Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

Chronique du vendredi • vendredi 14 août 2015 à 06h51min

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a validé ce 08 Août les dossiers de candidatures aux élections législatives d’octobre prochain. Pendant ce temps, les candidats à la présidentielle s’apprêtent à déposer les leurs. Toutes les pièces du puzzle électoral se mettent donc en place et il apparait de plus en plus probable que le gouvernement de la transition vit ces dernières semaines. Son mandat a fort peu de chance d’être prolongé malgré les rumeurs les plus alarmistes qui ont circulé à ce propos. Peut-on alors parler de faire un bilan de cette courte expérience gouvernementale ?

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Gouvernement de la transition : Ces  patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

A la vérité, il est encore très tôt pour faire un bilan de la transition même si certaines interrogations surgissent, lancinantes, incontournables. La première d’entre elle est de savoir si la rupture attendue dans la gouvernance du pays a-t-elle eu lieu ? « Le plus rien ne sera comme avant » adroitement sorti par le président de la transition, Michel Kafando, lors de son investiture, a-t-il été porté au fronton de l’action gouvernementale ou n’est-il resté qu’ un slogan de marketing politique, réduit à sa simple expression de vœu pieux ? Le nouveau pouvoir qui sortira des prochaines élections trouvera-t-il un Burkina en meilleur ordre de bataille pour son développement que sous Blaise Compaoré ? A chacun de se faire sa propre opinion même s’il est évident que les attentes sociales des Burkinabè restent immenses et le gouvernement de la transition ne saurait se vanter de les avoir satisfaites.

Le contraire aurait été un miracle dans un laps de temps aussi bref que douze mois. Au demeurant, personne ne demandait l’impossible à Michel Kafando, Yacouba Isaac Zida et à leur équipe gouvernementale. Réussir le pari d’organiser des élections crédibles dans le respect du calendrier indiqué à la transition c’est toujours cela de gagner. Ailleurs comme en Libye ou en Centrafrique, pour prendre les exemples les plus actuels, on a vu des transitions balbutiées qui s’éternisent dans une pagaille indescriptible à faire regretter les régimes auxquels elles ont succédé. C’est pourquoi, si la transition burkinabè n’a pas été un fleuve tranquille, les crises entre le RSP et le premier ministre sont passées par là, elle n’a pas non plus dérivé dans un chaos de mise à mort de l’Etat. Il faut s’en féliciter sans pour autant fermer les yeux sur les lenteurs incompréhensibles du gouvernement de la transition à trouver des solutions à certains problèmes conjoncturels hérités du régime défunt, au nom de la continuité de l’Etat.

Nous nous attarderons sur trois de ces problèmes conjoncturels qui ont plus ou moins occupés le devant de l’actualité ces derniers temps et sont loin de montrer que le gouvernement de la transition a rompu avec la bureaucratie administrative reprochée au régime de Blaise Compaoré.

Primo, il s’agit du dilettantisme dont le gouvernement Zida a fait montre dans l’examen de la plateforme revendicative des syndicats revue et synthétisée en trois grands points qui lui ont été soumis le 1er mai 2015. Dans une conférence de presse tenue ce 06 août, l’unité d’action syndicale (UAS) a pointé du doigt, non sans agacement, le silence du gouvernement sur la relecture qu’elle exige des lois 013 ; 027 et 028 portant respectivement sur le régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique, l’organisation des collectivités territoriales et sur le code du travail au Burkina.

La prochaine rencontre gouvernement- syndicat va être houleuse d’autant plus que les deux autres points de la plateforme minimale de l’UAS, à savoir l’application des décisions de justice dans les conflits de travail et le respect des libertés syndicales restent des sujets de préoccupation. Après deux reports, en février puis en juin, le rendez- vous entre gouvernement et syndicats de ce 1er septembre sera-t-il le bon ? En tout cas le gouvernement a le dos au mur car, à l’écouter, l’UAS est décidée à lui arracher un accord sur cette plateforme minimale car, dit-elle, « Le gouvernement de la transition n’est pas là que pour organiser les élections… si rien n’est fait (dans la satisfaction de leur plateforme), que personne ne dise que les syndicats cherchent à empêcher ou à perturber la tenue des élections ».

