« Aucun d’entre nous n’a fait échouer le coup d’Etat, c’est le Seigneur qui l’a fait », Ismaël A. Diallo, porte-parole du FRC

jeudi 29 octobre 2015 à 23h02min

Il est né il y a un peu plus de 70 ans à Kaya où il fit son école primaire avant de se retrouver au Lycée Philippe Zinda Kaboré. Ismaël A. Diallo a, très jeune, allié études et travail pour se retrouver en 1963 en formation au Service technique international de Police (STIP) ; il se retrouvera commissaire de police à Agadèz au Niger en 1965. Puis, s’ouvre quelques années plus tard, une carrière internationale ... Figure de la révolution, Ismaël A. Diallo a été un proche collaborateur de Thomas Sankara puis de Blaise Compaoré. Parti à la retraite en 2008, M. Diallo s’est remis dans l’animation de la vie publique de son pays via la société civile. En décembre 2014, il succède au Pr Luc Marius Ibriga à la tête du Front de renforcement de la citoyenneté (FRC). Au moment où la ‘’nation’’ commémore le 1er anniversaire de l’insurrection populaire, nous l’avons rencontré sur des questions relatives à l’actualité et à son passé dans la vie politique nationale. Entretien

« Aucun d’entre nous  n’a fait échouer le coup d’Etat, c’est le Seigneur qui l’a fait », Ismaël A. Diallo, porte-parole du FRC

Lefaso.net : Quelles sont les images fortes que vous souhaiteriez partager sur l’insurrection populaire au Burkina Faso il y a un an ?

Ismaël A. Diallo : L’image des femmes burkinabè, engagées, déterminées. L’image des jeunes burkinabè, engagés, déterminés. Les 27, 28, 29, 30 et 31 octobre, où nous nous sommes conduits comme une nation. Chaque jour ordinaire, nous ne nous conduisons pas comme une nation ; mais plutôt comme un Moaga, un Bobo, un Peulh, etc… ou comme quelqu’un de l’Est, de l’Ouest ou du plateau central voire de telle ou telle autre région. Mais en octobre 2014, nous avons été une nation. Tant de femmes, autour de Saran Séré Sérémé, étaient unies dans la nation burkinabè. Les 30 et 31 octobre, tous les jeunes, en mouvement, étaient des jeunes burkinabè. Je ne souhaite pas une insurrection chaque mois (sourire) mais oui à des activités qui nous permettent chaque fois d’aller vers l’expression de renforcement de cette nationalité, de cette citoyenneté commune. Il faudrait que très vite, pour pratiquer le vivre-ensemble véritable et convivial, nous oublions nos ethnies, nos régions, nos religions, pour nous penser, nous comporter en Burkinabè. C’est cela le plus important et qui peut nous amener à aller plus haut, plus fort. Mais, si nous prétendons que nous sommes une nation alors que 29 jours sur 30 nous ne le sommes pas, nous ne faisons que nous mentir à nous-mêmes. Vaut mieux reconnaître nos faiblesses et nos travers et travailler à les réduire, à les éliminer plutôt que de feindre que nous ne les avons pas. Les idées fortes pour moi, c’était cela, l’engagement de la Femme burkinabè et l’engagement de la Jeunesse burkinabè ; ils ont donné l’image d’une nation en mouvement et d’une nation rebelle. Ceci est extraordinaire. Une nation qui refuse d’être docile, qui refuse d’être une masse servile. C’était la grande erreur de Blaise Compaoré qui s’est dit que quels que soient les obstacles, quand le pays va arriver au bord du précipice, il y a des gens qui vont se rétracter au nom de l’ethnie. Et là, il s’est trompé. Il s’est trompé parce qu’il y a des moments où nous ne sommes plus Mossé, Bobo, Peulh, Lobi, Gourmantché, etc... Je crois que c’était sa grave erreur.

Lefaso.net : Vous êtes une des figures bien connues de la révolution, pouvez-vous en dire un peu plus, surtout dans votre rapport avec les leaders Thomas Sankara et Blaise Compaoré ?

