernant les tests ADN, les résultats ont été présentés deux mois plus tard. Mais, les experts indiquent qu’il n’y a pas d’ADN sur les restes des supposés corps. Mais, cela n’empêche pas l’instruction de suivre son cours. D’ailleurs, plusieurs soldats de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP) ont été inculpés dont le Général Gilbert Diendéré. Un mandat d’arrêt a également été lancé contre Blaise Compaoré.

La loi Chériff… le coup d’Etat

Autre fait marquant de l’actualité en 2015 qui a fait couler encre et salives, c’est l’adoption, le 7 avril 2015, du projet de loi portant modification de la loi N°014-2001/AN du 3 juillet 2001 portant code électoral, par le Conseil national de la transition (CNT).En son article 135, ce nouveau Code rend inéligibles toutes les personnes ayant « soutenu un changement anticonstitutionnel portant atteinte au principe de l’alternance démocratique ». Loi que certains ont appelé la « loi Chériff ». L’ex-majorité crie à l’exclusion et saisit la Cour de justice de la CEDEAO. Et, le 13 juillet, le verdict de la Cour de justice de la CEDEAO tombe. Elle demande au Burkina de « lever tous les obstacles à une participation aux élections consécutifs à cette modification ». Même si le Président Kafando soutient que le Burkina est un pays « civilisé » et se conformera à la décision, rien n’y fit pour aller dans ce sens. Et le Conseil constitutionnel invalide plusieurs candidatures aux élections présidentielle et législativessur la base de ce code querellé.
D’ailleurs, les putschistes des 16 et 17 septembre vont évoquer ces « exclusions massives » pour justifier leur coup de force. Mais, le peuple burkinabè se mettra debout comme un seul Homme pour faire échec à ce qu’il convient d’appeler désormais « le coup d’Etat le plus bête du monde ». Ce fut l’un des faits, si non le fait le plus marquant et le plus éprouvant de l’année. L’échec des putschistes débouche sur la dissolution du RSP et l’arrestation de ses principaux responsables qui attendent leur jugement.
L’on ne saurait passer sous silence les attaques des postes de gendarmeries de Oursi et de Samorogouan qui firent plusieurs morts.

Opérationnalisation de la haute cour de justice

L’on retiendra aussi comme fait majeur de l’année l’installation, en avril 2015, de la Haute Cour de justice et son opérationnalisation qui a permis de mettre en accusation plusieurs anciens ministres et le président du Faso. D’ailleurs, certains ministres et autres dignitaires du défunt régime sont écroués actuellement à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.
L’on ne saurait passer sous silence la mise en place de laCommission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) qui a remis son rapport au Premier ministre, Isaac Yacouba Zida le 14 septembre 2015.
Au nombre des actes et faits majeurs, on retiendra aussi : l’adoption de la loi anti-corruption, l’adoption de la loi sur le code minier.

Enfin, des élections pour parachever l’œuvre

Enfin, il y eu les élections couplées présidentielle et législatives le 29 novembre pour parachever la mission de la transition. Qualifiées des plus ouvertes de l’histoire du Burkina, elles se déroulent sans accrocs majeurs, dans un climat apaisé. Le candidat du Mouvement du peuple pour le progrès, Roch Marc Christian Kaboré, remporte l’élection présidentielle dès le premier tour. Ses challengers ne tardent pas à reconnaître leur défaite et à aller le féliciter. Il fut investi un mois plus tard, marquant ainsi la fin de la transition qui aura duré treize mois.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 1er janvier 2016 à 04:59, par siid siida En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    encore une fois de plus félicitation a cette transition dans ses organes respectif. si organiser les élections au départ était la première des missions, elle s’est aussi surpassé pour rendre tant bien que mal la santé d’attant a ce pays des hommes intègres. que le tout puissant les benisses et tous le peuple Burkinabé.
    comme je ne manque de le dire a qui veut l’entendre, nous ne pourrons jamais remercié ces transitaires pour tout le courage et la dévotion pour ce pays. Merci Merci et encore Merci.

