Concours de la Fonction publique : Les CCVC locales appellent à une reprise des concours concernés par la fraude

mardi 15 septembre 2015 à 04h08min

Cette année, les concours directs d’entrée à l’ENAREF cycles A, B, C, des Assistants des douanes, des Agents Itinérants de Santé et des Conseillers des Affaires Economiques ont été entachés de fraude comme les autorités en charge de l’organisation de ces concours l’ont révélé lors de la conférence de presse organisée à cet effet le 21 août 2015. Le cerveau de cette endémique gangrène est le Cabinet même chargé de la conception des épreuves en coaction avec un promoteur de préparation et de formation aux concours avec questions à choix multiple (QCM).

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Concours de la Fonction publique : Les CCVC locales appellent à une reprise des concours concernés par la fraude

Cette révélation, faite par le ministre de la Fonction Publique du Travail et de la Sécurité Sociale, le Pr Augustin LOADA, intervient dans un contexte national pré-électoral particulièrement animé, où les préoccupations fondamentales des populations sont reléguées au second plan, au profit de la course au pouvoir.

Elle vient confirmer l’entendement populaire sur la question. En effet, les honnêtes citoyens ont toujours estimé que si la lutte contre la fraude et la corruption n’aboutit pas, c’est que la machine de fabrication et de reproduction de ce fléau est située au cœur du système. Aujourd’hui personne ne pourrait soutenir le contraire avec ce que la session 2015 des concours de la Fonction publique vient de dévoiler. Ainsi donc, l’hydre se situe en haut d’où partent ses tentacules pour alimenter la sphère des complicités souvent bien protégées. Alors comment s’étonner que tous les secteurs du pays soient gangrenés ?

En annonçant ces cas de fraude massive et l’arrestation des présumés auteurs, à l’opinion publique, le gouvernement de la Transition semblait faire l’option de la rupture avec les régimes passés dont la surdité à l’égard du phénomène est légendaire. Mais très vite cet espoir suscité s’est envolé avec le refus que manifeste la Transition à annuler pour les reprendre, les concours entachés.

Cette attitude du gouvernement de la Transition est pour le moins surprenante parce qu’elle défie les principes cardinaux de justice, de bonne gouvernance, de même qu’elle constitue un soutien ostentatoire à la fraude, à la corruption et à l’impunité. Des cas de fraude avérée dont la liste de suspects n’a cessé de s’allonger, indiquant par ce fait même que l’ampleur est encore loin d’être circonscrite mais qui, curieusement, n’entrainent pas l’annulation immédiate des concours concernés ! Voici comment le gouvernement de la transition concrétise son cri de guerre contre l’impunité et l’injustice « plus rien ne sera comme avant ».

Alors devant cette hérésie du gouvernement de la Transition on se demande à qui profite cette inertie. En tout cas ce n’est ni aux candidats honnêtes qui ont été lésés dans leur droit à l’égalité de chance, ni à l’Administration publique qui va devoir accueillir des fraudeurs protégés. Et pourquoi c’est précisément ce héraut de la bonne gouvernance qu’est le Pr LOADA qui performe à contre-courant des idéaux dont il faisait, il y a encore quelques mois, la promotion ?

S’il y a des candidats fraudeurs « admis » que l’on cherche à protéger par la non-reprise de ces concours, alors il faudra définitivement désespérer de la Transition et lui indiquer que l’espoir suscité par l’insurrection populaire d’octobre 2014 ne saurait être aussi facilement bradé.

Fortes de la conviction que les milliers de jeunes candidats à l’emploi et le peuple burkinabè dans son ensemble n’admettront jamais ce coup fourré que le gouvernement de la Transition s’apprête à administrer en s’arc-boutant sur des arguments-alibi pour résister à la reprise des concours entachés de fraude avérée, les CCVC de Baskuy, de Bogodogo, de Boulmiougou, de Nongremasson et de Signoghin :
-  dénoncent l’attitude inconséquente des autorités gouvernementales qui ne convainquent personne quant à leur volonté réelle de combattre le fléau de la corruption et de la fraude dans le pays ;
-  appellent le gouvernement de la Transition à procéder sans délai à l’annulation des concours entachés et à les faire reprendre, seule voie qui reste conforme aux principes de transparence, d’équité et d’égalité de chance, pierre angulaire de l’organisation des examens et concours ;
-  apportent leur soutien au Comité des Jeunes Unis pour la reprise des concours concernés par les cas de fraude et à l’ensemble des candidats honnêtes à l’emploi, les encouragent à bien se mobiliser pour le combat légitime engagé ;
-  invitent leurs militant(e)s et sympathisant(e)s, ainsi que toutes les populations de la ville de Ouagadougou, soucieuses d’une société débarrassée de ce fléau qui mine le développement du pays, à se mobiliser et à se tenir prêts pour tout mot d’ordre que l’évolution de ce dossier amènera à lancer.

Ouagadougou le 14 septembre 2015

Ont signé pour :
CCVC/Baskuy, OUÉDRAOGO Jean de Dieu
CCVC/Bogodogo, OUÉDRAOGO Yamba
CCVC/Boulmiougou, YAMÉOGO Dominique
CCVC/Nongremasson, KABORÉ Gombila
CCVC/Signoghin, KOALA O. Gilbert

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés