Occupation de vacances : Des écoliers veulent apporter leur pierre aux charges des parents

jeudi 23 juillet 2015 à 04h48min

Les vacances scolaires se déroulent sous une panoplie d’activités passionnantes à en croire les élèves. En groupe ou seuls, ces derniers sillonnent les grands marchés, Yaar et le centre ville, marchandises à la main. L’objectif est de se faire de l’argent afin d’aider les parents à la rentrée prochaine, qui s’annonce à grand pas. Leur action ne comporte-elle pas des risques ? Suivez-nous dans les lignes qui suivent !

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Occupation de vacances : Des écoliers veulent apporter leur pierre aux charges des parents

Chaque vacance comme à l’accoutumée, ils sont plus d’un à arpenter les artères de la ville de Ouagadougou. Du simple vendeur de lotus au vendeur de cartes de recharges ou d’arachide. Eux, ce sont les élèves qui comparativement à certains ont choisi de se trouver une occupation en dehors des classes. Même si les activités diffèrent d’une personne à une autre, les motivations, elles sont identiques. Le petit Wendkouni Edmond Kaboré de la classe de 6e a confié qu’il trouve son compte dans son activité. « La vente des autocollants peut me rapporter 2 000 FCFA par jour et je puis vous dire qu’avec ce que je gagne dans le mois, je pourrai ainsi participer à l’achat de mes fournitures à la rentrée prochaine » a fièrement laissé entendre Edmond Kaboré. Même son de cloche avec Anasse Porgo, vendeur de biscuits qui a expliqué s’adonner à cette activité chaque année. « J’arrive à contribuer à ma scolarité mais aussi à subvenir à mes petits besoins d’autant plus que la situation financière des parents n’est pas au bon point » a-t-il dit.

Toutefois, leur activité n’est pas sans difficultés. Si dans certains espaces de la ville l’accès leur est interdit, au marché par contre, ils sont indésirables parce qu’ils sont considérés par certains comme des petits malfrats qui ne cherchent qu’à soutirer les biens des clients indiscrets. C’est pourquoi, Anasse Porgo a demandé l’indulgence des commerçants et en particulier des commerçantes qui les mettent parfois dans l’embarras. « Nous ne sommes pas des voleurs encore moins des délinquants mais des élèves qui n’ont que pour ambition d’épauler les parents » a-t-il clamé. Pour couronner la boucle, les activités de ces marchands ambulants ne se limitent pas seulement à la journée mais à une certaine heure de la nuit avec pour lieu de prédilection les maquis et bars. Alimata Zoungrana de sa petite expérience en tant que vendeuse d’arachides en a fait les frais. « Une fois des hommes m’ont appelée pour payer mes arachides mais grande fut ma surprise car ses derniers avaient de mauvaises intentions à mon endroit. Grâce à mes cris, les gens ont été alertés et le mal a été évité de justesse. Depuis ce jour, j’ai pris la décision de ne plus excéder 18 heures dehors ».

Appréciation de quelques parents sur la question

Selon Patrice Boro, électronicien, cette initiative de la part des élèves est la bienvenue car certains arrivent à s’auto-occuper, écartant du coup la possibilité que ces derniers se transforment en « microbes de la société ». Ils peuvent, à en croire M. Boro, ne pas réussir à l’école mais se frayer un chemin dans le milieu du commerce.

Ceci n’est visiblement pas de l’entendement de Lassané Ouédraogo, commerçant qui pense que les parents ont le devoir d’orienter leurs progénitures vers des métiers d’avenir plutôt que de les laisser apprendre très tôt à chercher l’argent. « Qu’est-ce qui prouve que l’année prochaine il pourra poursuivre les études quand on sait que les deux ne font pas bon chemin. La justification comme quoi c’est pour aider les parents, à mon noble avis ne tient pas. Quel parent voudrait exposer son enfant quand on sait que le danger peut se trouver à n’importe quel niveau de Ouagadougou » s’est-il questionné.

Aïssata Laure G. Sidibé (Stagiaire)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 24 juillet 2015 à 16:30, par arrêtez de pondre des enfants
    En réponse à : Occupation de vacances : Des écoliers veulent apporter leur pierre aux charges des parents

    On peut amener les enfants à prendre conscience très tôt sans mettre en péril leur vie et leur avenir Comment un parent normal avec toutes ses facultés en place peut il confier de la marchandise à un enfant de moins de 10ans avec obligation de ne pas rentrer le soir tant que cette marchandise n’est pas vendue ?
    Quand on fait des enfants comme les poules qui pondent des œufs rien d’étonnant à ce qu’ils soient éduqué comme les poussins dans le poulailler...
    Les sages femmes maïeuticiens etc...devraient placer de force le stérilet aux femmes qu’elles accouchent et dont elles/ils voient très souvent la détresse financière et morale c’est une question de salubrité publique et ça va réduire le nombre de délinquants dans nos cités
    _

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