« Sauf à vouloir entrer dans l’histoire à reculons, la place de l’UPC est et demeure aux côtés du MPP », dixit Louis Armand Ouali, 2ème Vice- Président de l’UPC

mercredi 23 décembre 2015 à 04h15min

Dans la daclaration ci- après parvenue à notre rédaction, le deuxième vice- président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) donne sa position dans le débat en cours sur les éventuelles alliances au sein des partis de l’ex chef de file de l’opposition politique. Tout en invitant à rester dans l’esprit de l’insurrection populaire d’octobre 2014, Louis Armand Ouali appelle à un “Sursaut républicain patriotique”. Pour lui, il n’y a pas de contre- indication à une alliance UPC- MPP. Lisez plutôt.

« Sauf à vouloir entrer dans l’histoire à reculons, la place de l’UPC est et demeure aux côtés du MPP », dixit Louis Armand Ouali, 2ème Vice- Président de l’UPC

"Le mardi 15 décembre 2015, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 29 novembre 2015.
L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), notre parti, n’a pas gagné l’élection présidentielle de 2015.
La déception est grande au regard des efforts déployés par les militants et les sympathisants pour convaincre les électeurs souverains d’accorder la majorité de leurs suffrages au candidat de l’UPC.
La création de l’UPC, le 1er mars 2010, a suscité de grands espoirs. De la dizaine de membres fondateurs qui ont dirigé l’UPC de 2010 au 1er congrès ordinaire en 2014, quatre (4) longues années de dur labeur, pour faire connaître le parti, un seul, le camarade Lassané SALOUCOU a prématurément disparu. Paix à son âme.
Les adhésions à l’UPC de nombreux camarades, ont permis de constituer une direction de plusieurs dizaines de membres (Secrétariat Exécutif National et Bureau Politique National).
Les résultats des élections présidentielle et législatives du dimanche 29 novembre 2015, indiquent que le parti comptera trente-trois (33) députés au sein de la future Assemblée nationale. Ce nombre correspond à un taux de pénétration de l’électorat de 19% contre un taux de 12% en 2012.
En attendant d’approfondir les causes de l’échec de notre parti à l’élection présidentielle de 2015, il convient dès maintenant de répondre à cette question fondamentale : quel est le meilleur positionnement politique pour l’UPC ?

// Le serment du candidat DIABRE

La bible/le Coran/la Torah de l’UPC est et demeure son Manifeste. Il y est clairement énoncé que le parti a été créé pour mener le combat pour l’avènement d’une démocratie républicaine et citoyenne. Dans le processus pour faire émerger et ancrer cette démocratie, l’UPC s’est engagé à demeurer aux côtés des forces de progrès qui partagent les mêmes valeurs et la même éthique politique.
C’est en prenant en compte la substantifique moelle du Manifeste de l’UPC que le Président du Bureau Politique National, Président du parti a, fort justement, affirmé que « tous les partis politiques qui étaient affiliés à l’ex-CFOP partagent les mêmes valeurs que les martyrs ».
Afin de dissiper tout doute sur la question, le camarade Zéphirin DIABRE a précisé : « il n’y pas de raison de croire que si un d’entre eux arrive au pouvoir, il oubliera toutes ces valeurs ou changera de nature ».
Avec un tel serment, il est évident que l’UPC n’a pas, ne peut pas oublier toutes ces valeurs ou changer de nature parce qu’il a perdu... l’élection présidentielle du 29 novembre 2015.
Par ailleurs, le camarade Zéphirin DIABRE réaffirme, très clairement et fort pertinemment, que l’UPC ne peut pas s’allier avec des forces politiques qui ne partagent pas les valeurs de l’UPC et celles des martyrs.
S’agissant des autres partis politiques affiliés à l’ex CFOP, lequel(s) ne partagent (nt) plus les mêmes valeurs que les martyrs ? Lequel, arrivé au pouvoir, a oublié toutes ces valeurs ou a changé de nature ?
Jusqu’à preuve du contraire, le MPP. membre de l’ex CFOP, n’a pas oublié toutes ces valeurs ou changé de nature parce que son candidat a été élu Président du Faso dès le premier tour.

