Présidentielle 2015 : « « Personne n’a le droit d’exclure des Burkinabè d’une compétition électorale » réaffirme Djibrill Bassolé

mardi 26 mai 2015 à 00h19min

C’est la première sortie politique de Yipènè Djibrill Bassolé sous la houlette de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA). Les 23 et 24 mai, ce sont les provinces du Yagha et de l’Oudalan dans la région du sahel qui ont vu séjourner les responsables du parti et leur futur candidat à travers des meetings. Présentation et installation des structures déconcentrées du parti ont été les axes majeurs de la tournée.

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Présidentielle 2015 : « « Personne n’a le droit d’exclure des Burkinabè d’une compétition électorale » réaffirme Djibrill Bassolé

C’est dans la soirée de vendredi que le futur candidat de la NAFA, Yipènè Djibril Bassolé est arrivé dans la ville de Dori, capitale de la région du Sahel où il y a eu une série de rencontres avec des personnes ressources. Cap est mis le samedi 23 mai, sur Sebba, chef-lieu de la province du Yagha pour le tout premier meeting du parti avec son ‘’candidat’’ à la présidentielle avant Korizena dans la province de l’Oudalan le lendemain, dimanche, 24 mai.

Au premier comme au second lieu, l’objectif visé est le même : présenter, d’ores et déjà, le futur candidat, Yipènè Djibril Bassolé à l’ensemble des partis politiques qui souhaitent soutenir sa candidature et partager des sujets de préoccupations avec les populations concernées, celles de la région de façon générale.

Et pour cette première sortie inaugurale, ce fut un succès, au regard de la mobilisation enregistrée à chacune des étapes. « Djibril Bassolé, la solution », « Djibril Bassolé, l’homme de la situation » ou encore « Djibril Bassolé, l’espoir de la jeunesse burkinabè » sont quelques-uns des slogans et messages qu’on pouvait entendre et lire.
« Honneur, loyauté, dignité, rigueur, détermination, courage, patriotisme », ont, également, été entre autres valeurs que militants et sympathisants de la NAFA et autres ‘’admirateurs’’ du général de gendarmerie ont, à chaque étape, reconnues à leur futur candidat à la course pour Kosyam.

Pour les jeunes du Yagha, via leur porte-parole, Issouf Ly, l’histoire récente du Burkina requiert de faire un choix conséquent de l’homme qui doit diriger le Burkina et ce choix n’est autre que Djibril Bassolé. Tout comme à Sebba, c’est le même enthousiasme qui s’est constaté à Korizena où les responsables locaux du parti (qui venaient d’être installés) ont annoncé prendre désormais d’assaut villages et hameaux pour « annoncer la bonne nouvelle » de la candidature de « l’homme idéal » qui, affirment-ils, sera à Kosyam à l’issue des élections d’octobre prochaine. Pour se donner les moyens de leur ambition, des motos, grosses cylindrées ont été remises à chacun des responsables (sous-sections et section) pour parcourir les localités.

Le sens d’un engagement pour la présidence !

M. Bassolé a confié être heureux de constater que la NAFA s’organise et occupe le terrain pour porter sa candidature. Invitant les responsables du parti, à se départir de tout ce qui peut favoriser et entretenir un tempérament politique conflictuel. « Ce n’est pas de cela dont les Burkinabè ont besoin. Je souhaite rassembler tout le monde et que la NAFA soit cette nouvelle façon de voir la politique. On a besoin de rassemblement non seulement pour gagner mais également pour gouverner », a campé Djibril Bassolé. C’est pourquoi, a-t-il exhorté les responsables du parti : « Soyez le parti de référence, de la paix, du dialogue et de l’ouverture envers tous. Faites de la politique, un moyen de servir et non pas un moyen de se servir. Servez les populations, servez votre pays. Ayez pour ambition d’améliorer les conditions de vie des populations. Ayez pour ambition de faire grandir votre pays. Ne vous servez pas des populations, ne vous servez pas de votre pays pour d’autres types d’ambitions. (…). A l’ensemble des militants du parti, montrez-vous meilleurs exemples dans votre comportement politique, tendez toujours la main, faites toujours preuve d’ouverture et de dialogue. Faites exactement comme celui que vous présentez comme votre candidat a toujours fait : la force de la persuasion, l’élégance et la courtoisie dans le propos ».