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  • Le 1er janvier 2016 à 17:43, par Nabiiga En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    Chapi ! Merci pour ce récit. Pour ajouter à ce votre récit, il faut dire aussi que l’année 2015 fut l’année où le Seigneur, le bon Dieu, Allah, ou encore Budha s’est manifesté, himself or herself, lui-même ou elle-même, au Burkina. Il est déscendu du haut ou du bas pour vivre avec nous, pour manifester avec nous, pour nous guider, non pas en coulises, mais ouvertement comment s’ériger en bloc contre Diendéré et ses malfrats. Il fallait son arrivée chez nous pour faire vivre son autorité sur terre en remettant tout d’abord le train déraillé du Burkina sur les rails encore, pour dire aux êtres que tout ce que l’homme (compris sans doute dans son sens générique) fait sur terre, vit inlassablement après-lui, tant au Burkina qu’en Côte d’Ivoire et ailleurs. Grâce à sa visite de courtoisie, voilà que l’homme le plus craint au Burkina est derrière les barreaux et voilà qu’enfin, les Burkinabe assisterons à la vérité de toutes les basses besognes qui ont été perpetrées et orchestrées par ce même généralisme de Diendéré depuis bientôt 30 ans. Comme si le Burkina était trop petit, il n’a pas oublié de faire un petit crochet chez les Ivoiriens pour mettre au jour les basses besognes qui ont été perpetrées contre les Ivoiriennes et comme leurs homologues sanguinaires burkinabe, les sadiques ivoiriens croyaient que la vérité ne se manifesterait plus jamais. Ô combien il se sont trompés.

    Enfin, le Burkina est sorti de cette année 2015 dont nous célébrons sa révérence, gagnant, propre et en paix avec lui-même. Rendons grâce au Seigneur, à Allah, à Budha et à toutes les forces divines connues ou inconnues. Bonne Heureuse Année chère, chère Patrie, Bayiri !

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  • Le 1er janvier 2016 à 22:37, par Le Citoyen. En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    Je n’ai jamais vu un peulh faire quelque chose de bon sur cette terre si ce n’est pas boire son petit lait. Moussa DIALLO, ton article est nul et pas approfondi.
    L’analyse est, des plus bêtes du monde plus que le coup d’Etat des 16 et 17 septembre 2015 de la soldatesque du RSP.
    J’aurai souhaité que vous abordiez ces différents sujets sous le prisme d’une critique vraie et objective des autorités de la transition, leur force, leur faiblesse, ce qu’elles ont fait de bien, de moins bien et de mal. Ce qui aurait permis au nouveau pouvoir de tirer toutes les leçons utiles car Roch Marc Christian KABORE a, lui-même dit : Une chose est de conquérir le pouvoir d’Etat, une autre chose est de satisfaire les attentes des populations.
    Et sur ce plan, le nouveau pouvoir est attendu au pied du mur par le peuple des insurgés.
    La relation à plaisanterie avec les peulh me permet de charier un peu Moussa DIALLO, mais j’apprécie ses articles. N’y voyez aucune critique d’une groupe ethnique car ma mère est poulo gorco. Le Citoyen.

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  • Le 2 janvier 2016 à 08:25, par SANOU En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    On attend de ce régime que les dossiers soient élucider, les crimes économiques et les crimes de sang, par exemple :
    - Les dossiers de crime de sang : Thomas SANKARA, Henri ZONGO, Jean Baptiste LINGANI, Norbert ZONGO et autres… doivent aboutir à leur terme
    - Les crimes économiques : affaire Guiro et bien d’autres doivent aussi parvenir à leur terme.
    - Dans votre auguste ASSEMBLEE, deux étaient absents (BAYIRE Lamine et TALL Amadou) parce qu’ils portent des casseroles, d’autres porteurs de casseroles restent notamment ceux qui ont des dossiers en justice, par exemple le cas de Urbain YAMEOGO député MPP du Boulkiemdé qui a fait la prison à Bobo-Dioulasso entre 2004-2005 pour des fautes de crimes économiques, et cité dans le journal le Pays N°3649 du vendredi 23-25 juin 2006 comme principal instigateur et ordonnateur des actes de fraudes. Il aurait bénéficié de liberté provisoire et s’est lancé en politique.
    Pour plus de justice au nom de tous les insurgés du 30-31 octobre 2014 et du coup stupide le Peuple vous a l’œil.
    SANOU

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  • Le 3 janvier 2016 à 11:07, par Nabiiga En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    Laissez mon petit peulh en paix. Hein !

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  • Le 5 janvier 2016 à 14:40, par N’DRI En réponse à : Transition au Burkina : Retour sur quelques faits marquants

    La transition a eu des organes de gestion sans partage, compétents et travailleurs. Bravo à tout ce beau monde qui a su diriger et gérer la transition de façon exemplaire. Que Dieu vous bénisse .Le bilan en 13 mois est largement positif et satisfaisant. N’en déplaisent vos détracteurs.

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