Ismaël A. Diallo : "Une des figures" ? Je ne le prétends point ! Il y a bien d’autres camarades qui ont joué un rôle plus important que moi. J’ai connu Thomas (Thomas Sankara) quand il a été nommé Premier ministre en janvier 1983. Il avait aménagé un bureau à Gounghin (quartier situé à l’Ouest de la capitale, ndlr). J’ai été le voir…et, curieusement, quinze minutes après, c’est comme si lui et moi, nous nous connaissions depuis toujours ; tellement du point de vue concept, révolution, marche à suivre, nous nous retrouvions en phase. En mai, il a été mis en prison et entre mai et août 83, j’ai été en rapport avec Blaise (Blaise Compaoré) à travers Babou Paulin Bamouni (plus tard un des conseillers de Thomas Sankara, responsable de la presse présidentielle) qui venait me voir chaque fois qu’il allait à Pô (ville qui abrite le renommée centre de formation commandos dirigé en son temps par Blaise Compaoré, ndlr). On échangeait de ce dont il allait discuter avec Blaise, (je contribuais de différentes manières, y compris logistique et autre). Bamouni allait deux à trois fois par semaine à Pô à l’époque. Il s’est vraiment donné à fond. Et chaque fois qu’il en revenait, il passait me voir et nous faisions le débriefing et préparions le prochain voyage. Quand Blaise est arrivé, le 4 août 83, le lendemain nous nous sommes vus au Conseil. Bref, pour dire qu’avec Thomas, on avait des rapports dynamiques. Dynamiques, en ce sens qu’il nous arrivait d’être en désaccord et on se le disait. Avec Blaise, il y avait une certaine retenue. Est-ce de la pudeur ? Je ne sais pas. Mais avec lui, il y avait beaucoup de non-dits et les non-dits rendent les rapports difficiles. De sorte que vous ne savez pas jusqu’où exprimer votre idée ou sentiment, de peur de le blesser. Mais, Blaise lui-même, quelques jours après le 15 octobre, a dit à des gens, et je cite, « ma chance, c’est que les amis de Thomas sont mes amis ». En effet, dès qu’il observait Thomas en rapport avec quelqu’un, il allait vers cette personne, la connaître et lier amitié avec elle. C’était systématique. De sorte qu’après son coup d’Etat et l’assassinat de Thomas, ses amis étaient dans une situation difficile ; fallait-il ne plus le voir et lui parler ? Ou bien continuer avec lui dans l’espoir de ne pas tout perdre, du point de vue marche de la révolution. C’était une question essentielle au-delà de l’amitié. Il y a eu certes des réactions émotionnelles de refus de collaboration avec lui parce qu’il a fait tuer l’autre, Thomas (je comprends tout à fait cela) mais il y a eu aussi des réactions selon lesquelles, le pays est-là, la mission continue, il faut faire avec. On ne peut pas vouloir donc que tout le monde réagisse de la même manière, sinon on sera tous pareils et le monde sera ennuyant ! Voici le genre de rapports que j’avais avec les deux. Et détail intéressant, Blaise et moi n’avons parlé de Thomas que le 15 octobre 1987 au matin et le 16 octobre au matin. Après cela, jamais, Blaise n’a prononcé le nom de Thomas devant moi.

Lefaso.net : Qu’est-ce que vous vous êtes dit le 15 octobre au matin ?

Ismaël Diallo : C’est très long à raconter …et puis est-ce vraiment utile ? Mes propos ont déjà été entendus à la Radio.

Lefaso.net : Le sujet que vous avez abordé concernait l’atmosphère qui régnait entre les deux ?

Ismaël Diallo : Ah oui ! Absolument ! C’était tôt le matin, j’ai appelé Thomas ; il m’a demandé si j’ai fait le rapport du Forum international sur l’apartheid que nous avons eu du 8 au 11 octobre. C’était d’ailleurs sa dernière activité officielle publique. J’ai répondu par l’affirmative mais lui ai dit que ce n’est pas pour cela que j’appelle. Et chaque fois que je voulais retenir l’attention de Thomas, je lui parlais anglais. Je lui ai dit (en anglais donc) que je l’appelle pour parler de la situation politique : "ça ne va pas du tout et nous ne pouvons plus faire comme si ça va alors que ça ne va pas". Il me répond : « j’écris depuis trois heures et demi … » ; trois heures et demie du matin ou trois heures et demi de temps ? Je ne sais pas. Il me dit que quand il aura fini, il m’appelle une fois au bureau (il était autour de 8 heures). Mais je n’étais pas satisfait. J’appelle Blaise sur son fixe au Conseil, il ne prend pas et je l’appelle à la maison, il répond. Je me rends chez lui et le trouve assis à sa terrasse en tenue de sport, m’attendant. Je lui dis que je viens le voir sur la situation, que ça ne va pas du tout et il faut qu’on fasse quelque chose ; il me répond : « qu’est-ce qu’on fait ? ». Je dis, on va rédiger une déclaration et il faut qu’elle soit lue, pas par Thomas ni par toi ; mais par Henri (Henri Zongo capitaine de Train, spécialisé dans la conduite des engins militaires, ndlr) ou par Lingani (Jean-Baptiste Boukary Lingani, le Commandant en chef du Haut commandement des Forces armées populaires et ministre de la Défense et des anciens combattants dans les années 83, ndlr) pour dire que le ver est certes entré dans le fruit mais que vous avez pris conscience et que vous êtes en train de réparer. Vous appelez ensuite tout le monde à la vigilance et vous dites de ne plus prêter oreille aux détracteurs. Blaise me demande : « est-ce que tu as vu Gilbert (Gilbert Diendéré) quand tu rentrais ? il vient de sortir ». J’ai dit non. Et il me dit : « c’est la première fois que Gilbert et moi parlons politique ». Je ne lui ai pas demandé de quoi ils ont parlé. J’étais loin de m’imaginer ce qui allait se passer quelques heures après. Je lui ai demandé ce qu’il dit de la proposition de déclaration. Il lève la tête et dit, je cite : « Il va dire oui et après il va faire autre chose ». Je dis ‘’il’’ c’est qui ? Thomas ? Il me dit oui. Je dis, si vous en êtes-là, c’est que c’est grave ! La confiance est rompue ! Et pour des gens en armes, c’est très grave. Il n’a rien dit. Et pour la première fois, depuis que je connais Blaise, c’est lui qui mettait fin à notre entretien. Il me dit qu’il a le palu et va se coucher. Je suis parti. Et quelques heures après, il s’est passé ce qui s’est passé.
Je fais remarquer que j’avais une liberté de parole avec Thomas et Blaise parce que, d’abord, j’étais plus âgé qu’eux et, ensuite, parce que j’étais en révolution plus tôt qu’eux. Et ces deux m’ont toujours rendu beaucoup de respect, beaucoup d’égards. Et Blaise, jusqu’à ce qu’on ait cessé de se voir et se parler au milieu des années 90, il m’a toujours traité avec respect et égards.

