Premier Congrès des sages-femmes et maïeuticiens : L’accès universel à la santé et la réduction de la mortalité maternelle au centre des débats

mercredi 27 mai 2015 à 21h42min

« Sur la voie de l’universalité des soins, garantir les droits des femmes et des filles à la santé maternelle, néonatale et infantile », c’est la matière à réflexion du premier Congrès national des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina. Placé sous le patronage du Président de la Transition, Michel Kafando, il se tient du 27 au 29 mai à Ouagadougou et devrait voir le renouvellement des instances et la dissémination des documents régissant le corps. La cérémonie d’ouverture a eu lieu ce mercredi dans la salle de conférence de Ouaga 2000.

Premier Congrès des sages-femmes et maïeuticiens : L’accès universel à la santé et la réduction de la mortalité maternelle au centre des débats

Au Burkina Faso, on dénombre 2245 sages-femmes pour 17 millions d’habitants. Autrement dit, il n’y a qu’une sage-femme pour plus de 10 mille habitants au lieu d’une sage-femme pour 5000 habitants selon les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). C’est dire que la santé maternelle et infantile demeure jusque-là une préoccupation aussi bien pour le corps médical notamment les sages-femmes et maïeuticiens, que pour l’Etat et l’ensemble des organismes de santé. En 2008, un Conseil des sages-femmes s’est penché sur l’état des lieux de ce corps de métier au Burkina Faso. Les échanges ont abouti à la création en 2012 d’un Ordre national des sages-femmes et maïeuticiens.

Premier du genre, ce Congrès des sages-femmes a pour objectif de disséminer les documents relatifs à l’amélioration des prestations sanitaires, mais aussi de renouveler les instances dirigeantes. Une réflexion profonde sera aussi menée sur la mortalité maternelle qui continue d’avoir la peau dure dans notre pays.
Présidente de l’ordre des Sages-femmes et maïeuticiens du Burkina, Judith Thiombiano devant le président Michel Kafando a posé la question suivante : « Pourquoi les femmes continuent de mourir pendant l’accouchement ? ». A son avis cela ne devrait plus l’être de nos jours. Au-delà des conditions difficiles de travail, Mme Thiombiano ne passe pas sous silence la question de la formation des agents de santé en la matière. Pour elle, les sages-femmes et maïeuticiens doivent être au même niveau de formation que leurs collègues de la sous-région ouest-africaine. Et d’ajouter que l’universalité de la santé doit être une réalité au Burkina.

L’inconscience, l’indiscipline, l’empathie… les maux qui minent le corps

« L’effritement des consciences, l’indiscipline, l’empathie…. », sont entre autres les maux qui minent le corps des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina, selon la présidente Judith Thiombiano. A cela s’ajoute la corruption même si elle est infime. La mission assignée à ce corps médical est divine, selon la présidente qui trouve anormal qu’une personne qui se doit de l’accomplir ne soit pas passionnée du métier. D’où l’insistance de la marraine Joséphine Ouédraogo, ministre de la Justice, garde des sceaux sur la formation de qualité des agents. Signifiant l’importance d’un tel Congrès, Joséphine Ouédraogo a exhorté ses filleules à se pencher sur les questions d’éthique et de déontologie à même de mieux réguler la profession.

L’Etat fera des efforts de subvention au profit de l’Ordre

Ce premier Congrès de l’Ordre des sages-femmes et maïeuticiens constitue selon le Président de la Transition Michel Kafando, une véritable opportunité qui permettra d’échanger sur les nouveaux savoirs et savoir-faire afin que les femmes des villes et des campagnes soient prises en charge selon les règles de l’art. Une des priorités de l’Etat et en droite ligne avec les objectifs 4 et 5 du millénaire pour le développement (OMD), le Burkina est conscient des nombreux défis pour l’amélioration de la santé des femmes et des enfants. Les 200 sages-femmes recrutées chaque année sont loin, affirme le Président Kafando, d’aboutir à l’atteinte des objectifs. Une situation qui laisse percevoir l’immensité de la tâche pour que le droit à l’accès universel de toutes les femmes aux soins soit une réalité.

