Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

vendredi 7 août 2015 à 10h22min

Il fait partie de cette génération qui garde jalousement le souvenir de la révolution d’août 83 intimement liée à l’histoire d’un homme, Thomas Sankara. Jean Paul Somda fut délégué du comité de défense de la révolution à Kombissiri. Aujourd’hui inspecteur de l’éducation de base, il nous parle de ce fragment de l’histoire burkinabè où un peuple a su prendre son destin en main tout comme l’a fait la jeunesse 27 ans plus tard. Même si le père de cette révolution a été assassiné, M. Somda est convaincu qu’un deuxième Sankara naîtra. En attendant qu’une probable prophétie se réalise, « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dira-t-il. Nous l’avons rencontré le 04 août 2015.Lisez !

Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

Présentez-vous ?

Je suis le camarade Jean Paul Somda, parce que ce terme « camarade », nous l’avons beaucoup usité sous la révolution. J’ai été délégué CDR [Comité de défense de la révolution, ndlr] à Kombissiri et à présent je suis inspecteur de l’éducation de base.J’ai vécu la révolution avec beaucoup d’intensité et je pense que la jeunesse aura intérêt à emboîter le pas.

Aujourd’hui 04 août 2015, il y a de cela 32 ans que naissait la révolution burkinabè sous la houlette du capitaine Thomas Sankara. Que retenez-vous de cette époque ?

Le 4 août 1983 restera gravé dans les annales de l’histoire de notre peuple. Cette date marque aussi la rupture brusque et brutale du cordon ombilical qui liait notre pays à l’impérialisme international principalement français. C’est également le point de départ d’une période de lutte âpre contre les vestiges pré-capitalistes de notre lutte.
Franchement, la révolution nous a laissé un très grand espoir. Nous avons cru qu’en libérant notre génie créateur, le peuple burkinabè était capable de créer lui-même les conditions matérielles de son existence. Je garde un souvenir très profond de cette période où chacun s’est réellement investi à tous les échelons, tant au niveau de la tête qu’au niveau de la base. En quatre ans, nous nous sommes rendu compte que les promesses pouvaient être tenues. Beaucoup d’actions ont été menées.

Sur le plan de l’éducation nationale, le taux de scolarisation est passé de 16 à 32%, des écoles ont été construites. Là, nous avons compris que le partage du pouvoir passait nécessairement par le partage du savoir. Au niveau de la santé, il y a eu les vaccinations commando qui ont permis à de nombreux enfants d’avoir la vie sauve. Sur le plan économique, on avait eu le temps de chasser les corrompus de tous les secteurs d’activité. La délinquance juvénile était en recul, il n’y avait plus de voleur ni de coupeur de route car les CDR avaient fait un grand travail. Un changement véritable s’était opéré au niveau de la mentalité des Burkinabè.

Mais certains disent que les CDR avaient trop de pouvoir et que leur autorité frisait l’anarchie.

Je ne suis pas de cet avis. La révolution, c’était le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Lorsque vous avez pris une décision au niveau de votre comité de base, vous devez le faire savoir à l’échelon supérieur avant de vous exécuter. Bien sûr, ceux qui étaient en porte-à-faux avec les règles établies par la société, étaient mécontents. Les honnêtes citoyens, eux, ne pouvaient qu’être fiers de ce que la révolution a pu apporter. Nous avons vraiment exercé le pouvoir populaire et n’en déplaise à ceux qui n’aimaient pas vraiment la révolution, qui voulaient dormir tranquillement et s’enrichir dans le dos du peuple. La dictature du prolétariat a toujours fait mal à la classe bourgeoise. Et je me dis que cette période-là va revenir tôt ou tard qu’on le veuille ou non.

Cette époque vous manque-t-elle ?

Bien sûr qu’elle me manque. Je crois que tous ceux qui ont vécu cette époque-là sentent que les maux que nous trainons aujourd’hui ne devraient pas exister. Sous la révolution, voler 500 000 F était déjà même un crime. Mais à présent qui pouvait imaginer qu’on allait arriver à des détournements de deux milliards ? L’enrichissement illicite n’était pas toléré.

De nos jours vous voyez des fonctionnaires de catégorie C, qui après quelques années, montent des maisons en étages, roulent dans des voitures de luxes. C’est vraiment insultant pour ce que nous avons combattu. Lorsque qu’on me dit qu’il faut un milliard de francs pour réfectionner une mairie à Ouagadougou, c’est insultant. Lorsque dans le cadre du PDDEB [Plan Décennal de Développement de l’Education de Base ndlr], vous prenez 35 millions pour construire trois salles de classes, c’est insultant. A notre époque, il vous suffisait de trouver les matériaux et la population elle-même allait se mettre au travail. L’école profite ainsi à tout le monde. Il n’y a pas de raison que quelqu’un se mette à l’écart. Je regrette mais nous avons perdu la détermination, l’esprit créatif et nous sommes juste là pour reprendre les mots d’ordre qu’on nous lance depuis l’Occident.

Dès les premières heures de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, avez-vous cru en une véritable renaissance de la révolution avec la venue du lieutenant-colonel Yacouba Isaac-Zida ?

Lorsque le conseil des ministres a pris la décision, le 21 octobre 2014, de modifier l’article 37, nous nous sommes dit « Voilà l’heureuse faute qui allait nous valoir la rédemption ». Il fallait que Blaise Compaoré et son gouvernement s’engagent sur cette voie-là pour que tous les révolutionnaires sortent. Le 28, nous avons vu l’image de la révolution planer au-dessus du Burkina Faso. Et les 30 et 31 octobre, l’histoire a donné rendez-vous à tous les héritiers de Sankara. Lorsque nous avons vu le lieutenant-colonel Zida sortir des rangs de l’armée, nous nous sommes dit « la chose est là, nous allons repartir sur de bonnes bases, sur les traces d’une véritable révolution ». Vous savez, le Burkina Faso a besoin d’être sérieusement fouetté pour avancer. Nous avons toujours eu foi en l’armée en ce sens que les officiers sont des hommes d’honneur. Nous étions donc fiers de cette armée qui avait enfin pris ses responsabilités. Nous avions toujours pensé qu’un deuxième Sankara allait naître.

