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28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara : Une commémoration sur fond d’espoirs

Accueil > Actualités > Société • • jeudi 15 octobre 2015 à 08h52min
28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara : Une commémoration sur fond d’espoirs

15 octobre 1987-15 octobre 2015. Voilà 28 ans que le père de la révolution d’août 1983 a été assassiné. Depuis lors, sa famille et de nombreux Burkinabè ne cessent de réclamer justice pour Thomas Sankara. Cette année, pour la première fois, cet anniversaire sera commémoré sans Blaise Compaoré, celui à qui a profité le crime. A contexte particulier, commémoration particulière. Il n’y aura pas de recueillement au cimetière de Dagnöen cette année. Les restes des corps des victimes ayant été exhumés depuis le mois de mai dernier pour des besoins de l’enquête.

Le 28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara sera commémoré sous le thème « 28 ans de résistance : à quand la justice ? ». L’on était habitué au recueillement des sankaristes au cimetière de Dagnöen. Ce ne sera pas le cas cette année puisque les restes du fringant capitaine n’y sont plus. L’insurrection populaire d’octobre 2014 étant passée par là. Entrainant du coup un nouvel espoir chez les burkinabè se réclamant de l’idéal sankariste. Un espoir de justice pour les suppliciés du 15 octobre 1987.

Pour ce 15 octobre 2015, le premier sans Blaise Compaoré au pouvoir, l’évènement sera marqué par des activités de prières et de réflexion sur toute l’étendue du territoire national. Un anniversaire qui se tient deux jours après que les avocats aient reçu les résultats des tests balistiques et de l’autopsie des restes du corps du président Sankara et des autres victimes du coup d’Etat d’octobre 1987. Et tout porte à croire que c’est bien le père de la révolution qui reposait au cimetière de Dagnöen. Ce sont les tests ADN (en cours) qui viendront confirmer ou infirmer cette thèse. Déjà, on parle d’un corps criblés de balles.

Des conférences en plein air

A situation particulière, commémoration particulière. Un panel sur le dossier judiciaire avec un collectif d’avocats, des conférences publiques sur les évènements du 15 octobre 1987 et des projections de film suivi de débats sont donc au menu. Et, c’est un espace ouvert dans un quartier populaire qui a été choisi pour abriter ces activités commémoratives. Il s’agit du terrain Miramar sise à Tampouy, non loin du monument des martyrs. C’est là que se passera l’essentiel des activités. Mais, des conférences publiques et projections de films sont prévues également à l’Université de Ouagadougou, à la cité universitaire de la Patte d’oie, mais aussi sur Avenue Thomas Sankara sise à Paspanga.

Ceci, en vue de permettre aux plus jeunes de connaître cette icône du panafricanisme qui aura dirigé la révolution burkinabè pendant quatre. Mais ayant laissé des traces indélébiles. Si bien que 28 ans après son assassinat, Thomas Sankara demeure plus que jamais dans les mémoires des Burkinabè. Le panel animé par les avocats de la famille permettra sans doute d’en savoir plus sur l’avancée du dossier judiciaire qui résonne au-delà des frontières du Burkina.

En tous les cas, l’on n’a jamais été aussi près de la manifestation de la vérité dans ce dossier. Car, ceux qui étaient présumés faire obstacles à la manifestation de la vérité sur les circonstances de la mort du président Sankara sont loin des affaires désormais. Celui qui a bénéficié du coup d’Etat d’octobre 1987, Blaise Compaoré, a été chassé par la rue en octobre 2014. Le général Gilbert Diendéré dont le nom revient le plus souvent dans cette affaire s’est aussi tiré une balle dans le pied en tentant une prise du pouvoir par les armes. La suite est connue. Il est depuis incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de l’armée, en attendant son procès. C’est dire que pour les proches de Thomas Sankara, une lueur d’espoir s’ouvre enfin pour que justice soit rendue.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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