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28e anniversaire de Thomas Sankara : Le président Sankara plus vivant que mort

Accueil > Actualités > Société • • vendredi 16 octobre 2015 à 23h22min
28e anniversaire de Thomas Sankara :  Le président Sankara plus vivant que mort

Le terrain de miramar sis à Tampouy a refusé du monde ce jeudi 15 octobre 2015. La cause, la commémoration du 28e anniversaire de l’assassinat du père de la révolution burkinabè, Thomas Sankara et de ses compagnons d’infortune. Organisée par l’UNIR/PS, elle avait pour thématique « 28 ans de résistance, à quand la justice ? ». Etaient présent à cette rencontre des membres du gouvernement de l’ex Conseil national de la révolution (CNR), des amis de Sankara, et ceux qui l’ont connu mais également Ablassé Ouédraogo, président de Le Faso Autrement, alors fonctionnaire international en poste à Addis Abbeba.

« L’impérialisme, à bas ! ; la Diendérose, à bas ! ; l’Achilose, à bas ! ; Dignité au peuple ; les tortues à double carapace à bas ; la patrie ou la mort nous vaincrons ! ». Ce sont entre autres les slogans révolutionnaires scandés ce jeudi 15 octobre 2015 à Ouagadougou à l’occasion de la commémoration du 28e anniversaire de la disparition du Président Thomas Sankara.
Comme chaque année, l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR/PS) salue la mémoire de l’homme courageux, intègre, de grand cœur qu’était le président du Conseil national de la Révolution (CNR). Cette année le parti de l’œuf commémore l’événement par diverses activités : messe de requiem dans les quarante-cinq provinces du Burkina, veillées-débats ; projections cinématographiques. Au nombre des activités figurent également des conférences publiques sur le déroulement du 15 octobre 1987 et des hommages au président Thomas Sankara, un panel sur le dossier de « l’hécatombe » du 15 octobre 1987.

Selon le président du comité d’organisation, Athanase Boudo, le thème « 28 ans de résistance, à quand la justice ? », s’inscrit dans un contexte post insurrectionnel des 30 et 31 octobre 2014 mais également dans l’avènement du 16 septembre dernier. « Ce contexte post insurrectionnel a favorisé l’avancée du dossier Thomas Sankara avec l’autopsie des corps et des premiers résultats produits. Le démantèlement du RSP en sera plus avec les derniers développements » a-t-il signifié. Du reste, il n’a pas caché sa satisfaction, car dit-il, « aujourd’hui des millions de Sankara sont nés et ont même grandi. Le peuple longtemps martyrisé refuse d’être un peuple de soumis et veut s’assumer. Il a soif de justice ».

La vérité est-elle pour demain ?

Pour le Vice-président de l’UNIR/PS, Batio Nestor Bassière, ce 15 octobre 2015 revêt un caractère tout particulier. « C’est la première fois que nous le commémorons sans Blaise Compaoré, sans qu’on nous parle de la renaissance démocratique d’un certain front populaire et encore moins du RSP » se réjoui M. Bassière. Maître Béléwendé Stanislas de renchérir « la commémoration du jour a connu une forte mobilisation étant entendu que les restes du président Thomas Sankara ainsi ceux de ses compagnons ont été exhumés pour les besoins de la justice ».

A quand la justice ? Il répondra « la justice a déjà commencé ! 18 ans en arrière on ignorait voir le bout du tunnel. Aujourd’hui, Il y a déjà des inculpations, des indices, des preuves et même que l’expertise a conclu qu’il s’agissait d’assassinat d’origine criminel. Le juge d’instruction a tous les éléments pour mener à bien son travail ».

Témoignages

Le témoignage le plus attendu était celui de Alouna Traoré, le rescapé de la fusillade du jeudi noir qui a emporté celui qu’on appelle aussi Thom Sank. « J’avoue que c’est chaque fois pénible, douloureux d’en parler », a-t-il déclaré à l’assistance qui avait soif d’entendre à nouveau son récit. Mais sous l’insistance, il a fini par céder : « à peine le Conseil des ministres a débuté que les tirs ont déclenché. Thomas Sankara se lève et dit : c’est de moi qu’ils ont besoin en levant haut les mains et sort de salle toujours les mains en l’air. C’était macabre odieux et inhumain » a-t-il livré. Selon le rendu de Adèle Ouédraogo, ministre du budget sous la révolution « le budget était adopté par le peuple à la Maison du peuple ». Quant au témoignage de Germaine Pitroipa, la première femme Haut-commissaire du Burkina Faso, il est ressorti que le Président Thom Sank ne demandait qu’à être convaincu. « La révolution a fait des erreurs comme tout régime d’ailleurs, mais est-ce qu’il fallait en arriver là ? », s’est-t-elle demandée.

Aïssata laure G. Sidibé
Lefaso.net

Encadré :

Alouna Traoré, conseiller juridique de Thomas Sankara

Thomas Sankara a aimé son peuple. Il a aimé ce pays-là. Il a donné un nom à ce pays. Comment maintenant les gens de ce pays vont-ils mériter ses qualités ; n’est pas Burkinabè qui veut ; n’est pas Burkina qui veut. C’est Thomas qui a placé ce pays à cet endroit. N’est pas intègre qui veut, c’est Thomas qui l’a fait. Ce jour 15 octobre nous rassemble et nous permet de revivre l’histoire avec nos ainés, les anciens ministres comme si c’était hier, or cela fait 28 ans. Il faut que justice soit faite, qu’on replace les choses en l’état. La brutalité avec laquelle Thomas a quitté la scène est indigne du travail qu’il a fait pour ce pays, et indigne de l’amour qu’il avait pour ce peuple. Quoi qu’on fasse, il faut que la vérité soit connue pour que les gens puissent mesurer la chance que le Burkina a eue. C’est le seul pays en Afrique où on parle de la qualité de l’espèce humaine qui vit sur cette terre du Burkina Faso.

Propos recueillis par ALGS

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