Crise scolaire : La direction régionale du MESS de la région du centre appelle les élèves à privilégier le dialogue

jeudi 3 décembre 2015 à 22h42min

Le directeur régional du centre du ministère de l’enseignement secondaire et supérieur (MESS) a animé un point de presse sur la situation qui prévaut dans les établissements secondaires suite à l’arrestation de l’élève Kissou Bruno. La conférence de presse a eu lieu le mercredi 2 décembre 2015, dans les locaux de la direction régionale du centre.

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Crise scolaire : La direction régionale du MESS  de la région du centre appelle les élèves  à privilégier le  dialogue

Ces derniers temps, on assiste à une vague de manifestations dans les établissements d’enseignement secondaire de la ville de Ouaga et de ses environs. La raison de ces manifestations, les élèves réclament la libération de leur camarade, Kissou Arnaud. Agé de 23 ans, kissou Arnaud est élève en classe de 1èreD au lycée Wend-Pouiré de Saaba et est incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) depuis le 14 novembre 2015.
Selon le directeur régional du centre, François Compaoré, tout commence en Août 2015 entre dame Kissou (dolotière) et son voisin Augustin Tiendrébeogo (laveur de motos et vendeur de seccos). En effet, suite à une altercation entre les deux, mère Kissou a convoqué son voisin au commissariat de police, où on lui aurait demandé de rembourser des frais d’ordonnances médicales pour blessures sur ce dernier.
Par la suite, le 1er octobre, le fils de la dame, c’est –à dire, Aranud Kissou a eu une nouvelle altercation avec Augustin Tiendrebeogo, et cette fois-ci, sur les lieux de travail du monsieur. « Au cours de cette altercation, Augustin s’est évanoui et s’est retrouvé à Yalgado. Lorsqu’ il a repris connaissance, il a lui aussi, adressé une plainte contre le fils de dame kissou au même commissariat. La police après avoir entendu l’accusé, a décidé d’incarcérer Kissou Arnaud », a dit Compaoré François.
C’est alors que cette histoire qui paraissait banale au départ, va prendre des proportions déplorables. En effet, pendant que le conseil paroissial des laïcs de la paroisse de Saaba entamait une négociation entre les deux familles, l’élève en question étant membre des mouvements d’action catholique, les élèves de Saaba ont déserté les salles de classe le 09 novembre 2015. Ils ont alors effectué une marche vers la préfecture pour manifester leur solidarité. « Avec madame le préfet, et quelques membres de l’administration, nous avons invité les élèves à privilégier la voie de la médiation qui avait commencé avec le conseil paroissial des laïcs. On dit souvent que trop de viande ne gâte pas la sauce, mais en matière de négociation ou de gestion de conflits, quand vous avez trop d’interventions, ce n’est pas toujours efficace », a signifié François Compaoré.

A cet effet, le directeur régional précise que l’administration a estimé que la démarche du conseil paroissial pourrait constituer un socle solide pour sortir de la crise et obtenir une entente à l’amiable entre les deux familles. « Nous avons suggéré aux élèves de ne pas privilégier les manifestations parce que les mouvements de protestations sont le signe que le dialogue ne se poursuit plus. Les élèves de Saaba nous avaient donné l’assurance qu’ils suivraient nos conseils et les initiatives qui aboutiraient à une solution à l’amiable », a-t-il souligné.
En outre, le directeur régional poursuit qu’il a été contacté par le plaignant qui a pris l’engagement de retirer sa plainte « parce que nous les avons sensibilisés sur la période du contexte national qui est très sensible. Nous venions de sortir d’un coup d’Etat, nous étions en période pré-électorale et nous avions pensé que le pays avait besoin de quiétude et de sérénité » a-t-il dit.
Cependant, les manifestations se poursuivaient. Et c’est ce qui constitue d’ailleurs l’inquiétude de l’administration. A cet effet, le directeur régional signale que les mouvements à l’heure actuelle ne sont pas organisés. « Il n’y a pas eu de préavis de grève. Nous constatons tous les matins, qu’il y a des arrêts de cours dans les établissements compte tenu de la situation » a-t-il regretté.
Ainsi, le directeur de la direction de l’enseignement secondaire et supérieur du centre lance un appel à tous les élèves. « Notre souhait est que les cours reprennent le plus vite car nous avons déjà accusé un retard à cause des événements qui ont conduit au report de la rentrée pédagogique. Chaque jour perdu, occasionne une perte pour le système éducatif et la qualité de l’éducation ». Aussi, faudrait-il rappeler que Kissou Bruno a été interpellé en tant que citoyen burkinabè et non en tant qu’élève. Raison pour laquelle, le directeur se dit inquiet pour la sécurité des personnes et des biens car ces mouvements s’accompagnent d’actes de violences qui peuvent avoir des conséquences imprévisibles. Dans le cadre des manifestations, trois élèves qui se sont remorqués sur une même moto ont percuté une personne en circulation en se rendant dans un autre établissement. L’élève conducteur de la moto est mort sur le coup. Les deux autres, blessés seraient à l’hôpital pour des soins.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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