11/Le vrai faux débat sur la question des programmes

« Bâtir avec le peuple un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice ». Tel est l’intitulé du document de 85 pages tenant lieu de programme du vainqueur de l’élection présidentielle du 29 novembre 2015, Monsieur Roch Marc Christian KABORE. « Le vrai changement. Le projet de Société de Zéphirin DIABRE » tient en 138 pages.
Les auteurs des deux documents se sont largement inspirés des mêmes sources documentaires : les documents du système des Nations Unies, l’Etude nationale prospective Burkina 2025, les rapports du Collège de Sages, du Comité national d’éthique, etc.
Les deux programmes ont été écrits sous l’éclairage des années de la Révolution démocratique et Populaire, au double plan de la vision, partiellement et de certaines de ses mesures et actions.
Dans ces conditions, si c’est la volonté de servir les intérêts du peuple qui prédomine sur toutes autres considérations, une plateforme minimale pour gouverner ensemble peut être trouvée comme ce fut au CFOP.

111/En finir avec les inepties du genre :

III -1 : « il y en a qui sont pressés de devenir ministres »
L’objectif final de la création d’un parti politique est la conquête du pouvoir d’Etat. Dans ces conditions devenir ministre ne peut donc pas constituer une fin en soi. Cependant, force est de reconnaître qu’une expérience de gestion des affaires d’Etat constitue un atout qui rassure le peuple au moment décisif du choix de celui qui gérera le pouvoir d’Etat.

/// -2 : « II y en a qui sont fatigués de lutter »
Que dire de ceux qui n’ont jamais lutté ? En effet, certains d’entre eux n’avaient jamais mis les pieds dans une organisation de masse, à fortiori un parti politique. Leur engagement « patriotique téméraire » est loin d’être prouvé durant les luttes du CFOP, conduites par Bénéwendé Stanilas SANKARA puis Zéphirin DIABRE. Aucune contribution dans la réflexion pour mener la lutte (définition d’objectifs, de stratégies etc.), aucune capacité de mobilisation. Ils portent une lourde, une... très lourde responsabilité dans l’échec du candidat de l’UPC à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015.

IV/ La redevabilité au Président Biaise COMPAORE
L’honnêteté intellectuelle, la probité morale et l’éthique politique commandent de reconnaître que le candidat élu, Roch Marc Christian KABORE et son challenger Zéphirin DIABRE sont tous les deux redevables au Président COMPAORE. Si l’ex Président du Faso ne les avait pas nommés dans ses différents gouvernements et permis d’accéder à de hautes fonctions internationales, ils n’auraient pas eu les curricula vitae remarquables qui leur ont permis, entre autres d’arriver premier et deuxième à l’issue de l’élection présidentielle du 29 novembre 2015, loin devant les douze (12) autres candidats.
Tant KABORE que DIABRE doivent le reconnaitre et l’assumer. L’éminent journaliste africain, Jean Baptiste PLACCA a été implacable dans sa chronique du samedi 05 septembre 2015 en affirmant qu’« ils ne devraient d’ailleurs pas avoir à rougir d’avoir servi leur pays sous COMPAORE.... L’on ne peut haïr les brebis, adorer leur lait et s’en vanter...Le tout est de savoir se démarquer de l’homme, tout en tirant abondamment profit de son héritage ».

V/Le moment de la démarcation

« Le MPP a rejoint trop tard l’Opposition politique...Ce sont des opposants de la dernière heure », « j’ai quitté le navire de l’ancien régime le premier... » etc.
Ces arguties sont politiquement puériles et ridicules. Parce que premièrement, les burkinabé en âge de voter connaissent pour la grande majorité, le parcours de leurs candidats dits
favoris. Deuxièmement, dans toute œuvre humaine, il y a toujours des premiers et des deuxièmes,...De nombreux camarades ayant adhéré à l’UPC, après la percée électorale historique du 02 décembre 2012, c’est-à-dire en 2013 et 2014, occupent de hautes responsabilités au sein du parti, au même titre (et même au détriment) de membres fondateurs. C’est source d’enrichissement de l’UPC et ainsi va la vie. Troisièmement, pour ceux qui en douteraient encore, les électeurs du Burkina Faso ont... refusé...MASSIVEMENT... de confier leur destin à des candidats qui ... n’ont jamais été appelés à de hautes fonctions par Biaise COMPAORE durant les vingt-sept (27) années de son règne et donc ne lui sont redevables de rien.
Aux yeux des électeurs, les arguments des ouvriers de la première et de la dernière heure ou ceux qui ont servi pendant longtemps sous Biaise COMPAORE n’ont pas...prospéré. Ceux qui en ont fait un thème de campagne doivent en tenir toutes les conséquences.
Par ailleurs, il y a encore de nombreuses zones d’ombre à éclaircir dans l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et surtout autour du coup d’Etat manqué du 17 septembre 2015. L’une des questions qu’il faut, légitimement, se poser est la suivante : comment peut-on expliquer la haine destructrice se traduisant par une attaque aux armes lourdes contre les maisons de responsables du MPP ? Pire, les tentatives d’assassinat contre leurs personnes et celles des membres de leurs familles ? S’ils ne sont que des opposants de la dernière heure, pourquoi un tel acharnement criminel contre eux et pas contre les opposants « historiques » ou ceux qui se présentent comme tels ?

