Suivi de la Transition : que devient le Cadre de concertation des partis politiques (CCPP) ?

vendredi 12 juin 2015 à 20h54min

Les partis politiques membres de l’ex-CFOP (Chef de file de l’opposition politique) ont mis en place, depuis le mois de mars 2015, un Cadre de concertation pour suivre la marche de la Transition. Trois mois après, nous avons voulu en savoir sur son existence et notamment sur son fonctionnement dans l’intérêt bien compris de la Transition.

Suivi de la Transition : que devient le Cadre de concertation des partis politiques (CCPP) ?

Le 16 février dernier, 26 partis politiques membres de l’ex-CFOP procédaient à la signature d’un texte instituant un Cadre de concertation des partis politiques (CCPP). A ce jour, ce Cadre regroupe une trentaine de partis. C’est du moins, ce qu’a confié François T. Kaboré, le Secrétaire permanent dudit Cadre. Un Cadre voulu et mis en place pour, précise M. Kaboré, « suivre l’état d’avancement de la Transition, faire de temps en temps le bilan et nous prononcer sur certaines actions pour permettre aux autorités de la Transition d’aller à des actions précises et de respecter les délais qui ont été arrêtés ».

Dans ce sens, des réunions ordinaires ont été prévues pour se tenir tous les mardis dans une salle louée dans un immeuble de la place ; les locaux de l’ex-CFOP n’étant plus accessibles. Des réunions extraordinaires ont aussi pu se tenir, à en croire le Secrétaire permanent François Kaboré, par ailleurs militant de l’UPC (Union pour le progrès et le changement). Mais, confie-t-il, « tous les présidents de partis ne sont pas souvent là ». Ce que confirme Tahirou Barry, le président du PAREN (Parti pour la renaissance nationale), un des partis membres dudit Cadre de concertation. Et ces présidents rares aux réunions du CCPP sont pourtant ceux des partis les plus grands.

Les présidents de partis se font représenter aux réunions du CCPP

Mais cela n’est pas, à en croire le Secrétaire permanent, le signe d’un « désintérêt à ce cadre de concertation ». D’ailleurs, confesse François Kaboré, « ils se font toujours représenter ». Ce qui, pour lui, est « déjà une bonne chose ».
Et pourquoi ces absences récurrentes de ces têtes de proue, de ces présidents initiateurs du CCPP ? Il faut reconnaître que les enjeux – politiques notamment - du moment diffèrent de ceux d’avant insurrection, relève Tahirou Barry. Et François Kaboré de préciser, « On est à quelques mois des élections ; ils ont des préoccupations beaucoup plus importantes ». Poursuivant, M. Kaboré dira, « Ils ne sont pas absents parce qu’ils ne veulent pas participer ; c’est leur calendrier qui ne leur permet pas d’être là ».

Le CCPP évite de se comporter comme un tribunal

Mais l’incompréhension tient au fait que ces absences ont commencé dès le début des activités dudit Cadre. Et pour cause ? C’est peut-être parce que nombre d’entre eux évitent de se croiser le regard autour d’une table de discussions ; un certain vent inamical ayant sans doute brouillé les convivialités apparentes du temps du ‘’tous soudés contre la modification de l’article 37 de la Constitution’’.
L’on se rappelle en effet, ce que l’on pourrait qualifier d’empoignades entre leaders de l’ex-opposition, dès la fin de l’insurrection populaire : ‘’coups de foudre’’ sur une des leurs suite aux événements du 1er novembre 2014 à la RTB (Radiotélévision du Burkina), la déclaration sur les ‘’opposants de la 25è heure’’, l’émoi qu’a suscité la « fermeture précipitée » du siège du CFOP, la dénonciation publique de « démarches solitaires » pour une audience au palais de Kosyam. Et ces jours-ci, nombre d’entre eux ont publiquement condamné les propos du ‘’nanti d’atouts ethniques et religieux’’. Mais le CCPP, précise son Secrétaire permanent, évite de se « comporter comme un tribunal ». Et d’ajouter, « nous sommes tous d’accord que nous sommes un regroupement de veille qui suit l’état d’avancement de la Transition ». Ce qui est l’essentiel.

Priorité des priorités aux réunions, l’analyse de la situation nationale

Et ça fonctionne, même sans un agenda suivant lequel les activités se déroulent. Mieux, il reçoit la visite d’experts étrangers qui viennent au pays des Hommes intègres pour s’imprégner de l’état de la Transition. C’est du moins, ce qu’a confié François Kaboré, avec la précision que le CCPP a déjà fait publier des déclarations par voie de presse, et a été l’artisan de l’organisation du meeting de soutien au code électoral ; un meeting tenu à Ouagadougou le 25 avril dernier. En sus, a-t-il ajouté, « Nous avons rencontré plusieurs fois le président de la Transition ».
A chacune de ses réunions, le CCPP commence par « l’analyse de la situation nationale » aboutissant, foi du Secrétaire permanent, à la prise de « position commune ». Il se saisit volontiers des questions qui font l’objet de débats dans l’opinion publique. Et ce, toujours dans le sens « d’améliorer la marche de la Transition ».

Oui à une nouvelle Constitution, mais…

Au sein du CCPP, l’on convient qu’il faut une nouvelle Constitution, avec subséquemment, le passage à une 5è République. Mais cette initiative, précise François Kaboré, se heurte à « un problème de timing ». Le reste du temps imparti à la Transition ne pouvant suffire à bien finaliser cette initiative. « Pour nous, préconise-t-il, le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution peut être déclenché dans la neutralité politique actuelle. Et il appartiendra aux nouvelles autorités de la faire adopter ». Et d’ajouter, « Il ne faut pas se précipiter pour finaliser un tel projet en se disant qu’on n’a pas confiance aux autorités qui vont venir ». Sa conviction à lui, c’est que si un projet de nouvelle Constitution est formalisé avant la fin de la Transition, « il va être difficile pour n’importe quel parti au pouvoir, de vouloir changer quoi que ce soit ».

En tout état de cause, la question de prolongation de la Transition qui se susurre, le CCPP n’y est pas favorable. Et François Kaboré d’opiner, « Nous avons adopté la Charte de la Transition avec des délais précis ; nous avons pris l’engagement devant le peuple et la communauté internationale de respecter ces délais. Nous ne voyons pas de raisons objectives qui puissent justifier la prolongation de la Transition » ; et ce d’autant plus que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) « nous laisse croire qu’il n’y a pas de problèmes majeurs ».

Fulbert Paré
Lefaso.net

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