Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

dimanche 2 août 2015 à 19h36min

Le jour où les Sapeurs-pompiers se mettront eux-mêmes à crier « Au secours ! », ce sera la souffrance et la mort programmées pour tous les Burkinabè. Dans leur guerre quotidienne contre les sinistres et les catastrophes, ces militaires semblent être les parents pauvres des Forces armées nationales (FAN).

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Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

Leur récente sortie pour empêcher qu’un incendie ne happe, mercredi 22 juillet 2015, le siège de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) a mis, un tant soit peu, à nu des insuffisances criantes auxquelles les soldats du feu sont parfois confrontés dans leurs missions respectives.

Non seulement le retard accusé pour rallier le lieu du sinistre situé à quelques centaines de mètres de la première compagnie continue d’intriguer. Mais aussi il a été donné de constater que les éléments envoyés sur le terrain ce jour-là pour « Sauver ou Périr » n’ont pas sur eux de combinaisons spécifiques (bottes et tenues) adaptées à la traversée et à l’affrontement des flammes. Ce handicap a visiblement gêné la bonne volonté des éléments. Car arrivés sur les lieux en treillis traditionnels, toute audace de pénétrer dans les salles en feu aurait été un suicide.

L’intervention ayant heureusement lieu à la Nationale de l’électricité, celle-ci a aussitôt paré au plus pressé permettant ainsi d’accélérer les opérations. Cela n’est qu’une heureuse coïncidence sur laquelle la protection civile des dix-sept (17) millions de Burkinabè ne peut, en aucun cas, reposer. La leçon à retenir : les Sapeurs-pompiers ne sont pas assez équipés (parc automobile insuffisant, absence de matériel spécifique) pour intervenir en tout temps et en tout lieu. Point besoin d’être un charlatan pour s’apercevoir que la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) éprouve d’énormes difficultés à tenir son rôle. Tant elle est sollicitée de toute part. Les sons constants des gyrophares, l’abnégation et le dévouement permanents des éléments rompent avec le désœuvrement et l’indiscipline des autres corps de la Grande muette devenus trop bruyants ces derniers temps. Il n’est pas exagéré de relever que la protection civile ne requiert pas l’attention des gouvernants seulement parce qu’elle ne s’appuie pas sur des armes de destruction susceptible d’intimider ou d’inquiéter un régime.

Etant donné que les Sapeurs-pompiers constituent une « Force de protection civile » au service de toute âme en détresse sans exclusive. Ce n’est point divulgué un « Secret Défense » que d’avouer que ni les installations ni les équipements des soldats du feu ne répondent plus aux défis liés à la prévention et à la lutte contre les sinistres et les catastrophes. Pourtant le savoir-faire des Sapeurs-pompiers burkinabè est reconnu au-delà de leurs frontières. Au point qu’un l’Institut Supérieur d’Etudes de Protection Civile (ISEPC), une école de protection civile à vocation régionale (ENVR), a ouvert ses portes, le 2 octobre 2012, à Ouagadougou pour conforter la formation reçue à l’école nationale des Sapeurs-pompiers (ENASAP) de Bobo-Dioulasso. Il est regrettable que cette somme de connaissances sur la sécurité humaine s’évanouisse devant la modicité des moyens et des capacités opérationnelles.

Avec le spectacle désolant dans lequel face à l’incendie sans précédent, mardi 27 mai 2003, du grand marché de Ouagadougou où des Sapeurs-pompiers se sont vus obliger d’utiliser des seaux d’eau pour affronter le feu, les Burkinabè auraient dû se rendre à l’évidence de l’inadéquation entre les moyens d’intervention à la disposition de leurs « protecteurs civils » et l’ampleur de certains risques les menaçant. Ce jour-là, exaspéré par le dénuement total de ses braves et dévoués éléments, le Commandant de la BNSP d’alors, le regretté Colonel Sibnoaga Tiendrébéogo, n’a pas hésité un seul instant à laisser éclater sa colère devant les médias : « C’est écœurant d’assister à des scènes pareilles. Chaque année, nous inscrivons dans notre budget l’acquisition de nouveaux équipements pour être capable de faire face aux grands sinistres. A chaque fois, la hiérarchie juge que cela n’est pas nécessaire. Voilà, c’est arrivé aujourd’hui ».

