La SONABEL, le client et le billet tacheté

mardi 14 juillet 2015 à 22h31min

Un « billet tacheté » dans le lot de billets d’un client venu s’acquitter de ses factures ; face à la demande de la caissière de changer de billet, celui-ci oppose un ‘’non’’ catégorique. La suite, c’est un spectacle qui a été présenté à ceux présents dans les locaux de la nationale d’électricité, agence des 1200 logements ce mardi 14 juillet 2015.

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La SONABEL, le client et le billet tacheté

Il était autour de 10 h 30, lorsque le ton a commencé à s’élever dans l’un des guichets de l’agence. Les regards des dizaines de clients alignés de part et d’autre se braquent sur le guichet à ‘’problème’’. « Madame, donnez-moi ma facture je vais partir », lance le client, furieux devant le geste de la caissière qui lui fit savoir que son billet de banque, 10 000 FCFA, est tacheté et qu’il devrait bien le changer. Le client oppose résistance : « Est-ce que c’est un faux billet ? Si vous ne prenez pas un billet tacheté, il faut écrire pour afficher ici ; là, celui qui voit saura à quoi s’en tenir… Je suis venu payer ma facture et mon billet n’est pas un faux billet. Ce n’est pas moi qui ai fabriqué le billet ». Pour lui, non seulement le billet n’a pas été détecté « faux » mais il n’est non plus écrit (affiché) nulle part dans l’agence qu’un billet tacheté n’est pas admis. « Je n’ai pas un autre billet », coupe-t-il court. La dame entend donc lui retourner ses factures et argent mais il refuse, indiquant qu’il était-là pour payer ses factures et qu’il entend, de ce fait, s’en acquitter. Des ‘’incompréhensions’’ qui tirent sur l’attente des autres. Le client quitte le rang, laisse le tout entre les mains de son interlocutrice pour se rendre au guichet voisin, guichet « Cash Power » avant d’y revenir.

A ce guichet collé au premier, la caissière veut user de son passage pour lui faire changer de billet mais sa réaction est vigoureuse. « Madame, ça ne s’est pas passé dans votre guichet, occupez-vous du vôtre… ». De retour au guichet initial pour « récupérer » ses factures de paiement, la caissière lui réitère la ‘’nécessité’’ de changer le billet… « On nous a dit de ne pas prendre ce genre de billets … », soutient-elle. Le client aussi réaffirme qu’il n’a pas d’autres billets, que celui-là n’était pas un faux billet et que par conséquent, il devrait servir à payer ses factures. Les discussions prennent une allure interminable. Sur ces entrefaites, le client se retire en lançant : « Si vous voulez, gardez les factures, ce qui est sûr, c’est considéré comme payé ». Il tourne ainsi dos, laissant argent et factures entre les mains de la caissière. Celle-ci, désemparée, fait appel aux éléments de la sécurité (d’une société privée) dans le service et leur ordre de ne pas le laisser partir. S’ensuit un ping-pong verbal. Le client affiche sa détermination à poursuivre sa route, obligeant les ‘’éléments’’ à lui céder le passage.

La caissière ferme son guichet et, téléphone collé à l’oreille, rejoint les éléments de la sécurité en pleins tiraillements verbaux avec le client au parking (le client y avait son engin). L’attroupement prend de l’ampleur avec d’autres clients qui se mêlent à la danse en prenant position en faveur du client. Dans un tohu-bohu général, chacun veut faire entendre raison… « II faut écrire pour coller ! », s’insurge un usager à l’endroit de la caissière. « On ne peut pas écrire coller ; ce qu’on doit écrire coller-là, on l’a fait. Nous, nous tentons de lui expliquer pourquoi on ne prend pas ce genre de billets ; la décision ne vient pas de nous, ça vient de la BCEAO…mais il n’a pas voulu comprendre », réplique-t-elle. Elle explique que ce genre de billets n’est pas admis, parce que la banque ne les accepte pas. Elle insiste que son client dispose d’autres billets à même de changer le billet tacheté. « Est-ce que c’est lui qui a fabriqué le billet, laissez-le…A partir du moment où ce n’est pas un faux billet et que ce n’est pas non plus affiché, vous ne pouvez pas empêcher quoi que ce soit….Non, non, appelez qui-de-droit », bondit un autre client, tout furieux.