Vl/ La « nécessité » d’une opposition forte/crédible

Tirant leçons de sa propre Histoire et à la lumière des expériences des autres peuples, chaque peuple trace les sillons de son Histoire.
Les tenants de cette hypothèse, de ce schéma, de cette théorie estiment que si l’UPC ne rejoint pas les bancs de l’opposition, celle-ci serait faible et l’expérience démocratique burkinabé fade.
L’un des éléments de justification de leur vision de cette démocratie « vivante », ils le tirent du message que le peuple électeur souverain aurait véhiculé, au regard des résultats du scrutin couplé du dimanche 29 novembre 2015.
Tout d’abord, exiger de l’UPC ou de tout autre parti membre de l’ex-CFOP de se coaliser avec tout ou partie des partis politiques que l’ex CFOP a combattus et vaincus, pour que le Burkina Faso vive une démocratie (vraie Pmodeme ?) exemplaire, relève d’un raisonnement politique singulier.
C’est, ensuite faire injure au parti de l’ex-majorité qui a obtenu, à un seul siège près, le même nombre de députés que l’UPC en 2012. Avec leurs vingt-cinq (25) députés au moins,
les partis politiques de l’ex-majorité n’ont que... trois (3) députés de moins que l’opposition parlementaire de 2012. ALORS ?!
Un grand parti politique ne meurt jamais tant que ses militants, les vrais, soutiennent de manière déterminée sa direction. C’est le cas du CDP et de l’ADF/RDA. Nonobstant les circonstances exceptionnelles dues au contexte national post-insurrectionnel, le CDP a prouvé qu’il demeure un parti bien implanté et doté de ressources humaines de qualité et de ressources financières conséquentes. La lucidité politique recommande de reconnaître qu’en dehors du MPP, aucun autre parti affilié à l’ex-CFOP n’est supérieur au CDP sur ces plans. Avec quasiment le même nombre de députés que l’UPC et ses alliés en 2012, le CDP et ses alliés de 2015, avec en plus une expérience inégalée de plus d’un quart de siècle dans la gestion du pouvoir d’Etat, ont la même « puissance » politique que leur opposition parlementaire de 2012-2014.
En conséquence, il faut donc savoir raison gardée en respectant le CDP et ses alliés. Ils n’ont besoin d’aucun parti de l’ex-CFOP pour constituer à l’Assemblée nationale, l’opposition parlementaire solide tant souhaitée par nous tous.
A toutes fins utiles, par ailleurs, il ne faut pas se faire d’illusions. Dans toute alliance contre nature, aucun parti politique, membre de l’ex-CFOP, ne peut faire de l’ombre au CDP seul, a fortiori, au CDP et ses alliés.
Il faut éviter les justifications très faibles, ridicules et d’une nullité politique absolue du type : « ce sont des burkinabé ». Qui a déjà dit, qui dit le contraire ? La lutte pour le pouvoir concerne les burkinabé. Ceux qui usent de cet argument ignoraient-ils que la majorité qu’ils combattaient était composée de burkinabé comme eux ? En ont-ils pris conscience seulement après la victoire de l’insurrection qu’ils ont organisée durant... deux (2) longues et éprouvantes années ?
Et puis, ceux (de bonne foi) pour qui l’UPC est toujours apparue comme le meilleur parti politique du Burkina Faso, doivent se poser la question de savoir pourquoi ils ont échoué à faire voter l’électorat pour que l’UPC obtienne 50,01% des voix au premier tour ? A défaut, comment expliquer qu’ils n’aient pas été en mesure de convaincre le peuple souverain d’imposer un deuxième tour, avec l’UPC dans le duo, comme premier signe du « dynamisme » de l’expérience démocratique burkinabé ?
Le peuple électeur souverain, incluant les blessés de l’insurrection et les parents des martyrs, s’est prononcé, sans équivoque, pour que le Burkina Faso soit dirigé, dans les cinq (5) prochaines années par « les partis politiques qui étaient affiliés à l’ex-CFOP (et qui) partagent les mêmes valeurs que les martyrs ».
Le MPP est l’un de ces partis politiques qui partagent les aspirations des martyrs. Le 29 novembre 2015, le choix du peuple s’est porté, à 53,46% et dès le premier tour sur son candidat. A ce jour, le MPP n’a pas oublié lesdites valeurs et il n’a pas changé de nature.

