Violation des droits humains depuis l’Insurrection : Un rapport spécial du MBDHP épingle anciennes et nouvelles autorités

jeudi 28 mai 2015 à 16h01min

Un rapport spécial sur les violations des droits humains commises depuis l’insurrection populaire. C’est ce que le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples a lancé officiellement dans la soirée du 26 mai à son siège à Ouagadougou. C’est un document de 68 pages qui situe le contexte politique, économique et social de survenue de l’insurrection et énumère les multiples violations de droits humains relevées depuis les 30 et 31 octobre 2014. Le rapport se veut être « un outil d’interpellation de la conscience collective ».

Violation des droits humains depuis l’Insurrection : Un rapport spécial du MBDHP épingle anciennes et nouvelles autorités

C’est le président du Mouvement Burkinabè des droits de l’homme et des peuples(MBDHP), Chrysogne Zougmoré qui a lancé le rapport après en avoir présenté les lignes. Pendant et après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, des nombreux cas de violation de droits humains ont été enregistrés. Il s’agit de cas de violations :
-  Du droit à la vie
Des manifestants ont subi « une féroce répression du régiment de sécurité présidentielle qui n’hésitait pas à tirer à balles réelles sur les manifestants aux mains nues ». Page 14. 21 morts à Ouagadougou, 7 à Sèbba, 3 à Ouahigouya, 2 à Bobo Dioulasso, et 1 à Léo, ont été recensés. 19 des 34 victimes ont été tuées par balles, au moins 6 sont mortes calcinées
-  Du droit à la sureté de la personne et au respect de l’intégrité physique
La coordination des associations pour l’assistance et le secours populaire dont le MBDHP est membre a dénombré plus de 400 blessés lors de l’insurrection populaire. « Une bonne partie de ces blessés a été victime de tirs à balles réelles sur la foule. A Ouagadougou, les tirs à balles réelles sur la foule ont eu lieu le 30 octobre 2014 autour de la maison de François Compaoré et lors de la marche sur le palais présidentiel à Kossyam ainsi que le 2 novembre 2014 à la RTB ». Page 19.
-  Des menaces sur l’exercice des libertés démocratiques
Le rapport note que la quête de la démocratie, de la liberté et du progrès social a constitué l’un des éléments déclencheurs de l’insurrection populaire, mais déplore des « inquiétudes » qui ont plané sur les libertés démocratiques à l’entame de la transition. Ces restrictions de liberté concernaient le couvre-feu, les limogeages et mises aux arrêts « en dehors de toute procédure ». Page 28. Il s’agit également de la suspension du CDP, de L’ADF/RDA. Le MBDHP la qualifie de « mesure arbitraire sans motifs valables, constitutive d’une restriction illégitime de la liberté d’association ». Page 29
-  Confiscation des acquis de l’insurrection populaire par l’armée
Dans ce chapitre, le rôle prépondérant de l’armée dans tous les organes de la transition est abordé. Par des « moyens insidieux », l’armée contrôle la transition dite civile. « Cette omniprésence est d’autant plus inquiétante que l’appareil militaire actuel est fortement dominé par le RSP ». Page 33.
Le Droit d’accès à la justice et l’égalité de tous devant la justice, le droit de propriété, avec les destruction et pillages de bien publics et privés, le droit au travail, du fait de la mise au chômage de près de 5000 travailleurs suites aux destructions d’entreprises et unités industrielles, sont autant de manquement aux droits humains que le rapport du MBDHP relève.

Le MBDHP réclame une fois de plus la dissolution du RSP

Des violations de droits humains constatées pendant et après l’insurrection populaire, le MBDHP recommande à l’Etat burkinabè d’accorder un plus grand intérêt au respect et à la protection de tous les droits de l’homme surtout en période de crise.

Pour ce qui est de violation commise pendant l’insurrection, le MBDHP recommande en outre, entre autre : des enquêtes sérieuses et transparentes sur toutes les tueries, la traduction devant les tribunaux les auteurs. L’organisation de défense des droits humains réaffirme sa volonté de voir la dislocation du RSP, la garantie du plein exercice des libertés démocratiques, le contrôle effectif et rigoureux sur tous les fonctionnaires autorisés par la loi à employer la force et à utiliser les armes à feu.

Chrysogone Zougmoré qui qualifie le rapport de lecture critique des évènements depuis l’insurrection populaire, le présente également d’outil d’interpellation de la conscience collective, aussi bien des gouvernants que des gouvernés. En filigrane le MBDHP espère que le présent rapport contribuera à « l’éveil des consciences et à l’arrêt de toutes dérives autoritaires qui constituent des entraves aux droits humains et à la promotion de la démocratie de la démocratie au Burkina ».

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Messages

  • Pour le RSP, j’ai toujours dit, si tu ne peux pas affronter quelqu’un, il faut l’éviter, si tu ne peux pas l’éviter, eh bien, il faut l’affronter. On va finir d’abord le dossier Sankara.

  • Merci pour l’analyse. Faisons confiance à nos structures et utilisons ces travaux pour mener une analyse critique et une profonde réflexion sur la situation de notre pays afin de construire une nation forte ou nos enfants seront heureux de vivre. ’’ LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS’’. Comprenons le sens profond de ses mots pour bâtir notre nation.

