Sécurité alimentaire dans les Cascades : Oxfam évalue les résultats de ses financements

mercredi 8 juillet 2015 à 23h19min

Promouvoir et valoriser la production agricole à même d’assurer une sécurité alimentaire est un combat que mène Oxfam au Burkina depuis des années. Plusieurs programmes à l’intérieur desquels des projets y relatifs sont mis en œuvre à cet effet. En témoigne le projet d’appui à la valorisation des produits agricoles qui est mis en œuvre dans les Cascades et les Hauts-Bassins. En partenariat avec le FEPAB, l’UNERIZ, l’UNPRB et l’AWB, l’ONG internationale- Oxfam au Burkina- organise une caravane de presse dans les régions suscitées, du 7 au 10 juillet, une caravane dont l’objectif est de donner plus de visibilité aux résultats du projet.

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Sécurité alimentaire dans les Cascades : Oxfam évalue les résultats de ses financements

Bérégadougou, commune rurale située à environ 75 kilomètres de Bobo-Dioulasso a une association de développement et pas des moindres : Wouol. Wouol en langue turka signifie « entraide et solidarité ». Wouol regroupe en son sein 69 groupements de base présents essentiellement dans la région des Hauts-Bassins, les Cascades, la Boucle du Mouhoun et le Sud-Ouest. Depuis sa création en 1999, l’association évolue dans le domaine de la production agricole, la transformation, et la commercialisation dans la filière mangue, l’anacarde, l’hibiscus et le gingembre. Dans sa stratégie de diversification, l’association entend ajouter à « son arc » la corde arachide, citronnelle et orange qui vont selon le coordinateur de Wouol Mamadou Traoré, rentrer dans les composantes de thé chez les partenaires en Europe.

Il était en effet 9heures lorsque la caravane de presse conduite par Ousmane Belko Diallo, chargé de communication à l’ONG internationale Oxfam au Burkina, arrive au siège de l’association. Des femmes, en binôme ou en groupe s’affairaient déjà à la collecte, le tri et au lavage des mangues. « C’est la variété Brooks. C’est assez sucré mais ce n’est pas encore mûr », nous explique une femme d’une quarantaine d’années. Visiblement épanouie, elle confie qu’elle travaille à Wouol depuis quatre ans maintenant et s’en sort assez bien. « C’est mieux que rien. C’est mieux que de rester à la maison à ne rien faire », dit-elle toute souriante. A la question de savoir combien elle gagne à la fin du mois, elle nous répond : « Entre 20 000F et 25 000FCFA ».

Comme cette femme, elles sont plus de 200 femmes qui travaillent dans les unités de transformation de mangues. Des unités que les journalistes ont visitées, et à qui, le processus de transformation a été expliqué. « Après la collecte, nous avons la phase de stockage qui peut durer 4 à 5 jours pour le mûrissement. S’en suit le lavage, puis l’épluchage et enfin la mise en claire pour le séchage », explique Mamadou Traoré. Les mangues sont coupées - soit en forme de galette, en carré ou rectangle - en fonction de la demande du client.

Une unité de compostage pour une production biologique

Par an, Wouol produit environ 3 000 tonnes de mangues séchées et 1 000 tonnes d’anacarde, pour un marché prioritairement étranger - l’Allemagne, l’Angleterre et les USA. Les unités, confie Mamadou Traoré, produisent aussi beaucoup de déchets. Il le chiffre à 55% de déchets pour la mangue et 75% pour l’anacarde. Après plusieurs réflexions et dans la problématique de gestion des déchets et d’assainissement des unités de production, l’association à en croire le coordinateur a fait des tests relatifs à la production de biogaz, d’aliments de bétails, et le compostage. Elle optera pour le compostage pour soutenir le processus de production biologique afin de fournir des intrants à ses producteurs au nombre de 700.

Dans ce projet, Oxfam a intervenu avec du matériel notamment des tracteurs qui vont permettre d’évacuer les déchets. L’ONG a également réalisé des plateformes en plus de la construction de magasins pour le stockage. L’ensemble de cette aide se chiffre à près de 82 millions de FCFA. Alors, précise le coordinateur : « il y aura un espace de séchage et de conservation. Le compostage en tas pourrait faciliter le retournement pour avoir un composte de bonne qualité avec une valeur chimique que l’on mettra sur le marché ». Plus de 5 000 tonnes seront à cet effet produites et conditionnées dans des sacs de 50 kilogrammes qui seront mis à la disposition des producteurs. La demande est par ailleurs très forte car de plus en plus de structures se lancent dans la production biologique. Elles auront sans doute besoin de ce composte.

Vers la commercialisation locale pour pérenniser les emplois locaux

Le partenariat entre Oxfam et Wouol date de 2002. Il s’est matérialisé par un plan stratégique 2002-2012 qui a permis la mise en place de douze unités de transformation. Ces douze unités emploient de nos jours 1 200 personnes, essentiellement des coopératives de prestations de services avec 90% de femmes. Sans ce partenariat avec Oxfam qui a été un appui sur un long terme avec un plan stratégique, Mamadou Traoré avoue, que ces exploits n’auraient pas été possibles. Au total, Wouol a bénéficié de dix programmes qui ont permis de créer un espace économique compétitif divers. L’association voudrait bien renforcer la compétitivité des filières afin de conserver sa part de marché qui est de 99% au niveau extérieur. A cela s’ajoute la diversification des filières dont l’objectif selon Mamadou Traoré est de promouvoir la commercialisation locale pour pérenniser les emplois locaux. D’où l’idée du compost.

Dans l’après-midi, c’est l’association des étuveuses de riz de la commune rurale de Douna qui a reçu la visite de la caravane. Et Désiré Bondé, chargé de programme d’informer qu’Oxfam est un partenaire clé pour les femmes au nombre de 290. Elles ont, dans le cadre du projet, bénéficié entre autres d’un magasin de stockage de riz, de semence, de batteuse, de fourre à balle et bien entendu de la formation sur la commercialisation et le marketing vente. « Dix formatrices endogènes ont été formées dans le cadre du projet », explique Désiré Bondé. Un projet d’une valeur de 50 millions FCFA servis à quatre groupements de femmes dont les étuveuses. Ces dernières ont exprimé leur joie de bénéficier de ces aides qui à tout point de vue ont amélioré leurs conditions de vie et de travail.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

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