Syndicats : Non à la mise entre parenthèses des préoccupations des travailleurs ! Non à la remise en cause des libertés démocratiques !

Déclaration • vendredi 24 juillet 2015 à 01h07min

Depuis quelques semaines, la situation nationale est caractérisée par l’apparition ou la cristallisation de clivages et de manifestations politico-militaires. Elle s’est traduite par des tirs dans l’enceinte du camp Naaba Koom, des descentes de militaires armés dans les rédactions de certaines radios privées, des prises de position de partis politiques et d’organisations de la Société Civile (OSC), des rumeurs faisant état d’une demande de démission du Premier Ministre et des ministres militaires du gouvernement par la hiérarchie militaire de l’armée nationale.

Syndicats : Non à la mise entre parenthèses des préoccupations des travailleurs ! Non à la remise en cause des libertés démocratiques !

La confirmation de la crise a été faite par le chef de l’Etat à travers une adresse dans laquelle il a annoncé d’une part, l’échec de concertations qu’il a entreprises avec les protagonistes et d’autre part, la mise en place d’un Cadre de Concertation de Sages. A la suite de la réception des conclusions dudit cadre, le Président a annoncé le 16 juillet 2015 trois mesures portant sur le maintien du Premier Ministre, la scission en deux du ministère de l’administration territoriale et de la sécurité, la prise en charge du Ministère de la Sécurité ainsi que celui de la défense par le Président du Faso.

Les travailleurs et leurs organisations syndicales notent avec beaucoup de dépit que :
-  L’annonce par le Président de la fin de la crise n’est pas vraiment rassurante car très peu d’informations ont filtré sur les causes réelles de la crise, de même que sur le contenu des tractations. Nous osons seulement espérer que les solutions retenues sont durables et qu’elles permettront effectivement, comme l’a annoncé le Président KAFANDO « de dénouer ainsi la crise la plus longue et la plus grave de notre histoire ». Pour leur part, les organisations syndicales estiment que les faits que notre pays vient de vivre sont d’une extrême gravité et ils constituent des signaux inquiétants d’une remise en cause de l’Etat de droit, pouvant déboucher même sur l’avènement d’un Etat d’exception ou pire encore sur une confrontation armée des différents clans en lutte.

-  Or, la remise en cause de l’Etat de droit signifie pour les travailleurs de graves restrictions des libertés démocratiques et syndicales, la négation de la garantie de l’emploi dans une situation de chômage massif, surtout des jeunes, et une dégradation encore plus poussée des conditions de vie et de travail des populations en général et des travailleurs en particulier. C’est en connaissance de cause que, dès le 3 Novembre 2014, au lendemain de l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2015, l’UAS soulignait à la fin d’une importante déclaration que « « Le mouvement syndical reste attaché au maintien et à l’élargissement des libertés démocratiques et syndicales, à un examen sérieux des préoccupations du monde du travail synthétisées dans le cahier de doléances unitaire et dans les plates-formes revendicatives sectorielles. »

-  les préoccupations soumises aux autorités n’ont toujours pas fait l’objet d’un examen sérieux. La rencontre Gouvernement/Syndicats longtemps attendue et qui était finalement programmée pour le 26 juin a été reportée sine die. Et les derniers événements viennent encore compromettre la tenue de cette importante rencontre qui devait permettre l’examen des préoccupations du monde du travail. En effet, de nombreux dossiers attendent d’être traités notamment des engagements pris par le gouvernement (relecture de la loi 013, de la grille salariale, du Code du Travail, mesures en faveur des travailleurs ayant perdu leur emploi lors de l’insurrection, mise en oeuvre du check off, etc. ) auxquels s’ajoutent les cas d’atteintes aux libertés démocratiques et syndicales, en l’occurrence les licenciements abusifs subis par les travailleurs dans de nombreuses entreprises tels qu’à la Mine de Bélahourou, à la Société Africaine de Pneumatique (SAP), et tout dernièrement à la Fondation 2iE.

A cela s’ajoute le refus du Ministère de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité (MATDS) de délivrer à des organisations syndicales leur récépissé après la tenue régulière de leur congrès. La justification à ce refus, c’est que de nouvelles règles ont été édictées en l’occurrence une enquête de moralité sur les premiers responsables de l’organisation, la fourniture par ces derniers de leur curriculum vitae et de 2 photos d’identité. A notre connaissance, ces exigences ne figurent nulle part dans le texte qui régit les associations, à savoir la loi 10/92/ADP portant liberté d’association et elles violent la convention 87 du Bureau International du Travail (BIT) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, convention ratifiée par le Burkina Faso.

L’UAS, tout en dénonçant encore une fois les intrusions répétées du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) dans la vie politique, interpelle les différents acteurs afin qu’ils assument pleinement leurs responsabilités dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité pour les citoyens du Burkina Faso.

Elle interpelle le gouvernement sur la nécessité de prendre en compte les préoccupations des travailleurs. Les perturbations provoquées par certaines structures et le calendrier des élections ne sauraient justifier la mise entre parenthèses des problèmes que vit le monde du Travail et qui ont été soumis et rappelés aux autorités de la transition à maintes occasions.

Aux travailleurs, l’UAS demande de se mobiliser, de suivre l’évolution de la situation nationale et de se tenir prêts pour imposer la prise en compte de leurs préoccupations.
Non à la confiscation des acquis de la lutte du peuple !
Non à la violation des libertés !
Non à un régime d’exception !
Non à une guerre civile réactionnaire !
En avant pour un examen sérieux des préoccupations des travailleurs !

Ont signé :

CGT-B, Bassolma BAZIE, Secrétaire Général

CNTB, Augustin Blaise HIEN, Secrétaire Général

CSB, Olivier G. OUEDRAOGO, Secrétaire Général

FO/UNSL, Joseph L. TIENDREBEOGO, Secrétaire Général
ONSL, Paul N. KABORE, Secrétaire Général
USTB, Y. Georges KOANDA, Secrétaire Général

Pour les syndicats autonomes :
Le Président de mois

François de Salle YAMEOGO
Secrétaire Général/SYNATEB

Messages

  • Voilà qui est clair !
    Tous les sous du pays sont consommés par le CNT plus préoccupé par des règlements de comptes politique au lieu de voter des lois qui vont dans le sens des préoccupations réelles de l’Administration publique notamment : sans une administration publique efficace il n’y a ni secteur privé, ni politique qui se sclérose en fin de compte.
    Alors, SVP, redorer le blason de l’administration publique et tout le reste suivra.

  • Au secours ils sont encore là ces vendus faux syndicalistes qui voulaient pas que l’on remplace Blaise par ce qu’ils jouaient le jeux des prédateurs de la République.

  • Merci. mais toujours en déphasage avec le temps opportun. la déclaration est propre . vous avez perdu trop de temps. si non vous auriez pu vous positionné comme l interlocuteur le plus sur et le plus crédible. mais hélas . votre silence a laissé la transition aux mais d aventurier qui pretendent parler au nom du peuple. Ainsi des soit disant OSC ont intimidé et continue d intimider la transition. Peut être vous direz que vous ne faites pas la politique. Mais comment les travailleurs peuvent ils améliorer leur condition de vie dans l insécurité et l instabilité ?

  • Ces gens vivent toujours wah ? Je croyais qu’ils allaient rejoindre leur Blaise. Je suis fonctionnaire mais je me reconnais plus en vous. Allez vous plaindre chez DIENDERE le perturbateur. C’est pas lui et son mentor qui vous finançaient et faisaient tout pour que nous demeurions dans la précarité ?ce que la transition a refusé de faire(vous financer pour asservir ceux que vous prétendriez défendre ?) d’où la colère et le cible tout trouvé c’est le MATDS ces gens n’ont même pas honte. BOUGMA qui assurait ce deal va répondre devant la haute cour de la justice tout va se savoir ici au Faso. Vous vous êtes servi de nous pendant des années mais plus maintenant.

  • je n’ai même pas lu tchrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

  • en tous cas les syndicats sont oubliés dans cette affaire. mais attendons l’après 11 octobre. il faut qu’on rétablisse l’injustice entre fonctionnaire et contractuel.