Lefaso.net : Et le 16 octobre au matin, vous vous êtes retrouvés …

Ismaël A. Diallo : Le lendemain, tôt, Jean-Pierre Palm (Colonel-major à la retraite) est venu chez moi et m’a raconté ce qui s’est passé la veille ; il me dit : « Blaise m’a dit de venir voir comment tu es ». Peu de temps après, Blaise m’appelle et me demande si je peux venir au Conseil. Je lui dis d’envoyer me chercher et il a envoyé Maïga, son chauffeur (Jean-Pierre Palm était reparti). Je ne suis pas entré dans le véhicule conduit par Maïga, je lui ai dit d’aller que je le suis avec mon véhicule. J’arrive au Conseil et je vois Blaise dans la même tenue de sport que la veille. Il m’invite à m’asseoir et je lui dis que j’ai deux questions à lui poser avant de m’asseoir. Il me dit oui. Je lui demande s’il a dit de tuer Thomas ? Il dit « Non, je voulais le faire arrêter samedi et le forcer à démissionner », "Tu voulais le faire arrêter samedi, mais samedi, c’est demain et Thomas est mort hier, jeudi ; comment tu expliques ça ?" Blaise dit qu’il va m’expliquer mais qu’il n’a pas dit de le tuer. Je l’ai regardé, longuement. Je lui dis que ma deuxième question est de savoir si la révolution continue, oui ou non ? Il me répond, bien sûr. Voici Lingani qui rentre. Nous nous saluons et je vois qu’il veut parler à Blaise (en tête-à-tête). Je me suis retiré. Mais avant de partir, je dis à Blaise qu’il y a du sang sur le mur du bâtiment à côté qu’on voit en entrant au Conseil, de le faire enlever parce qu’il y a des journalistes, des diplomates qui viennent.

Lefaso.net : C’est l’amorce de la période post-révolution ; comment avez-vous vécu ce moment ?

Isamël A. Diallo : D’abord, nous avons décidé de la tenue du Forum international anti-apartheid parce qu’au mois de mars-avril 87, Thomas m’a demandé de venir un samedi après-midi au Palais. J’arrive et notre ami commun, l’ambassadeur du Ghana, était en entretien avec lui. Après le départ de l’ambassadeur, Thomas me demande si j’ai vu Blaise. Je réponds par l’affirmative et il me demande si Blaise ne m’a pas parlé. Je lui demande, parler de quoi ? Parler de toi, de ce que tu vas faire. Il me dit qu’il a discuté avec Blaise et qu’ils ont convenu que je faisais plus que beaucoup de membres du CNR (Conseil national de la révolution, ndlr), que je suis un membre du CNR de fait. Il aurait donc dit à Blaise de me demander à quel poste je voudrais être. Je lui ai dit que je ne travaillais pas pour un poste, que je suis un révolutionnaire luttant pour une cause et un peuple, que j’avais été avec Amilcar Cabral, connu Aristide Pereira, Sékou Touré, et d’autres. Sur son insistance, j’ai fini par lui dire que s’il veut m’intégrer, qu’il me nomme haut-commissaire de la province la plus déshéritée, pour 18 mois et tous les six mois, on fait le point. Au 18ème mois, si j’ai échoué, je demande pardon à toute la population et je m’en vais. Si j’ai réussi, je dis merci à la population de m’avoir permis de travailler avec elle et je vais ailleurs. Il me regarde, secoue la tête, puis ne dit rien ; la conversation s’est arrêtée-là. C’est deux mois après qu’il me dit que c’est quand même dommage que je refuse d’intégrer officiellement le CNR. Je lui ai dit que je suis difficile à gérer, quand bien même il me trouvait discipliné, raisonnable, etc. J’aime être autonome, sentir que j’ai de la place pour être libre de toute initiative. Durant le FESPACO’87, c’est lui-même qui a lancé le sujet en me disant que je parle chaque fois d’apartheid et que depuis que le Centre d’information des Nations-Unies est-là (que j’ai ouvert le 2 avril 1982), ça fait partie de mes sujets d’intérêt. On a discuté et chemin faisant, on a créé un Forum international anti-apartheid et pour l’amitié entre les peuples. Le sommet a regroupé de grosses figures africaines et mondiales. Nous avions convenu que le rapport du forum allait lui être remis et allait suggérer la création d’une ONG internationale de lutte anti-apartheid et pour la promotion de l’amitié entre les peuples. C’était prévu que je démissionne des Nations-Unies pour prendre en charge cette ONG dont le siège devait être à côté de l’ancien premier ministère. Je me rappelle que j’ai partagé l’idée avec Blaise (Compaoré) dès les premiers moments mais je n’ai pas senti en lui de l’enthousiasme. Peut-être qu’il était déjà dans l’autre dimension. Toujours est-il qu’après le 15 octobre, j’ai mis une croix sur cette ONG et me suis hâté de rejoindre ma nouvelle affectation à Brazzaville.

