Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Il faut accepter les déceptions passagères, mais conserver l’espoir pour l’éternité. Martin Luther King » 

Exhumation des restes de Thomas Sankara et de ses compagnons : « Rien ne sera caché au peuple », dixit Me Bénéwendé Sankara

Accueil > Actualités > Politique • • mercredi 27 mai 2015 à 13h41min
Exhumation des restes de Thomas Sankara et de ses compagnons : « Rien ne sera caché au peuple », dixit Me Bénéwendé Sankara

Mardi 26 mai 2015 à Ouagadougou. Nous sommes au deuxième jour de l’exhumation des supposés restes de Thomas Sankara et ceux de ses camarades, assassinés le15 octobre 1987 et enterrés à la sauvette. Et pour ce jour, cinq tombes ont été ouvertes parmi lesquelles la sépulture où reposerait le président du Conseil national de la révolution et Chef d’Etat. En fin de soirée après le départ des dépouilles sous haute escorte, Me Bénéwendé Sankara s’est prêté aux questions des journalistes déportés sur les lieux.

La veille, seules deux tombes avaient été ouvertes par les experts burkinabè et français, assistés de la police technique et scientifique. Toutes les tombes sont fouillées, la terre est tamisée et le sol fouillé avec des appareils. Chaque opération peut prendre quatre heures de temps. Ce travail fastidieux et méticuleux s’apparente bien à de l’archéologie, à en croire Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille du père de la révolution d’Aout 84. Mais, en dépit des difficultés que l’on peut imaginer en pareille circonstance, cinq sépultures ont été inspectées ce mardi 26 mai 2015. Il s’agit de celles supposées de Thomas Sankara, d’Abdoulaye Gouem, de Der Somda, de Oualilaye Ouédraogo et de Sibiri Zagré.

« Au tout début, ce n’était pas évident parce qu’il fallait d’abord procéder même par les mains pour s’assurer d’avoir la profondeur », dixit Me Sankara. Et il rappelle que pour la tombe du capitaine Thomas Sankara, il n’a fallu que de 45 cm de profondeur pour trouver les premiers restes notamment des ossements et des morceaux de tissus de fond rouge avec des traits noirs. Ça devait être un épisode éprouvant pour l’ensemble des familles des victimes présentes car « au-delà de l’émotion, ça donne des frissons », soutient l’avocat.

« Si les besoins d’analyse ailleurs doivent se faire, parce que nous n’avons pas de laboratoire qualifié, ça se fera », répond Me Sankara à la question de savoir où se feront les analyses. Bien que deux Burkinabè fassent partie des experts, il n’en reste pas moins que le pays ne dispose pas d’équipements à la pointe de la technologie. Néanmoins, il appelle le peuple, « vrai juge », à la sérénité car « rien ne lui sera caché ». « N’ayez crainte ! Personne ne peut traficoter quoi que ce soit à l’intérieur. Je vous assure que s’il y a le moindre faux pas, vous serez informé », tient à préciser l’avocat.

« Aussi longue que soit la nuit, le jour viendra. Rien ne sert d’assassiner pour arriver au pouvoir car vous serez rattrapé par votre histoire ». Après donc la chute du régime Compaoré, une lueur d’espoir point à l’horizon pour tous les dossiers de crimes non élucidés. Et Me Sankara reste optimiste quant à la suite de certaines affaires dont celles du journaliste Norbert Zongo, de l’étudiant en médecine, Dabo Boukary, de l’élève Flavien Nébié, du juge Salifou Nébié et bien d’autres.

En attendant, après analyses et identification des victimes, les restes pourraient bien retourner auprès de leurs familles. Mais Me Sankara souhaite qu’un hommage bien mérité soit rendu à Thomas Sankara et à ses 12 compagnons, souvent oubliés de la mémoire collective.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Bobo-Dioulasso : Des jeunes outillés sur l’analyse des politiques publiques et la stratégie de plaidoyer
Les députés frondeurs ont cessé l’utilisation du sigle "UPC"
Appel de citoyens à la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo : « Une vieille stratégie politique démodée », selon Adama Yasser Ouédraogo du CDP
Nouveau règlement de l’Assemblée nationale : Le format du discours du Premier ministre devant le parlement sera réduit
58è anniversaire de l’indépendance : Le Burkina a revisité son histoire à Manga
Message à la nation du président du Faso : Les Burkinabè sont-ils réellement disposés à l’unité et à la cohésion nationale ?
Sondage d’opinion « Présimètre » : Roch Kaboré obtient 4,91 sur 10 pour sa 3e année de gouvernance
Demande d’extradition de François Compaoré : Les commentaires du gouvernement burkinabè sur la décision de la Cour d’appel de Paris
Crise au conseil municipal de Gourcy : « Nous serons désormais obligés de nous défendre contre nos agresseurs » (Responsable provincial des jeunes du MPP)
Loi sur le vote des Burkinabè de l’étranger : Les Burkinabè d’Espagne s’insurgent contre les missions d’explication
Politique : Le PDS/Metba se prépare pour les élections de 2020
Réseau des femmes Leaders : Projecteurs sur la participation politique de la jeunesse féminine burkinabè
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés