Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

vendredi 16 octobre 2015 à 23h22min

L’association des blessés de l’insurrection populaire du Burkina Faso (ABIP/BF), a tenu une conférence de presse ce vendredi 16 octobre 2015. A l’ordre du jour : une lecture de la situation nationale, la situation des blessés de l’insurrection populaire et celle des blessés du putsch.

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Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

Ils sont nombreux, ces blessés de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du putsch du 16 septembre 2015, qui se disent abandonnés par le gouvernement de transition. Raison pour laquelle, l’association des blessés de l’insurrection populaire a tenu a lancé à travers cette conférence de presse, un appel pressant au gouvernement de transition dont ils estiment avoir mis en place aux prix de leur vie.

Une vie, qui de l’avis du président de l’ABIP /BF, Dramane Ouédraogo, n’est plus la même chez certains blessés depuis ces évènements. Le bilan est d’ailleurs catastrophique selon Dramane Ouédraogo. « Certains d’entre nous vivent toujours avec une balle dans le corps. Je pourrai vous citer le cas d’un jeune homme qui a besoin d’une évacuation parce qu’il a pris une balle dans l’œil ou du petit Abas de 14 ans qui a besoin de retourner au Maroc pour un contrôle après son intervention », explique-t-il.
Abdoul Wahab Sanou, étudiant en deuxième année de géographie à l’université de Ouagadougou est une victime de l’insurrection d’octobre 2014. Après avoir reçu un projectile dans la tête, il a dû suspendre son année scolaire. « Les médecins m’ont décelé un traumatisme crânien. J’ai une lenteur au niveau des idées et des difficultés pour m’exprimer. J’ai dû arrêter mes cours à l’université et mes cours à domicile également » explique-t-il d’ailleurs avec difficulté et tristesse.
Sawadogo charlotte, quant à elle, journaliste stagiaire à Horizon FM lors putsch se dit une miraculée « j’ai reçu une balle à la jambe le 16 septembre 2015 en voulant filmer une scène de bastonnade .Cependant, je ne suis pas venue aujourd’hui pour vous présenter ma plaie parce que la plaie est avant tout collective. La plaie est celle du Burkina Faso, de tous ceux qui se sont battus avec conviction pour pouvoir libérer notre pays .Il y’a parmi nous des blessés qui sont dans l’incapacité totale de pouvoir subvenir à leurs besoins. Le gouvernement doit faire quelque chose pour qu’on se dise pas qu’on s’est battu pour rien ».

Le gouvernement de la transition nous a laissé tomber

Aux dires du président de l’APIB /BF, le gouvernement de la transition ne leur a apporté aucun soutien excepté les services du centre hospitalier Yalgado Ouédraogo.

A ce titre, s’il n’a pas manqué de remercier certaines autorités comme le président de la transition, Cherif Sy et Auguste Denise Barry, il n’a pas caché ses griefs vis –à vis de la ministre de l’action sociale. « Madame la Ministre de l’action sociale, vous parait-il plus objectif de vous occuper de quelqu’un qui a perdu son travail avec l’aptitude de faire autre chose que celui qui, même en gardant son poste ne peut plus travailler du fait de ses blessures surtout s’il s’auto-emploie ? », a-t- il demandé.
Selon le président de l’association, les blessés se sont sentis livrés à eux -mêmes en apprenant que le gouvernement aurait octroyé des bourses d’études aux enfants de certains travailleurs d’entreprises victimes de l’insurrection populaire. Pendant qu’on demandait, dit-il, à certains d’entre nous qui s’auto-emploient de fournir des certificats d’incapacité pour être dédommagés.
Les blessés du putsch et ceux de l’insurrection populaire disent être touchés aussi bien physiquement que moralement. Raison pour laquelle, de l’avis du président de l’ABIP /BF, ils se réunissent au sein d’une même structure pour poursuivre la lutte qu’ils ont toujours mené. Ils attendent du gouvernement de transition, une reconnaissance et accompagnement, afin qu’ils puissent reprendre leur cour de leur vie.
Nicole Ouédraogo
(Stagiaire)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 17 octobre 2015 à 03:24, par Alex
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Blaise, François et Diendiéré doivent réparer leurs fautes. Le gel de leurs avoirs permettrait un dédommagement partiel en attendant la fin de leurs procès pour un dédommagement à la hauteur de leurs crimes. C’Est une question de temps mais un jour ils paieront même si on va revendre Azimo, la palais de Ziniaré, les Sociétés dans lesquelles ils ont actionnaires, etc..

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  • Le 17 octobre 2015 à 07:30, par yabsoré
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Il n’y a pas d’autre façon de démobilisation populaire que de procéder ainsi pour décourager les engagés qu’on qualifie d’enragés ou par d’autres mots médisants. Mais il faut respecter les procédures demandées pour filtrer les opportunistes qui pourraient se passer pour des victimes de l’insurrection alors qu’ils sont bandits de grands chemins blessés au cours de leurs activités.
    l’association gagnerait à se faire assisté par un conseil sociation car la prise en charge par la société répond à des normes pour plus d’équité. que chaque croyant se réfère à la doctrine sociale de sa religion en ce matière pour se convaincre de sa revendication. Ailleurs l’État laïc est synonyme de la démocratie religieuse.

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  • Le 17 octobre 2015 à 09:05, par Dieu sauve l’Afrique
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Le gouvernement de transition doit faire quelque chose pour eux et leurs familles

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  • Le 17 octobre 2015 à 12:18, par Le républicain
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    A la suite de cette conférence de presse, mon cœur seigne abondamment. Il est inadmissible que des victimes des 30,31 et du putch mamqué se sentent abandonnés par les autorités de la transition qui ont reçu le mandant de gouverner le pays pendant un an grâce à la lutte héroïque de la jeunesse consciente de notre pays. Le problème de notre pays, comme l’a si bien dit le professeur émérite Laurent Bado, c’est cette incapacité congénitale de nos autorités actuelles à mettre notre pays sous tension guidée par les valeurs du vrai changement. Les critiques constructives des honnêtes citoyens sont systématiquement combattues. En effet, le professeur ci-dessus évoqué a été pris pour cible par certains internautes pour avoir formulé une opinion de vérité sur la transition dans l’interview que lui a accordée le pays. Le plus dur reste à venir si nous refusons de voir la réalité en face et continuons à faire l’autruche. L’Etat doit prendre sérieusement en charge les victimes de l’insurrection et du putch au lieu de se contenter de décréter seulement une journée des martyrs de l’insurrection.que dieu bénisse le Burkina.

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  • Le 17 octobre 2015 à 12:30, par rance
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Triste constat, ce gouvernement de la transition GT depuis qu’il nous a été imposé au lendemain de l’insurrection du 30 et 31 octobre n’a rien fait de bon ; de toute façon ce GT marchait selon les instructions de Diendiéré voila pourquoi les victimes de cette insurrection on été mis de coté. Peut-etre que aujourd’hui ils auront gain de cause ; sinon pourquoi dédommager les travailleurs des Tan Liz et consorts et se foutre des vrais victimes du RSP. Aujourd’hui ils savent que c’est grace au Peuple qu’ils ont eu la vie sauve ; donc ils vont s’intéresser a leur situation. Bon courage.

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  • Le 17 octobre 2015 à 12:37, par jan jan
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Je propose que le PM transitionnaire les dédommage avec ses milliards car ce sont ses camarades du RSP qui ont tiré sur c’est victimes et il doit sa vie aujourd’hui au Peuple. Ce acte va sanctifier son argent mal acquis.

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  • Le 17 octobre 2015 à 16:07, par veritas
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Une chose est sure : le peuple Burkinabe vous restera reconnaissant pour toujours. Mieux le gouvernement ne pourra jamais vous dedommager suffisamment. C’est une equation que le groupe doit reconnaitre.
    A mon avis il faut une base de donnees nationale, une liste ou quelque chose de ce genre. Etablir cela est possible a partir des hopitaux. Il faut eviter que de personnes malhonnetes viennent gonfler les rangs des blesses de l’insurrection et du coup d’etat. Car cela compliquera advantage le probleme ; car chaque geste, chaque aide n’ira pas toujours aux personnes qui meritent et en plus l’aide sera reduite pour chacun ; et les plaintes iront cresciendo.

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  • Le 17 octobre 2015 à 17:00
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Corrigez les fautes avant d’envoyer votre texte au lectorat.

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  • Le 18 octobre 2015 à 15:44, par BOUE
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    J AI LES LARMES AUX YEUX. J INTERPELLE SINCEREMENT LE GOUVERNEMENT DE LA TRANSITION. AU LIEU D ORGANISER DES JOURNEES COMMEMORATIVES POUR LES MARTYRS QUI COUTENT CHERES OU D ALLER CONSTRUIRE UN MEMORIAL A DES COUPS DE MILLIONS ! FAITES PLUTOT QUELQUE CHOSE POUR EUX. DONNEZ LEURS L ARGENT DIRECTEMENT. PARDON !!!!!!! PARDON !!!!!!!!!!!PARDON !!!!!!!!!!! EXCELLENCES KAFANDO ET ZIDA. PAPA JE VOUS EN SUPPLIE ! QUE DIEU NOUS GUIDE. MERCI

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  • Le 18 octobre 2015 à 18:04, par sankara Fanon
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    J’ai parcouru ce texte avec stupéfaction ! Ces victimes sont des héros même s’ils n’ont pas choisi de l’être tous. Il a fallu leur courage ainsi que celui de ceux qui sont hélas morts pour que le régime de compaoré s’effondre et qu’une transition soit mise en place. Sans leur sacrifice il n’y aurait pas eu tous ces changement en un an au Burkina Faso y compris le démantèlement de la garde prétorienne RSP. Messieurs KAFANDO et ZIDA svp pensez à ces gens. Cela devrait être la priorité des priorités. Certains sont pressés d’en finir avec la Transition et d’aller aux élections mais à quoi ça sert de faire des élections si on ne peut même s’occuper des soins des gens blessés et qui ont permis la révolution. Pensez à leur peine. Elle double : physique et morale parce que le sentiment d’abandon après ce qu’à connu le pays et pour lequel ils se sont battus, il y a de quoi être triste et cela est de mauvais augure pour l’après transition. C’est à dire que les gens vont aller en campagne électorale, se font élire et oublier le problème de ce peuple qui il est vrai ne se limite à ce que vivent les blessés, mais quand même ! Que le Balai citoyen s’occupe également de leur cas et qu’une solution soit vite trouver. La démocratie avec des élections même transparentes et l’alternance est possible mais qu’on en fait ce cela qui est important. Si ce n’est pas pour prendre réellement en charge les problèmes des populations cela ne servira à rien sinon à un face à face entre politiciens tandis que des millions de burkinabé seront des pauvres spectateurs comme l’a déjà dit Thomas Sankara à propos du multipartisme du temps de la Haute Volta !!! Il faut éviter à tout prix cela et s’occuper vraiment des problèmes de gens même si par ailleurs les moyens sont limités.

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  • Le 19 octobre 2015 à 12:00, par OUELLE ZEBO YAYA
    En réponse à : Insurrection populaire des 30 et 31 octobre : Les victimes se disent abandonnées par le gouvernement

    Il me parait important de définir rapidement un statut pour les victimes et les rescapés des 30 & 31 octobre 2014 et ceux des 16 & 17 septembre 2015. On pourrait par exemple les considérés comme des soldats bombés en mission. Ainsi, une base unitaire de traitement (tenant compte de la catégorie socio-professionnelle des victimes) serait trouvée pour chacun d’eux.

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