Lefaso.net : Entre parenthèses, pourquoi auriez-vous souhaité être haut-commissaire (en plus !) de la province la plus démunie ?

Ismaël A. Diallo : C’était un défi. Haut-commissaire dans un bled quelque part, il y a de l’espace pour innover, parler aux populations, créer quelque chose. Et quand on parle de révolution, c’est de là qu’elle doit partir ; la révolution doit commencer à la base, pas au sommet. Quand une révolution va du sommet pour descendre, le jour où au sommet ça ne va pas, tout s’écroule et c’est ce qui s’est passé. Quand Thomas (Sankara) a été assassiné on ne pouvait plus parler de révolution. Et c’était une question-piège que j’ai posée à Blaise (Compaoré) le 16 octobre quand je lui ai demandé si la révolution continue, oui ou non. Comment est-ce que la révolution pouvait continuer sans Thomas ? Ce n’était pas possible, puisque Blaise n’était pas un révolutionnaire ; il faisait semblant, il suivait.

Lefaso.net : …Puis, les débats sur l’article 37 et la mise en place du Sénat qui ont connu leur paroxysme en 2014. Comment avez-vous vécu ces moments houleux ?

Ismaël A. Diallo : J’ai pris ma retraite en juillet 2008 et je suis rentré au Faso. Luther Yaméogo (directeur pays de l’ONG Diakonia) que j’ai connu au Burundi où il était le représentant de Avocat Sans Frontières m’a mis le pied à l’étrier, avec la société civile. Avec le Pr Augustin Loada (actuel ministre de la Fonction publique) et le Pr Luc Marius Ibriga (président de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat), nous avons commencé à cheminer ensemble et nos activités allaient crescendo jusqu’en janvier 2013 ; je suis parti aux USA, croyant y aller pour deux semaines mais pour des raisons de famille, j’ai dû rester 22 mois. Cette période durant, surtout durant 2014, j’étais en contact presque quotidien avec Loada et Ibriga sur les activités de la société civile ; parfois plus d’une fois par jour. Et ce, jusqu’à ce qu’on m’appelle un matin pour me dire que l’Assemblée nationale était en feu. C’est aussi par ces échanges soutenus que j’ai contribué avec des amendements à la rédaction de la Charte. Je suis rentré le 14 novembre 2014. Quand le Front de résistance citoyenne (FRC) a tenu son Assemblée générale en début décembre pour entre autres questions nommer un nouveau porte-parole (parce que Ibriga venait de prendre ses fonctions à l’ASCE), l’Assemblée générale a décidé de me confier cette tâche avec cinq autres camarades dans un comité de pilotage.

Lefaso.net : Quelle est la mission que vous vous êtes assignée en ce moment précis de la vie du pays ?

Ismaël A. Diallo : Le Front, auparavant Coalition avant de se muer en FRC : Front de Résistance contre la modification de l’article 37 et contre l’installation du Sénat. Nous avons pensé, peut-être un peu naïvement en décembre, que la mission était accomplie et que tout en gardant le sigle FRC, nous pouvions passer à une autre étape ; celle du renforcement de la citoyenneté. Donc, nous sommes devenus Front de renforcement de la citoyenneté (FRC). Mais les aléas que nous avons connus pendant la transition nous ont ramené souvent à la résistance. Peut-être que nous devrions nous appeler FRRC (Front de résistance et de renforcement de la citoyenneté). C’est une organisation faîtière. Ce qui fait que nous nous retrouvons dans quelques domaines minimum précis pour convenir d’un point de vue, partagé. La période de la transition a été dominée par des questions politiques et de sécurité. Ce qui entre bien dans le profil du comité de pilotage du FRC, amenant son porte-parole à s’exprimer sur ces questions. En décembre, le comité de pilotage aura rempli son mandat d’un an et sera appelé devant l’Assemblée pour le bilan.

Lefaso.net : Quelle appréciation faites-vous de la marche de la transition jusqu’à ce jour ?

