Orpaillage à Gombélédougou : Réduire les pertes végétales par le reboisement

mardi 28 juillet 2015 à 04h35min

L’ONG Alliance pour une mine responsable (ARM, sigle en anglais), en partenariat avec l’Association pour la promotion de l’agroforesterie et la foresterie (APAF) et avec la Coopérative d’exploitation artisanale d’or de Gombélédougou, a procédé au lancement d’une opération de reboisement qui doit couvrir environ 30 ha de terres arables. C’était le jeudi 23 juillet 2015.

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Orpaillage à Gombélédougou : Réduire les pertes végétales par le reboisement

Situé dans la commune rurale de Koumbia, le village de Gombélédougou abrite un site d’orpaillage depuis une quinzaine d’années. Et comme sur tout site d’orpaillage, l’activité d’exploitation aurifère a engendré la destruction du couvert végétal. Mais la stabilité de la mine a fini par attirer une ONG latino-américaine dénommée ‘’Alliance pour une mine responsable’’ (ARM) qui intervient par diverses activités aux côtés des orpailleurs réunis au sein de la Coopérative d’exploitation artisanale d’or de Gombélédougou. C’est ainsi qu’un projet de reboisement a été mis sur pied.
Ce projet a débuté par une pépinière d’environ 15 000 plants réalisée par la Coopérative d’orpailleurs avec l’appui technique de l’APAF, et sur la base d’un appui financier de l’ARM. A en croire Claver Yaméogo de l’APAF, cette pépinière est constituée de cinq variétés d’espèces végétales. Il s’agit, précise-t-il, « d’arbres fertilitaires » à mettre en terre par centaines (à réduire quinze ans après, à une cinquantaine) à l’hectare.

Au niveau du champ pilote, Claver Yaméogo a procédé à la démonstration - à l’attention des paysans - des techniques de délimitation du terrain. Puis à la mise en terre mixée des espèces ‘’alcaciamellifera’’, ‘’alcaciamacrostachya’’ et ‘’alcacianilotica’’ comme haie vive. Aux dires de M. Yaméogo, à partir de six mois après la mise en terre, ces espèces mettront le terrain ainsi délimité à l’abri de la divagation d’animaux dévastateurs.

Un espace délimité qui abrite des espèces véritablement « utilitaires », en l’occurrence ‘’albiziastipulata’’, ‘’albizialebbeck’’, ‘’samansaman’’gliricidiasepium’’ et ‘’leucaenaleucocephala’’. Toutes ces espèces ont, à en croire Claver, « une croissance très rapide ». Et ce sont 30 ha de superficies agricoles appartenant à plusieurs paysans qui sont aménagés pour être ainsi boisées.

En agro-écologie, « on gagne ou on gagne »

Ces espèces sont dites « utilitaires » car elles procurent au sol autant d’azote qu’apporte l’engrais chimique. Mieux, elles apportent en sus du phosphore, du potassium, et beaucoup d’éléments minéraux. C’est du moins, ce qu’a confié Claver Yaméogo. Et, précise-t-il, « avec le système de taillage qui sera pratiqué, les feuilles de ces plantes apporteront de la matière organique aux sols ». Ce reboisement devra donc induire la fertilisation des sols arables, de sorte que les paysans puissent se passer des engrais chimiques et obtenir des rendements quantitativement et qualitativement meilleurs.

Tel est d’ailleurs l’objectif du présent projet de reboisement dont bénéficient les paysans de Gombélédougou. Ces derniers devront pouvoir à terme, exploiter leurs champs de façon agro-écologique, sans devoir recourir aux engrais chimiques, ni aux pesticides. A en croire Claver Yaméogo, « il y a environ 100 000 paysans qui produisent au Togo sans engrais » grâce à l’encadrement de l’association APAF international. Sa conviction à lui, claver, c’est qu’en agro-écologie, « on gagne ou on gagne », car c’est une activité économiquement très rentable. A tout le moins, elle réduit le réchauffement climatique.

Les paysans qui sont ainsi initiés à Gombélédougou, sont également des orpailleurs. En effet, confie le président de la Coopérative des orpailleurs, « 90% des jeunes de Gombélédougou pratiquent l’orpaillage ». Et dans le cadre de cette activité, ils ont détruit d’importantes superficies de zones boisées. D’où le pressant besoin de reboiser.

Le reboisement ainsi lancé pour être perpétué les années à venir a donc été voulu non seulement pour contribuer à la fertilisation des sols cultivables, mais aussi pour compenser ces pertes de végétations. En sus, les plants ainsi mis en terre produiront certainement des graines qui soient commercialisables. C’est du moins, ce qu’espère Yves Bertran de l’ARM. 

D’autres activités en perspective

Et pour qu’il en soit ainsi, il faut bien s’occuper des plants mis en terre. Dans ce sens, les populations bénéficiaires devront s’investir à travers notamment l’arrosage en saison sèche. Et l’APAF, à en croire Yves Bertran, va continuer à faire des missions de suivi une fois par mois. Quant à la Coopérative, confie son président, elle fera passer régulièrement une équipe pour voir l’état des plants, et procéder éventuellement au remplacement des plants défaillants.
Signalons que cette opération de reboisement intervient dans le cadre d’une série d’activités initiées par l’ONG ARM au profit du site d’orpaillage qu’abrite le village de Gombélédougou. Un site fermé comme tous les autres, en cette période de saison pluvieuse.

A sa réouverture, promet Yves Bertran, l’accent sera mis sur sa réhabilitation, sur l’abandon du mercure, sur l’encadrement du travail des enfants en son sein, sur l’implication des femmes dans les activités de la Coopérative, sur la commercialisation de l’or. L’objectif majeur de l’ONG étant de faire en sorte que le site ait « la certification de sa production aurifère ».

Fulbert Paré
Lefaso.net

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