  • MBDHP, d’accord pour votre rôle d’interpellation de la conscience collective ; mais je note que trop souvent vous être maximalistes ! Je souhaite de tout mon cœur que Mr Chrysogome Zougmoré soit nommé un temps soit peu Ministre ou haut décideur quelque part dans ce pays et on va voir ce dont il est capable. Par exemple au lendemain de l’insurrection où on ne maîtrisait même pas la suite dans la gestion de ce pays, avec des pillages des domiciles et des commerces partout, vous vous trouvez que le couvre-feu n’était pas normale ? Vous êtes vraiment inquiétant ! Auriez-vous des problèmes personnels avec certaines autorités de la transition au point de vouloir utiliser le canal MBDHP comme raccourci pour les régler ? Ce serait dommage.

  • De mon point de vue,le MBDHP doit et est resté impartial.C’est ce manque d’objectivité qui a amené notre Parti le CDP à la dérive.
    Bravo pour cette décision courageuse.

  • C’est objectif et courageux. En plus c’est instructif. Qu’on l’aime ou pas, il faut reconnaitre, honnêtement, que le MBDHP fait un bon travail et se situe au-dessus de la mêlée. Félicitation !

  • Merci pour ce travail. Mais je note que l’aspect "Respect de l’autorité de l’Etat" a été zappé ou mal analysée ! Pensez-vous vraiment qu’il n’aurait pas fallu utiliser les moyens que l’Etat a dans ce domaine pour ramener et maintenir la sécurité, à moins que le MBDHP ait été complice en introduisant parmi les manifestants contre la révision de l’article 37, SES VOYOUX CASSEURS qu’il aurait souhaité qu’on leur laissent aller jusqu’au bout, en leur permettant de piller, de bruller, de voller, d’incendier tout ? Moi qui ait participé au mouvement, j’ai regretté particulièrement ma participation quand j’ai vu les dégâts que VOUS AVEZ ENCOURAGER A CAUSER, jusqu’aux MORTS ! CHERS PYROMANES, DITES MOI SELEUMENT QUI DES RESPONSABLES DES MOUVEMENTS A ETE TOUCHE DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT PAR LA RIPOSTE DES GARDIENS DE L’ANCIENS POUVOIRS, SI L’ON SAIT QUE DANS LES MOUVEMENTS, C’EST LOGIQUEMENT LES LEADERS QUI OCCUPENT LES PREMIERS RANGS ? Personnes ! VOUS AVEZ JUSTE EXPOSE NOS VIE ET RECULER ET VOUS VOUS LA COULER DOUCEMENT MAINTENANT ! N’EST-CE PAS ?
    EN PLUS, NE NOUS DUPER PLUS ! 100 000 PERSONNES VIOLENTES, MEME A MAINS NUS ECRASERONS TOUJOURS 1000 MILITAIRES SANS ARMES ! COMPREND DONC, QUE MEME SI C’EST PAS LEGIME D’UTILISER LES ARMES, PERSONNE NE SE LAISSERA TUER LES ARMES A LA MAIN ! VOUS ALLEZ UN JOUR REPONDRE DEVANT L’HISTOIRE POUR CES MORTS DE L’INSURECTION PARCE QUE VOUS EN ETES LES PREMIERS RESPONSABLES !
    NE DIT-ON PAS TOUJOURS QUE LE PROBLEME N’EST PAS L’EXECUTANT MAIS CELUI QUI A ORDONNE ? VOUS AVEZ DONNE L’ORDRE A VOS INFILTRES D’ALLEZ PILLER ET SACCAGER TOUT EN SACHANT QUE L’AUTRE COTE, ON VA TIRER ! VOUS PARTAGER DONC LA MEME RESPONSABILITE QUE CELUI QUI A ORDONNE DE TIRER !

    PAUVRE BURKINA, INFESTE DE RAPACES ! QUE DIEU TE VIENNE EN AIDE !

  • Il est indispensable que les militants du MBDHP restent à leur place (ce qu’ils font en publiant ce rapport) et refusent toute participation au pouvoir politique malgré les souhaits de l’intervenant 3. Tout pouvoir, même le plus noble, a besoin d’un regard extérieur pour l’aiguillonner et lui rappeler les valeurs à respecter. Il faut en finir avec cet adage selon lequel "la fin justifie les moyens" : Ceux qui utilisent les mêmes moyens ont un jour ou l’autre la même fin.

  • Internaute N°6, du cha-ra-bia, on ne comprend rien à ce que tu dis. N’importe quoi !!!!

  • INTERNAUTE 6 ; tu es l’un des fusilleurs ? Si tu trouves le MBDHP premier responsable des dégâts ; où classes-tu la responsabilité des hommes au pouvoir de l’époque ? La foule sans armes n’était pas sortie pour tuer des hommes armés. Même si c’était le cas, ils pourraient rendre les armes ou prendre la tangente. Sinon ils doivent répondre de leurs actes. On ne tue pas seulement parce qu’on est armé.

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