Situation nationale : Les cadres et intellectuels musulmans tirent les enseignements

lundi 8 juin 2015 à 01h52min

Le Cercle d’études, de recherches et de formation islamique (CERFI) a organisé, le 07 juin 2015, une rencontre des cadres et intellectuels musulmans, à Ouagadougou. Objectif : discuter des affaires de la cité, disséquer la situation socio-politique nationale pour tirer des enseignements au profit de la communauté. C’est ainsi que les élites et leaders musulmans pourront jouer pleinement leur rôle ‘’d’éclaireur’’.

Situation nationale : Les cadres et intellectuels musulmans tirent les enseignements

Ils étaient très nombreux à répondre à l’invitation du Cercle d’études, de recherches et de formation islamique (CERFI) ce dimanche matin. La salle de conférence du Conseil burkinabè des chargeurs était quasiment pleine. A cette rencontre, les cadres musulmans ont échangé sur deux préoccupations majeures : comment être avec Allah et comment participer à la construction de la cité.
« Nous sommes en phase de transition, il y a lieu de mieux comprendre, de partager les enseignements que nous pouvons tirer de cette situation au profit de l’ensemble des musulmans, au profit de l’ensemble des burkinabè », a précisé Moussa Nombo, le président du CERFI. Pour lui, la situation actuelle ouvre une fenêtre d’opportunités immenses, mais, en même temps, il y a des persistances de menaces pour notre pays, pour notre communauté. « Il y a lieu donc, à travers des espaces de discussions profondes, d’identifier ces menaces et voir dans quelles mesures, nous pouvons ensemble conjuguer nos efforts pour les maîtriser, pour également dégager des actions fortes à même de permettre à l’ensemble des burkinabè d’être optimistes et d’être soudés pour l’avenir », a expliqué le président du CERFI.

Au-delà des aspects cultuels

Les temps ont bien changé et les musulmans dans leur majorité sont informés des principes élémentaires de leur religion. Aujourd’hui, les populations musulmanes de notre pays attendent de leurs élites des réponses qui outrepassent la sphère cultuelle. Au nombre des attentes figurent en bonne place la transparence dans la gouvernance de la communauté et l’unité des leaders religieux musulmans afin de garantir l’intérêt de leur communauté.
La rencontre des cadres et intellectuels musulmans de ce 07 juin constitue donc pour le CERFI une tribune d’interpellation de l’ensemble des musulmans et musulmanes particulièrement l’élite et les leaders. C’est dans cette dynamique que le CERFI et l’AEEMB ainsi qu’un certain nombre d’acteurs musulmans disent nourrir un grand espoir en la Fédération des associations islamiques du Burkina. « Nous osons croire que le congrès à venir permettra d’impulser de véritables changements au profit des musulmans », a lancé Moussa Nombo.

Contribuer à l’éveil des consciences}

Depuis le début de l’année 2015, le CERFI dit avoir entrepris des actions pour contribuer à la compréhension de la situation nationale. Il a, de ce fait, organisé des fora dans les treize régions du pays sur la thématique « spiritualité et citoyenneté à la lumière des enseignements islamiques ». Une approche qui permet d’inciter les musulmanes et les musulmans à s’engager dans la sphère publique aussi bien associative que politique pour la défense de l’intérêt général. La rencontre des cadres devrait donc permettre « d’amorcer un cycle vertueux dans l’édification de notre communauté et de notre pays ».

« Le CERFI appartient à chacun de vous et attend de chacun de vous, sa part de pierre pour la construction de l’avenir du Burkina. Si nous ne le faisons pas aujourd’hui et maintenant, nos enfants seront là encore demain à rechercher les repères que nous, devanciers, aurions dû tracer », prévient le président du CERFI.
A la veille du Ramadan, il n’a pas manqué de demander à Allah d’accorder la santé et tous les moyens licites à tous les musulmans pour accomplir ce pilier de l’islam.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Messages

  • Bravo aux intellectuelles musulmans ! !!
    Le Burkina est multi religions et il est rassurant d’entendre chacun s’exprimer . ..

  • Donnez nous les consignes de vote parce que nous là on comprend pas on dirait nous nos enfants n’ont pas école tout les patrons du pays là ce sont les mêmes jamais nous

  • Tout être humain a sa religion ou sa croyance. Il est aussi d’adhérer à parti politique ou association sans mélanger les deux . Mais certains cadres ou soit disant cadres (intellectuels) en profitent pour faire un fond de commerce. Voyez aussi un peu comment sont gérer les financements des mosquées dans la question de la Mecque. Il nous faut des cadres intégres qui devraient servir d’exemples aux générations futures. La doctrine de la religion a part et les idéales politiques aussi part. La prostitution est proscrite dans toutes les religions je pense ?