Ismaël A. Diallo : J’aurais voulu ne pas avoir affaire à cette question. J’ai tendance à être très sévère, quand il s’agit des institutions. Dès l’âge de 7, 8 ans, j’ai commencé à ne pas aimer l’autorité (par la faute de mon premier maître au CP1 ; il m’a frappé pour me forcer à écrire avec la main droite alors que je suis gaucher ; un autre m’a frappé avec une règle en fer parce que je refusais de me mettre à genoux ne sachant pas ce que j’ai fait pour le mériter). Je ne suis pas anarchiste, pas du tout. Mais je soupçonne d’emblée l’autorité de ne pas être objective, intègre, d’être biaisée. De ce côté, je ne suis pas un bon exemple. Ceci dit, mon opinion est que le leadership de la Transition, le Chef de l’Etat et le Premier ministre n’ont pas été les acteurs premiers de l’insurrection. Ils étaient étrangers à ce qui a sous-tendu l’insurrection ; ils n’ont pas été porteurs du rejet total du système Compaoré. Le Président du CNT, Moumina Chériff Sy, oui mais pas les deux chefs de l’exécutif. Ceux-ci ont pourtant hérité du pouvoir, issu de l’insurrection. Je vais aller très loin et distribuer des verges pour me faire battre en disant que l’un s’était probablement accommodé du système pendant que l’autre est le produit du système. Ils n’ont donc pas, dès le départ, combattu le système. Le parrain du système est parti mais le système lui-même, despotique et mafieux, est resté. Il a continué de fonctionner et continue d’influer sur et d’influencer bien de pratiques. Sinon, comment pouvez-vous avoir pendant la transition, de janvier à août 2015, 10 milliards de fraudes fiscales ? Comment pouvez-vous avoir chaque jour ces démonstrations inqualifiables de l’incivisme ? Partout ! Des pratiques mafieuses continuent dans les bureaux et partout où s’exerce l’administration publique. Pourtant, le résultat de l’insurrection aurait dû être un exercice de dessoucher le système, enlever les racines. On me dira qu’on ne peut pas le faire en quelques mois, je suis d’accord. Mais, a-t-on commencé de le dessoucher ? Alors, le « plus rien ne sera comme avant » n’est qu’un slogan. Je parle ainsi car, quand on prétend être un intellectuel, on prend le rôle d’empêcheur de tourner en rond, on est le fou du village, la mauvaise conscience des gouvernants.
Ceci dit, la Transition a fait ce qu’elle a pu. Et à quelque chose malheur est bon.

Lefaso.net : Que voulez-vous dire par-là… ?

Ismaël A. Diallo : Nous avons tous cogité, médité, pendant des années, sur comment nous défaire du système et personne d’entre nous n’a eu la réponse et n’en a eu la capacité. L’insurrection a fait partir le parrain du système. Et le coup d’Etat a permis de nous défaire des personnes emblématiques du système. Je ne sais pas pourquoi les gens disent ‘’coup d’Etat manqué’’, ce n’était pas un coup d’Etat manqué, il avait réussi puisque Gilbert Diendéré a été Chef d’Etat pendant cinq ou six jours, qu’on le veuille ou pas. Il a reçu Macky Sall comme Chef d’Etat. Le Coup d’Etat avait donc réussi, seulement il n’a pas prospéré. Pourquoi ? Il y a peut-être des personnes physiques et morales qui prétendent que c’est grâce à elles que le coup d’Etat n’a pas prospéré. Vous savez, tout en étant résolument centré sur la responsabilité personnelle de chacun, pour une des rares fois, je dis qu’aucun d’entre nous n’a fait échouer le coup d’Etat ; c’est le Seigneur qui l’a fait. Aucune autre force ne peut prétendre avoir fait échouer le coup d’Etat ; les auteurs et complices du coup avaient toutes les cartes en main. Toutes. Ils avaient la force, des civils qui allaient suivre, des pays voisins qui allaient suivre, des puissances étrangères qui allaient suivre, etc. Ils avaient donc toutes les cartes en main. La seule carte qu’ils n’avaient pas, (mais ils ne savaient pas qu’ils ne l’avaient pas), c’était la puissance divine. Ils étaient tellement forts qu’ils n’ont même pas pensé à ça. Alors, si ça peut conduire certaines personnes à inclure cette force-là dans leurs calculs dorénavant… Imaginons qu’avant le coup d’Etat, le gouvernement ait fait arrêter Diendéré, Bassolet et les autres, prenne un décret dissolvant le RSP alléguant qu’ils préparaient un coup d’Etat, qui allait les croire ? D’abord, on allait dire que ça ne peut pas être vrai, pourquoi Gilbert va faire un coup d’Etat ? Et si vraiment il faisait un coup d’Etat, il ne pouvait pas échouer. Il se dit que le Chef de l’Etat et le Premier ministre avaient été informés qu’un coup d’Etat se préparait. Nous pouvons les accuser de n’avoir rien fait mais peut-être qu’il faudrait les remercier de n’avoir rien pu faire. Et là, le coup d’Etat a eu lieu et puis Dieu l’a fait échouer.

Lefaso.net : Le 29 novembre, élections, qu’est-ce qu’on peut attendre du FRC ?

Ismaël A. Diallo : Le FRC fait partie de la CODEL pour l’observation des élections. Le FRC va avoir plus de 1000 observateurs dans la province du Kadiogo (province dont Ouagadougou est le chef lieu, ndlr) ; notre rôle est celui de veille et d’alerte pour que la citoyenneté s’exprime et pour que nous ayons des élections convenables.

Lefaso.net : En tant que leader de la société civile, quel est le message que vous avez à l’endroit des Burkinabè à quelques jours de l’ouverture de la campagne ?