Et le lieutenant-colonel Zida était-il ce deuxième Sankara ?

Nous avons pensé que c’était le deuxième Sankara…

Ce n’est plus le cas ?

Il y a des zones d’ombres que nous n’arrivons pas à percer jusque-là. Le Premier ministre nous avait dit que toutes les décisions seraient prises à la place de la révolution. Nous avons attendu cela. Hélas, les décisions se prennent encore dans des bureaux feutrés et nous ignorons les tenants et les aboutissants. Tout ceci est aux antipodes de ce que Thomas Sankara faisait. Il avait l’habitude de descendre dans les quartiers et de discuter avec le bas peuple. Mais lorsqu’on s’enferme, il y a des inquiétudes.

Pensez-vous aujourd’hui que la révolution soit encore la solution au Burkina Faso, surtout dans ce monde où s’isoler ne profite à personne ?

Si le monde était un village planétaire, nous aurions la liberté de pouvoir circuler librement en Europe et en Amérique comme nous voulions. C’est un leurre de croire effectivement que nous avons les mêmes réalités. Nous n’avons pas les mêmes conditions de vie. Croire que nous devons nous soumettre à ce qui se passe de l’autre côté de la mer, est une grave erreur. C’est pourquoi je pense que ce qui peut nous faire sortir de la pauvreté, c’est la révolution. Des gens me diront que c’est de la folie mais je demeure convaincu que sans la révolution, le capitalisme et l’individualisme que nous sommes en train de développer vont détruire nos sociétés. Et ce sont ces idées qui vont nous amener à être des loups pour nos semblables.

Revenons un peu sur la mort de Thomas Sankara et de ses camarades. Cela vous a-t-il surpris ?

Le 15 octobre 1987 était une journée triste dont le souvenir est amer à évoquer. J’ai passé trois jours et trois nuits sans pouvoir manger et boire. Je passais mes journées au cimetière de Dagnoën et je n’arrivais toujours pas à croire que le père de la révolution avait été assassiné. Lors de nos meetings, nous avons toujours fait comprendre à l’impérialisme qu’il pouvait tuer Thomas Sankara, mais que Blaise Compaoré allait reprendre le flambeau. Nous avons toujours pensé que ces deux personnages étaient les mêmes. Nous avions toujours juré que par leurs noms mais nous ne pouvions pas imaginer que Blaise allait trahir cette révolution. Personnellement j’ai beaucoup aimé Blaise, mais je ne m’attendais pas à cela de sa part. Lorsqu’il s’est marié avec Chantal, nous avons compris que le loup était dans la bergerie. Mais nous nous sommes dit que la force révolutionnaire qui était celle de Blaise allait stopper l’avancée de l’impérialisme. L’évènement que nous voulons fêter demain [05 août 2015, ndlr], c’est une indépendance de forme. La vraie indépendance, on devrait la fêter aujourd’hui 4 août.

Quels étaient vos sentiments lorsque l’on a procédé à l’exhumation des supposés restes de Thomas Sankara et de ses compagnons ? Certains comme Boukary Kaboré dit« le lion » étaient contre…

J’avoue que Boukary et moi avions discuté de la question. Je ne suis pas de son avis parce qu’il y a eu beaucoup de rumeurs qui ont couru à la suite de l’assassinat et de l’inhumation du président Sankara. J’étais convaincu qu’il était enterré au cimetière de Dagnoën mais étant donné que c’est une procédure judiciaire et qu’il fallait commencer par l’exhumation, on ne peut empêcher la justice d’aller jusqu’au bout. On nous a dit que Thomas est décédé de mort naturelle. Il faudra le vérifier. Mon camarade Boukary Kaboré a dû prendre une position coutumière ou religieuse.

On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Certaines personnes estiment que le père de la révolution a également endeuillé des familles…

Ces personnes n’ont pas connu Thomas Sankara. Cet homme était tellement sensible que je puisse dire qu’il ne pouvait pas tuer une mouche. C’est pourquoi, en tant que jeune à cette époque-là, nous aimions Blaise plus que Thomas car celui-là était fougueux, dur. Thomas ne peut pas tuer quelqu’un. Même quand il avait été question de licencier les enseignants en 1984, il est revenu là-dessus.

Mais il était le chef de la révolution ?

Oui mais ceux qui faisaient ces coups-là, ont continué après Thomas Sankara. Ceux qui tuaient sous la révolution, ce sont eux qui s’exprimaient plus clairement encore. On les a vus à travers également l’assassinat de Norbert Zongo.

Ce sont donc les partisans de la rectification ?

Ils n’ont rien rectifié. Ils ont tout simplement détruit la révolution.

Pensez-vous qu’un jour le dossier Thomas Sankara connaitra un dénouement heureux ?

Ce dossier aurait pu connaître un dénouement si la révolution des 30 et 31 octobre avait suivi son cours normal. Voyez-vous, nous sommes encore perdus dans les jérémiades de la justice. Nous voyons que ceux que nous devons poursuivre ont assez de force. Même si la transition n’arrivait pas à résoudre ce problème, nous sommes convaincus qu’un jour ou l’autre, la lumière prendra le pas sur l’obscurité.