Devant cette récrimination qui pointe du doigt les mauvais choix du Gouvernement et de l’Armée pour lesquels certains bonzes du régime ont longtemps brillé par leur myopie, l’ancien maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, n’a pas manqué d’interpeler vertement le Colonel en mooré lui signifiant : « Sibnoaga, parles en faisant beaucoup sinon tu risques de tout mélanger et ça va se retourner contre toi ». Il en est de même pour la lutte contre la grande criminalité, pour les équipements et les dotations des hôpitaux, pour la construction des infrastructures routières ou hydroagricoles, etc. Les CHU Yalgado-Ouédraogo et Souro-Sanou ne reflètent les plus grands hôpitaux d’une capitale et d’une deuxième ville d’un pays. Pendant longtemps, la ville de Ouagadougou n’a disposé qu’un seul véhicule pour les constats d’accidents. Des rapports de force inégaux opposent les forces de sécurité aux délinquants. L’argent ne va pas là où il doit aller pour être utile et indispensable à la grande majorité. Les précédents au trône de Kosyam doivent s’engager à rectifier le tir.

La douloureuse inondation du mardi 1er septembre 2009, les effondrements d’immeubles ainsi que le terrible accident de Boromo, samedi 15 novembre 2008, rappellent sans cesse la nécessité d’inscrire les activités de protection civile de la BNSP au rang des priorités au même titre que la protection des personnes et des biens, la sauvegarde de l’intégrité territoriale, l’autosuffisance alimentaire, la promotion de la santé, la sécurité présidentielle, etc. La Protection civile doit maintenant s’inscrire dans la conscience collective des gouvernants et des populations. Son histoire remonte à l’antiquité et tient à un souci permanent de l’homme de préserver sa vie des incendies d’abord, puis de toutes sortes de menaces. Il est temps que les Burkinabè adoptent un élan de générosité, de solidarité et de civisme à l’égard les soldats du feu. Depuis sa création le 7 mars 1979, la BNSP occupe avec brio sa place dans le progrès national. En même temps qu’elle multiplie l’ouverture de casernes à l’intérieur de Ouagadougou ; en même temps, elle s’est déployée à l’intérieur du pays. Les sollicitations sont nombreuses mais les capacités opérationnelles inappropriées inhibent l’engagement des hommes et des femmes oints de la mission de « Sauver ou Périr ».

Les dons très encourageants de certaines sociétés ou de diverses organisations et de pays amis semblent pour l’instant des brindilles au milieu des immenses flammes que les Sapeurs-Pompiers sont appelés quotidiennement à éteindre. La démographie galopante, l’essor des activités socioéconomiques et la montée de l’incivisme ont entrainé la multiplication des sinistres. L’impact des changements climatiques n’est pas aussi en reste. Les maîtres-mots de la protection civile, dont les Sapeurs-Pompiers, corps de l’armée de terre mise à la disposition du ministère de l’Administration territoriale, s’efforce d’assumer, sont : disponibilité des équipements roulants et opérationnels, célérité, efficacité. Cela passe par le déploiement urgent du matériel adéquat. « Les Sapeurs-pompiers ont mis du temps avant d’arriver », aiment s’offusquer les habitants de Ouagadougou. Une capitale aussi tentaculaire que celle du Burkina Faso doit pouvoir se vêtir des attributs dignes d’une protection civile véritable. Que peuvent promptement envisager des Sapeurs-pompiers confrontés à des moyens de déplacement insuffisants et à l’absence d’équipements adéquats ou à qui les usagers empêchent délibérément le passage ? En plus de l’insuffisance des moyens ou de leur indisponibilité, l’engagement des soldats de feu est freiné par des comportements malsains. Se frayer un chemin pour porter secours relève parfois d’un parcours de combattant. Alors que céder le passage aux Sapeurs-pompiers est une obligation citoyenne.

L’insolence citado-campagnarde, tolérée par l’incivisme généralisé et l’effritement de l’autorité de l’Etat, rend difficiles certaines opérations. De petits esprits se plaisent avec cynisme à obstruer en permanence la ligne 18 ou à donner de fausses informations. Personne ne souhaite être une victime entre les mains des soldats du feu mais nul ne peut se targuer de n’avoir jamais recours à leur sacerdoce. D’autant qu’il s’inscrit dans le désir d’entretenir le souffle de vies menacées. L’on ne plaisante pas quand il s’agit de sauver des vies ; cela pourrait se retourner contre soi-même ou ses proches. Il sied d’éduquer la population à la protection civile. Il est temps aussi d’encourager le volontariat autour de cette mission salvatrice. A l’image des Volontaires des auxiliaires de sécurité (VADS) qui aident les policiers dans le maintien de l’ordre ; un bénévolat accru est susceptible de booster et d’ancrer les services de protection civile au Burkina Faso.