A en croire l’ancien ministre des affaires étrangères, le premier pas de la tournée générale par le sahel n’est pas un fait du hasard. Le Yagha fait, note-t-il, partie du sahel, le sahel fait partie du Sahel de l’Afrique. « Et en tant qu’envoyé spécial de l’organisation de la Conférence islamique (OCI), le secrétaire général de l’organisation m’a demandé un plan, une stratégie de développement du Sahel. Ma stratégie n’aura de sens que si le sahel de mon pays d’origine connaît la paix, la stabilité et le développement », a dévoilé M. Bassolé, déplorant que le Burkina ait connu son premier acte terroriste (le 4 avril 2015, ndlr) et qu’il faut s’employer à faire en sorte que cela n’arrive plus jamais.

Il affirme avoir à cœur le développement du Yagha et du Sahel de façon générale. Il faut donc au Burkina aller, dit-il, vers un programme de développement harmonieux et équitable parce que le sahel est une région frontalière à des pays qui connaissent des difficultés liées au fait que les régions un peu éloignées souffrent de mal-gouvernance, de la non-présence de services sociaux de base, laissant des jeunes sans perspective, donc en proie à des fléaux. Pour lui, le nord du Burkina doit échapper à cette insécurité. D’où la nécessité, souligne-t-il, de tout mettre en œuvre pour que le développement, le progrès social et économique mettent à l’abri de ces maux que, malheureusement, les pays voisins ont connus. « Je m’investirai du mieux de ma possibilité, comme je l’ai toujours fait, en tant que représentant du médiateur de la CEDEAO, en tant que représentant du secrétaire général de l’OCI, pour que la paix revienne au nord-Mali », a-t-il confié, mettant en exergue, son origine africaine et son esprit panafricaniste.

Au chapelet de doléances…, Djibrill Bassolé coupe court

Celui-là même que les militants et sympathisants présentent comme la « solution », l’ « homme de la situation », le général de Gendarmerie, Djibrill Bassolé, dit ne pas attendre qu’on lui fasse une liste de doléances pour se rendre compte des besoins des populations de la province du Yagha, de l’Oudalan et le sahel en général. Pour lui, ce serait une injure de demander aux populations, ce qu’il leur faut. Ce fut la même assurance également à Korizena où le principal souci soulevé a été la question de l’accès à l’eau. « Je sais ce qu’il vous faut. Depuis des années, je m’occupe du Sahel. Je me suis occupé de la sécurité du Sahel, de la diplomatie et de la résolution des conflits au sahel. J’étudie à longueur de journée, les problèmes ; je sais ce qu’il vous faut. Je n’attendrai pas d’être élu Président du Faso pour faire ce que je dois faire pour vous les populations du sahel. Mais, évidemment, le poste de Président du Faso me donnera sans nul doute, les moyens de régler vos problèmes. Le premier meeting se tenant ici à Sebba, la première route goudronnée de mon mandat sera la route Dori-Sebba. Et si je vous le dis, c’est parce que j’ai déjà commencé les négociations, les financements sont presqu’acquis », a annoncé M. Bassolé.

Il a également relevé le besoin en eau, électricité, en emplois et formation des jeunes, etc. A l’en croire, tout cela est à portée de main. Il a aussi profité de l’occasion pour ‘’déplorer’’ les délestages auxquels est soumis le Burkina. Les délestages, explique-t-il, sont en passe de tuer et de déchirer complètement le tissu de notre économie. Tous les petits travailleurs, soudeurs, restaurateurs, tous ceux qui ont besoin d’électricité pour mener leurs activités sont handicapées et plongés dans le désarroi. D’où son invite à mettre au goût du jour le traité d’amitié et de coopération qui dispose de trois grandes décisions parmi lesquelles, l’approvisionnement du Burkina en énergie (énergie électrique et carburant). « Ayons l’humilité et le courage de le faire. En tout cas, je m’engage à le faire. Une insurrection comme celle que nous avons connue doit nous préparer à travailler à éviter des insurrections. Evitons de créer les conditions sociales, économiques et politiques qui peuvent amener d’autres insurrections », a-t-il lancé.