« Madame, vous prenez le billet, vous l’agrafez à la facture et à la descente, vous faites un rapport à votre chef d’agence qui pourra voir avec le BCEAO. Là, s’il y a un problème, avec toutes les informations qu’il y a sur la facture, vous pouvez interpeler le client. C’est très simple, intellectuel et puis ça passe. Sinon, ça-là, c’est entrain de décrire la médiocrité de votre service. Vous n’avez pas besoin d’arriver à cela… », a tempéré un autre usager.
Finalement, la caissière se résout à appeler ses ‘’éléments’’ au calme et de le laisser partir car, dit-elle, « il ne peut pas ne pas revenir, puisqu’il a ses reçus ici…. ».
Pourvu qu’une issue favorable soit trouvée à ce ‘’litige’’ en suspend pour le bonheur des deux parties. Car, au-delà du cas posé, c’est visiblement un problème global qui est soulevé et qui attend réponse. Tout billet de banque tacheté est-il insusceptible d’être utilisé ? Si non, à quel degré la tacheté n’est-elle pas admise sur un billet ? Quelles sont les matières étrangères qui annulent la valeur d’un billet de banque, etc. ?

Une communication par des institutions compétentes autour de cette question de billets de banque. Cela est impératif pour ne pas qu’une partie abuse de l’autre dans les relations de la vie quotidienne. Il y va du dynamisme même des services et des échanges. Dans des services de base comme la SONABEL, la plupart du temps, les gens viennent à la dernière minute (pour diverses raisons) pour s’acquitter de leurs factures. Alors, être confronté à ce genre de situations peut faire basculer certains dans le paiement de pénalités qu’ils ont pourtant voulu éviter. Si dans bien de cas, les faux billets ne souffrent pas de débats auprès des clients, les billets tachetés (ou comportantd’autres dégradations), posent des difficultés, pourrissent l’atmosphère et occasionnent souvent des conséquences importantes auprès des citoyens.

Dans la mesure du possible donc, les institutions compétentes doivent travailler à ce que les interprétations au gré des humeurs de chacun soient minimisées dans les relations consommateurs-professionnels. De sorte que les mêmes règles puissent s’appliquer à tous dans les mêmes circonstances.

Oumar L. OUDERAOGO
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 14 juillet 2015 à 23:19, par Elève de maternelle .
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    A mon humble avis la réaction du client est légitime cependant la caissière n’est pas obligée d’accepter le billet dans la mesure où elle a reçu des instructions dans çe sens de la part des supérieurs. La Sonabel aurait dû par respect pour sa clientèle mettre une affiche devant les caisses pour l’aviser. La BCEAO qui est à la source du problème devrait communiquer pour informer le public de la conduite à tenir pour ce type de billet : par exemple se présenter au guichet de la BCEAO pour authentifier le billet avec le cas échéant son remplacement par un nouveau billet. Mais nous sommes en Afrique le continent des nègres en apprentissage de l’organisation et de la méthode, celui où le droit est partout et la responsabilité nulle part. Le premier responsable c’est l’institut d’émission qui ne joue pas son rôle de garant de la qualité et de la confiance dans les billets en circulation.

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  • Le 14 juillet 2015 à 23:39, par Figo
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Un billet tacheté est-il démonétisé ? Que voulez-vous que le détenteur en fasse ? S’il est vrai que la Banque refuse de les recevoir, il vaut mieux lancer une campagne pour récupérer tous les billets comportant des tâches. A la Sonabel, quand on te remet une pièce lisse ou un vieux billet, faut-il le refuser ? Si en plus de nous couper le courant sans diminuer les redevances, les agents de la société commencent à réclamer des billets propres, ça va poser problème. Il est impératif que les sociétés de grand service et les banques s’accordent pour gérer ces situations désagréables.