Parlons un peu de l’héritage « Sankara ». Plusieurs Burkinabè ont longtemps cru à l’union des sankaristes autour d’une même personne. La convention a eu lieu mais elle a échoué…

J’ai longtemps attendu cette union. J’étais présent à la convention et j’ai écouté tous les appels à l’unité. Appels lancés par des délégations venues de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Sénégal, de la France. Mais vous savez, il n’est pas facile d’imiter Thomas Sankara qui est prêt à se sacrifier pour les autres. Il y a malheureusement des individus qui ne comptent que sur leurs intérêts. Ce ne sont pas des Sankaristes.

A qui faites-vous allusion ?

Je ne vais pas vous donner de nom mais chacun se connait. Je sais seulement que c’est pour des futilités. Ce n’est pas une opposition de fond car c’est essentiellement une histoire de positionnement.

Le nom de Thomas Sankara se vend-t-il donc bien ?

Oui, c’est clair. Ça se vend correctement. Je connais des personnes qui ont utilisé le nom de Thomas Sankara pour se construire des villas et s’enrichir. Thomas Sankara n’est pas seulement Burkinabè, il est aussi mondial. Quand on parle de la lutte des peuples opprimés, on voit l’image de Thomas Sankara.Grâce à lui la carte d’identité burkinabè était comme un passeport. On respectait le Burkinabè pour son intégrité et sa bonne éducation. C’est dommage qu’aujourd’hui l’image de Thomas Sankara ait été prostituée.

Etes-vous donc dans l’attente d’un deuxième Sankara ?

Nous pensons bien qu’un Sankara va naître. Quand nous écoutons les jeunes intervenir ici et là, nous sentons la chose venir. Tant qu’on n’aura pas quelqu’un qui va accepter se sacrifier pour ce peuple, le Burkina Faso aura des difficultés pour démarrer réellement.

Un mot à l’endroit de cette jeunesse-là…

Je voudrais leur dire ceci. Lorsqu’on s’enrichit très rapidement, on meurt sans laisser de traces.La vraie mort c’est lorsqu’on ne se souvient pas de vous. Même après 27 ans, Thomas Sankara n’est pas mort. Il l’a dit « Tuez Sankara et des milliers de Sankara naîtront ». Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile. Nous qui avons vécu la révolution, nous n’avons pas joué notre partition. Nous avons encore laissé des faux-types être au-devant de la scène. On nous a dit que la transition est venue pour organiser des élections. Nous avons critiqué tout un tas de maux. Ont-ils été résolus ? Aucunement. On nous demande de repartir à zéro. C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefasonet

Vos commentaires

  • Le 7 août 2015 à 04:47, par kaikai En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Merci Tonton. Acteur très jeune de cette révolution je me reconnais totalement dans les propos du camarade Somda. Notre génération a échoué mais j’ai vu dans les journées des 30 et 31 Octobre de très beaux signes qui me rassurent que le réveil de ce vaillant peuple n’est plus loin.

    Vive vraiment le Burkina faso

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  • Le 7 août 2015 à 06:24 En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    tt mes respect. Ce qui est bien pensé, s’énonce clairement. Tes mots de fin, m rejouient telema. ntr egoisme, indiuidualisme, et autr tuent lesprit du developema du BF.

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  • Le 7 août 2015 à 07:57, par bamoss En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Personnellement j’ai beaucoup aimé Blaise, mais je ne m’attendais pas à cela de sa part. Lorsqu’il s’est marié avec Chantal, nous avons compris que le loup était dans la bergerie.

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  • Le 7 août 2015 à 08:49, par the upright En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Bien vu mon amateur d’oeufs de chien. Qui ici au Burkina accepterait de se sacrifier pour autrui comme Sankara l’a fait pour nous ? Vous faites bien de souligner que cette génération qui a connu Sankara a échoué. L’espoir que vous nourrissez quant à la Jeunesse qui s’est sacrifiée les 30 et 31-10-14 est légitime et c’est tout ce qu’il reste pour nous ramené à la période où l’on avait juste besoin que de la ressource humaine pour accomplir de grandes choses. Belle interview. Un Dagara est un homme intègre (Burkina).

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  • Le 7 août 2015 à 08:56 En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    bien dit monsieur. la jeunesse est la source de l’espoir burkinabé. tôt au tard ,cette flamme revivra,triomphera à jamais pour un Burkina prospère et fédérateur.

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  • Le 7 août 2015 à 09:10, par le Roi En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Mr SOMDA est t’un vrai Révolutionnaire.

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  • Le 7 août 2015 à 09:16, par N’DRI En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Gloire éternelle au président THOMAS SANKARA. Vivement qu’il revienne sous d’autre forme pour sauver ce pays en détresse, pour sauver ce pays des mains des malfrats.

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  • Le 7 août 2015 à 09:20 En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    blaise ne devrait pas tuer SANKARA. C’est vous CDR qui l’aviez poussé à le faire, à vouloir le remplacer, <>

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  • Le 7 août 2015 à 11:11, par le Roi En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    « Je voudrais leur dire ceci. Lorsqu’on s’enrichit très rapidement, on meurt sans laisser de traces.La vraie mort c’est lorsqu’on ne se souvient pas de vous. Même après 27 ans, Thomas Sankara n’est pas mort. Il l’a dit « Tuez Sankara et des milliers de Sankara naîtront ». Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile. Nous qui avons vécu la révolution, nous n’avons pas joué notre partition. Nous avons encore laissé des faux-types être au-devant de la scène. On nous a dit que la transition est venue pour organiser des élections. Nous avons critiqué tout un tas de maux. Ont-ils été résolus ? Aucunement. On nous demande de repartir à zéro. C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité. » pour le jeunesse Burkinabé. vive la revolution

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  • Le 7 août 2015 à 11:11, par Toutdemême En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    La révolution d’août a été conçue (des patriotes civils et militaires abreuvés à la sève révolutionnaire), est née (04 août 1983), a généré (nombreux acquis moraux et matériels) et est morte (15 octobre 1987). Je retiens de cette expérience la dignité retrouvée (fierté et intégrité), l’encadrement du peuple (écoles et veillées), la résolution de donner l’exemple par le haut (austérité et service), la lutte contre le vice (sanctions sans complaisance), la mise au travail (innombrables chantiers et travaux d’intérêt commun), etc. Le pays a alors pris une nouvelle orientation, avant de sombrer de plus belle dans les crochets de l’impérialisme. Aux jeunes d’aujourd’hui, s’ils vivent mal ce qui leur est imposé, de faire leur révolution, sachant qu’une révolution ne s’improvise pas.