« Je serai candidat »

Par un regard rétrospectif sur le code électoral, au sujet duquel il s’est prononcé de l’étranger, Djibrill Bassolé dit réitérer son hostilité à toutes les formes d’exclusion. Demandant à ‘’tout homme’’ de combattre toute mesure qui exclut, même celle qui ne vise que votre adversaire. « J’étais à Djeddah lorsque la décision a été prise d’exclure des personnalités de la compétition politique. Mes dernières interventions ont été faites à partir de l’Arabie Saoudite où j’y étais dans le cadre de mes missions OCI. Mais, comme je pense que ce que j’ai dit là-bas n’a pas pu être bien compris ; il y en a qui ont dit oui, c’est facile pour lui, il va rester à l’extérieur pour parler. Je viens, ici, au Burkina Faso, je suis chez moi, et sur cette terre du Burkina Faso, je dis encore, haut, fort et clair que personne n’a le droit d’exclure des Burkinabè d’une compétition électorale ; personne n’a le droit de le faire. Au cas où certains ne l’auraient pas compris, je le répète : personne n’a le droit de retirer ce droit fondamental précieux, à des Burkinabè. Qu’il n’y ait aucune ambigüité là-dessus », a soutenu l’ancien ministre de la sécurité, Djibrill Bassolé.

Il a rappelé qu’en mai 2011, il disait « haut », « fort » et « clair » que le projet de révision de l’article 37 n’était pas opportun, compte-tenu du contexte. « Alors encore, je dis la même chose : les lois d’exclusion ne sont pas une bonne chose pour le Burkina Faso. Les mêmes, et vous les connaissez, qui ont induit Blaise Compaoré en erreur, en lui disant à l’époque que la limitation des mandats n’était pas une bonne chose, en lui disant que l’article 37 était anti-démocratique ; ils l’ont induit en erreur et ils ont fui le laisser au milieu du ‘’gué’’. Les mêmes aujourd’hui vont induire les dirigeants de la transition en erreur ; ils vont les induire en erreur et ils vont partir les laisser », a-t-il évoqué, invitant de n’exclure personne du débat politique. L’exclusion n’a que des inconvénients. Par contre, l’inclusion a des vertus.

« Peu importe celui qui remportera les élections, l’inclusion permettra à l’élite burkinabè et à la classe politique burkinabè de sonner le glas et de montrer la voie de la réconciliation et de la cohésion nationale », a appuyé M. Bassolé, ajoutant que l’histoire retienne qu’il n’a jamais été pour les mesures d’exclusion et qu’il continuera de le dire haut et fort. « Je continuerai à donner aux organes de la transition les conseils et recommandations utiles pour que la cohésion soit renforcée et que la mission de cette transition réussie pour le plus grand intérêt des Burkinabè ». Selon lui, au-delà de ce qui peut diviser politiquement, il y a pour tous, un devoir de donner à l’extérieur, une belle image du pays, une « image de démocratie », une « image de pays stable », « mûre », « capable » de gérer des crises, de quelque nature qu’elles soient.

Cette sortie a également été saisie par lui pour réaffirmer son intention de candidature à la présidentielle à venir. Invitant les siens à partager dans ce sens avec lui, les mêmes valeurs, le même langage et à dire aux Burkinabè, ce qu’ils souhaitent pour eux.

Cependant, et à l’en croire, qu’il soit candidat ou pas, M. Bassolé s’engagera et se battra pour son pays. Il annonce dans cet élan, sa Fondation qui va se charger de financer les petites activités sous la forme de microcrédits, surtout celles des femmes et des jeunes. « Le dossier est presque bouclé. Que je sois candidat ou pas, je le ferai pour mon pays, je le ferai pour le sahel », a certifié Djibril Bassolé.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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