Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

dimanche 7 juin 2015 à 08h59min

L’heure est à la moisson à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Après des cours et des travaux de recherche 18 mois durant, le moment est venu pour les élèves (énarques) du cycle A de cette prestigieuse école, de soutenir leur mémoire de fin de formation. Premier à se jeter à l’eau par la soutenance inaugurale, Bassirou Sawadogo. Il a fait des recherches sur le thème « Analyse de l’expérience des élections couplées au Burkina Faso : élections couplées de 2012 ». Après avoir présenté et défendu les résultats de ses recherches devant un jury présidé par l’ancien Directeur général de l’ENAM, Moctar Tall, il a été jugé apte à disposer du diplôme d’Administrateur civil.

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Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

Sonder la pertinence de l’approche adoptée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’organisation et la gestion des élections couplées (législatives et municipales en 2012). Evaluer l’impact de ce couplage ‘’réussi’’ sur la marche de la démocratie burkinabè. C’est à ces fins que Bassirou Sawadogo s’est lancé dans des recherches sur « Analyse de l’expérience des élections couplées au Burkina Faso : élections couplées de 2012 ».

Des résultats de ces recherches, il ressort qu’en plus de l’entrée en jeu de la biométrie pour l’établissement des cartes d’électeur, la particularité de ces élections couplées tient au fait que deux scrutins ayant des règles différentes en termes de circonscriptions électorales, de modes de scrutins et de contrôles juridictionnels, ont pu être déroulés le même jour dans les mêmes bureaux de vote. Ce qui, de l’avis de l’impétrant, aiguise « un regard critique et une analyse du point de vue de l’organisation, de l’apport et de l’utilisation de la biométrie dans le recensement des populations. »

Dans le sens de ce regard critique, M. Sawadogo a « formulé l’hypothèse selon laquelle la démarche de l’organisation et de la gestion des élections couplées du 2 décembre 2012 par la CENI est appropriée en termes d’amélioration du processus électoral ». Il s’agit là, d’une hypothèse générale assortie de deux hypothèses spécifiques : « la stratégie et la biométrie utilisées par la CENI sont efficaces pour assurer la crédibilité et la transparence du scrutin », « le taux de participation et d’inscription à ces élections couplées a connu une évolution effective et satisfaisante par rapport aux précédentes consultations. »

Des hypothèses vérifiées

Pour la vérification de ces hypothèses, des personnes ressources de la CENI, des juridictions compétentes en matière électorale, des organes administratifs et des partis politiques, ont été approchées. C’est du moins, ce qu’a confié Bassirou Sawadogo, avec la précision qu’en sus, « la recherche documentaire, les informations sous forme d’indicateurs de tendances comme les entretiens, les résultats des enquêtes, les mémoires, les rapports, les textes légaux et réglementaires ont été recueillis et analysés ». Evidemment, les sources électroniques au moyen de l’internet, ont été également mises à contribution.

Au résultat, l’hypothèse générale « se confirme au regard des critères suivants : la liberté de vote et le secret de vote de l’électeur ; la supervision des opérations par des délégués de partis et des observateurs indépendants ; la loi en matière de dépouillement des résultats a été respectée ; toutes les activités politiques majeures ont été couvertes par la presse écrite ou audiovisuelle avant, pendant et après les élections sur presque toute l’étendue du territoire national sous le contrôle du conseil supérieur de la communication. »

Quant aux hypothèses spécifiques, elles sont également, à en croire l’impétrant, « vérifiées ». En effet, précise-t-il, « La première à savoir : ‘’la stratégie et la biométrie utilisée par la CENI sont efficaces pour assurer la crédibilité et la transparence du scrutin’’ se confirme dans la mesure où les procédés et techniques utilisés ont été acceptés par l’ensemble des acteurs dans un processus électoral assez libre, ouvert et paisible. La seconde qui énonce que : ‘’le taux de participation et d’inscription à ces élections couplées a connu une évolution effective et satisfaisante par rapport aux précédentes consultations’’ se vérifie partiellement par rapport aux inscrits ». L’incidence de cette seconde hypothèse spécifique s’est traduite, selon Bassirou Sawadogo, par « des taux de participation remarquables de l’ordre de 75,96 % pour les législatives et de 75,30 % pour les municipales. »