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  • Le 7 août 2015 à 11:12, par le Roi En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    « Je voudrais leur dire ceci. Lorsqu’on s’enrichit très rapidement, on meurt sans laisser de traces.La vraie mort c’est lorsqu’on ne se souvient pas de vous. Même après 27 ans, Thomas Sankara n’est pas mort. Il l’a dit « Tuez Sankara et des milliers de Sankara naîtront ». Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile. Nous qui avons vécu la révolution, nous n’avons pas joué notre partition. Nous avons encore laissé des faux-types être au-devant de la scène. On nous a dit que la transition est venue pour organiser des élections. Nous avons critiqué tout un tas de maux. Ont-ils été résolus ? Aucunement. On nous demande de repartir à zéro. C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité. » pour le jeunesse Burkinabé. vive la revolution

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  • Le 7 août 2015 à 11:49, par Djouroumou En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    (1) « De nos jours vous voyez des fonctionnaires de catégorie C, qui après quelques années, montent des maisons en étages, roulent dans des voitures de luxes. C’est vraiment insultant pour ce que nous avons combattu »
    (2) « Si le monde était un village planétaire, nous aurions la liberté de pouvoir circuler librement en Europe et en Amérique comme nous voulions. C’est un leurre de croire effectivement que nous avons les mêmes réalités. »
    (3) « Personnellement j’ai beaucoup aimé Blaise, mais je ne m’attendais pas à cela de sa part. Lorsqu’il s’est marié avec Chantal, nous avons compris que le loup était dans la bergerie »
    (4) « C’est pourquoi, en tant que jeune à cette époque-là, nous aimions Blaise plus que Thomas car celui-là était fougueux, dur. Thomas ne peut pas tuer quelqu’un. »
    (5) « Lorsqu’on s’enrichit très rapidement, on meurt sans laisser de traces.La vraie mort c’est lorsqu’on ne se souvient pas de vous »
    (6) « Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile… Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité. »
    Merci ton ces enseignements

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  • Le 7 août 2015 à 11:52, par philosophe En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Camarade, ce que vous dites est juste. votre espoir de voir le nouveau sankara n’est plus loin. les signes de la nature sont révélateurs. d’Aout 1983 a aujourd’hui il ya 32 ans. il reste 03 ans pour 35 ans, a 35 ans il (.........)le pouvoir. le coup de fouet du développement viendra sans tarder. thomas sankara revient, il veut s’adapter au contexte de notre génération. son ame est plein de révolution pcq son jour est dans le berceau de la révolution. les morts ne sont pas morts. c’est fou tout ce que je dis. mais qui sais ? longue vie a toi.

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  • Le 7 août 2015 à 12:46, par l’leleve En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    ce monsieur fut mon enseignant a l’école primaire dans les années 1993 et il fut un grand enseignant et un grand combattant de la liberté

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  • Le 7 août 2015 à 12:53, par JOB En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    BOB MARLEY ’’TIME IS LONG BUT TIME WILL TELL.’’

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  • Le 7 août 2015 à 13:26, par SOME En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Voila encore une autre preuve que les témoignages nous sont indispensables. Il y a beaucoup trop de monde qui ont quelque chose à dire sur la révolution qu’ils ont vécue : la vraie histoire ne peut venir que de ceux qui l’ont vécue. Chaque fois on tente d’incriminer les CDR c’est justement parce que les CDR étaient les vrais révolutionnaires et qu’ils gênaient ceux qui voulaient piller impunément. Tout chaos est arrivé parce que le secrétariat des CDR (en l’occurrence Pierre ouedraogo) n’a pas été clair avec la révolution alors que c’était un élément clé dans la marche de la révolution. On comprend pourquoi (entre autres) il a été épargné par Blaise.
    Je suis heureux quelqu’un parle de cette fameuse grève des enseignants en avril 84 ; il est très malhonnête de tout mettre sur le dos de Sankara, même s’il doit assumer en tant que premier responsable. Les vrais responsables sont ces blaise et ces gars de la lipad. Même la mort du colonel Somé Yoryan et Guiebre a été imputée à Sankara. Il apparait qu’en réalité c’est Blaise qui avait le pouvoir ; Sankara n’était que l’apparence publique, populaire.
    Nous les burkinabe à l’intérieur on ne se rend pas compte de la grandeur de Thomas Sankara au niveau mondial. Il faut voyager un peu par-ci par la pour s’en rendre compte. Malheureusement il a été récupéré par des vautours qui ont sali le nom en se partageant la dépouille de son héritage et ont perverti ses idées. Oui à l’étranger le burkinabe était respecté pour sa moralité et son éducation.
    « Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile. Nous qui avons vécu la révolution, nous n’avons pas joué notre partition. Nous avons encore laissé des faux-types être au-devant de la scène. On nous a dit que la transition est venue pour organiser des élections. Nous avons critiqué tout un tas de maux. Ont-ils été résolus ? Aucunement. On nous demande de repartir à zéro. C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité. »
    Belle conclusion : oui nous avons raté ! Il faut avoir le courage de le reconnaitre : la vérité est révolutionnaire disions nous ! Il ne vous reste plus qu’aux jeunes de jouer leur partition : et c’est celle d’une vie utile à l’instar de Sankara qui a dit que si on doit retenir quelque chose de lui, c’est de voir quelqu’un qui a vécu au service des autres.
    Et comme tu le dis « …une vie n’a de sens que si elle est utile ».C’est ce point central que Blaise et les impérialistes se sont acharnés à détruire durant 27 ans pour espérer détruire les idéaux de Sankara et la base de l’âme burkinabe dans sa profondeur : il fallait effacer la mémoire de Sankara car si on la laisse intacte, d’autres Sankara renaitront. Alors il fallait corrompre les esprits et les cœurs pendant des générations pour montrer que Sankara a échoué. Mais les 30 31 octobre ont consacré leur échec à eux, mais la victoire du peuple et donc de Sankara. Mais la tolérance et l’esprit de paix de l’âme burkinabe ont donné l’occasion aux rapaces aux aguets de voler encore une fois la révolution.
    Laforce du capitalisme impérialiste, c’est son caméléonisme : changer immédiatement pour toujours récupérer les situations a son avantage. En cela Sankara ne se laissait de nous appeler à la vigilance car la vigilance est révolutionnaire. Nous avons manqué de vigilance ; alors nous devons tout recommencer : refaire la révolution et assumer par nous-mêmes. N’attendons rien des autres, rien ne s’acquiert vite et sans effort comme on a voulu nous le faire croire pendant 27 ans, Vous faire croire le contraire c’est une des meilleures armes pour vous détruire. Toute chose a un prix à payer : il faut se former ; la jeunesse doit se mettre au travail et se sacrifier par l’instruction, le gout de l’effort et le don de soi comme l’a montré Sankara. Je rêve me dira –ton, mais tout ce qui sort de l’imagination humaine est réalisable, disions nous aussi. Alors a nous d’agir. Vivons africain, pensons africain, vivons notre culture et nous pourrons mieux comprendre le « village global ».et nous insérer valablement dans ce « village global ». LA BALLE EST DANS VOTRE CAMP
    SOME

