Le tabac : Un problème de santé publique

jeudi 5 novembre 2015 à 02h03min

Le tabagisme, outre la dépendance, est responsable de nombreuses maladies comme les cancers et les maladies cardiovasculaires. Ce fléau a la peau dure au Burkina Faso et ce, malgré les énormes efforts du gouvernement. Cette situation interpelle de ce fait, plus d’un à un changement de comportement au risque de voir le nombre de victimes accroitre au fil des ans.

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Le tabac : Un problème de santé publique

Selon l’infirmier à la Direction de la promotion de la santé, Kiguin Débé, le tabagisme constitue l’un des problèmes de santé publique au Burkina Faso. « Sur 100 burkinabè, 19,8 personnes consomment le tabac non-fumé ou pire encore le tabac à fumer (cigarette, cigare, la pipe à eau, la cigarette électronique) » a-t-il souligné. En vue de circonscrire la question du tabagisme, le Burkina Faso à l’image d’autres pays a signé la Convention cadre de l’organisation mondiale de la santé pour la lutte anti-tabac. Mais force est de reconnaitre que la lutte s’avère perdue en ce sens que certains profanes trouvent des motifs d’explications. Si pour certains la consommation de la cigarette est une manière de s’affirmer, pour d’autres elle est un désir de liberté voire un besoin d’identification…

Dans l’espoir de toucher plus d’un pour un changement de comportement, M. Débé n’a pas hésité à faire ressortir le bilan alarmant de l’Organisation mondiale de la santé. « 60% des maladies des cancers dans le monde sont dues au tabagisme ; il est le premier facteur de risque des maladies cardio-vasculaires ; 80% des maladies du cœur sont attribuables à la consommation du tabac. Les maladies pulmonaires, également, sont dues en grande partie à la consommation du tabac soit 85% des cancers du poumon etc. » a-t-il indiqué.

Le tabagisme, un phénomène à prendre au sérieux

En tant que direction de lutte anti-tabac, la direction de la promotion de la santé (DPS) mène un certain nombre d’activités entrant dans le cadre de la lutte anti-tabac. Il s’agit entre autres des activités de sensibilisation en collaboration avec des associations ; l’élaboration des projets de textes relatifs à la lutte contre le commerce illicite des produits du tabac, la taxation, le conditionnement et l’étiquetage du tabac qu’elle soumet au gouvernement pour adoption.

Le gros problème, dira M. Débé, « la commercialisation du tabac est autorisée par la loi. Aussi, les industries du tabac de par leur influence, empêchent les acteurs de lutter efficacement contre ce fléau, qui du reste fait 1 500 décès chaque année au Burkina ». En outre, il a expliqué en substance, une loi portant lutte contre le tabac a été adoptée par le gouvernement pour réduire les dégâts de la cigarette. « Son premier degré porte sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, le deuxième sur le conditionnement et l’étiquetage des produits de tabac, le troisième par contre porte sur la création, le fonctionnement et l’attribution d’un Comité national de lutte anti tabac » a-t-il énuméré. Une des dernières dispositions en date, s’en souvient l’infirmier, l’arrêté qui décrit les modalités d’application du degré portant conditionnement des produits de tabac au Burkina Faso, et le protocole adopté en octobre dernier par le Conseil national de la transition pour éliminer le commerce illicite des produits de tabac.

Les lois anti-tabac en vigueur

Au nombre de sanctions prévues par la loi portant lutte contre le tabac, est passible d’une amande de 15.000 FCFA toute personne qui fume dans un lieu public ; d’un emprisonnement d’un à six mois et d’une amande de 50 000 à 250 000 FCFA ou l’une de ces deux peines seulement quiconque vend ou fait vendre en connaissance de cause du tabac ou des produits du tabac à une personne de moins de 18 ans. Egalement est puni d’une amande de 100 000 FCFA à 1 million de FCFA quiconque distribue gratuitement du tabac et des produits du tabac, des cadeaux et gadgets publicitaires comportant une marque de tabac …
« Pour que cette loi soit vraiment appliquée, il va falloir que les gens portent plainte. Nous à la DPS, nous prenons gage à poursuivre la sensibilisation » a fait savoir l’infirmier de la DPS.

Bannir à jamais le tabac

Selon M. Débé, le tabac est constitué de plus de 4.000 substances chimiques dont la nicotine, qui rend le fumeur esclave. « A un certain moment, le fumeur veut arrêter mais ne peut pas parce qu’il est devenu dépendant à la cigarette. Aussi, les industries n’allègent pas la situation car d’autres substances sont ajoutées à la nicotine pour augmenter les effets de cette dernière ». Toutefois, il est possible de se délivrer de ce poison, si la volonté y est bien sûre. C’est pourquoi, il les a invités à s’adresser à l’Union des associations de lutte contre le tabac pour une consultation.