  • Vous voyez le Mr en blanc c’est un vendu. Je parie qu’il dinait chez Chantal COMPAORE.

  • Thes people are all ways very late we can not make our hope on them. Let us fight agains RSP and after we will see the problems of our Nation’s workers , please do not put things together ok ? don’t be stupid as the last time i mean at the end of october.

  • Les pécheurs en eaux troubles sont de retour. Je disais à quelqu’un hier seulement que les ennemies avaient garder les syndicats en veille pour ajouter un autre coup à la transition au moment opportun. Au moment ou le président KAFANDO semble reprendre les choses en mains les voila qui ressortent comme des rats palmistes avec un discours flou au dessein inavoué. Menacer la transition qui se cherche, c’est tirer sur une ambulance et c’est très lâche.
    Seigneur, éloigne nous de tout mal, car la maison Burkina Faso nous l’avons mise entre tes mains !!!

  • Je ne pense pas que le moment soit opportun pour de telles revendications.
    Vous qui êtes si intransigeants pourquoi vous étiez-vous abstenus de présenter un cahiers de doléances le 1er mai 2011, soit disant que la situation ne s’y prêtait pas ? Curieusement, c’est au moment ou la transition traverse une grave crise ac de menaces sérieuses sur la paix et la sécurité du pays que vous sortez du bois avec des revendications dont vous savez qu’elles ne peuvent pas trouver une solution ici et maintenant.
    On dirait que vous êtes les relais du RSP qui est en cours d’arguments !

  • Pardon ! Vous n’avez pas pitié de vos enfants ?

  • On ne traite pas avec les zombies kan on parle de syndicat.Pendant les luttes sous le régime Blaise Compaoré. Trop facile de critiquer le syndicat alors non ne sait pas comment les gens se sont sacrifier pour l’amélioration de vos misérables conditions de vie au prix de leur vie.pain et liberté pour le peuple !

  • OUI à la relecture du code de travail de 2008 qui asservit le travailleur Burkinabè, qui lui rend esclave. Ce code consacre tout le pouvoir au patronat. Ce qui fait que l’emploi n’est pas sécurisé pour le travailleur. Il est toujours menacé de licenciement pour un ou pour un non. Dix huit mois de salaire au maxi pour un licenciement abusif après des décennies de travail, c’est trop peu. Il faut revenir à la situation d’avant 2008 car les employeurs font ce qu’ils veulent des travailleurs.

  • toujours en dephase ! laissez on va aller aux elections avec vos tevendications bidons. les fonctionnaires n’ont meme pas la correction de leur situation surtout leur avancement cest la politique qui vous interesse. heusement que Tolé nous a montré votre vraie visage. Des politiciens deguisés en syndicat pour vendre la misère des pauvres travailleurs. Est ce que nous on mange liberté democratique.

  • C’est une autre manière de prendre la relève du RSP,ils seront démasqués la transition ne cédera pas face aux égoïste

  • Syndicats : Non à la mise entre parenthèses des préoccupations des travailleurs ! Non à la remise en cause des libertés démocratiques !

    Je suis convaincu que le peuple s’est insurgé pas seulement pour un simple non à un article, ni pour une simple rotation à la tête de la gestion des affaires surtout que nous voyons claire sous nos yeux une reconversion vite de la même classe politique ; le sénat,l’article 37 étaient la goûte de trop, ce sont des problèmes sociaux tels le chômage des diplômés qualifiés, la corruption et l’impunité, la frustration dans la gestion mafieuse des lotissements, des salaires précaires des travailleurs du public, des textes pourris favorisant la promotion de la médiocrité et du clientélisme, le secteur de la santé bafoué, gaz, électricité ,personnes âgés et faibles ignorés.. qui nous ont fait sortir tous unis comme un essaim d’abeilles , laisser donc les gens s’exprimer et réclamer ceux pourquoi leurs braves camarades sont tombés sur ce chantier. courage les syndicats. webmaster pour une fois laisse passer mon message.

  • Honte à vous faux syndicalistes !!

  • Vous avez oublier une des preoccupations celle du maintien des indemnités de logement des fonctiontionnaires en stage dans les ecoles professionnelles.Merci à l’UAS pour tous les acquis.