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  • Le 7 août 2015 à 13:27, par KABORE Rawelgué En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Félicitations grand- père
    Tu as dit ce que je pensais moi- même. Alors, je te souhaite une longue vie pour pouvoir continuer à témoigner et à nous éclairer de cette lanterne que t’a laissée feu le président Thomas Sankara.

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  • Le 7 août 2015 à 14:42, par Gustave Rimwaya Sawadogo En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Bonjour Mr Somda, j’ai eu un enseignant qui s’appelait egalement Jean Paul Somda à l’ecole appostolique de Guounguin que j’ai perdu de vue depuis. si c’est vous contactez moi "gustave@sawadogo.de". je suis rimwaya Gustave Sawadogo. ce petit ecolier venu du village dans les annees 1977 que vous aviez soutenu jusqu’a mon obtention de bourse pour le college Prostestant. je vis depuis 25 ans en Allemagne.
    Cordialemen,
    RGS

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  • Le 7 août 2015 à 15:51, par lejusticier En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    C’est du propre.merci.gloire éternelle au capitaine intrépide thomas sankara

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  • Le 7 août 2015 à 16:00, par basneere En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Thomas Sankara par a fait honneur et fierté du Burkina Faso et l’Afrique. Cela fait l’unanimité. Sankara est de ceux qui veulent du bien et qui sont souvent obligés de nous forcer à changer nos mentalités. c’est cela fouetter le peuple. Merci à M. SOMDA. Les dirigeantes actuels manquent d’idéal dans la gouvernance et ne visent que des intérêts matériels. c’est la loi de la courte échelle. Faisons attention et refusons cela, surtout les jeunes. On peut être l’un des pays les plus enviés du monde si nous revenons à nos valeurs. Il y a encore de l’espoir car nous avons le choix de nos dirigeants. Soyons sages et prudents. Que Dieu bénisse le Burkina Faso.

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  • Le 7 août 2015 à 16:24, par Aboudra En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Merci grand frère. Je fus un adolescent acteur de cette revolution qui m’a inspiré bcp de choses car j’étais déja sofa. "En génie créateur libéré, le peuple voltaÏque est capable de construire lui-même et de ses mains, le fondement matériel de son avenir. C’est pourquoi, notre combat quotidien vise à debarrasser de notre peuple, tous ceux qui l’ont toujours exploité, reprimé, méprisé et baillonné. Malheur à ceux qui baillonnent leur peuple"

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  • Le 7 août 2015 à 16:36, par Toutdemême En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Permettez-moi de revenir avec un hors sujet, vu l’urgence de la question. Il s’agit de la proposition de nouvelle Constitution du CNT, telle que publiée. J’imagine que l’opportunité sera donnée à l’ensemble du Peuple (éventuellement à travers ses représentants authentiques) pour l’amender.
    Observations :
    Le préambule (qui contextualise la constitution), tel que proposé, dans la forme comme dans le fond, n’est pas acceptable. L’anachronisme flagrant est inadmissible.
    Le Peuple devrait pouvoir :
    1-être conscient de ses responsabilités et devoirs devant l’histoire et devant l’humanité ;
    2-être fort de ses luttes (contre l’occupation coloniale, pour la reconstitution du pays, pour l’indépendance, pour l’édification de l’Etat de droit et de la démocratie…) ;
    3-être fier de ses victoires (indépendance, multipartisme, unité nationale…)
    4-tier des leçons (des insurrections du 03 janvier 1966 et des 30 et 31 octobre 2015, de la Révolution Démocratique et Populaire, etc.) ;
    5-être fidèle au sang de ses martyrs et aux sacrifices de ses enfants au fil des générations ;
    6-être engagé à préserver les acquis démocratiques et déterminé à édifier un Etat de droit garantissant la liberté, la dignité, l’égalité, la justice, la sûreté, le bien-être, le développement, les droits collectifs et individuels comme droits fondamentaux ;
    7-être déterminé à promouvoir l’intégrité…Nations ;
    8-être conscient de la nécessité de protéger l’environnement, les couches sociales vulnérables,… ;
    9-être désireux de promouvoir la paix, la coopération…la souveraineté des peuples ;
    10-réaffirmer solennellement son engagement vis-à-vis de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples de 1981, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance du 30 janvier 2007, du Protocole A/PS1/12/01 du 21 décembre 2001 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance ;
    Approuver et adopter la présente Constitution dont le présent préambule fait partie intégrante.
    Nota : l’allusion à la chefferie (ne serait-elle plus qu’autorité morale ?) et au genre (mal défini) dans le préambule est nulle et non avenue.
    Au total, en comparant ce préambule à celui de la Constitution de 1991, l’on se demande si les cerveaux se sont coagulés au Burkina Faso.