  • QU’ALLAH vous assiste dans cette lancée pour un BURKINA FASO plus éclairé. Nous souhaitons que cette rencontre soit la première de millier à venir. Vous avez montrez que vous êtes des musulmans avant être des intellectuels. Vivement que les autorités de ce pays ouvrent le bon œil.
    QUE RIEN NE SOIT PLUS COMME AVANT

  • Félicitation au CERFI. La forme et la nature du d’un tel cadre dépendra du vouloir de chacun de nous. Tout de même la perpétuation périodique s’impose. Barak’ALLAH

  • Ne melanger pas le fonio avec du sable.Voyons, a voir la photo de ses femmes j avis l impression qu on etait en Somalie ou au Soudan du nord.Des burkinabe a l allure des arabes n est pas autentiquës du tout. Mefions nous du fanatisme religieux et bles fonds des pays du golfe pour notre recolonisation. Le BURKINA FASO est un Etat seculaire dont la religion est un droit prive.

  • Intervenant N°3 (Namaradougouh), Quand tu dis : "La doctrine de la religion à part et les idéales politiques aussi à part" ; c’est peut-être juste mais cela mérite surtout d’être entendu par certains des gouvernants actuels de la transition qui semblent privilégier "leurs frères en ?!!" et le critère confessionnel dans les nominations, les marchés publics, etc. Il me semble qu’en la matière, les musulmans n’ont de leçons à recevoir de personne.

  • Merci à nos musulmans burkinabè, surtout les intellectuels avec le CERFI et l’AEEMB en tête. Loin de l’obcurantisme dans lequel les vieux guident notre religion, vous devez agir d’avantage pour éducquer et éclairer les gens pour une pratique saine et lucide de l’Islam. Quand j’entends les prêches de certains Imams analphabète, j’ai peur pour l’avenir de notre religion.

    L’Islam est tolérance, amour, liberté et pardon. Tout leader qui dira à ses fidèles de ne pas fréquenter ses frères des autres religions, n’est pas porteur de la voix du Prophète. Tout leader qui prèchera l’intolérance ou obligera les femmes à se voiler, est au service d’une culture (celle arabe) et non de notre religion.

    Nous devons être porteur d’une ’’révolution islamique’’ qui tranche avec les radicalismes. Libérons nos femmes de cette contrainte de porter des voiles noirs sous notre soleil de plomb. Apprenons nos filles à être décentes dans notre culture moaga, dioula, bissa, gurunsi, etc... et ne soyons pas, au nom de notre sainte religion, promoteur d’une culture qui nous est étrangère.

    Dieu bénisse le Faso et ses fils et filles.

  • Dans la littérature de la doctrine sociale des religions monothéistes ( cf : islam et politique et compendium de la doctrine sociale de l’Eglise) qui représentent plus de 76% des Burkinabè il ressort que les injonctions en matière de morale sociale peuvent se résumer aux points suivants :
     Assurer l’égalité des chances pour tous ;
     Prévenir toute exploitation économique du faible par le fort ;
     Droits à la propriété individuelle dont DIEU et le mandataire ;
     Décourager l’accumulation des richesses dans les mains d’un seul individu ;
     Insister que la richesse individuelle profite a tous par l’institution d’un taxe obligatoire (la Zaka pour les musulmans, la dime pour les chrétiens) ou autre imposition jugée nécessaire’’ sur le revenu et le capital ;
     Interdiction absolue de la spéculation ;
     Interdiction de toute espèce de monopole (L’article 37 de la constitution burkinabè s’inspire de cette injonction) :
     Obligation pour l’employeur de partager de façon proportionnelle entre ses employés de son entreprise ;
     Le principe selon lequel la terre appartient à l’Etat et le propriétaire est celui qui la cultive ou qui l’exploite lui-même. Ainsi :
    o toutes les grandes propriétés sont éliminées
    o Toute location de terre est illégale.

    Malheureusement les doctrinaires de ces religions ont fait un constat amer ; en effet, plus nombreuses sont les infractions à ces injonctions religieuses par nombre de croyants du fait que l’homme est naturellement égocentriste ; en conséquence des religieux engagés tous bords confondus postulent à la création d’un instrument politique précis capable d’assumer la responsabilité du maintien des conditions sociales soulignées.
    Que rencontre susciter des intellectuels engagés pour la prospérité du BURKINA FASO

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