Ismaël A. Diallo : Je ne veux pas avoir la prétention de lancer un message aux candidats, qu’ils soient pour la députation ou la présidentielle, mais j’ose suggérer qu’ils aient un langage de vérité. Si tant est qu’on peut demander à un candidat à un poste politique quelconque d’être honnête dans ses propos. Et malheureusement, la "masse" veut entendre des promesses irréalistes. Voici pourquoi tout leader politique, après avoir été élu, ne peut que décevoir ; parce qu’il aurait fait tellement de promesses qu’il ne peut respecter.
Aux électeurs (pour qui je n’ai pas non plus la prétention de donner des solutions), je dirais simplement qu’il faut chasser de leur esprit, les considérations ethniques, religieuses, régionalistes. Une fois dans l’isoloir, il faut se poser la question de savoir qui, véritablement, peut améliorer la situation de ce pays. Situations sécuritaire, économique, politique, etc. Qui peut vraiment le faire ou tenter de le faire ? Et voter pour cette personne.

Entretien réalisé par Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Messages

  • Entretien riche d’enseignements et de vérités. M. DIALLO, je vous ai entendu souvent sur des ondes mais je ne vous avais vu physiquement, laissez-moi vous dire que vous êtes digne de votre rang. Que Dieu Le Tout Puissant vous garde aussi longtemps !

  • Bonjour et merci pour votre témoignage ainsi que pour votre grande contribution à l’écriture de l’histoire de notre cher Burkina Faso. Avec tout le respect j’aimerai attirer votre attention sur un aspect de votre témoignage. En effet, si tout le monde est d’avis que la puissance divine a fait échouer le coup d’Etat, il faut ajouter que Dieu n’agit pas directement ; il agit à travers des hommes.

  • Merci à Ismaël Diallo de nous avoir gratifié, vraiment intéressant comme intervention !

  • J’espère que le peuple saura mettre au sommet de l’État des hommes exemplaires, dignes, capables de lutter réellement contre la corruption et l’incivisme, de booster le vrai développement (ressenti dans les assiettes de tous). La transition a quand même des mérites, combien de conseils de ministres ont-ils tenus hors de Ouaga pour éviter ce qui est finalement arrivé ? Et pourtant il fallait que ça se fasse pour que le pays soit libéré. Les mauvais qui étaient forts ourdissaient leur stratagème avec assurance contre le peuple, et Dieu ourdi en faveur du peuple uni qui voulait du bien. C’est vraiment "le Seigneur qui l’a fait". Si nous continuons à lutter main dans la main pour le bien, Dieu ne nous abandonnera jamais.

  • Tout à fait d’accord avec vous, c’est Dieu seul. Il faut que ceux qui s’excitent se calme donc !

  • S’il vous plais epargnes nous des commentaries de ces pseudo intello qui pretendent tout maitriser. Aucune insurrection n’a Jamais pu se realiser sans la mobilization des masses. Dire que seul la puissance divine nous a debarrasse des putchistes c’est une insulte a la conscience du peuple burkinabe. Alors couchons nous et attendons que le tout puissant pourvoie a nos besoins. Nous le prions et glorifions afin qu’il nous guide mais nous ignorer dans ce processus c’est de l’amnesie. Mr Diallo ne dit pas avoir ete conseiller special de Blaise Compaore après le 15 October. Lui qui passait ses weekend a ziniare avec BC. Après qu’il ai ete ecarte il nous raconte des clous. Vous journalists arrete de nous imposer les idees et points de vue de vieux dignitaires qui tiennent a s’imposer et toujours dans le systeme. Laisse nous avancer et aller vous faire voir ailleurs. Que Monsieur Diallo nous raconte point par point sans rien cacher laisse le peuple le juger. Mm.
    Mobilise le peuple triomphera avec la grace de Dieu.

  • Voici un homme bâti dans l’intégrité, l’altruisme et la modestie. Pendant la Révolution, j’étais dans la presse. Une Presse. Jeune je l’étais mais en matière de journalisme j’étais vraiment dans l’amateurisme. Monsieur Diallo, (permettez que je vous appelle Camarade Diallo, ce que je n’ai plus fait depuis la nuit du 15 octobre 1987), malgré son statut, son expérience, m’accordait toujours du temps quand je lui parlais de journalisme et révolution. C’est vrai que nos contacts étaient épisodiques, et surtout par personne interposée. Mais se dire au-revoir après chaque contact était difficile pour moi. Un jour, au détour d’une causerie, je lui demandai ce que je devrais avoir comme réaction face « aux révolutionnaires de paille qui tentaient d’influencer mes idées dans mes écrits : alors du haut de sa taille altière il me dit ceci : « écoute, reste toujours toi-même, et fais ce que tu penses être le mieux pour ton combat ». J’étais désarçonné, parce que je voyais plutôt des réactions musclées que je devais avoir à l’endroit des griots. Je ne tardai pas à lui donner raison, quand dégoûté des circonvolutions et circonlocutions de plusieurs coqs révolutionnaristes forts seulement que dans les lâches cocoricos et trahisons, je dus me résoudre à choisir mon camp : celui de la démarcation d’avec les sanguinaires et les sangsues du peuple, ce qui était le « mieux pour mon combat ». Mes hommages à vous Camarade Diallo Ismael.

