Ramadan : Rupture collective du jeûne avec l’ambassadeur de France au Burkina

lundi 13 juillet 2015 à 02h34min

Le bureau exécutif national du Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) a convié des acteurs politiques et de la société civile, mais aussi l’ambassadeur de France au Burkina pour prendre part à son Iftar ou la rupture collective du jeûne. C’était le 10 juillet 2015 au siège de l’association à Ouagadougou. Bien que catholique pratiquant, le diplomate français a répondu à l’invitation. Il en a profité pour insister sur la nécessité d’aider les plus vulnérables afin qu’ils ne se fassent pas embrigader par des pseudo-djihadistes, se réclamant à tort de la religion du prophète Mahomet.

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Ramadan : Rupture collective du jeûne avec l’ambassadeur de France au Burkina

« La rupture du jeûne de ce soir avec nos invités perpétue la pure tradition du prophète (SAW) et traduit l’essence même de ramadan », a rappelé d’entrée Moussa Nombo, le président du CERFI. Ainsi, étaient invités à cet Iftar (rupture collective du jeûne), des institutions et ministères, des ambassades, des partis politiques et des organisations de la société civile. Le président Nombo n’a pas manqué de leur traduire la gratitude et la reconnaissance du CERFI, de ses sympathisants et de tous les musulmans du Burkina. Pour les efforts consentis au quotidien pour préserver la paix et permettre au peuple burkinabè d’espérer des lendemains meilleurs.
Le ramadan est le mois de bienfaisance par excellence. Il est de ce fait le mois favorable au renforcement des relations humaines et du vivre ensemble. Un vivre ensemble que nous devons tous promouvoir, dans un monde de plus en plus violent, intolérant et inéquitable.
Présent à cette rupture collective, l’ambassadeur de France au Burkina, Gilles Thibault a félicité les membres du CERFI pour les actions qu’ils mènent au profit de la jeunesse afin qu’elle soit mieux instruite, mieux formée et qu’elle comprenne mieux le monde. « Je suis aussi venu leur dire qu’en ces temps compliqués, je me félicitais de partager les mêmes valeurs que les leurs, d’écoute, d’attention, de compréhension, de partage avec les plus faibles, les plus démunis. Je suis venu également insister sur la nécessité d’aider les plus jeunes à ne pas faire fausse route. Ceux qui n’ont rien sont les plus fragiles et qui, le plus facilement, se font embrigader par des personnes qui se réclament, totalement à tort, de la religion du prophète Mahomet, qui n’ont rien à voir avec lui et qui ne connaissent rien de l’islam », a-t-il insisté.

Nécessité d’un traitement équitable entre confessions religieuses

Comme il fallait s’y attendre, la situation politique nationale s’est invitée dans échanges. Le président du CERFI a saisi l’occasion de la présence des acteurs politiques pour rappeler ce qui avait déjà fait l’objet de préoccupations aussi bien pour les musulmans que les autres citoyens épris des valeurs d’équité, de justice, de démocratie et de paix. Ces préoccupations avaient fait l’objet d’une recommandation lors de la rencontre des cadres musulmans tenue en juin dernier à Ouagadougou. Elle s’intitulait ainsi qu’il suit : « Les populations ont réaffirmé leur attachement à un traitement équitable entre confessions religieuses dans la représentativité au sein des instances décisionnelles et de gouvernance publique dans notre pays ». D’ailleurs, les principes de la démocratie ne prônent- ils pas l’égale participation de tous dans la gestion de la chose publique ?
Ce message vise, selon le président du CERFI, à interpeller les acteurs politiques sur la nécessité de prendre en compte l’équité institutionnelle dans la relation entre le pouvoir public et les confessions. Une démarche qui permet en amont, de dissiper les frustrations d’une partie des citoyens qui se verrait exclue des instances où se décide leur sort. « N’eût été l’encadrement de certaines associations responsables pour contenir la colère d’une jeunesse qui a cru à l’exclusion communautaire, l’on aurait assisté à des manifestations dommageables à la paix et à la stabilité de notre pays », a précisé Moussa Nombo.
En tous les cas, le caractère laïc impose aux pouvoirs publics d’être à équidistance vis-à-vis des différentes communautés, qu’elles soient religieuses ou ethniques.
Créé en 1989, le CERFI a pour vocation de promouvoir l’islam et le développement socio-économique du Burkina. A ce jour, il est implanté dans les 45 provinces du pays. Le CERFI est un partenaire social crédible et transparent, ouvert à tous les partenaires désirant soutenir des initiatives bénéfiques au bien-être des populations

Moussa Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 13 juillet 2015 à 09:10, par T.O
    En réponse à : Ramadan : Rupture collective du jeûne avec l’ambassadeur de France au Burkina

    Très très belle initiative de la part du CERFI, je ne suis pas musulman mais je reste convaincu qu’en ces temps difficile que traverse cette religion à la base de paix, surtout auprès des occidentaux, il est salutaire d’inviter l’ambassadeur d’un pays touché par les fous de la religion. Montré aux gens que le vrai islam, est celui ou tout le monde vie en harmonie, en paix et surtout dans la tolérance.

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