Comme de nombreux pays africains d’ailleurs, le Burkina Faso n’a pas une « armée de métier ». Mais il est unanimement reconnu que les Sapeurs-Pompiers ne chôment pas. Ils sont constamment au four et au moulin pour sauver des vies souvent au péril des leurs. Les Sapeurs-pompiers ont aussi droit à des « armes lourdes et sophistiquées », telles des Avions bombardiers d’eau (ABE), des grues de haute portée, des décapeuses, des pocklins afin de renforcer leurs capacités opérationnelles et mettre les Burkinabè à l’abri, en tout temps et en tout lieu, des sinistres et des catastrophes, quelles que soient leurs natures et leurs importances. Si un Régime, un Parti, un Pouvoir, un Gouvernement, une Assemblée nationale ont pu allouer des ressources financières colossales pour offrir une armada et mille trois cents (1 300) hommes au Régiment de sécurité présidentielle (RSP) pour garder un seul homme (Président du Faso) et sa famille ; ils ne devraient pas lésiner sur les moyens quand il s’agit de prévenir et de lutter contre les accidents, les évacuations, les noyades, les incendies, les effondrements, qui sont des menaces quotidiennes, actuelles, constantes et permanentes sur les populations.

Contrairement aux « prétendus commandos » qui troublent le sommeil des autorités et la quiétude des populations, il n’y a aucune raison de s’inquiéter à que la BNSP acquiert et dispose d’un matériel ultra-moderne. Ce corps est tellement occupé et préoccupé par des vies en péril qu’il lui est quasiment impossible de détourner l’usage de ses équipements contre autrui. L’affrontement Militaires-Policiers de 2006 et les graves mutineries de 2011 confortent une telle assurance. Au moment où flics et bidasses se sont déviés de leurs missions pour utiliser leurs armements et les munitions à d’autres fins blessant et tuant parfois leurs concitoyen(ne)s, les soldats du feu ont continué à secourir les populations au milieu des tirs. Ailleurs, ce corps d’armée, fortement applaudi lors des défilés, bénéficie de toutes les attentions et des commodités. Ses éléments et leurs familles sont cantonnés dans une « cité très confortable » afin d’être disponibles et de pouvoir ses intervenir promptement et diligemment 24 heures sur 24. Si les conditions de travail des Sapeurs-Pompiers présentent en elles-mêmes une menace, c’est un double risque dans lequel les populations se trouvent dans un danger permanent. Il faut donc sauver la protection civile pour soi-même d’abord.

Filiga Anselme RAMDE
filiga_ramde@yahoo.fr
Pour lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 3 août 2015 à 02:01, par Slim
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    Il faut songer à privatiser les pompier comme cela se fait au canada.
    Ainsi, chacun va payer chaque fois que les pompiers interviennent pour le sauver

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  • Le 3 août 2015 à 09:39, par zoumana
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    Ahhh bahhhh ! le lieutenant colonel Compaoré est parti il n y a même pas deux mois, et on commence à se rendre compte des difficultés qu’il gérait pour parvenir à joindre les deux bouts. Non DIEU, c’est trop tôt. c’est un monsieur que je ne connaissais pas personnellement, mais j’ai eu l’occasion de le voir à la tâche. il courait dans tous les sens pour trouver des solutions. ce qui est sûr, la vérité est allée chercher un gros bâton et wait and see ! en tous cas, l’avenir nous dira qui est qui.

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  • Le 3 août 2015 à 11:39, par piga kougri
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    Bonjour à tous. tout d’abord ; je dis bravo aux sapeurs pompiers pour leur travail si noble. Je pense que le temps est très court pour déjà juger le nouveau patron des soldats des feux. si c’est la vétusté des moyens, il a pris ces moyens des mains du sortant. pourquoi il n’a pas pu remédié ce problème depuis son séjour chez les sapeurs pompiers et lui la qui vient de prendre, on veut mettre les bâtons dans ses roues. messieurs les pompiers, soyez solidaires comme vous l’exige votre métier. encore bravo à vous.