  • Cet home discret est un Grand Homme.
    Ancien fonctionnaire des Nations Unies, il a fait beaucoup pour le Faso et pour l’Afrique.
    Nous lui devons respect et consideration.

    JPI

  • Monsieur Diallo devrait nous dire quel était son regroupement politique sous le CNR et leur responsabilité dans les antagonismes sanguinolents. Paraître auprès des jeunes comme un intellectuel vierge est une attitude inconvenante de sa part.

  • papa, vous êtes vraiment autonome. bcoup de bonnes choses à retenir de cette interview.je vous demande de vous exprimer de temps en temps parce que je ne vous connais pas. je souhaiterais militer dans votre structure. je suis malheureusement en province.j’ai beaucoup de respect pour Ibriga. je me rends compte que sa structure est pleine de gens intelligents et pétris d’expérience. je suis de militer dans des structures qui ne sont en fait que de leviers d’un parti clandestin. venez en province.

  • Eh oui ! Je n’aurais pas trouvé meilleurs mots pour traduire ce qui vient d’être dit : exactement ma pensée et mon analyse ! La seule chose, un détail puisque cela revient au même, c’est que pour moi la source et la souche des potions et autres incantations maléfiques de ces gens a tari et ils ont refusé de le voir : oui c’est bien de la main du Seigneur qu’il s’agit.

  • Eh oui ! Je n’aurais pas trouvé meilleurs mots pour traduire ce qui vient d’être dit : exactement ma pensée et mon analyse ! La seule chose, un détail puisque cela revient au même, c’est que pour moi la source et la souche des potions et autres incantations maléfiques de ces gens a tari et ils ont refusé de le voir : oui c’est bien de la main du Seigneur qu’il s’agit.

  • Un entretien enrichissant avec un doyen qui ne fait pas dans la gueule de bois. Félicitation pour ton parcours et pour ta constance.

  • Merci le kôrô ! j’ai aimé votre langage franc et responsable.

  • J’ai beaucoup aimé cet entretien. Merci M. Diallo pour toutes ces informations inédites que vous vous avez mis en relief. Personnellement, j’aurais aimé savoir davantage sur votre parcours professionnelle. Merci encore et que Dieu vous garde !

  • Ce que je retiens de cet interview est que nous ne devons plus lutter. Nous devons tous nous retrouver dans les mosquées, Eglises, dans tous les lieux de culte pour que Dieu fasse ce que nous voulons !! Je trouve que c’est de la malhonnêteté politique que de résumer ce qui est arrivé au Burkina Faso de la sorte. Je crois en DIEU mais je suis convaincu que seule la FORCE POPULAIRE viendra a bout de toutes les injustices et mal que nous imposent les impérialistes et ses valets locaux. Web-master laisse passer !! c’est ce que je pense !!

  • A cette personne qui se cache derrière "The truth shall win" j’aurai aimé répondre en anglais, mais pour que tous ceux qui lisent les commentaires comprennent mon propos, je lui dis : " Je n’ai jamais -JAMAIS !- passé un weekend à Ziniaré ! Je peux vous dire combien de fois je me suis rendu à Ziniaré depuis que je connais Blaise. Si vous êtes capable de vous départir de la calomnie, de la malveillance, ceci vous grandirait. Vous invoquez quand même Dieu malgré votre impertinence à son égard au début de votre tirade lamentable. Jeune, j’ai également ignoré la puissance de Dieu ; chemin faisant et ayant traversé des situations dans lesquelles seul Dieu m’a sauvé je suis venu à comprendre que nous ne sommes chacun et tous que ...du vent !! Good day !

  • En tout cas c’est Dieu qui a épargné le Burkina, continuons à rendre grâce.
    Que Dieu continue de préserver le Burkina des intrigues de tout genre et toute origine. La vérité va se savoir un jour car Dieu a le dernier mot en toute chose et il veille sur le Burkina comme sur la prunelle de ses yeux à cause de son oeuvre et de ses enfants. Dieu sait et voit tout. Amen
    Restons fidèle à Dieu et aimons nous car l’Amour transcende tout et produit toujours le meilleur, le Burkina sera un pays merveilleux où la vie est en mieux pour les Burkinabè et tous ceux qui y résident, Amen

  • Bonjour à tous et à toutes
    Aux internaute N°6 et N°16. Vous êtes probablement loin des mosquées des églises et des sanctuaires (fétiches). Si non, vous auriez compris le message de M. Diallo (que je connais personnellement et auprès de qui j’ai travaillé au secrétariat permanent du forum Bambata (1987) dont il fait cas dans l’interview). Il y a des choses qui sont au dessus des matérialistes "purs et durs" que vous semblez être. Un homme de d’Eglise disait que la paix est un don de Dieu mais elle est l’œuvre des hommes. On pourrait faire le parallèle en disant que l’échec du putsch est l’œuvre du peuple burkinabè mais est don de Dieu. C’est le Très Haut qui a rendu tout possible !

  • Donc Blaise disait vrai,quand il dit qu’il était malade le jour du coup ? Merci pour cet témoignage Mr Diallo.

