Libre circulation des personnes et des biens : Le Laboratoire Citoyennetés outille les acteurs de Banfora

dimanche 24 mai 2015 à 22h56min

Banfora a abrité les 12 et 13 mai 2015, un forum de restitution des diagnostics sur la libre circulation des personnes et des biens et la coopération transfrontalière. Le forum a réuni les acteurs du secteur.

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Libre circulation des personnes et des biens : Le Laboratoire Citoyennetés outille les acteurs de Banfora

Organisé par le Laboratoire Citoyennetés, ce forum placé sous l’égide de la Présidente de la Délégation Spéciale Régionale des Cascades, Léontine Zagré, a servi de cadre pour informer et sensibiliser les acteurs locaux frontaliers sur les problématiques, les enjeux et défis de la coopération transfrontalière, la règlementation, les atouts/opportunités et faiblesses inhérentes au processus d’intégration. Les participants ont aussi pu partager et enrichir les initiatives d’appui à l’amélioration de la libre circulation des personnes et des biens ; les initiatives de coopération transfrontalière entre collectivités territoriales et entre Organisations de la Société Civile(OSC). Le Forum a également servi de cadre pour constituer un répertoire des acteurs et des initiatives qu’ils portent en matière de coopération transfrontalière, de libre circulation des personnes et des biens ainsi qu’en matière d’accès transfrontalier aux services sociaux de base ; identifier les initiatives porteuses à accompagner en vue de parvenir à des accords de coopération entre OSC et entre Collectivités Territoriales Décentralisées ; jeter les bases de la collaboration transfrontalière entre collectivités et acteurs/réseaux d’acteurs de la société civile en vue d’atteindre les objectifs du programme.

Le forum de Banfora s’est tenu dans un contexte particulier où les collectivités territoriales sont dirigées par des délégations spéciales. Mais cela n’a pas pu constituer un blocage à la réflexion et au développement d’initiatives d’amélioration de la qualité de vie des populations par ces collectivités. Et pour une région comme les Cascades, la problématique de l’intégration régionale en général et la libre circulation des personnes et des biens en particulier constitue un élément essentiel des conditions de vie des populations. C’est pourquoi, madame Léontine Zagré a souligné qu’avant la Transition, le Conseil Régional avait déjà des projets de réalisations d’infrastructures transfrontalières qui viennent compléter ceux des Etats et des instances régionales.

La problématique globale que soulève la troisième phase du Programme Action publique et Citoyennetés (APC 3) du Laboratoire Citoyennetés interpelle les collectivités territoriales sur leurs capacités à satisfaire les besoin élémentaires d’éducation, de santé et d’accès à l’eau potable des populations et particulièrement de celles vivant en zones frontalières. La réflexion sur cette problématique est d’actualité parce que l’accès transfrontalier à ces services publics de base peut être le catalyseur d’une harmonie d’une harmonie et d’une intégration communautaire réussie. Mais cet accès transfrontalier aux services publics peut être aussi la source d’événements sociaux dramatiques mettant à mal la cohésion sociale entre populations frontalières.

Quelques cas malheureux d’affrontements entre communautés ou de tracasseries de toutes sortes de certains agents publics nous rappellent de temps en temps que la construction d’une communauté de destin n’est jamais définitivement achevée. Madame la Présidente de la Délégation Spéciale Régionale des Cascades a indiqué que le devoir de tous les acteurs est de briser toutes les barrières et de bâtir un espace où les populations vivent ensemble et en harmonie.
Le forum de restitution de l’étude diagnostique a permis de prendre toute la mesure de la réalité du terrain relative à la libre circulation des personnes et des biens ainsi que les enjeux qu’elle soulève dans la région ; et de pointer un certain nombre d’initiatives ou de pratiques des acteurs tant au niveau des populations qu’à celui des acteurs de la gouvernance locale qui pourraient être accompagnés vers des collaborations formelles.