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  • Le 15 juillet 2015 à 07:21
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    C’est pas seulement à la Sonabel, même dans les stations d’essence et autres, ils refusent de prendre les billets tachetées à cause de la BCEAO. Mais une banque centrale qui refusent des billets qui ne sont pas faux, qui doit les accepter. Du n’importe quoi dans ce pays.

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  • Le 15 juillet 2015 à 09:04, par Bandicon
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Des histoires. La SONABEL est le pire des services oû les clients sont aux enfers. Le rôle des commerces et des services qui collectent des sous, c’est justemet de servir à la récupération des pièces et billets usagés pour les faire renouveler à travers les banques.
    Un particulier ne peut pas se traîner avec un billet de 10 000 pour aller à la bceo pour cela.
    Les gens exagèrent au Faso. La BCEAO aussi doit communiquer avec les commerces et les sociétés.

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  • Le 15 juillet 2015 à 09:22, par Momo
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    SOS Monnaie en danger !!!
    C’est juste il est impératif et même urgent que les institutions compétentes autour de cette question de billets de banque nous viennent au secours. En plus des billets, le phénomène touche également surtout les pièces de 250 F . Il arrive aussi que des personnes refusent certaines pièces même lisibles sous le fallacieux prétexte qu’elles sont lisses. Alors au secours, BCEAO , c’est urgent car la monnaie est indispensable à notre vie quotidienne.

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  • Le 15 juillet 2015 à 09:33, par absent
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Bravo à la BCEAO pour la haute qualité des billets. Les utilisateurs des billets BCEAO ne savent pas qu’ailleurs, on imagine même le type de billet pour s’en servir tellement ils sont mêmes effacés (mais on s’en sert, cas d’Afrique centrale, du Nigérien, de Madagascar, ...). Une tâche sur un billet, c’est quand même RIEN

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  • Le 15 juillet 2015 à 10:32, par Mike
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    cette histoire de billet tacheté que la BCEAO refuse de prendre est un faux problème. je n ai vu ni entendu aucun communiqué de cette institution mettant en garde contre des billets tachetés.j’ai fait un retrait dans une caisse populaire et on m’a donné un billet de ce genre de 10.000F.ca fait une semaine kon refuse ce billet partout ou je passe et je ne comprend pas la raison.si je retourne a la caisse c’est sûr il n’echangeront pas ce billet et pourtant si le billet ne continue pas a circuler c’est moi ki perd. que faire ? en tout cas le client de sonabel a bien fait de résister ils vont se débrouiller avec la BCEAO.

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  • Le 15 juillet 2015 à 10:51, par KOBYAGDA Moussa
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    S’il y a des opérations de retrait de vieux billets par la Bceao pourquoi pas des billets tachetés ? C’est l’Afrique et c’est de l’injustice, du vol

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  • Le 15 juillet 2015 à 11:07, par Louis Marie KABORE
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    SONABEL encore ; finalement y’en a marre de cette boite spécialisée dans le mensonge sur la fin des délestage ; le refus de prendre le billet tacheté est un faux problème dans la mesure ou c’est pas un faux billet

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  • Le 15 juillet 2015 à 11:25
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Le client a raison. La caissière a raison. La BCEAO a tord. Elle refuse de prendre les billets tachetés mais elle ne nous dit pas quoi en faire. Ces billets sont ils démonétisés ? Il faut que la BCEAO nous situe.

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  • Le 15 juillet 2015 à 12:18, par Gbabili
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    C’est bien d’avoir posé ce problème de monnaie car il y’a d’abus ; même le trésor public refuse de prendre les pièces lisses au péage ; qui mieux que cet institution doit le faire ?

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  • Le 15 juillet 2015 à 12:48
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    En plus des délestages, la SONABEL a les pires caissières que j’ai jamais connues. impolies discourtoises et incompétentes et irrespectueuses, c’est vraiment la merde aux guichets. malheureusement nos autorités n’ont aucune politique alternative. pauvre Burkina !