    Art. 1 : Cet article affirme l’égalité des Burkinabè. Est-il indiqué d’y introduire une disposition discriminatoire (sous prétexte de penser au genre et à certaines catégories) ?
    Art. 2 : Cet article n’est pas à sa place : nous en sommes d’abord aux principes généraux, qui concernent l’ensemble des Burkinabè.
    Je m’arrête là, je n’en peux plus. Pour ne pas dire plus, j’estime qu’il est temps que les imposteurs se retirent de notre Transition ; le délire a assez duré.

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  • Le 7 août 2015 à 16:58, par KOMPAORE Adama En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Merci à Mr SOMDA qui vient de lancer un appel à la jeunesse Burkinabé. L’avenir de ce pays appartient à une jeunesse consciente et débarrassée de tout esprit de gain facile, de corruption et d’impunité. Les jeunes magistrats devraient relever le flambeau de l’intégrité de la justice de notre pays car aujourd’hui, la vraie plaie de notre pays c’est l’injustice qui règne dans les palais de justice à cause de cette corruption qui ne dit pas son nom. Il faut que la jeunesse prenne en main son destin en barrant la route aux politiciens véreux qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. La preuve ils sont tous allés faire allégeance à l’impérialisme français il y’a quelques mois de cela. Seule un changement radical peut sauver le Burkina.
    La mémoire du président Thomas SANKARA restera vive à jamais à l’instar des grands hommes qu’a connu notre planète. Vive la révolution démocratique et populaire (RDP).

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  • Le 7 août 2015 à 17:21, par DAO En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    J’ai lu avec baucoup d’intérêt et de sympathie les propos de l’ex CDR Somda !!
    La nostalgie d’une époque ; le sentimentalisme lié à la mort brutale et violente de Sankara sont autant de facteurs qui l’ont certainement influencé et à juste raison !. il est indéniable que la Revolution a realisé de grandes choses sur le plan social et aussi sur le plan de la lutte contre la corruption et l’impunité ! toute chose qui aujourd’hui tire le Faso vers le bas !
    Cependant une analyse plus objective est possible après plus de 30 ans !
    - le camarade Somda semble dire que sous la Revolution tout allait mieux dans le meilleur des monde ; Or Sankara lui-même disait lors de l’an I de la Revolution (discours stade du 4 août) que chaque jour la Revolution avait commis des erreurs et qu’en un an cela faisait 365 erreurs !
    - il disait aussi que de temps en temps il fallait s’arrêter pour regarder si le peuple vous suit toujours sinon vous avancez sans le peuple et c’est la Revoltion sans revolutionaires ;
    Car Sankara était parfaitement conscient jusqu’à quel point les principes fondamentaux de la Revolution etaient galvodés par certains CDR qu’il appelait lui-même les CDR brouette ! Ainsi le produisons bukinabè et consommons burkinabè" a été galvodé par les CDR brouettes et les faux revelutionnaires qui grouillaient autour de Sankara. De même du port du Faso dafani : les zélés ont tout fait pour le rendre obligatoire tous les jours et dans tous les services. Or Sankara disait tout simplement de le valoriser en s’habillant en Faso Dafani surtout les jours de grandes ceremonies !
    l’épreuve ideologique introduite dans les conours administratifs fut source de la plus grande magouille car corrigée par les CDR en dehors de toutes normes requises , qui au siège du secretariat des CDR qui dans les bars de la capitale !!
    ce ne sont pas tous ceux qui ont été degagés qui etaient des corrompus ! loin s’en faut puisqu’il n ya vait pas de procedure administrative en la matière ; la simple denonciation suffisait. Or Sanaka disait que la Revoltion etait venue pour donner et non pour prendre !
    il ne faut confondre ceux qui avaient une sympathie reelle pour ce jeune homme un peu hors du commun, ils étaient très nombreux et les revolutionnaires en tant que tels ! une des grosse erreur de la revolution c’est d’avoir decreté que tout le monde était revolutionnaire ! ou tu es avec nous ou tu es contre nous et tu es combatu en tant que tel ! la Revolution pensait que prendre le temps de convaincre une partie du peuple etait une perte de temps !
    Le camarade Somda a certainement été un CDR honnête ; malheureusement des gens comme lui étaient moins nombreux que les hibous aux yeux gluants et autres équilibristes qui rôdaient autour du régime ! c’etait des chercheurs de postes...tout comme aujourd’hui....

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  • Le 7 août 2015 à 19:44, par Constance En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    La révolution OUI mais pas celle des CDR qui n’en était pas une je l’ai vécu aussi en tant que enseignant du secondaire, je sais donc de quoi je parle aujourd’hui comme je l’avais dit à certains CDR qui ne nous ont pas écouté bien au contraire ils ont contribué à nous réprimer. Il faut la Révolution, la VRAIE mais si on refait celle des CDR ça se terminera par une autre Compaorose. Ne répétons pas une mauvaise expérience pour tuer inutilement un autre SANKARA.