Le MPP est donc...l’allié politique...obiectif de l’UPC.

Le peuple burkinabé est un peuple dont la maturité politique est indéniable. Le peuple burkinabé est, clairement, conscient de ce qu’il est le moteur de son HISTOIRE. Le 29 novembre 2015, il a exprimé sa volonté. Parce qu’il n’y a qu’un fauteuil présidentiel, il a accordé la majorité de ses suffrages au candidat Roch Marc Christian KABORE qui partage encore une fois les mêmes valeurs que les insurgés.
Cependant, faisant preuve d’une maturité politique exceptionnelle, les burkinabé ont, au terme du scrutin couplé, adressé un message très fort et sans équivoque au vainqueur de l’élection présidentielle : il n’y aura pas (plus ?) de tuk guilli dans notre pays. Le Président KABORE doit gouverner avec les huit (8) partis politiques, membres de l’ex-CFOP qui ont obtenu de siège de député constituant ainsi la majorité parlementaire.
Le message du peuple ne peut faire l’objet d’interprétation tendancieuse et/ou malicieuse. C’est ensemble que les partis affiliés à l’ex-CFOP ont organisé et gagné le combat pour l’avènement d’une démocratie républicaine et citoyenne. Le peuple burkinabé exige, très légitimement, que les partis de l’ex-CFOP gouvernent ensemble. Ce serait la preuve qu’au-delà des intérêts individuels, seuls comptent, effectivement, les intérêts du peuple burkinabé.

Il ne faut pas se méprendre. Si le MPP avait obtenu la majorité absolue des sièges et même plus, les mêmes « démocrates » auraient dénoncé le tuk guili et alors et effectivement l’on aurait pu avoir quelques inquiétudes.
La seule lecture politique réaliste qu’il est juste et bon de retenir des résultats des élections couplées du 29 novembre 2015 est la suivante : le MPP et ses alliés ont été et demeurent les alliés objectifs de l’UPC pour la gestion de cette période post insurrectionnelle et post-transitionnelle.
A moins de vouloir assassiner, une seconde fois, les martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat du 17 septembre 2015, aucun argument politique sérieux, aucune justification politique responsable ne semblent à même d’expliquer, de soutenir une alliance contre nature entre les leaders des insurgés et les leaders de leurs adversaires dont certains auraient du sang de martyrs sur les mains.
Toute combinaison, toute combine politique qui ne prend pas en compte ou qui feint d’ignorer le sacrifice des filles et des fils tombés au champ d’Honneur du combat patriotique, n’a aucun avenir. Elle est déjà condamnée par l’Histoire.
La « chute » du MPP, avec ou sans la complicité de tout ou partie de partis politiques de l’ex-CFOP, ne profitera à AUCUN desdits partis et évidemment il ne sera d’aucun bénéfice pour la sauvegarde de la mémoire des insurgés. Elle ne constituera pas une avancée dans l’émergence et l’ancrage de la démocratie républicaine et citoyenne.

Sauf à vouloir entrer dans l’histoire à reculons, la place de l’UPC est et demeure aux côtés du MPP membre de l’ex-CFOP dont le candidat a reçu l’onction du peuple burkinabé pour gouverner le Burkina Faso.
Toute autre démarche conduirait à une alliance contre-nature, à la compromission donc et pire encore constituerait une trahison de l’IDEAL pour lequel des dizaines de burkinabé déterminés ont su lutter et mourir".

Ouagadougou, le 22 décembre 2015

Pour les signataires
Louis Armand Mihyemba OUALI
2ème Vice-Président de l’UPC

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