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  • Le 3 août 2015 à 11:41, par RANCE
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    Ca c’est les conséquences des 27 ans de Blaise, préoccupé plus à armer le RSP pour se maintenir au pouvoir que de chercher le bien-être de la population. Plus de mossi au pouvoir car aimant trop la chefferie il va passer son temps à développer des stratégies pour se maintenir coûte que coûte sur son fauteuil au détriment de la population et du pays. C’est un mossi qui s’exprime, pas un chamo.

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  • Le 3 août 2015 à 12:34, par LA VERITE
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    A l’impossible, nul n’est tenu. Certains internautes ne prennent même pas la peine de lire les articles avant de pourfendre certaines idioties. A mon sens, cet écrit d’une grande portée ne vise ni à incriminer le commandement des Sapeurs pompiers ni à chercher à diviser les éléments de ce corps noble. Il s’est agi pour l’auteur, pour qui je dis chapeau bas, de dénoncer une situation qui perdure et qui empêche les soldats du feu d’accomplir convenablement leurs missions. Si les uns et les autres lisent bien l’article, il est mentionné que le constat des conditions difficiles de travail remonte au Colonel Sibnoaga Tiendrébéogo et ses successeurs y compris l’actuel a hérité de cet état de fait. Alors ne cherchons pas des poux sur un crâne rasé. L’écrit est un appel à plus d’attention aux sapeurs pompiers ni plus ni moins. Ce sera un soulagement pour les éléments. C’est honteux que la protection civile d’un pays soit dans cet état là. Bravo à nos pompiers qui continuent d’abattre consciencieusement leur boulot avec des moyens de bord dérisoire.

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  • Le 3 août 2015 à 15:59, par tool
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    Numéro 2, c’est pitoyable des réactions comme la votre ! N’est-il pas normal qu’à tout poste il y’ait des changement ?
    Qui est né avec un titre ?
    Nul n’est indispensable, vive l alternance !

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  • Le 3 août 2015 à 16:03, par tool
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    C’est une très belle idée que de lancer un SOS au nom des pompiers !
    Ceci étant, évitez de jeter l’anathème sur le reste des soldats dont vous semblez connaitre très peu les mission et l’organisation. Des citoyens consciencieux se tuent à la tâche tous les jours et sont bel et bien......des militaires ! En toute dignité et conscience !!
    Le problème est que très peu de burkinabé se cultivent ou cherchent à connaitre leur armée, se contentant d’idées reçues et de clichés. Vous en êtes un et cela est indigne d’un citoyen responsable !!

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  • Le 3 août 2015 à 18:34, par EPICURE
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    A l’internaute N°7, faites preuve de courtoisie pour ne pas frustrer les rares journalistes qui poussent les Burkinabè à plus de responsabilité et à un sursaut d’orgueil. Les autres corps d’armée assurent certes des missions régaliennes mais ce sont eux vers lesquels la plupart des moyens est destiné qui nous créent le plus de problèmes au lieu de se concentrer essentiellement sur ce qui est attendu d’eux par les citoyens. Les armes et les munitions ne sont pas mises à leur disposition pour tourner des films western en ville. C’est pour assurer la sécurité des personnes et des biens ainsi que protéger les frontières nationales.Le brulot n’est pas pour ceux qui sont conscients dans leurs tâches mais de ceux-là qui perdent de vue les attentes de la nations vis-à-vis d’eux. Il faut aussi de l’efficience dans les ressources allouées à l’armée. Il semble avoir une répartition disproportionnelle entre les sapeurs et les autres. Je suis désolé mais cet article de Mr Ramdé est une vérité crue. Ne vous en déplaise ! Je parie qu’il en sait plus que vous sur l’armée burkinabè. Il y a longtemps que je lis ses écrits et je suis convaincu que c’est un homme averti. L’occasion faisant le larron, son cri de cœur en faveur des sapeurs est le bienvenu pour que les candidats à la présidentielle ne perdent de vue la nécessité de mettre en place une protection civile viable.

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  • Le 3 août 2015 à 21:21, par le soldat du feu
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    bon vent

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  • Le 3 août 2015 à 21:37, par le soldat du feu
    En réponse à : Protection civile : Sauvons les Sapeurs-Pompiers

    mème si on donne 1 000.000.000.de franc au pompiers c’est zéro à cause du col ouattara. il croque l’argent

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