Persistance des maladies diarrhéiques au Burkina : Dr René Dembelé analyse les causes

vendredi 17 juillet 2015 à 14h12min

Les maladies diarrhéiques ont la peau dure en Afrique. C’est surtout le cas au Burkina Faso. Afin de comprendre les causes de la persistance de ces maladies qui font souvent des victimes, René Dembelé, étudiant à l’Unité de formation et de recherche en Sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT) a consacré sa thèse à ce sujet. Son travail a été reçu par les membres du jury qui lui ont même décerné la mention très honorable.

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Persistance des maladies diarrhéiques au Burkina : Dr René Dembelé analyse les causes

Un adage nous enseigne qu’ « il est bien de manger mais il est mieux de manger bien ». Car ce que nous mangeons est dans la plupart des cas la source de nos ennuis de santé : maux de ventre, indigestion, maladies diarrhéiques, etc. qui sont d’ailleurs très fréquents au Burkina Faso.
Pour comprendre ce phénomène, René Dembelé s’est penché sur le thème : « Epidémiologie, sérotypage et profil de résistance aux antibiotiques de souches entéropathogènes et entérohémorragiques O157 d’escherichia coli et de salmonella sp., responsables de gastroentérites infantiles aiguës au Burkina Faso ». Ce, dans le cadre de sa thèse unique qu’il a présentée le samedi 11 juillet dernier devant un jury composé des Pr Alfred Traoré, président, Sanni Ambaliou du Bénin, Nicolas Barro, directeur de thèse, Idrissa Sanou, de l’Université de Ouagadougou, Aly Sawadogo, rapporteur et du Dr Oumar Traoré, directeur de recherches de virologie et biotechnologie végétales à l’INERA/CNRST. « C’est une thématique de santé publique. Il s’agit de voir l’impact de certaines maladies infectieuses sur les populations et qui ont un véritable effet sur le bien-être de ces populations. Il s’agit essentiellement des maladies diarrhéiques », a expliqué l’impétrant.
500 cas étudiés
D ans le cadre de l’étude, René Dembelé s’est intéressé aux milieux urbain et rural. Il s’est surtout penché sur les cas des enfants de 0 à 5 ans. Débutées en 2010, les études auront duré plus de cinq ans. « Nous avons travaillé en 2010 dans un premier laboratoire et en 2014 dans un second laboratoire », a indiqué le candidat. Au total, 500 personnes à Boromo, Gourcy et 9 quartiers périphériques ont participé à l’enquête. « Nous avons collecté les selles de 400 enfants que nous avons analysées au laboratoire », a appuyé l’exposant.

En restituant les résultats de ses travaux, l’étudiant a fait remarquer que les cas de maladies diarrhéiques étaient plus nombreux en milieu rural qu’en milieu urbain. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus affectés. « Cela est dû au mode de vie marqué surtout par le manque d’hygiène, le manque d’accès à l’eau potable et bien d’autres comportements de nature à propager les diarrhées », a-t-il ajouté.
Au titre des comportements de nature à propager les maladies diarrhéiques, il faut notamment retenir l’automédication, la promiscuité des concessions, la démographie, la culture, le niveau d’instruction des parents, etc. « Pour les enfants, certains bénéficient de consultation chez un médecin mais leur nombre reste faible. Les parents préférant s’adonner à l’automédication. C’est aussi et surtout le cas chez les adultes », a ajouté le chercheur.
En milieu urbain, les diarrhées sont aussi liées au mode de vie et surtout alimentaire. « En milieu urbain, on a des modes alimentaires qui favorisent les maladies diarrhéiques. On se nourrit souvent de viande saignante ou même d’aliments mal cuits. Tout cela favorise la persistance de la diarrhée en milieu urbain », a conclu l’impétrant.

Un travail excellent

Les membres du jury ont tous reconnu la qualité du travail scientifique qui a été fait. « La thèse rentre dans la philosophie de l’école doctorale dont l’un des objectifs est d’expliquer la persistance de certaines maladies au Burkina », a indiqué le Pr Alfred Traoré, président du jury pour qui le caractère scientifique du travail n’est plus à démontrer. Après une demi-heure de conciliabules, les membres du jury ont adopté à l’unanimité le travail et lui ont décerné la mention très honorable.
Nouvellement admis dans la cour des grands, Dr René Dembelé entend poursuivre les recherches sur les maladies diarrhéiques en étendant son champ d’études aux 13 régions du Burkina. « Cela pourrait permettre de lutter plus efficacement contre ces maladies », a-t-il indiqué.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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