« S’il y a exclusion, nous allons encore nous diviser et ce n’est pas bien », dixit le président du CDP, Eddie Komboïgo.

mardi 25 août 2015 à 03h40min

« Paix », « responsabilité », « tempérance », « pondération », « tolérance » et « inclusion » ont été les maîtres-mots au cours des assemblées générales provinciales des jeunes, des femmes et des étudiants militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) le samedi, 22 août 2015 à Ouagadougou au pavillon du « Soleil levant » sur le site du SIAO et à la Maison de la Femme.

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« S’il y a exclusion, nous allons encore nous diviser et ce n’est pas bien », dixit le président du CDP, Eddie Komboïgo.

C’est la toute première assemblée générale de ces franges sociales du CDP depuis l’insurrection populaire. Rencontres statutaires, elles ont été une occasion pour les jeunes et les femmes de témoigner leurs « soutien » et « détermination » à relever les défis à venir notamment les élections présidentielle et législatives du 11 octobre 2015. Dans cette perspective, ils ont, une fois de plus, appelé à des élections « inclusives ».

Revisitant le passé, le vice-président chargé de la Promotion des Jeunes, Aboubacar Sannou, est revenu sur les événements qui ont entraîné la chute du régime. Rendant un « vibrant hommage à Blaise Compaoré dont la hauteur d’esprit et la sagesse ont évité au Burkina, un bain de sang et un chaos après plus de 50 ans de stabilité ». Il s’est également incliné devant la mémoire de « tous ces jeunes burkinabè qui sont morts sur le champ de la défense de leurs convictions et singulièrement de la Constitution que certains pour des intérêts bassement égoïstes et matériels veulent fouler aux pieds ».

Pour Aboubacar Sannou, dix mois après la mise en place des instances de la transition et« malgré les agressions diverses et multiformes » dont son parti aurait fait l’objet, le CDP se porte bien. « Même très bien, créant ainsi la psychose, des insomnies force et enfin des cauchemars chez nos contempteurs », a affirmé M. Sannou, énumérant des mesures « antidémocratiques » qui avaient été prises contre son parti dans le « but de le voir disparaître ». Il loue la « sagesse, le respect et la responsabilité » avec lesquels la direction de son parti a su répondre à ces « manœuvres ».

« Un des hauts faits de cette direction est le procès brillamment remporté à Abuja au niveau de la Cour de la justice de la CEDEAO relativement au code électoral malgré les centaines de millions déboursés par le trésor public pour payer grassement des avocats en violation de toute procédure relative à la commande publique », dit M. Sannou. De son avis, dix mois après, la situation du pays, aux plans économique et social, va de mal en pis. Appelant ses « compatriotes » à ne plus y greffer une crise politique par la mise à l’écart d’ « autres compatriotes » à travers l’exclusion aux compétitions électorales. Se référant aux contentieux électoraux, M. Sannou a affirmé que ceux qui ont introduit les recours s’étant appuyés sur le code électoral du 7 avril 2015, « nous leur rappelons qu’au vu de son inexploitabilité notamment en son article 154, les listes électorales au niveau de la CENI ont été validées sur la base d’un consensus politique accepté de tous et par tous. En outre, nous leur rappelons que ces recours sont formulés en violation du verdict de la Cour de justice de la CEDEAO qui est une instance dont les décisions l’emportent sur celles de nos juridictions nationales. Enfin, cela se fait en tout manque de respect face aux engagements pris par le Président de la transition lors de son dernier discours au cours duquel il a affirmé que la décision de la CEDEAO sera appliquée ».


« Que Dieu touche le cœur de chacun… »

Le vice-président chargé de la Promotion des Jeunes a invité ses « camarades » à « s’éloigner des vendeurs d’illusion, ceux qui n’ont de projets de société que l’exclusion, la violence, le mensonge, la mauvaise gestion de la chose publique en somme la haine, facteurs engendrant l’instabilité politique voire les guerres civiles ».
Un message relayé par le secrétaire national chargé de la mobilisation des jeunes, Paul Sawadogo, pour qui, seuls ceux qui prônent et enseignent la paix méritent de gouverner le Burkina. De son avis, il est également indispensable de construire la société « sans exclusion, pour un avenir radieux du pays ». « Pour nous jeunes, il est vital de conduire notre pays avec toutes les composantes de la société, et sans exclusion aucune… A cet effet, nous restons toujours vigilants et mobilisés pour faire de notre pays, une harpe de paix jamais égale », a lancé M. Sawadogo.

Même message à l’assemblée générale des femmes au cours de laquelle, la vice-présidente chargée de la Promotion de la Femme, Fatou Diendéré, a relevé que le Burkina est une terre de démocratie et que par conséquent, les femmes ont la conviction que le CDP prendra part aux différents scrutins avec tous ses candidats. Selon Mme Diendéré, l’exclusion ne rendra service à personne et, partant, à l’ensemble du pays. « Nous acceptons la vérité, nous croyons en la vérité. Le Burkina est une terre de tolérance et nous prions que Dieu touche le cœur de chacun pour que le pays soit préservé de dérives et que règne la paix. Nous souhaitons une présidentielle inclusive mais certains travaillent pour ne pas le 11 octobre soit effective. Mais, nous nous battrons pour que se tiennent les élections. Ceux qui ont peur d’aller à la compétition se reprochent quelque chose », a-t-elle dit, exhortant les autorités à la préservation de la paix, la cohésion sociale et de l’unité nationale.

« Si quelqu’un d’autre gagne, nous irons le féliciter… »

En réactions aux messages, le président du CDP, Eddie Komboïgo est revenu sur les « moments difficiles » qu’a traversé le Burkina en fin octobre 2014 avant de demander un moment de recueillements à la mémoire des victimes de ces événements.
« Nous n’avons qu’un seul objectif : pardonner, tolérer, apaiser le Burkina. On ne peut construire, développer un pays sans paix. On ne peut pas développer un pays en développant la haine », a soutenu le premier responsable de l’ex-parti au pouvoir. Exhortant ses militants au sens de la responsabilité, à la « tempérance », à la « tolérance » et à la « pondération ».

Sur les contentieux électoraux en cours, le président du CDP appelle les autorités compétentes à dire le droit. « Disons le droit, et rien que le droit », a-t-il invité, affirmant que le CDP reste confiant car, « le recours déposé à la CEDEAO a donné raison à son parti ». Pour Eddie Komboïgo, si son parti avait perdu, il se serait également incliné devant la décision. « S’il y a exclusion, nous allons encore nous diviser et ce n’est pas bien », a expliqué Eddie Komboïgo. Il recommande donc une compétition qui prenne en compte tous les candidats avec pour seul juge, le peuple. « Si quelqu’un d’autre gagne, nous irons le féliciter, et dans la paix. Si nous gagnons, ils viendront nous féliciter, et dans la paix », clame-t-il.
Le président du CDP a galvanisé les femmes et les jeunes à être la solution du développement du Burkina. « Nous avons mieux à éduquer les enfants que la haine et la violence ; nous n’en avons pas besoin au Burkina », se convainc Eddie Komboïgo.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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