Opération ville propre : Le quartier Gounghin remis à neuf par les jeunes et les femmes

vendredi 25 septembre 2015 à 07h00min

Tout comme au lendemain de l’insurrection populaire, des centaines de jeunes et de femmes sont descendus dans les rues avec pelles, balais, râteaux et brouettes pour nettoyer la ville Ouagadougou qui renait peu à peu de ses cendres. A travers cet acte, ils disent vouloir accompagner les fidèles musulmans dans la célébration de la Tabaski. C’était ce jeudi 24 septembre 2015.

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Opération ville propre : Le quartier Gounghin remis à neuf par les jeunes et les femmes

Les nombreuses barricades qui avaient été érigées pour barrer la route aux putschistes ne sont presque plus visibles dans plusieurs quartiers de la ville de Ouagadougou. Toutefois, des débris de pneus brûlés, des arbustes, des branches trainent encore sur des voies. Sur la nationale N1 non loin du siège de l’ONEA, la chaussée a noirci et en ce jour de la fête du mouton, aucun mouvement de jeunes n’a été aperçu pour le nettoyage.

L’appel de l’ancien Bourgmestre de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré a-t-il été entendu par-là ? « Non ! », nous répond un passant qui estime que cette opération ville propre n’est qu’une stratégie politique pour certains hommes de devenir des m’as-tu-vu. « Je suis un fils de ce pays et je n’ai pas besoin qu’on me demande de sortir. Aujourd’hui c’est la fête et demain (25 septembre 2015, ndlr), je sortirai pour balayer et remplir ma part de contrat ».

A moins d’un kilomètre de là, les deux mini-cars qui avaient été saccagés puis incendiés par les manifestants, assiègent toujours la voie. Aucune action n’a encore été menée pour rendre la circulation plus fluide. Au niveau du palais de la culture Jean Pierre Guingané, le bitume était par endroits noirci et les Ouagalais allaient et venaient à leur guise.

A Gounghin, des coups de balais avaient été donnés. A notre arrivée sur les lieux peu avant 8h, des tas d’ordures avaient été mis de côtés. Au secteur 7, Simon Compaoré à la tête d’une centaine de jeunes et de femmes, veillait au grain. C’est devant son domicile que l’opération ville propre serait partie, avant six heures, nous confie Jacques Zida dit Akengué. Des sachets plastiques aux branches en passant par les pneus abandonnés, tout a été raclé aux abords de la route. Il arrivait souvent à Simon d’inciter ceux qui avaient la flemme de travailler « Toi tu n’es pas Burkinabè » ?

De façon spontanée, des personnes de bonne volonté ont distribué des sachets d’eau et remis de l’argent pour étancher la soif des balayeurs. Pour l’ex-Maire, « cela démontre une fois de plus que les jeunes et les femmes du Burkina sont formidables ». Il a par ailleurs remercié Dieu d’être intervenu au bon moment et d’avoir combattu auprès du peuple pour un dénouement heureux de la crise. A une demi-heure de la grande prière de la Tabaski, les balayeurs de confession musulmane ont pris congé de leurs camarades tout en encourageant ces derniers à poursuivre le nettoyage. Sur les lieux un camion de la direction de la propreté se chargeait de ramasser les ordures entassées.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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