Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

samedi 3 octobre 2015 à 02h20min

C’est chaud à la cité universitaire de Kossodo. Réunis en grand nombre, des centaines d’étudiants ont protesté, ce 2 octobre 2015, pour exiger la réouverture « immédiate » des cités et des restaurants. La tension était vive pendant plusieurs heures avant l’arrivée du directeur du centre régional des œuvres universitairesde Ouagadougou (CROUO). Les discussions s’engagent et aucun compromis ne pointe à l’horizon.

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Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

A notre arrivée à la cité universitaire de Kossodo, c’était l’heure du rassemblement où les leaders peaufinaient leur stratégie avant l’ « assaut ». « Le car est en marche et il n’est pas question de faire marche arrière », clame un des étudiants. L’heure n’est donc plus aux négociations. Peu avant 8h 30, c’est le départ pour le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Comme à l’accoutumée, l’inspiration est au rendez-vous « Etudiants fantoches, à bas ! », « DG, dégage ! » « On est venu pour diendériser ». Décidément, les étudiants ne sont pas tendres avec le premier responsable du CENOU qu’ils accablaient d’injures. Arrivés au siège, les manifestants bloquent les accès au bâtiment avant de s’aventurer dans les couloirs et quelques bureaux à la recherche du Directeur général, Serge Bayala. Quelques agents ont eu l’infortune de tomber sur des étudiants décidés à se faire entendre. Après avoir fouillé en vain et passé de longues minutes à discuter sur un plan B, les jeunes « confisquent » un véhicule de l’administration qu’ils conduisent à la cité de Kossodo.

L’ultimatum

Il est 10h et les étudiants n’aperçoivent aucune autorité du CENOU à l’horizon. Après avoir reçu un appel d’ « intimidation » de M. Bayala qui aurait menacé d’envoyer une équipe de la gendarmerie, Zida Justin, coordonateur général des délégués des cités universitaires, a gardé son calme et rassuré ses camarades. Un ultimatum a été lancé et les étudiants affirment qu’ils prendront leurs responsabilités si rien n’était fait d’ici à la soirée. Une heure plus tard, Yacouba Ouédraogo, Directeur du CROUO est sur les lieux de la manifestation.

Yacouba Ouédraogo, le sauveur ?

« Je ne suis pas là pour compliquer la tâche d’un étudiant », dit-il. Pendant une bonne demi-heure, celui que les étudiants prennent pour « un homme de dialogue » a fait un rappel de la situation. A l’entendre, des dispositions avaient été prises par une commission pour la réintégration des étudiants à compter du 1er Octobre.
Mais suite au coup d’Etat du 17 septembre dernier, les calculs ont été faussés. La question sécuritaire a donc été mise en avant par le directeur régional pour justifier le report de la réouverture des cités au jeudi 8 octobre. N’eut été la décision des ministres de reporter la rentrée scolaire et académique, les étudiants ne seraient pas abandonnés à leur sort et seraient dans des conditions minimales en attendant la composition des examens prévus pour le 8 octobre.

Sa proposition rejetée

Même si le directeur général du CENOU est l’homme qu’attendent « de pied ferme » les étudiants, Yacouba Ouédraogo était celui avec qui il fallait faire avec. Venu avec la liste des réadmissions, il n’avait qu’un plan d’urgence. Celui de demander aux étudiants qui bénéficient de la cité vacance, d’accorder l’hospitalité à leurs camarades, le temps d’un week-end, avant que ces derniers ne retrouvent leurs cités respectives le lundi 05 octobre, après s’être acquittés des frais de logement chez l’agent comptable. L’option fut rejetée catégoriquement par une bonne partie des manifestants qui tenaient à respecter le mot d’ordre du jour : « Ça passe ou ça casse ».