La menace d’une grève générale est donc à peine voilée. Elle est à prendre au sérieux car les syndicats laissent entendre implicitement dans leurs déclarations être les dindons de la farce d’une insurrection populaire qui n’a apporté aux travailleurs qu’une bien maigre baisse de 50 FCFA sur le litre du carburant. En attendant cette rencontre gouvernement- Syndicats, le syndicat des greffiers et celui des agents des Finances sont sur la brèche. A l’allure où vont les choses, la plateforme minimale de l’UAS, sans oublier les revendications sectorielles des syndicats autonomes, pourrait être la première patate chaude que Michel Kafando et Isaac Zida vont refiler à leurs successeurs.

Secundo, une autre patate chaude que la transition va refiler au prochain exécutif porte sur les problèmes induits du continuum éducatif. Près de 1300 nouvelles salles de classe avec 50 000 nouveaux tables- bancs devraient être acquis par le gouvernement pour la rentrée d’octobre prochain pour espérer absorber le maximum d’élèves qui quittent le primaire pour la classe de sixième. Le gouvernement communique peu sur les moyens déployés pour résoudre cette question alors que les frais de scolarité des élèves admis à l’entrée en sixième l’année dernière et affectés dans les établissements privés conventionnés restent impayés.
Par ailleurs, les factures des commandes de tables-bancs pour la rentrée scolaire 2014-2015 auprès d’ateliers de soudeur, restent en souffrance auprès des services du ministère de l’éducation nationale.

Ces frais de scolarité, ces factures de confection de tables-bancs pourront-elles être payées en totalité avant la rentrée prochaine ? Question importante qui mérite une réponse urgente. Quoiqu’il en soit, il faut craindre qu’après avoir connu bien de désagréments liés au grand retard dans le paiement des frais de scolarité des élèves qui leur ont été affectés par l’Etat, certains fondateurs d’établissements rechignent à accueillir de nouvelles arrivées la rentrée prochaine. Idem pour les ateliers de soudures qui vont hésiter à prendre de nouvelles commandes de tables-bancs pour les établissements publics.
Sombres perspectives donc pour le système éducatif car le nouveau gouvernement qui sera issu des prochaines élections devra, non seulement absorber le passif de l’année scolaire 2014- 2015 mais relever dans le même temps les défis tous aussi énormes de celle de 2015-2016.

Tertio, une troisième patate chaude que le gouvernement de la transition va transmettre à ses successeurs, c’est la suspension non sans désagréments pour le budget de l’Etat et les partenaires prestataires de services, de la mise en œuvre de certains grands projets économiques comme l’exploitation du manganèse de Tambao, la construction du barrage de Samadeni, la mise en œuvre du pôle de développement du Sahel…

Intéressons-nous à la suspension de l’exploitation du manganèse de Tambao parce qu’elle a induit le non paiement de créances aux prestataires de service par la Panafrican Tambao, d’un montant de près de 30 milliards de FCFA. Le recouvrement de ces créances fait actuellement l’objet de gorges chaudes entre la Panafrican Tambao et ses partenaires qui avaient envahi les locaux de la compagnie le 30 juillet dernier. Ils promettent de revenir à la charge alors que leur débiteur, la Panafrican Tambao, conditionne le règlement de sa dette à la reprise de l’exploitation du minerai. Quand interviendra cette reprise ? Pourquoi le gouvernement de transition a-t-il suspendu les activités de la Panafrican Tambao ? Des questions sans réponses pour l’instant. Toute chose qui donne à penser qu’à deux mois de la fin de la transition, c’est là une autre patate chaude qui attend le prochain gouvernement.

Ces patates chaudes et bien d’autres dossiers conjoncturels en attente, nous font dire que la tare de la lenteur bureaucratique est une mauvaise herbe que la transition est loin d’avoir arraché de l’administration publique. Bien au contraire, certains fournisseurs de l’Etat, trouvent qu’elle s’est aggravée. Dommage !

Derbié Terence Somé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 13 août 2015 à 17:57
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Comment peux tu oublier le RSP ? Ca devrait figurer en premiere position.

