Message du président du Faso à la Nation : Des leaders politiques apprécient

lundi 20 juillet 2015 à 03h00min

Après le message du président Michel Kafando à la Nation le 16 juillet 2015, relativement à la « grave situation nationale qui secoue notre pays », nous avons approché des leaders politiques pour recueillir leurs appréciations. La grande majorité de ces leaders politiques a opté de garder le silence. Mais voici ce qu’en disent Me Bénéwendé Sankara, Tahirou Barry et Alphonse Ouédraogo.

Message du président du Faso à la Nation : Des leaders politiques apprécient

Me Bénéwendé Stanislas Sankara, président de l’UNIR/PS (Union pour la renaissance/ Parti sankariste) :

C’est un message très positif. D’abord, il faut souligner le suspens général dans lequel tous les Burkinabè étaient plongés dans l’attente de ce message. C’est pour dire que tout le peuple burkinabé, les amis du Burkina Faso, la communauté internationale, tout le monde attendait ce message qui est tombé comme un verdict. Ç’a été, mon point de vue, un grand ouf de soulagement.

Ce que je retiens, c’est que beaucoup de Burkinabè se sont retrouvés dans le message du chef de l’Etat. On avait fait monter les enchères, on a mis notre pays sous pression. C’est comme si d’une minute à une autre, ç’allait exploser. Et ce, pour un seul camp, pour un seul groupe ; à cause du Régiment de sécurité présidentielle.

Je crois que ce qu’il faut d’abord saluer et féliciter, c’est le langage de vérité direct que le chef de l’Etat a eu vis-à-vis de l’armée. C’est ce côté qui a d’abord plu aux Burkinabè ; de savoir qu’enfin, un chef d’Etat peut cracher ses quatre vérités sur l’armée dont la mission ce n’est pas de courir derrière des postes politiques. Mme Zouma (Nkosazana Dlamini Zouma, présidente de la Commission de l’Union africaine, ndlr) l’a rappelé à l’attention des Burkinabè pour dire que l’armée doit se mettre au service du pouvoir politique. C’est clair ; le rôle de l’armée, c’est la sécurité des citoyens, c’est la sécurité des frontières. Le rôle de l’armée, ce n’est pas de retourner les armes du peuple contre le peuple.

Dans cette appréciation, l’UNIR/PS et l’ensemble des militants de notre parti ne peuvent que se féliciter, et féliciter le chef de l’Etat pour ce message qui est resté en phase avec son premier discours à la Nation.

Maintenant, les mesures qui ont été prises, ce sont des mesures d’apaisement. Mais au-delà des mesures d’apaisement, le chef de l’Etat, en tout cas, nous a compris. Nous, nous avons eu l’occasion de nous exprimer avant ce message. On l’a fait avec d’autres partis politiques comme le CNR/MS et Burkina Yirwa, pour dire qu’il faut respecter les institutions de notre pays. A l’heure actuelle, les institutions du Burkina Faso sont fondées sur la Constitution qui a été rétablie et sur la Charte de la Transition. Les organes qui en sont issus, sont des fruits d’un consensus politique. De la façon dont on a désigné le chef de l’Etat, le Premier ministre, le CNT avec les militaires qui siègent, c’est le fruit d’un consensus accepté, avalisé par la communauté internationale. Toutes les instances internationales ont trouvé que c’était une très bonne chose pour aller à des élections.

Moi je pense qu’un corps, fut-il d’élite, super-armé, ne peut pas remettre ce consensus en cause. Voilà pourquoi, l’UNIR/PS a dit qu’elle ne peut marcher au rythme de la baïonnette.

Un message qui a eu l’onction divine

Maintenant, il y a un réaménagement qui permet au chef de l’Etat de concentrer entre ses mains, deux autres portefeuilles. N’oublions pas qu’il est ministre des Affaires étrangères. A cela, il va ajouter le ministère de la Défense nationale. Ce sont des ministères de souveraineté qui retrouvent entre ses mains. Moi je pense qu’il l’a fait, pas parce que c’est un hyper-man, il va certainement s’appuyer sur des compétences pour le reste du mandat, afin qu’il y ait une gestion beaucoup plus saine dans le sens des intérêts fondamentaux de notre pays.