Golleau Isidore Traoré
Lefaso.net

Propos d’acteurs :

Raogo Antoine Sawadogo, Président de Laboratoire Citoyennetés : Nous avons un programme sous-régional dans l’espace UEMOA qui s’appelle Action Publique et Citoyennetés. L’objectif principal de ce programme est d’accompagner les politiques publiques édictées par les Autorités politiques au niveau communautaire concernant le domaine de la libre circulation des personnes et des biens, et également l’accès transfrontalier aux services publics de base. Autrement dit, que les infrastructures socioéconomiques installées aux frontières devraient pouvoir être utilisées indifféremment par tel ou tel citoyen qu’il soit de tel pays ou de tel autre pays sur le même pieds d’égalité avec la même qualité de service fourni. Voilà le contexte. Alors comment y arriver, c’est justement la stratégie, c’est de faire un diagnostic généralisé sur l’état des lieux, une situation de référence sur la libre circulation des personnes et des biens en matière de contrôle policier, sécurité, douane et santé (santé animale, santé humaine, santé alimentaire, etc.), et ensuite voir aussi les initiatives de coopération transfrontalière qui existent entre les collectivités territoriales décentralisées de part et d’autre des frontières. A Banfora, cela concerne la région de Boundiali en Côte-d’Ivoire, la région des Cascades au Burkina et la région de Sikasso au Mali. Nous sommes déjà allés du côté de la Côte –d’Ivoire, on a fait la restitution de cette étude. Aujourd’hui et demain c’est le tour de Banfora et la semaine prochaine ça sera le tour de Sikasso au Mali.

Dr Kassem Salam Sourwéma, Coordonnateur du programme Action Publique et Citoyennetés à Laboratoire Citoyennetés : L’état des lieux est plus ou moins connu, parce qu’au niveau des espaces transfrontaliers notamment ici pour ceux qui passent régulièrement la frontière, ils ont déjà une idée de ce qui se passe avec la libre circulation des personnes et des biens. Il faut dire que malgré les efforts que les Etats ont déployés, malgré les efforts des organisations d’intégration que sont l’UEMOA et la CEDEAO, on constate que les textes qui ont été pris et les mécanismes qui ont été prévus pour favoriser la libre circulation des personnes et des biens sont très difficiles à mettre en œuvre pour plusieurs raisons, dont l’unes des principales nous estimons est le fait que nous sommes dans des espaces où l’ensemble des éléments est structuré autour d’un Etat. Alors que qui dit Etat dit frontière et qui dit frontière, dit un certains nombre de dispositions à prendre ou à respecter pour pouvoir passer les frontières. Ca, ça complique la situation avec ce qu’on a comme environnement aujourd’hui, l’insécurité, les maladies épidémiques, ça rend tout cela compliqué. C’est le 1er élément qui est le principal. Le second, c’est que ceux qui aspirent à passer la frontière, ne sont généralement pas aussi en règle. Ils n’ont pas l’ensemble des papiers exigés, que ce soit du côté des usagers ou des opérateurs de transport dont les conducteurs, les transporteurs. Rarement les gens sont à jour vis-à-vis de la règlementation. A partir de là, il est évident que ceux qui sont là pour contrôler, s’ils veulent bien faire leur travail, ça veut dire que les gens ne vont pas passer. Comme c’est difficile aussi de faire le travail avec toute la rigidité et tout le sérieux qu’il faut, donc il y a des pratiques qui s’installent, qui se construisent, notamment des tolérances, on laisse passer certains, ou également d’autres formes de pratiques qui s’installent autour du fait qu’il faut donner quelque chose avant de pouvoir passer la frontière. Il y a une citation dans le rapport que j’aime bien, où un agent des forces de l’ordre dit : « si tu me donnes pour moi, je ferme les yeux sur l’état de ton véhicule et le manque de pièces ». Donc c’est tout dit. Dans cette situation, je pense que ce que nous devons faire, c’est d’amener progressivement le acteurs à comprendre qu’on peut passer la frontière sans trop de difficultés, si d’une part on a les papiers qu’il faut, si d’autre part aussi les citoyens se coalisent dans une action de sensibilisation et de plaidoyer à l’endroit des forces de l’ordre et des autorités sur ces questions de passage de la frontière.

Propos recueillis par GIT

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