  • Merci Mr. Diallo pour ce temoignage. Mais je suis en desaccord complet avec vous lorsque vous dites : "je dis qu’aucun d’entre nous n’a fait échouer le coup d’Etat ; c’est le Seigneur qui l’a fait. Aucune autre force ne peut prétendre avoir fait échouer le coup d’Etat". Le Seigneur est avec les burundais, les congolais, etc. Ne sous estimons pas le courage dont a fait preuve la jeunesse du Burkina. Demain est un autre jour.

  • Au delà de ce qu’il a été ou est, Ismaël Diallo est un intellectuel plein en ce sens que l’on tire toujrs quelq chose de ce qu’il dit. Je le respecte sincèrement pour ce qu’il nous apporte en termes d’enseignement et non pour ce qu’il est ou fait.
    je souhaiterais dire à certains internautes que quand le nivo du débat n’est pas à leur hauteur, qu’ils veuillent bien s’abstenir de nous importuner.

  • Des buveurs de lait honnêtes ? Hum, il faut nous demander nous les bobos qui les gerons. Ils "baptisent" le lait avant de vendre, c’est la règle et nos peuls n’appellent pas cela tromperie figurez-vous.
    Mais ce DIALLO là avant de l’envoyer à l’international , nous lui avions "ôté" son penchant peul...voyez le résultat. Ils est comme nous. Et nous en sommes fiers. Comptez combien de fois ils nous cite dans son propos ? S’il ne le faisait pas....il sait ???

  • Poulo, ne te faches pas contre ceux qui pensent que Dieu n’est pas avec nous.
    Moi j’y crois, j’y crois tellement que j’avais toujours au fond de moi réprouver , cette porte largement ouverte pour que Blaise s’en tire avec les soit disant honneurs , en affectant en pertes et profits tous les cadavres dont son si long règne à été coupable. Dieu merci il n’a pas voulu de cette porte. Il sera chassé comme un malpropre avec en plus la remise au goût de l’actualité , de tous les dossiers sombres écrasés par ses soins. Lui parti, je ne comprenais pas comment son "jumeau" Golf ait pu s’en tirer si facilement. Dieu sachant bien faire les choses, voilà Golf qui fomente le putsch le plus "idiot" du monde.Tellement stupide que j’ai émis l’hypothèse d’éléments " incontrôlés du RSP, ayant fait le coup pour ensuite pousser Golf devant eux. Tout mis l’un dans l’autre, je m’étais dit que c’était juste ainsi. Blaise ne devait pas trinquer seul...et s’il y a d’autres complices tapis ??? La purge doit continuer.

  • Merci ! Merci ! Merci ! Merci à Diallo et Merci à Celui qui a inspiré ce qui est dit.
    J’avoue que je n’ai jamais entendu parler de vous. Mais je m’incline devant toute la vérité dite.
    En ce jour là Dieu reconnaîtra et certainement agréera tout ce qui a été dit. Qu’Il continue de vous éloigner de la tentation. Personne, personne ne pourra enlever de nos cœurs la vérité qui a été gravée. Aucun autre raisonnement humain ne pèse devant la vérité dite.
    Soyez sans crainte et ne répondez pas Papa. Vous n’en avez pas besoin. Nous n’en avons pas besoin. Je m’en douterai si une, deux, trois, voire quatre et plus de personnes ne se fortifiaient pas d’aller contre ce qui est dit. Cela me fortifie.

  • Diallo,Tu es très cool.il faut des gens comme vous pour eclairer davantage sur les evènements du 15 octobre 1987.Que le bon Dieu qui a été le SEUL à sauver le Burkina du putsch cet écervelé de diendéré.Un soit disant général faire un coup d’etat au 21ème siècle ?c’est impensable.Merci à l’internaute numero 22 surtout pour sa dernière phrase.Dieu benisse toujours le Burkina et qu’il met à nu ceux qui tentent de dehonnorer ce cher pays que Dieu lui même aime tant ! Shalom !

  • aide toi et le ciel t’aidera... voilà, peut-être le pourquoi du heureux dénouement du putsch qui a avorté dans l’oeuf. Si le peuple burkinabè et sa jeunesse avait passé son temps à prier ou à méditer sur son malheur, on serait dans une autre transition avec le retour du système Compaoré. Seule la lutte paie et notre nombre est notre force ! Le slogan, plus rien ne sera comme avant, n’est pas creux, mais un comportement et un espoir pour des lendemains meilleurs pour le plus grand nombre qui vit dans la pauvreté.

  • La premiere fois que j’entendis la voix de cet homme, c’etait sur VOA au temps fort du coup d’etat le plus bete. J’ecoutai avec admiration et excitation cette "prosodie", cette "vigueur intellectuelle", cette "precision rhetorique" qui brandissait flamberge au vent contre le pronumciamento, une fois de plus, le plus saugrenu. J’eus envie de lui lancer un "Ki-li-li-li-li-li-li" mais helas, j’oubliai la virtualité de notre contact. La jeunesse a besoin de telles valeurs. Je ne vous savais pas presque mon PAPA. J’avais juré que tôt ou tard, il me fallait lier amitié avec une telle valeur. Papa Diallo, vous etes une autre copie de Tom Sank !

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