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  • Le 15 juillet 2015 à 14:09, par Tcheriba
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Il faut recadrer les débats. on parle d’un problème de billet tacheté et non de problème de monnaie. l’histoire de billet tacheté est bien réel et tous les caissiers ont reçu des instructions dans le sens de ne pas les accepter car la banque chargée de collecter les espèces refusent à leur tour de prendre ces types de billet. si la caissière acceptait le billet en question, elle allait être obligée de le remplacer à sa charge. je vous demande de la retenue et de la compréhension.

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  • Le 15 juillet 2015 à 15:09
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Il est vraiment tant que la BCEAO qu’on accuse à tort ou à raison fasse de la communication sur l’usage des billets. Pour moi, si le billet du monsieur n’est pas faux, il devait être reçu et faire l’objet de réforme par la banque de la SONABEL au près de la BCEAO s’il est avéré qu’il est devenu impropre à l’usage.

    Un jour, j’ai remis un billet déchiré à moins de 5 cm et la caissière d’une pâtisserie voulait refuser de le prendre. J’ai dû demander qu’elle fasse venir son patron pour qu’il m’explique pourquoi un billet déchiré ne peut être utilisé pour paiement dans son établissement. Elle a disparu derrière une porte pour revenir quelques minutes après me remettre ma monnaie.

    Les billets sont en papier et le papier peut se tacher, se dégrader ou se déchirer.
    Je suis d’accord que sur un billet il y a des signes qu’il faut pouvoir lire, comme par exemple le numéro de série ou le filin de sécurité. Mais de là à vouloir refuser tout billet du genre taché ou légèrement déchiré, je crois que les caissières en font trop.

    Alors Banque centrale aidez-nous à comprendre la vérité par une campagne de communication et s’il y a lieu les banques doivent aussi mettre des affiches y relatif dans leurs agences.

    Cdlt.

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  • Le 15 juillet 2015 à 15:48, par tièkadiye
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Qui parmi vous qui guelez à déjà tenu une caisse, même de menues dépenses dans son service ou de son association ? Tu donnes, un billet, si elle refuse, reprend le et vas le dépenser ailleurs. C’est aussi simple que ça. On a pas besoin de bagarre pour si peu. Il y a des gens, quand ils vont chez le boutiquier du quartier et que celui-ci dit qu’il n’y a pas de monnaie, c’est le feu partout. D’autres refusent de payer et s’en vont avec l’argent de factures dans les maquis sous prétexte de manque de monnaie. Pourtant en venant ils savent les prix avant de boire ou de se faire servir. C’est pas serieux.

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  • Le 15 juillet 2015 à 17:09, par Sambiga
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    Ces mêmes autorités de banque doivent aussi statuer et donner l’info sur l’usage des pièces de monaies trop usées au point d’être refusées par certains vendeurs d’articles.

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  • Le 15 juillet 2015 à 17:54, par Filsdupaysan
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    La BCEAO a le devoir d’accepter les billets tachetés et les pièces lices pour les bloquer c’est tout. Qu’on nous pompe pas trop l’air

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  • Le 18 juillet 2015 à 23:26, par zongo
    En réponse à : La SONABEL, le client et le billet tacheté

    je suis étonné d’entendre des gens disputé au tour d’un tâcheté. Effectivement les banques refuse ces genre de billets pour diverses raisons :
    1) le billet peut volé, Càd il y a des coffre fort quand on les forcent projette de l’encre sur les billets pour empêcher son l’utilisation
    2) il ya aussi des coffres si il est forcé perfore les billets pour empêcher leurs utilisation
    3)les billets dont les termites ont commencés à bouffer sont refusé par ce qui trafique l’argent, parce qu’il n’est pas Conseiller de garder l’argent à la maison, vous courrez un risque pour vous et votre famille Càd les voleurs à mains armées.
    pour tous conclure en réalité le billet n’appartient à personne , c’est la valeur qui vous appartient. Donc de grâce entretenons bien les billets pour eviter ces problèmes ou se présentée devant une structure spécialisée pour demander le changement du billet. Merci pour tous ne emprenez a la SONABEL ou autres structures commerciales.

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