Incidence de la sous nutrition : Le Burkina perd 409 milliards CFA par an

mercredi 24 juin 2015 à 20h20min

La malnutrition infantile, au-delà du problème de santé qu’il pose fait perdre beaucoup au Burkina. En 2012 par exemple le pays a perdu 409 milliards FCFA à cause d’elle, sans compter les incidences sur l’éducation, la productivité. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude lancée ce 23 juin à Ouagadougou par plusieurs organisations. « Le coût de la faim au Burkina Faso » c’est l’intitulé de l’étude qui vise à attirer des pouvoirs publics et des acteurs au développement sur la nécessité d’allouer plus de ressources dans la lutte contre la malnutrition.

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Incidence de la sous nutrition : Le Burkina perd 409 milliards  CFA par an

La malnutrition tue. Aussi bien les malnutris que l’économie des pays. Selon une étude menée sur le Burkina, en 2012 l’économie burkinabè a perdu près de 409 milliards FCFA, du fait des effets de la sous-nutrition infantile. « Le coût de la faim au Burkina Faso » montre que la prévalence de la malnutrition chronique s’est améliorée, mais qu’il existe aujourd’hui plus d’enfants qui souffrent de retard de croissance au Burkina qu’il y a 10 ans.
L’étude sur le coût de la faim est une initiative couvrant plusieurs pays. Elle est dirigée par la Commission de l’Union africaine, sous la coordination du Nouveau partenariat pour l’Afrique (NEPAD), avec le soutien de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
Cette étude montre comment l’impact social et économique de la sous-nutrition chez les enfants fait perdre au pays chaque année beaucoup d’argent en soin de santé, en charges supplémentaires au niveau du système éducatif, et en termes de productivité pour la main-d’œuvre. Le rapport estime que la sous-alimentation des enfants coute chaque année à l’économie du Burkina Faso, l’équivalent de 7,7% de son produit intérieur brut(PIB).

Incidence sur la santé
-  En 2012, 1 935 731 cas additionnels d’épisodes cliniques estimés étaient associés à la sous-nutrition chez les enfants de moins de 5 ans, ce qui a engendré un cout de 32, 195 milliards de FCFA.
-  40,1% des mortalités infantiles étaient associées à la sous nutrition, ce qui représente plus de 197 014 enfants décédés en 2012.
Incidence sur l’éducation
-  Les enfants souffrant de sous-nutrition ont un taux de redoublement de 11,5% alors que celui des enfants qui n’en souffrent est à 8,5%. C’est un pourcentage qui impute au système éducatif et aux familles, un coût de 853 009 millions de F CFA.
-  Les enfants souffrant de retard de croissance au Burkina Faso sont également plus susceptibles d’abandonner l’école. Le désavantage qui en résulte sur le marché du travail, a généré un coût privé de 20 816 millions de FCFA en termes de productivité potentielle perdue pour une année.
Incidence sur la productivité
-  Au Burkina Faso, 51,7% des adultes ont souffert d’un retard de croissance étant enfant. Cela représente plus de 4 743 580 de personnes en âge de travailler qui n’ont pas été en mesure d’atteindre leur potentiel réel, comme conséquence de la sous-nutrition.
-  Dans les régions rurales du Burkina Faso où la majorité de la population est engagée dans les activités manuelles, on estime qu’en 2012, 37 205 millions de F CFA ont été perdus en raison de la réduction de la productivité des personnes ayant souffert d’un retard de croissance pendant leur enfance. La mortalité infantile due à la sous-nutrition a également réduit de 13,5% la population active du Burkina Faso.

Incidence sur l’économie

-  L’étude révèle aussi que 2 646 millions d’heures de travail ont été perdues en 2012 en raison de la réduction de la masse de main-d’œuvre, comme conséquence de la mortalité associée à la sous-nutrition. Cela représente 318 595 millions de F CFA, soit 6% du PIB du Burkina Faso

Des recommandations pour changer la donne

Il est recommandé au Burkina de se fixer des objectifs ambitieux pour réduire le retard de croissance qui va au-delà d’une réduction relative pour établir un objectif absolu de 10% tel que celui fixé pour la région Afrique. Ainsi, le pays devrait accroitre les investissements dans la lutte contre la sous nutrition pendant les mille premiers jours de la vie de l’enfant. Cela, y compris par la mise à disponibilité des aliments riches en nutriments pour les enfants âgés de 6 à 23 mois.
Aussi, il est recommandé entre autre au Burkina la mise en place de politique multisectorielle de lutte contre la malnutrition tout en améliorant la coordination des interventions. Il faudra également poursuivre et accélérer la sensibilisation des populations pour l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition en faveur des enfants, des femmes enceintes et allaitantes.

Le gouvernement burkinabè prendra ses responsabilités

« Le Burkina Faso accordera une attention particulière à l’ensemble des recommandations. Le gouvernement veillera à une appropriation conséquente des résultats de l’étude et mettra en place un dispositif de suivi de la mise en œuvre desdites recommandations » a dit le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques, de l’assainissement et de la sécurité alimentaire, Dr. François Lompo qui a procédé au lancement de l’étude.
C’est le gouvernement burkinabè, en partenariat avec l’Union africaine, le Programme alimentaire mondial, la Commission économique pour l’Afrique qui a réalisé l’étude. « Coût de la faim en Afrique » est une étude menée dans 12 pays africains.
« On ne peut jamais changer le passé, mais ensemble on peut assurer un avenir radieux aux jeunes Burkinabè », c’est la note d’espoir de Jean Charles Déi, représentant du PAM. 

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 25 juin 2015 à 14:09, par biboin
    En réponse à : Incidence de la sous nutrition : Le Burkina perd 409 milliards CFA par an

    Merci pur ces statistiques. Mais pour nous permettre de mieux comprendre, c’est préférable de nous donner les indicateurs de l’étude autrement dit comment se font ces calculs. Par exemple en affirmant que "2 646 millions d’heures de travail ont été perdues en 2012 en raison de la réduction de la masse de main-d’œuvre, ... Cela représente 318 595 millions de F CFA, soit 6% du PIB du Burkina Faso" ; Comment vous avez déterminer les 2646 millions d’heures rapportées à 318 595 millions F CFA ? C’est trop technique ! Où orienter le lecteur qui veut de plus amples détails sur des sites y afférents. Merci

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