Des référents qualitatifs pour de futures opérations électorales

Pour lui, le dispositif mis en place pour l’organisation des élections couplées de 2012, et les expériences qui ont pu être tirées de cette organisation, constituent des référents qualitatifs pour de futures opérations électorales au Burkina Faso. Toute chose qui participe de la consolidation de la démocratie burkinabè en quête de repère. Et après avoir appréhendé l’exposé de l’impétrant et testé sa culture générale en matière électorale dans notre pays, le jury lui a attribué la note de 14,5/20, le consacrant ainsi titulaire du diplôme d’Administrateur civil.

Comme Bassirou Sawadogo, nombre d’autres énarques – une vingtaine – ont subi l’épreuve de soutenance à l’ENAM ce vendredi 5 juin 2015. Et pour cette session de soutenance ainsi ouverte et qui doit couvrir deux semaines, environ 450 élèves sont attendus devant des jurys. Des jurys qui, contrairement aux années antérieures, sont présidés par des enseignants de l’Université de Ouagadougou, de l’Université Ouaga II, et par des chercheurs du Centre national pour la recherche scientifique et technologique (CNRST). C’est du moins, ce qu’a confié le Directeur général de l’ENAM, Pr Séni Ouédraogo, comme étant la particularité du dispositif des soutenances au cours d’une année à partir de laquelle ‘’plus rien ne sera comme avant au Faso’’.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 8 juin 2015 à 06:22, par ZAPATA
    En réponse à : Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

    Franchement à lire, à écouter certains thèmes de mémoire des sortants de l’ENAM, on est amené à se poser un certain nombre de questions quand on est un habitué de la démarche méthodologique de recherche. S’agit-il de rapports élaborés sur des thématiques précises (le plus souvent pour juste achever le cursus) ou s’agit-il véritablement de mémoires de recherche (respectant rigoureusement la démarche scientifique) ? Je pense qu’il faut avoir le courage de se dire certaines vérités et revoir objectivement le contenu des cours de méthodes de recherche ou dire aux étudiants de produire des rapports. Je sais de quoi je parle....

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  • Le 8 juin 2015 à 10:20, par CHRIS
    En réponse à : Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

    Bjr,
    Tout à fait pertinent votre propos. On se demande vraiment si cela vaut le coup de dire ’’mémoire’’ alors que pour la plus part le nom qui correspond le mieux serait ’’rapport’’. En fait on se demande pourquoi continuer à demander des choses à des candidats tout en sachant que les règles méthodologiques sont ’’foulées’’ au pied. Ceci n’est pas seulement valable pour l’ENAM, mais pour beaucoup d’instituts et de grandes écoles.
    DOMMAGE

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  • Le 8 juin 2015 à 18:15, par En vérité
    En réponse à : Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

    Foutez le camp ! Dites nous dans quelles conditions vous avez étudié vous pour vous positionner en donneurs de leçons. Le plus souvent des gens de votre acabit qui réagissez de cette manière, si on fouille bien, on découvrira que ce que vous exigez des autres, vous avez fait bien moins que cela. Sans rancune !

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  • Le 8 juin 2015 à 19:01, par papou
    En réponse à : Soutenances à l’ENAM : Bassirou Sawadogo passe au scanner les élections couplées de 2012

    Je ne sais pas ce que le DG de l’ENAM chercher en faisant présider les soutenances par des enseignants de l’université et ceux de la recherche. L’université et l’ENAM n’ont ni la même méthodologie d’enseignement ni les mêmes méthodes d’encadrement de mémoire. A mon humble avis, faire présider les jurys par les professeurs d’Université c’est causer du tord aux pauvres stagiaires (élèves) de l’ENAM. Si le DG de l’ENAM voulait réellement innover qu’il emploie d’abord les professeurs de l’Université à donner des cours à l’ENAM et après ils sauront bien diriger les jurys de soutenance. il ne faut pas innover pour plaire à ses amis M. le DG svp !

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