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  • Le 13 août 2015 à 18:22, par JOB
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    M. SOME, VOUS AVEZ TOUT FAUX. SI LE PROBLÈME DES MILITAIRES, DES GENDARMES ET DES POLICIERS RADIES N’EST PAS RESOLU, CROYEZ VOUS QU’IL Y AURA DES ELECTIONS ? RENDEZ VOUS DANS QUELQUES JOURS.

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  • Le 14 août 2015 à 05:59, par sidomkar
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    On nous avait dit que les avoirs ou les comptes bancaires des anciens dignitaires avaient été bloqués ; pourrait on savoir les montants de ces avoirs ou les crédits des comptes bancaires ? Ces avoirs ne peuvent ils pas soulager un peu les fournisseurs de l’Etat ? Et les gros bonnets qui ne paient pas les taxes ? Hei ouvrons l’œil sinon nous sombrerons toutes et tous. Un adage dit qu’un bébé qui ne voudrait pas que sa maman dorme la nuit, ne dormira pas lui aussi . Bon entendeur salut.

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  • Le 14 août 2015 à 08:09, par bpk
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Belle analyse. Evidemment que qu’on ne peut pas tout dire dans un article, il faudrait que ceux qui viendront aient la primeure de ce qui les attend.

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  • Le 14 août 2015 à 08:36, par IB
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Quel bilan pour la ministre de la justice ? L’organisation dun folklore qui a coûté plus de 400 millions pour des résultats dont la majorité des magistrats ne se reconnaissent pas.
    Des réactions épidermique, refus de recevoir ses collaborateurs, désordre dans le traitement des dossiers, des intentions douteuses sur la gestion de certains dossiers et bien d’autres choses. Tout le bilan sera publié a la fin de la transition.

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  • Le 14 août 2015 à 09:17, par Megd’
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Je ne comprends pas pourquoi les gens sont pressés. Il est bien évident qu’un audit sérieux devrait être commandité par le nouveau pouvoir par rapport à la transition. On n’a même pas besoin de le demander car cela devrait aller ainsi.

    La haute Cour de justice ne chômera point. Il faut que la bonne gouvernance s’installe dans ce pays et que chacun sache jouer sa partition.

    Le problème dans ce pays, lorsqu’on parle d’OSC, les gens voient le Balai Citoyen en oubliant qu’il existe une multitude d’OSC. La preuve, Mr Somé s’est trompé la dernière fois en parlant du Balai Citoyen roulant dans des 4x4 avec garde du corps, alors qu’il s’agit de Safiatou Lopez, Hervé Ouattara et Aziz Sana.

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  • Le 14 août 2015 à 09:23, par kouadio
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Sidomkar, je crois que bcp parmi nous sont naïfs. Si vous suivez la gloutonnerie de ceux (politiques et societes civiles) qui revendiquent le desordre des 30 et 31 oct vous comprendrez que ceux qui sont morts l’ont ete pour rien. Donc les comptes bancaires des anciens dignitaires n’ont aucun probleme car ceux qui devaient s’en occuper sont aussi occupes a remplir leurs poches

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  • Le 14 août 2015 à 09:48, par bibeega
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Moi je pense qu’il y a lieu même
    de ne plus parler de gouvernement de transition mais de gouvernants de transition. Nous croyions qu’avec l’insurrection populaire le peuple allait mieux manger mais au contraire les assiettes sont plus vides et la sauce du tot se fait de plus en plus avec des feuilles sèches. Pendant ce temps certains gouvernants de la transition deviennent de plus en plus joufflus. Ceux ou celles qui sont soucieux des autres sont fustigés par des agents véreux de l’administration. Mais ils seront responsables devant l’histoire si les choses ne rentrent pas dans l’ordre d’ici deux mois. A bon entendeur, je n’en dirai pas plus

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  • Le 14 août 2015 à 10:28, par Izrael
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Bonne analyse M. Somé mais n’oublions pas le statut du personnel de santé, les promesses sur les CHU et la prise en charge sociale des malades...à tout cela s’ajoute incontestablement les problèmes de l’U.O. ces générations d’étudiants entassées sans aucune préoccupation se seront des révoltes qui seront refilées après le 11 Octobre. Souhaitons toujours une comprehension mutuelle et surtout prions que le CNT reste aussi probe qu’au premiers jours et le chaos proné par certains ne sera qu’une illusion.