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  • Le 7 août 2015 à 21:14 En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Disons tout simplement que cette integrité de cette jeunesse proviendra de son education ; et cette education est donnée certes par la famille, la société en general, mais surtout par le systeme educatif, a commencer par les instituteurs : l’education de base est le point de depart. Or depuis le 15 oct 87, l’education a été demantelée car c’est là ou les etudiants et eleves etaient consideres comme les principaux contestataires de Blaise. On a fait totalement le contraire de la revolution ou on a vendu les mercredis et cadillac de luxe des ministres pour construire des ecoles, etc. Comment peut-on tuer ainsi l’avenir d’un pays ? Regardez la misere dans laquelle se trouvent les etudiants sous blaise : tout le contraire des etudiants sous la revolution.
    Luc adolphe Tiao avait meprisé les instituteurs. Et meme sur ce site des intervenants se sont permis de mepriser les instituteurs. Les instituteurs sont le maillon le plus important dans la construction de la nouvelle generation du pays ; ils sont les premiers a nous ouvrir les yeux sur le monde et a nous socialiser, a nous donner un minimum de morale i-e nous apprendre qu’une vie n’est utile que si elle est vécue ("Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile") : c’est un instituteur qui nous le dit. La jeunesse doit travailler a acquerir la bonne philosophie de la vie. La revolution la plus dure se paasse là...c’est le plus difficile.
    SOME

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  • Le 7 août 2015 à 21:33, par VERITAS En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Numero 26, est- tu un vrai Kompaore ? Tu soutiens aussi ces cdrs nostalgiques- la ? Sankara est mort, la vie continue. N’ emmerder pas les gens. S’ il etait malade, on pouvait s’ apitoier sur son sort. Vous parler beaucoup et vous ne dites meme pas deux mots de bonne guerison a Blaise qui a eu un accident. Vous etes ingrats, hein !

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  • Le 7 août 2015 à 21:36, par L’alternateur En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Bonjour chers internautes,
    Pour moi qui était collégien en ce moment et qui a participé à la marche du 17 mai précédent l’avènement de la révolution d’août, je retiens certes que sankara était un homme charismatique, public et qui n’avait nul besoin de discours écrits pour être cohérent convaincant tribun, intelligent avec de solides connaissances des oeuvres marxiste léninisme. Capable d’imiter les longs discours de fidèle castro devant une foule recevant son savoir revolutionaire, son elegance dans la prise de parole et sa vision du monde et du Burkina. Je me rappelle des projets participatifs entre guillemets, parce que la contrainte ou la férule humiliante était ressentie par une partie de ce même peuple, tels que la bataille du rail, le cernapo, les bosquets, les opérations villes propres, le sport, de masse, . Tous ces projets sont à l’actif de CNR (Conseil National de la Révolution )
    Cependant , vouloir vivre dans l’autarcie dans un univers infini relève de l’illusion, de l’idéal revolutionaire de s’affranchir du joug,colonial, attitude qui conduit toujours à la raison du plus fort. Le monde est ainsi régi par le droit du plus fort et le devoir du plus faible.
    La révolution c’est la confiscation des libertés individuelles par les CDR qui comme les insurgés d’aujourd’hui ont voulu imposer la pensée unique, arbitraire. Je garde le souvenir que finalement cette révolution ne pouvait survivre avec une grande partie du peuple qui voyait aussi différemment le développement de la patrie et penser autrement était un crime de lése majesté. Le pouvoir était dans la rue entre les mains des CDR. Remarquez qu’ils ont été tristement célèbres dans l’histoire de la révolution. Mais cette remarque ne s’adresse sûrement pas à l’auteur de ce témoignage s’il ne se reproche de rien. Nous nous rappelons de certains abus de ces véritables sangsues du peuple qui vivaient sur son dos dans les permanences véritables nids de bandits et de chômeurs à l’image du CNT et des OSC malhonnêtes de notre transition bâtarde. Ils magaient gratis, tuaient les animaux des citoyens pour festoyer à la permanence sous prétexte qu’ils sont en divagations, jugeaient même les affaires conjugaux parfois même dans le but de convoiter la femme du conjoint, vraiment des desperados. Le pouvoir était vraiment dans la rue mais pas au peuple et pour le peuple. Exactement ce que nous vivons aujourd’hui. Des parvenus nous gouvernement et nous imposent sa pensée unique oubliant que le peuple souverain s’exprime dans les urnes et non dans la rue .
    Pour conclure, je dirai que sankara était un idéaliste comme lumoumba, nkwame kruma, alors que nous vivons dans un monde réaliste .

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  • Le 7 août 2015 à 22:36, par biriki En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    D’abord merci au camarade Somda de nous éclairer encore sur cette page de notre histoire, surtout pour nous qui n’avons connu cette révolution que dans les livres et les témoignages informels. Ensuite merci à lui de nous donner cette leçon de loyauté ; car pendant que lui n’arrivait pas à manger ni à boire et allait s’indigner sur la tombe de Sankara, les faux révolutionnaires discutaient des postes avec Blaise. Enfin, merci aux internautes 18( Somé) et 27 (DAO) pour leurs contributions.

