MATD : Barry part « avec un sentiment de fierté », et Ouattara arrive avec un « ferme engagement »

jeudi 23 juillet 2015 à 04h48min

Suite au remaniement gouvernemental intervenu le 19 juillet dernier, le Secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Alain Thiérry Ouattara, a procédé à l’installation officielle de Youssouf Ouattara, le nouveau ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation. C’était le mercredi 22 juillet 2015 à Ouagadougou, en présence du désormais ex-ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, Auguste Denise Barry qui a prononcé un discours émouvant.

MATD : Barry part « avec un sentiment de fierté », et Ouattara arrive avec un « ferme engagement »

C’est l’hôtel de ville de la commune de Ouagadougou qui a servi de cadre à cette cérémonie de passation de charge. Et il était 10h30 ce 22 juillet 2015, lorsque le SG du gouvernement, Alain Thiérry Ouattara, accompagné d’Auguste Denise Barry, de Youssouf Ouattara et du directeur de cabinet du président du Faso, faisait son entrée dans la salle de la cérémonie du jour. Une salle pleine de monde, mais où régnait une ambiance particulièrement morose.
C’est devant ce monde visiblement circonspect, que le SG du gouvernement a « solennellement » déclaré Youssouf Ouattara installé dans ses nouvelles fonctions, celles de ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation.
Youssouf Ouattara est aussitôt invité par son ‘’installeur’’ à « manager avec droiture, probité, courtoisie, mais également avec la fermeté qui sied », son département ministériel. En effet, il est attendu de lui, de multiples initiatives entrant notamment dans le cadre de la gestion du processus électoral déjà enclenché.
A l’endroit de ses collaborateurs, Thiérry Ouattara dira, « vous avez le devoir de resserrer les rangs derrière lui pour un succès de la mission » qui lui est ainsi confiée. A son tour, et s’associant ces derniers, le nouveau ministre a laissé entendre que « les importants défis qui sont aujourd’hui les nôtres et que nous devons relever à très court terme, commande un ferme engagement, des efforts soutenus de toutes et de tous ».

« Nous prenons l’engagement de réussir avec vous »

Déjà, ses nouveaux collaborateurs ont, par la voix du SG du MATDS, Léonard Guiré, a donné l’assurance qu’ils se mettent entièrement à sa disposition. « Nous prenons l’engagement de réussir avec vous », a dit M. Guiré à endroit du ministre Youssouf Ouattara. A en croire une ses futures collaboratrices, Fatoumata Benon, il « est aguerri des questions de l’administration générale ». En tout cas, il devra aussitôt se mettre à l’œuvre et faire ses preuves dans un Burkina sous Transition et où des élections à grands enjeux sont attendues dans moins de trois mois.
Des élections dont le processus « s’est mis en place et se poursuit de façon concertée avec la CENI (Commission électorale nationale indépendante, ndlr) », a relevé son prédécesseur, Auguste Denise Barry. Dans ce sens, rappelle M. Barry, le corps électoral a été convoqué récemment.
« Nous vous avons vu à la tâche ; et vous pouvez vous réjouir de la contribution que vous avez apportée à la Transition », c’est en ces termes que M. Thiérry Ouattara a exprimé la reconnaissance du gouvernement à l’endroit de ce dernier. Et celui-ci, Auguste Denise Barry, dans un discours fleuve prononcé en perdant par moments ses mots, a tenu à relever quelques acquis du MATDS sous son impulsion. Une impulsion mue par une vision stratégique qui aurait été inscrite dans l’esprit de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

« Il était carrément dans l’esprit de l’insurrection »

M. Barry s’est, huit mois durant, « donné à fond pour le fonctionnement du ministère », a laissé entendre le SG Léonard Guiré. Et Fatoumata Benon de préciser, « il était combatif. Il avait ses convictions, et il y croyait ». Et d’ajouter, « Il a fait preuve d’engagement et de ferme volonté de réussir. Il était carrément dans l’esprit de l’insurrection. Il le vivait dans tous les actes et à tous les moments, dans le discours, dans la pratique ».
C’est dans cette dynamique, relève M. Barry lui-même, que « nous avons pu démontrer que l’insécurité n’est pas une fatalité ou un mal incurable ». En sus, un Pacte de citoyenneté a été élaboré et signé dans le cadre de concertation entre forces de sécurité et forces vives de la Nation, les délégations ont été mises en marche, la fête de l’indépendance à Dédougou ainsi que la journée des martyrs de l’insurrection ont pu se tenir. « Au total, précise le ministre sorti, nous avons travaillé à donner au peuple burkinabé, le témoignage que par le travail, nous pouvons sortir résolument de la pauvreté, qu’un Burkina nouveau est réellement possible ».

« Quand on n’a pas refusé de venir, on ne peut pas refuser de partir »

Aujourd’hui, le colonel de l’armée burkinabé est contraint de quitter le poste politique de ministre des libertés publiques. Et ce, étant donné que « quand on n’a pas refusé de venir, on ne peut pas refuser de partir » et qu’arriver et partir constituent une dynamique normale dans le cadre de la carrière professionnelle de tout cadre de l’administration appelé à occuper des fonctions politiques. Il dit partir avec un sentiment de fierté, celui d’un devoir accompli, et surtout en paix avec sa conscience.
Mais l’avènement du présent départ semble avoir surpris et profondément bouleversé le partant. Ses propos sont suffisamment révélateurs de cet état de fait. Et comme pour exprimer son impuissance, il dira « je donne rendez-vous à l’histoire et m’en remets au jugement de Dieu qui, seul, reste infaillible ».
Faillible, Auguste Denise Barry l’est comme tout être humain. Et conscient que nulle autorité n’échappe aux critiques publiques, l’ex-ministre de la sécurité confie toutefois, « On ne jette pas de pierre sur un arbre qui ne porte pas de fruit ». D’ailleurs, dira-t-il, « Ma conviction est irrémédiablement établie que le bonheur me garde gentil, les épreuves me rendent forts, les chagrins me gardent humains, tandis que les échecs me gardent humble ; mais seul Dieu me fait avancer ». A en croire Fatoumata Benon aussi, l’ex-ministre vit sa situation avec beaucoup de foi.

« … le peuple burkinabé a droit au bonheur, à la prospérité et à la démocratie véritable »

M. Barry est toujours dans la Transition et promet de jouer sa partition dans le dévouement affiché du temps où il était ministre, « avec les mêmes idéaux, ceux que le peuple burkinabé a droit au bonheur, à la prospérité et à la démocratie véritable ».
Rappelons qu’il est arrivé à la tête du MATDS (Ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité) le 23 novembre 2014. Il quitte ce département dans un contexte de crise politico-militaire, pour une destination encore inconnue. Une crise sur laquelle il aurait dû communiquer, ne serait-ce qu’avec ceux qui étaient jusqu’alors ses collaborateurs. C’est du moins, ce qu’a confié un de ces derniers, pour qui le tout puissant ministre de la sécurité qu’il était, savait certainement le fond du problème.
Aux dires du SG du gouvernement, la cérémonie solennelle de l’hôtel de ville a été précédée des formalités de passation du département de la sécurité au président du Faso. Un département issu depuis le 17 juillet dernier, de l’éclatement du MATDS en Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation (MATD), et en Ministère de la sécurité (MS).

Fulbert Paré
Lefaso.net

Lien utile : Remaniement ministériel : Qui est Youssouf Ouattara, le nouvel entrant ?

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