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  • Le 14 août 2015 à 11:16, par SENTINY/SANS TRACE
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Tout ce que je sais, est que Dieu a son regard sur le Burkin Faso. Et tous ceux qui veulent que des troubles s’installent, ils rencontreront la colère de Dieu.
    De grâce, soyons des hommes de pardon et de paix.
    Que notre cher Burkina Faso demeure bénis.

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  • Le 14 août 2015 à 11:37, par guerminga
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Monsieur SOME, merci pour le travail de répertoire des dossiers chauds post transition. comme l"à relevé un forumiste, la question de reforme de l’armée dans sa globalité devra être en bonne place dans l’agenda du nouveau gouvernement ainsi que la question celle de la réforme du système éducatif tel que vous l’avez rappelé. l’autre dossier qui ne devrait pas être négligé, c’est la question de la cohésion nationale car les ruptures entre groupes sociaux sont nombreuses ; le focus est fait sur le monde politique cependant on devrait envisager de ratisser à la lumière du travail qui est entrain d’être abattu par CNRR. On pourrait y consacrer un ministère même délégué auprès du ministre en charge de la solidarité. l’autre dossier qui ne devrait pas être ignoré est le vote des burkinabè de l’étranger à l’échéance 2020. une chose est sur, le nouveau gouvernement devra joué serré et même très serré.

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  • Le 14 août 2015 à 12:26
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    que job arrête de narguer les gens. qu’est ce qu’il a fait à blaise quand il les a chassé ?

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  • Le 14 août 2015 à 13:58, par SOME
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Bonne analyse mon frere, meme si tu as fait le choix de ta ligne sociale. J’eus apprecié que tu mentionnes les causes politiques à l’origine de ces problemes sociaux et economiques.
    Tout le problème est né dès le départ de la transition : on n’a pas eu le courage de discuter et mettre sur la table quelle était la nature de cette transition et analyser l’étape actuelle de la transition. Au contraire, on s’est laissé piégé par les pressions de la CEDEAO et surtout les politiciens se sont aveuglés par la pression d’aller bouffer a leur tour. Donc tout le monde s’est focalisé sur le caractère transitoire en se focalisant uniquement sur l’échéance du 11 oct. 15 en donnant une durée de vie ridicule au CNT sans se poser ou sans vouloir se poser la question si réellement dans les circonstances actuelles cela était viable ou réalisable.
    Là encore une fois, la classe politique a démontré leur égoïsme le plus primaire devant les aspirations les plus élémentaires des populations. Aucun intellectuel n’a osé dire la vérité si ce n’est pour se pavaner… Bien au contraire : dans l’ombre chacun s’activait pour manœuvrer, quitte à pactiser même avec les anciens tenants du pouvoir en leur offrant des opportunités de se réhabiliter et se réinsérer dans la scène politique, etc. Ce sont de vrais larrons en foire ! On comprend que ces individus continuent de narguer dans l’impunité totale et disent qu’il faut compter avec eux, qu’on le veuille ou non. Et on comprend l’episode de la CEDAO et les diverses reactions.
    Une analyse de la nature meme de la transition aurait évité bien de problèmes tout simplement ; on se serait attaqué aux vrais problèmes fondamentaux et on aurait préparé les fondations d’une société nouvelle où justement plus rien ne serait plus comme avant (les debuts de la revolution).
    Seulement la transition a voulu se croire dans une durée en feignant d’avoir les moyens politiques pour agir alors qu’il n’en est rien du tout. Elle s’est engluée dans des affaires (cf. votre 3e point) qui devaient être mis au ralenti, car elles relevent purement de la continuité de l’état : en situation exceptionnelle, il fallait des conduites exceptionnelles. Or ils ont voulu se positionner en légitimité dans la durée, qu’ils n’ont pas. Les syndicats, les populations, etc. avaient bien compris que la transition ne pouvait pas tout faire, mais elles s’attendaient à un minimum, à commencer par le nettoyage de l’administration, des institutions, la refondation immédiate de la justice, la réorganisation de l’armée, la réaffirmation du respect du bien public, etc.
    Les questions sociales que tu abordes n’allaient même plus se poser car c’est le minimum de la continuité de l’état. Mais cela pouvait-il se faire sans volonté politique ? Jamais ! Sous la révolution du 4 aout 83, on affichait au moins une volonté politique de changer les choses, laquelle volonté politique certains n’étaient pas en accord avec, mais au moins on l’assumait. Or ici le peuple avait la volonté politique et l’exigeait meme, mais les politiciens et intellectuels n’en avaient point. Voila le divorce entre e la volonté populaire et la volonté de groupuscules qui se sont érigés en classes, pire en classes oppressives au même titre que celle que l’insurrection a chassée. Ici l’hyène s’est déguisée en brebis pour aller garder les agneaux : maintenant les agneaux se rendent comptent que cette brebis n’est même de l’espèce des moutons.
    Les popuations ont tenté de réinstaurer leur volonté mais c’était trop tard et surtout ils n’avaient plus de soutiens : le peuple était orphelin, tant physiquement que moralement et intellectuellement. Il est bien connu que tout le monde se lamente que la révolution du 30 31 oct. 14 a été volée. Alors on sort l’arme du découragement et on fait croire que ca ne sert a rien : il faut baisser les bras afin que l’hyène continue de bouffer tranquillement les agneaux.