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  • Le 8 août 2015 à 10:05, par Adam’s En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Félicitation Grand-père et merci pour la traduction parfaite de l’esprit de ce que je crois être le comportement du révolutionnaire.
    Oui, nous avons milité et soutenu la révolution du 4 août 1983 à travers les comités de défense de la révolution (CDR). Nous avons eu beaucoup d’espoirs en des lendemains meilleurs pour notre chère patrie.
    La trahison perpétrée à l’endroit de la personne du Président du CNR et à l’endroit du peuple burkinabè conduite par Compaoré Blaise et sa horde de sanguinaires le 15 octobre 1987 nous a certes meurtris. Pire, les fondements des changements qualitatifs de la société burkinabè achevaient d’être remis en cause sur le quart de siècle de règne de la contre-révolution, de la restauration et de la gabegie.
    Les 30 et 31 octobre 2014, la Jeunesse Burkinabè a perpétué son rôle fer de lance du progrès social. Je n’arrêterai pas de dire qu’elle nous donne encore l’espoir de changements et de lendemains meilleurs. Le Camarade Grand-père Somda vous dit à la Jeunesse, à travers ce témoignage, votre mission et le chemin pour écrire e lettre d’or l’histoire de notre chère Patrie. Je l’en remercie et à vous jeunesse, je dis bon vent et vous assure de notre soutien jusqu’au dernier souffle.
    Au Camarde DAO, je dis aussi merci de rappeler à travers sa contribution que la Révolution savait aussi reconnaître ses erreurs et l’exprimait à travers l’expression de ses dirigeants Elle reconnaissait aussi que la contre-révolution pouvait s’organiser de l’intérieur en son propre sein (ce fut hélas la cas).
    Il faudra noter cette autre vérité qui est que la Révolution avait appelé tous ceux qui sont épris de paix et de justice, combattants de la liberté à s’organiser en Comités de Défense de la Révolution pour participer à la grande lutte patriotique qu’elle venait juste d’engager pour notre chère Patrie et que malheureusement le plus souvent les CDR étaient laissés à ceux qu n’avaient pas de choix et que ceux-ci ne pouvaient pas tout aussi le plus souvent se payer le luxe de l’élitisme des procédures administratives pour rendre opérationnels les mots d’ordre. Adam’s

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  • Le 8 août 2015 à 11:44, par VOIT_CLAIR En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Mr DAO tu dis vrai. Et je sais que beaucoup de gens comme moi t’approuveront. Moi aussi j’étais révolutionnaire. La Révolution comme tout système humain comporte par-ci par-là des qualités et par-ci par-là des tares qu’il faut chaque fois corriger. C’ est la constatation qui a été faite en 1985, d’où l’organisation de la première Conférence Nationale des CDR à la Maison du Peuple pour dénoncer et faire des recommandations qui arrangeraient tout le monde et donneraient un coup de fouet salvateur à la Révolution. Il y a eu la deuxième en 1987. Aucune œuvre humaine n’est parfaite sauf celle de Dieu.
    Concernant l’épreuve d’idéologie introduite dans les concours directs ou professionnels c’était une aberration parce que trop subjective et les CDR qui travaillaient à la sape de la Révolution ne faisaient que du mal aux citoyens en donnant des notes subjectives. Ces gens-là détestaient Sankara et la Révolution. Le vote des délégués CDR n’était pas bien fait c’était une grosse erreur de la Révolution parce que <<à mains levée>> au lieu de <> qui pouvaient permettre aux camarades de voter en toute âme et conscience les éléments compétents. Le vote à bulletins secrets permet de ne pas être contraint par les regards et d’être libre de choisir du fond de son cœur qui, on estime qu’il peut faire l’affaire. Voici une des tares de notre Révolution. On a voté des voleurs, des bandits, des biens, et surtout des mauvais qui ont découragé et sali le nom de Sankara. IL y a eu beaucoup de bon mais aussi du mauvais de la part de certains ignorants (analphabètes) mais de certains faux-révolutionnaires camouflés commis pour faire échouer le sommet. Le ver, les réactionnaires étaient déjà dans le fruit avec leur patron BC.

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  • Le 8 août 2015 à 17:39, par Ampasso En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Merci DAO pour avoir fait la part des choses. Mr SOMDA fait peut être l’exception, sinon ce sont les CDR qui ont précipité la fin de la révolution par leur comportement irresponsable.
    Le chemin d’une révolution est tracée mais pour l’instant il n’y pas de preneur.

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  • Le 10 août 2015 à 14:17, par Olivier Gomdaogo En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Je salue tout bas le clair devoir de memoire rendu a l histoire de notre peuple par un homme exceptionnel et intègre que je connais particulièrement. J ai toujours discuté avec lui sur la la révolution d’août et sur le Sankarisme. Il m a toujours conseillé de savoir distinguer les vrais Sankaristes de la foule des neo-impérialistes drapés de toges ridiculement révolutionnaires que l’on nomme honteusement sankaristes et dont les appetits bourgeois révèlent la nature cachée. Je salue l homme, pour ce que depuis plus d un quart de siècle n a point abandoner ses positions s oxyder dans ce capharnaüm des moeurs dépravés dont les besoins gustatifs formatent nos consciences, reinstallant en nous des fichiers inconnus. Je vous salue, Monsieur Somda. Votre petit Raogo

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  • Le 14 août 2015 à 03:39, par Pierre Célestin ZERBO En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    merci tonton SOMDA, je suis heureux de savoir qu’il reste toujours des citoyens qui drainent des valeurs intrinsèques liées aux dignes fils de l’humanité. A l’endroit de ceux qui doutent encore, je leur demande de préparer une place dans leur cœur pour la raison universelle qui n’a ni parent ni détenteur, ni propriétaire. lorsqu’on partage une valeur, c’est que soi-même on a l’intime conviction que c’est une valeur juste.

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  • Le 20 août 2015 à 17:17, par Ouvrez l’oeil ! En réponse à : Révolution d’Aout 83 : « Le Burkina Faso a besoin sérieusement d’être fouetté pour avancer », dixit Jean Paul Somda, ex-délégué CDR

    Tonton, vos propos me donnent des larmes aux yeux...tant ils sont véridiques. Mon j’ai un passé de SOFA et j’en suis très fier....

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