  • il faut une nouvelle maniere de faire le syndicalisme. la polique de la chaise vide ne paye plus. Nos problemes ne seront pas resolus tant que c’eest les autres qui vont decider pr nous

  • vous en avez mis du temps camarades.les préoccupations du peuple doivent être la priorité du gvnmt.

  • Nous voulons la relecture du code du travail actuel qui asservit le travailleur.Il faut revenir au code de travail avant 2008 et chercher à l’améliorer.Sinon ce code actuel ne répond pas du tout aux aspirations des travailleurs en ce qui concerne la garantie de leur emploi.C’est de l’esclavage qui ne dit pas son nom à l’ère du 21ème siècle. C’est un code du travail taillé sur mesure pour l’ex-régime car les gourous avaient privatisé les entreprises en leur nom. D’où il fallait tailler un code qui les arrangeait dans tous les sens et dépouiller ainsi le travailleur de ses pouvoirs.

  • Ecoutez, si la seule préoccupation de la transition était seulement les élections, on aurait dû avoir un seul ministère : Ministère des Elections Nationales. S’il y a le Ministère de la Fonction publique, il doit fonctionner. Le ministre Loada a solennellement promis que la relecture de la loi 013 et la grille salariale est une priorité de son ministère et donc sera effective cette année. Mais jusqu’à présent, la rencontre gouvernement-syndicat qui devait finaliser ce projet de loi se fait attendre. Nous sommes aux aguets et nous attendons qu’il tienne parole ; car, c’est aussi pour ça que des gens sont tombés les 30 et 31 octobre. Merci aux syndicats pour le rappel.

  • Les préoccupations des travailleurs ne doivent pas être occultées sous prétexte que c’est la transition car la transition n’est qu’une continuité de la gestion de l’Etat. Il n’y a jamais eu de rupture ou de remise en cause de cet Etat. C’est tout à fait normal que les syndicalistes se penchent toujours sur les préoccupations des travailleurs. Le monde du travail ne se limite pas seulement aux fonctionnaires mais aussi les travailleurs du secteur privé.

  • Ils faut faire très attention en critiQuant les syndicats. Regarder ou va le pays avec des politiciciens qui s’en foute des conditions de vie des population. Ce qui est sur vous qui critquez les syndicat vous serez surpris un jour.

  • vive les syndicats vive l’UAS ! a bas les ennemis du peuple. Les hommes les vrais on les connait bien au faso

  • cherchez plutôt à voir les effets du billetage sur les bulletins de vos militants ! Vous serez surpris ! Certes ,il y’a des acquis pour le trésor publique ! mais on a procédé aussi à des brimades, à des coupures arbitraires !!! Exemple:comment peut on arrêter les allocations familiales chez un agent ,alors qu’il a fourni les extraits de naissance des enfants mineurs scolarisés ,bénéficiaires des allocations ? Que l’on m’explique !!

  • J’ai remarqué que c’est à chaque fois qu’il y a des problèmes au pays ,que les syndicats viennent toujours en rajouter .Finalement c’est à croire qu’ils sont payés par des acteurs invisibles pour venir compliquer les choses .Honnêtement, pour toute personne de bon sens et de bonne foi ,cette sortie est tout simplement inopportune en cette période sensible ou le pays tangue .A moins que ce ne soit un maillon du scénario de déstabilisation de la transition . Et puis cette propension à dire que les syndicats ne se mêlent pas de la politique est un faux débat et une fuite en avant pour justifier l’injustifiable .Dans tous les pays démocratiques du monde il n’a jamais été un scandale que des militants de partis politiques ,d’OSC et de syndicats se mobilisent pour défendre des valeurs nobles ou combattre la dictature

  • Oui s8 ok pour les enquêtes de moralité en ce qui concerne les premiers responsables de syndicats. Savez vous que c’est un milieu totalement à part ou des gens font tout ce qu’ils veulent sans aucun contrôle. Prenez le cas de l’ONSL.Voila un syndicat ou le premier responsable est un vrai dealer. Vérifiez, investiguez.

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