Bobo-Dioulasso : Les victimes de l’insurrection crient à un abandon

mercredi 4 novembre 2015 à 00h58min

Les victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre de la ville de Bobo-Dioulasso disent être abandonnées. D’où leur cri de cœur à l’endroit des autorités de la transition et celles à venir à continuer à soutenir les malades qui n’ont toujours pas recouvré la santé. Ils l’ont fait savoir lors d’une conférence de presse.

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Bobo-Dioulasso : Les victimes de l’insurrection crient à un abandon

Ils sont au total 38 victimes des événements d’octobre 2014, dont deux sont décédées. Si certains parmi eux recouvrent progressivement la santé, une personne est toujours internée à l’hôpital Souro Sanou. Plusieurs bonnes volontés et des structures se sont manifestées à travers des dons en nature et en espèces pour aider ces blessés qui avouent toutefois être abandonnés par les autorités. D’où l’idée de la création d’une association des blessés de l’insurrection populaire (ABIP) en juin 2015. L’objectif est de suivre justement la santé des blessés mais aussi d’œuvrer pour une justice pour ceux qui ont été tués par « un cousin » de l’ex première dame Chantal Compaoré dans le quartier Kôko. Ce dernier serait par ailleurs en liberté selon le président de l’Abip Djibril Fofana.

Les blessés au cours des affrontements violents entre le 29 et le 31 octobre ont été évacués dans les différentes formations sanitaires notamment- Souro Sanon, Camp militaire, CMA de Do et les CSPS des quartiers -. « Les premiers moments n’ont pas été faciles pour la plupart des blessés à cause de la négligence des agents de santé et au regard de la modestie de notre état financier », rappelle M. Fofana. Grace au soutien des parents, des amis et de bonnes volontés, certains se sont soignés. Et le traitement selon le président de l’Abip aura duré entre trois mois et plus d’une année. Une situation qui n’est pas sans conséquences car, à en croire le président, beaucoup de blessés ont perdu leurs emplois.

L’association compte aujourd’hui 22 membres et a reçu de l’action sociale des vivres. Le fond de solidarité nationale a pris l’initiative de payer la scolarité -75 000FCFA - des enfants des victimes au nombre de quatre. D’autres promesses ont été faites aux élèves victimes pour le payement de leur scolarité. Du même fond de solidarité, 150 000F par personne seront octroyés à quelques victimes en vue de mener des activités génératrices de revenus.

Près de 15 millions pour relever le plateau technique du CHUSS ?

Ce qui intrigue particulièrement l’Abip, c’est le montant reçu par l’hôpital Souro Sanou, montant qui selon le représentant des victimes, devait en principe servir pour leurs soins. Le montant se chiffre à 19 392 000 FCFA. Pour Djibril Fofana, environ quatre millions de FCFA auront servi pour les soins. Qu’a-t-on fait du reste ? Une question que l’Abip se pose sans trouver la réponse. Dans une correspondance à elle adressée, le directeur général du CHUSS Dr Bakary Sanou écrivait que : « ces dons ont été offerts pour d’une part aider le CHUSS à dispenser les premiers soins aux blessés mais aussi et surtout pour relever son plateau technique, condition d’une meilleure prise en charge ». Pour l’Abip, depuis octobre 2014, rien de nouveau ne se constate au CHUSS, encore moins du relèvement de son plateau technique. Où sont donc rentrés les 15 millions ? se demande Djibril Fofana. Aussi confie-t-il : « le premier document que nous avons reçu du directeur général du CHUSS de Bobo comportait les noms des différents donateurs sans aucune information sur le montant des dons. Suite à notre refus d’accepter un tel document et après insistance, le DG a produit un second papier des donateurs avec les sommes offertes. Nous avons constaté que le gouvernorat des Hauts-Bassins qui était le premier donateur disparaissait dans le second document ». L’Abip dénonce également les difficultés liées à l’obtention des certificats médicaux sollicités depuis le mois de juillet 2015. Un dernier blessé grave par brûlure aux bras, toujours interné, semble être gênant pour les agents de santé qui avaient tenté de le libérer à plusieurs reprises.

Aucun contact avec les autorités…

L’Abip n’est pas, à en croire M. Fofana, une structure officielle. Elle est informelle et n’a pas encore un récépissé. Est-ce pour autant que depuis sa création, elle n’a jamais eu un contact officiel avec les autorités lors de leurs passages à Bobo notamment le président Michel Kafando, le premier ministre Yacouba Isaac Zida ou encore le président du CNT Chériff Sy…de même que le gouverneur des Hauts-Bassins ? Il en est de même avec l’association nationale des victimes de l’insurrection dont le président Dramane Ouédraogo agit au nom de tous alors que les actions ne se limitent qu’à Ouagadougou. C’est pourquoi l’Abip lance un appel à toutes les autorités de la transition en cours et celles à venir à continuer de soutenir jusqu’à la guérison définitive les malades qui n’ont pas encore recouvré la santé. Sont de ces victimes, Oumar Ouattara qui vit désormais avec plusieurs débris de plomb dans son corps.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 4 novembre 2015 à 07:02, par AMOS
    En réponse à : Bobo-Dioulasso : Les victimes de l’insurrection crient à un abandon

    A Bobo il n’y a pas eu de martyrs, ces blessés sont en majorité des voleurs et des délinquants. je m’explique :
    - à Bobo les 30 et 31 octobre il n’y a pas eu d’affrontement entre les population et les forces de défense et de sécurité. D’où vient alors ces martyrs ?
    - les blessés sont ceux qui ont tenté de voler dans les domiciles des dignitaires de l’ancien régime quand ceux-ci ont été incendié ou saccagés.
    il faudra alors mener des enquêtes pour déterminer les circonstances dans lesquelles ils se sont blessés comme le MBDHP l’avait signifié

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  • Le 4 novembre 2015 à 10:24
    En réponse à : Bobo-Dioulasso : Les victimes de l’insurrection crient à un abandon

    Le president de l’association des blesses de Ouaga est le seul burkinabe qui a recu le soutien du gal felon diendiere. Des que je l.ai entendu dire qu,il rend grace a diendiere pour l,avoir evacuer a kossiyam, j, ai vite compri pourquoi il etait si impoli devant les autorites de la transition et devant toute la diplomatie. Honte a toi, escro. celui qui vivra vera. Tu dois t,excuser aupres de la mmoire des martyrs.Donc tu en as fait du busness quoi ?? Ce que tu ne pouvais avoir avant les evenements, tu profite pour les obtenir maintenat !! Quelle honte !! Qui t,a pousser a te montrer si arogant e ingrat envers le gouvernement qui a pris soin de ta sante. Meme si tu buvais du kimapouss, oserais tu te comporter de la sorte devant blaise ? vraiment !!!!!

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  • Le 4 novembre 2015 à 19:01, par dieu voit tout
    En réponse à : Bobo-Dioulasso : Les victimes de l’insurrection crient à un abandon

    bon courage

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