L’on retiendra de sa conclusion que toute personne qui a cessé de fumer, dans les 20 mn après la dernière cigarette, la pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales ; 1 an après la dernière cigarette, le risque de crise cardiaque diminue de moitié. Aussi, le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non-fumeur ; 10 à 15 ans après la dernière cigarette, l’espérance de vie devient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 novembre 2015 à 10:00, par zakinpagba
    En réponse à : Le tabac : Un problème de santé publique

    c’est bien vraiment de lutter contre le tabac.mais n’oublier que ces fumeur contribuent aussi a remplir les caisses de l’etat.d’une part merci eux.depuis la nuit des temps le tabac a existé,on ne peut pas l’annuler.seulement je pense que si le paquet de 20batons atteint 5000f ça peut reduire la consommation.si les impots pesent lourd sur les usines et les importateurs sa contribut

    Répondre à ce message

  • Le 5 novembre 2015 à 15:31, par DEBE KIGUIN
    En réponse à : Le tabac : Un problème de santé publique

    Monsieur ou Mme Internaute 1, c’est une vraie illusion que de penser que le tabac contribue à renfourer les caisses de l’Etat et c’est surtout ce fallacieux argument les industries de tabac brandissent quand les gouvernement tentent d’augmenter les taxes sur les produits du tabac. Toutes les études réalisées par la banque mondiale et l’OMS ont démontré que les quelques ressources financières issues de la commercialisation des produits du tabac sont très infimes et insignifiantes quant aux dégâts causés par ce produit.
    Je porte à votre information que plus de 6 000 000 personnes meurent chaque année du tabagisme dans le monde dont 1500 décès par an au Burkina Faso. Un produit qui tue chaque année plus de 1500 personnes dans notre pays, vous vous imaginez le poids financier que cela pourrait induire sur l’économie national ! Imaginez-vous un peu le coût de la prise en charge d’un malade de cancer, de maladie de cœur etc... Nos pays ont "raison", comme l’assurance maladie n’est pas en vigueur, sinon on verra que les charges financières pour soigner les maladies provoquées par les cigarettes dépassent largement les quelques jetons que les firmes de tabac paient en termes d’impôts à l’État !
    Cependant, je conviens parfaitement avec vous qu’il faut grimper les prix de ces drogues que sont les cigarettes. Malheureusement, le Burkina Faso et le Mali sont les derniers dans la sous-région à connaitre des taux très bas du fait que les industries du tabac influencent les gouvernements à ne pas appliquer les 45% minimum de taux de taxation sur les cigarettes fixés par la CEDEAO. L’augmentation de ces taxes entrainera de fait une augmentation des prix ; ce qui va réduire forcément la consommation de ce produit surtout par les jeunes qui , avec aujourd’hui 25 à 35 FCFA, ont un bâton de cigarette et de bâton à bâton, on en dévient accroc, esclave puis on fait face à toutes les conséquences néfastes liées à cette drogue malheureusement licite !!! La loi 040-2010 portant lutte contre le tabac interdisant déjà la vente en détail (sauf en paquet de 20 bâtons), imaginons un paquet de cigarettes à 2000FCFA et qu’on ne peut pas la vendre en détail, vous convenez avec moi que la consommation va chuter de façon drastique, du même coup la trentaine de maladies attribuables aux cigarettes va diminuer dans notre pays et maintenant on peut maintenant se développer avec des bras valides bien portants pour produire les richesses.
    On ne cessera de dire que si fumer n’est pas interdit par la loi, enfumer les autres qui met le non fumeur face aux mêmes conséquences morbides que celui qui a fait le choix de fumer, est une infraction grave et passible de sanctions et ne doit être acceptée par personne aujourd’hui. Imaginez-vous un peu ces pères de famille qui exposent allègrement la santé et la vie de leurs enfants, leurs épouses et leurs amis etc. par la fumée de la cigarette ! Pourront-ils interdire à leurs enfants de fumer pendant que ces enfants les assistent quotidiennement fumer ?
    A bon entendeur, salut !!!!

    Répondre à ce message

  • Le 5 novembre 2015 à 19:58, par gnousigaré
    En réponse à : Le tabac : Un problème de santé publique

    Pourquoi il n’y a pas de répression de la police ,dans les lieux publics.En CI le fumeur est verbalisé et le gérant du lieu doublement. Ici ils répliquent même qu’on est dans un lieu public donc on a le droit de fumer.Sensibilisation (télé,radio,...) et répression maintenant.
    A quand le début ? chers policiers ou bien vous préférez être derrière les poteaux pour attraper les bruleurs de feu orange et stop ? deal quoi !!!

    Répondre à ce message

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