    Cette transition échouera parce qu’elle a été trahie par les élites dirigeantes de tout bord. certaines preferent mille pas sans le peuple. Mais rassurez vous : tout comme en octobre 2014 où cette élite a été surprise par la jeunesse, elle le sera encore plus après le 11 octobre 15. On trompe le peuple une fois, deux fois, mais pas tout le temps. Comprenez que la jeunesse ne s’est pas fait tuer pour rien et qu’effectivement PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT, mal gré bon gré. Cabri mort n’a plus peur de couteau. LA PATRIE OU LA MORT, NOUS VAINCRONS !
    SOME

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  • Le 14 août 2015 à 16:05, par Dada
    En réponse à : Gouvernement de la transition : Ces patates chaudes qui seront laissées en héritage au nouveau pouvoir

    Bonjour à tous,

    Mr Somé, je trouve votre billet très intéressant. De même, je salue la contribution de tous les lecteurs.

    Cependant, si je peux donner mon humble avis sur le sujet, je pense que la priorité devrait être donné à l’éducation et la santé, qui selon moi sont les conditions sine qua none au développement du Burkina Faso.

    Loin de moi la volonté de nier ou négliger l’importance des autres sujets et thèmes abordés, néanmoins nous devons prioriser les chantiers et proposer des solutions de manière à ce que plus rien ne soit comme avant. Et c’est la société civile qui doit récupérer cette responsabilité au lieu de la délaisser au profit de personnes qui voient l’avenir du Burkina Faso qu’à travers leurs intérêts individuels au détriment de l’intérêt commun.

    Nous avons passé 27 longues années dans un régime de terreur ou le clientélisme était la norme. Nous pouvons nous plaindre de nos élites politiques nous les avons tous élevés ou ils sont aujourd’hui. Nous pouvons nous plaindre de la transition mais il est impossible de changer le Burkina en un an si la société civile ne prend pas ces responsabilités.

    Prendre ses responsabilités signifie proposer des idées claires et porter des beaux projets pour le Burkina. Vouloir le meilleur pour son pays signifie un engagement citoyen et un engagement politique. Si nous voulons changer le Burkina, ne laissons pas les élites le faire à notre place. Devenons tous "l’Elite du Burkina" , une élite constituée de personnes de divers horizons, de diverses qualifications mais une élite avec un projet commun : Le projet NOUVEAU BURKINA. C’est en cela que l’on changera les choses, c’est par notre engagement politique commun et notre responsabilité commune que le Burkina changera.

    Si nous restons dans l’espoir et que nous ne nous engageons pas dans l’action, le Burkina ne rayonnera pas.

    Revenons sur les priorités : l’éducation et la santé. Pourquoi ces priorités ? Tout simplement car c’est les deux enjeux qui permettent à tout homme de se délivrer de sa servitude.

    Battons nous pour notre liberté.

    Dada

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