Toutefois, lorsque l’appel du Muezzin ne tarda pas à inviter les fidèles musulmans à la prière du Vendredi, le rassemblement commença à s’émietter et les injonctions à diminuer. Qu’à cela ne tienne, les étudiants ne voulaient plus passer la nuit à la belle étoile. Sentant la mobilisation faiblir du fait de la faim qui tenaillait ses camarades, l’un des étudiants de la cité Kossodo demanda à ceux-là de rejoindre les cités universitaires de la Patte d’Oie à partir de 13h 30.
Au moment où nous quittions les lieux, les discussions se poursuivaient. Joint au téléphone peu avant 18 heures, Justin Zida nous a confirmé que les étudiants ont pris « leurs responsabilités ». Ils ont rejoint les cités.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 3 octobre 2015 à 02:24, par siddata
    En réponse à : Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

    C’est dommage il faut de la fermeté car ces étudiants sont pires que DIENDERE. nous sommes dans un état de droit et il faut être légaliste

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  • Le 3 octobre 2015 à 12:25, par Tonton
    En réponse à : Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

    Cela s’appelle tout simplement de la récupération. Mes chers "jeunes" étudiants, patientez, quand même ! pourquoi chaque fois qu’il y a une "victoire nationale", vous pensez que c’est l occasion d’aborder les "problèmes spécifiques (A ne pas confondre avec "problème non important").
    Oui, vous avez des revendications ; mais vous ne pensez pas qu’il faille laissez le temps aux autorités de reprendre les choses en main et de vous récompensez (reconnaissance) en retour, pour votre mobilisation, votre citoyenneté , votre "Burkindi".

    Ne gâchez pas notre fierté nationale de démocrates, en mettant dans la balance tous les problèmes dans la même barque tout de suite, sinon, barque va couler avec tous !

    Vous avez bien compris "plus rien ne sera comme avant", mais vous pouvez aussi comprendre que "ce qui ce faisait avant , ne se fera plus" , alors ayez un confiance en *notre transition et ne posez plus des actes du genre " y a mam la woto..., Ngaw !!!!"

    Ceci est un message de Tonton !

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  • Le 3 octobre 2015 à 12:26, par Pagomziri
    En réponse à : Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

    C’est quoi ce bordel ? Arrêtez votre pagaille. Revendiquer c’est votre droit, mais il faut de la manière tout de même. Les injures et autres menaces sont les armes des faibles. Allez-y demander à Diendéré et les ex soldats du RSP, comme vous utilisez le terme "diendériser".

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  • Le 3 octobre 2015 à 21:39, par Yabi
    En réponse à : Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

    Les "jeunes" suivez les conseils de Tonton !
    Imaginez un instant que ces "étudiants" avaient en leur possession des armes ! Certainement que certains ont été formés au RSP pour ne pas comprendre que le Burkina Faso de l’anarchie est finie. La rentrée est reportée au 8 octobre les cités doivent-elles ouvrir maintenant ? Pourquoi n’avoir pas exigé la réouverture le 23 septembre pour une rentrée le 1ier octobre ? Il semble qu’ils ont fini par casser les cités pour prendre possession des lieux sans aucunes formalités d’admission ni garantie sécuritaire.
    Ces ’’étudiants’’ sont-ils en dehors de la planète pour savoir que depuis le 16 septembre le peuple Burkinabè est en lutte contre les intérêts corporatistes du RSP pour la liberté et la démocratie.

    C’est vraiment la déception venant de ce milieu estudiantin sensé être l’élite de demain qui va diriger notre pays qui vient de donner une belle leçon de burkindi au monde. Honte - honte - honte à ce comportement digne de l’ex RSP
    L’Etat doit être ferme contre ce RSP des nouveaux temps

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  • Le 4 octobre 2015 à 17:24
    En réponse à : Vie universitaire : Les étudiants exigent la réouverture des cités et des restaurants

    A chaque fois que les étudiants de l’université de Ouaga manifestent c’est pour reclamer l’ouverture du resto U. Leurs revendications sont toujours liées au resto U comme s’ils étaient à l’université uniquement pour le resto U.
    Je comprends qu’il ya des étudiants qui vivent des situations très difficiles, voire précaires, mais il faut que les étudiants des universités de Ouagadougou grandissent un peu.
    Vous êtes à l’université d’abord et principalement pour vous former. A la fin de votre passage à l’université, vous aurez réussi si vous sortez munis de diplômes, de compétences, de savoir-faire et savoir-être. On ne vous a jamais vu revendiquer plus d’ouvrages (livres, revues...) pour vos bibliothèques. Jamais. toujours manger, manger et manger. Vous finissez par faire honte.

    Répondre à ce message

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