En ce qui concerne le ministère de l’Administration et de la sécurité qui a éclaté en deux, nous attendons de voir comme le gouvernement va être réaménagé. Mais d’ores et déjà, je pense que l’essentiel, c’était de ne pas crever le plafond et se retrouver avec beaucoup de ministres dans le gouvernement, encore qu’il nous reste trois mois. Je crois que c’est pour expédier les affaires courantes et cela peut renforcer davantage l’action gouvernementale, prenons acte.

Dans le même message, le Chef de l’Etat a apprécié la décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Le gouvernement en a déjà pris acte ; le Chef de l’Etat l’a réaffirmé. Nous nous pensons simplement qu’il faudrait qu’on tende vers la recherche de solution idoine pour que la décision de la Cour ne soit pas mal interprétée. Nous ne pensons pas que la Cour de justice de la CEDEAO remet en cause le Traité de la CEDEAO ou la Charte de l’Union africaine. Pas du tout !

L’esprit de la loi tel que disposé à l’article 135 du code électoral, n’est pas remis en cause. Tout le monde s’accorde à dire que c’est le libellé qui est flou et qui, aujourd’hui, peut être rattrapé par le Conseil constitutionnel. C’est la haute juridiction de notre pays ; il faut aussi avoir confiance en cette juridiction et espérer qu’elle fera une très bonne interprétation dans laquelle tous les Burkinabè se retrouvent.
Globalement, je trouve que c’est un message d’apaisement, un message qui permet au gouvernement de continuer sa mission, de continuer à préparer sereinement les élections pour qu’elles se tiennent à bonnes dates. Je crois que c’est que les Burkinabè attendent.

Pour terminer, je tiens à féliciter les sages qui ont certainement entouré le chef de l’Etat pour lui prodiguer les sages conseils. Ils ont fait les meilleures prières possibles, pour que notre pays soit béni, soit recouvert de grâces. C’est un message qui a eu l’onction divine. Je pense qu’il faut féliciter les sages pour leur contribution.

Tahirou Barry, président du PAREN (Parti de la renaissance nationale)  :

Je retiens un message de fermeté, surtout à l’égard de l’armée qui doit être au service de la République, et non s’ériger en obstacle à la paix et à la cohésion sociale. Ce message sonne également comme un ultime appel à une profonde introspection de chaque acteur pour sauver notre navire qui semble être piégé en pleine mer houleuse.

Alphonse Marie Ouédraogo, président de l’UREFA (Union des révolutionnaires pour le Faso)

Le dernier message que le président du Faso Michel Kafando a délivré en rapport avec la crise au sein de l’armée est conforme à la vision que nous défendions quant à la solution à apporter à cette crise. De notre point de vue, à trois mois de la fin de la Transition, il ne servait à rien de déstabiliser une institution centrale comme le gouvernement, pour satisfaire les désirs d’une composante, fut-elle l’armée. A moins d’accepter dès le départ que la tenue des élections soit différée, on comprend difficilement qu’on se lance dans une opération de dissolution du gouvernement qu’entrainerait une mise à l’écart du Premier ministre.

Pour ce qui concerne l’annonce du président Kafando en rapport avec le verdict de la Cour de justice de la CEDEAO, nous pensons qu’elle est de bon sens. Pour rester dans la légalité internationale, le chef de l’Etat ne peut que s’engager à appliquer la décision de la Cour. Toutefois, il est également évident que l’Etat du Burkina a toute la latitude de prendre des mesures de restriction d’accès aux élections vis-à-vis d’un certain nombre d’acteurs. La Cour ayant formellement reconnu ce droit à l’Etat, il appartient au gouvernement de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour que l’esprit et les aspirations profondes de l’insurrection soient sauvegardés.

Pour nous, tout doit être mis en œuvre, dans le strict respect de nos lois et de nos engagements internationaux, pour que l’insurrection produise les effets nécessaires à l’amélioration de la gouvernance politique et économique du Burkina Faso.

Rassemblés par Fulbert Paré
Lefaso.net

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