En réponse aux conditions difficiles de travail, l’Etat par la voix de Michel Kafando s’engagera à relever le défi de l’équipement conséquent des centres de santé en matériels et consommables. Quant à la formation des agents, le Président de la Transition rappelle qu’elle doit être de qualité, permanente et en continue. C’est donc en cela, a-t-il poursuivi, qu’il faut saluer la création de l’ordre des sages-femmes qui fait de la formation de ses membres une priorité. C’est pourquoi, note Michel Kafando, L’Etat en matière de subvention, fera des efforts pour soutenir l’Ordre des sages-femmes du Burkina.

Il est attendu des travaux de ce congrès, des recommandations pertinentes, adéquates, réalistes et réalisables dont la mise en œuvre mettra davantage la sage-femme au cœur du processus d’offre de soins de qualité au profit des populations.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

Messages

  • Une profession qui ne marque pas une halte pour réfléchir à son développement est vouée à une "mort".
    félicitation collègues SFE/ME, j’ai apprécié ce congrès. Cependant sans connaître l’agenda détaillé, j’ose espérer que des thèmes techniques seront développés sous forme de panels, conférences afin de contribuer à la formation continue des membres.
    Bon courage

  • Félicitations Mme Thiombiano vous avez donné une bonne visibilité à votre congrès. Pleines réussites à vos activités.

  • Ce congrès est la bienvenue parce qu’il est tragique et inconcevable de mourir en donnant la vie. Espérons que les congressistes, qui sont les premiers interpellés, pencherons sans peur ni honte sur les maux qui minent leur corps :
    - l’insuffisance de compétence des acteurs, due à une insuffisance dans la formation dont la conséquence immédiate est la mauvaise qualité des soins prodigués aux clientes ;
    - l’insuffisance dans la répartition du personnel (pléthore handicapant à Ouaga et insuffisance dans les régions) ;
    - l’insuffisance dans l’organisation du travail ;
    - le laxisme dans les maternités ;
    - la mauvaise qualité de l’accueil, conséquence d’un manque de compassion et d’une conscience professionnelle en recul ;
    - le racket et le vol.
    A cela s’ajoute des contraintes telles :
    - l’insuffisance de médecins spécialistes dans les zones autres que Ouaga et Bobo ;
    - l’insuffisance de ressources (matériel...)
    Ces faits ne peuvent que transformer nos maternités (lieux où on donne la vie) en de véritables mouroirs.
    Ce qui se passe dans ces services est à l’image de notre système de santé, qui ne fait que s’affaiblir.
    Les choses peuvent changer si on y met de la volonté (surtout politique).
    Seul électrochoc peut réanimer ce système dont la déchéance graduelle n’a que trop duré.
    Mais qui sera ce réanimateur émérite ? La nation lui tirerait une fière chandelle !!

  • Félicitations. Mais faut pas rester seulement à Ouagadougou ou Bobodioulasso pour vendre des habits, pagnes et chaussures dans les centres de santé. Faut accepter les affectations dans les provinces et villages pour sauver aussi nos sœurs.

  • Je pense que le nom de la présidente est plutôt Brigitte Thiombiano

  • Sages Femmes,
    Votre nom est original. Mais nopoko dit que vous êtes méchantes . Pourquoi ? Est ce que c’est à cause de çà que la femme de Modibo le peulh de Gassel pathè ne veut pas aller à la maternité pour accoucher ? Les conditions de travail sont vraiment difficile comme le travail là. D’ailleurs, elles ne sont même pas nombreuses avec toutes ces femmes qui mangent beaucoup . Tanti Brigite ! Il faut dire aux petites sœurs là, d’être plus douces même si elles sont fâchés en quittant la maison. Nous allons t’aider. Courage.

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