Pour une vie chrétienne authentique, une église s’interroge.

dimanche 15 novembre 2015 à 23h24min

La question des célébrations des mariages et des obsèques a été approfondie au cours d’une assemblée générale tenue par la province ecclésiastique de Ouagadougou. Les travaux qui se sont déroulés dans les locaux du centre Mgr DURIEUX à Ouahigouya, ont pris fin avec la célébration de la messe à 7h30 le dimanche 15 novembre.

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   Pour une vie chrétienne authentique, une église s’interroge.

Une église en phase avec les préoccupations de l’heure.

La cathédrale Christ Roi de l’univers de Ouahigouya a au cours d’une messe unique ce dimanche 15 novembre, accueilli la célébration d’action de grâce de la fin des travaux de l’assemblée générale de la province ecclésiastique de Ouagadougou. Réunis à Ouahigouya depuis le 12 novembre, la nonantaine de participants à cette assemblée générale, venue des quatre diocèses de Ouahigouya, Koudougou, Manga et Ouagadougou qui composent la province ecclésiastique de Ouagadougou, s’est penchée sur des questions qui selon le Cardinal Philippe « revêtent une importance capitale pour la vie de nos communautés ». « Nous avons essayé explique-t-il, de faire en premier lieu le point sur une option pastorale très forte, prise il y a déjà six ans, à savoir la célébration des obsèques et des funérailles ». Une pratique dans le domaine en effet, a été vécue ad experimentum au niveau de la base, et a été soumise à critique. Après une large consultation qui a permis de recueillir moult points de vue et appréciations, la province a estimé qu’il fallait faire le point pour arriver à des décisions beaucoup plus opportunes.
Le deuxième point sur lequel a travaillé l’assemblée, s’inspire de la préoccupation qui se dégage à l’intervalle des deux synodes sur la famille. Un manuel de préparation des fiancés au mariage, qui prend en compte tous les problèmes concernant la célébration et surtout l’accompagnement des couples était en projet, et a pu voir sa finalisation. Avec la tenue de cette assemblée générale, et en attendant la sortie des documents officiels promis avant le carême 2016, les fidèles catholiques vivant sur le territoire de la province ecclésiastique de Ouagadougou, disposent désormais d’une directive à accueillir en esprit de famille, pour vivre ces événements d’importance dans la vie des hommes.
A la fin de l’eucharistie présidée par le Cardinal Philippe entouré de ses suffragants (les évêques de Ouahigouya, Koudougou et Manga) ainsi que de son auxiliaire, une restitution à chaud des conclusions de cette session a été portée à l’assemblée venue nombreuse. En attendant donc ce document, qui ne semble pas promettre de grands changements, l’on pourra retenir que la veillée est maintenue le vendredi soir et la célébration des funérailles chrétiennes le samedi matin. Plus que jamais et au vu de certaines expériences vécues parfois, l’assemblée a avec insistance invité les fidèles à vivre ces événements dans un esprit de simplicité qui bannit donc les dépenses matérielles faramineuses qui l’emportent souvent sur le spirituel.
Le synode d’octobre dernier encourage beaucoup à avoir une pastorale familiale beaucoup plus forte chose, et l’on peut donc comprendre que la province s’attèle à l’élaboration de ces documents. Au cours de cette assemblée générale, d’autres questions diverses ont été bien entendu discutées, mais en somme selon le Cardinal Philippe, « elle avait surtout en priorité de donner à nos communautés les voix et moyens pour cheminer davantage dans la sainteté et dans la mission ». Comme le dit le Pape Jean Paul II dans Ecclesia In Africa, tous les fils et filles de l’Eglise sont appelés à la sainteté, et cette quête doit se faire dans le vécu quotidien, le mariage, la mort, les funérailles et tout ce qui fait l’essentiel de notre vie.

Pour des élections acceptées par tous.

Tout le monde le sait, le Burkina vit une étape importante de son histoire, à travers les élections qui devront conclure une période de transition qui a duré une année. Après les soubresauts qui ont jalonné cette année les choses semblent se conjuguer pour un consensus assez fort pour que nous puissions parachever ce qui a été fait, afin d’aller vers des élections que nous souhaitons libres, indépendantes, crédibles et à des résultats acceptés par tous. Pour le cardinal Philippe, c’est une préoccupation pour tout le pays, et au niveau de l’Eglise Famille de Dieu qui au Burkina Faso, les évêques ont déjà eu à livrer un message au peuple pour les élections initialement prévues pour le 11 octobre. « Ce message reste d’actualité dit-il, et tous les curés sont invités à partir de ce message pour encourager les chrétiens à s’acquitter de leur devoir de citoyens en allant voter ». « L’Eglise n’a pas un parti politique martèle-t-il, ni un candidat de préférence, car tous sont des fils et filles de l’Eglise et même s’ils ne sont pas chrétiens, l’Eglise demande aux uns et aux autres de voter selon leur conscience ». Il s’agit en conscience de répondre à la question « quel est l’homme ou la femme capable de faire le bonheur du peuple Burkinabè ? Quel est l’homme ou la femme capable d’être un authentique serviteur du peuple burkinabè ? Quel est l’’homme ou la femme burkinabè capable d’être un bon gardien du peuple, un bon serviteur ? ». Pour l’Eglise, l’autorité n’est rien d’autre qu’un service et les évêques par la voix du Cardinal Philippe, réitèrent leur demande à tous d’accompagner ce processus électoral par la prière. Le Seigneur est le Maitre de l’histoire qui veut la paix pour les hommes et pour notre pays. C’est pourquoi le Cardinal souhaite que « tous les Burkinabè œuvrent dans le sens de la réconciliation à travers des campagnes électorales où les discours des uns et des autres candidats seront empreints de respects mutuels.

Abbé Joseph KINDA
www.egliseduburkina.org

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Vos commentaires

  • Le 17 novembre 2015 à 11:17, par sogotele
    En réponse à : Pour une vie chrétienne authentique, une église s’interroge.

    Merci à la province ecclésiastique de Ouagadougou pour ce noble projet. Tout en espérant que les conclusions seront diffusées pour une large information, j’estime que nos responsables religieux occultent trop souvent le côté syncrétisme dans nos prises de décisions et dans l’institutionnalisation de nos pratiques religieuses. Le message du Pape pour le mois missionnaire a parlé de pluralisme culturel dont toute entreprise d’évangélisation devrait tenir compte. Ce que j’ai remarqué à Bobo, face aux funérailles, le chrétien est dubitatif. Combiner le spirituel et le culturel ? Comment ? Finalement on le retrouve dans tout sans qu’il ne sache véritablement pourquoi l’un ou l’autre geste cultuel. Éclairez-nous davantage, éminents gourous !

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