Santé des populations : Schistosomiase, une maladie « très » handicapante

dimanche 24 mai 2015 à 05h25min

La schistosomiase, ou bilharziose, est bien une réalité dans certaines contrées du Burkina. 58%, c’est le taux enregistré, par exemple, à Lioulgou dans la commune rurale de Dialgaye - province du Kouritenga -. Une personne sur deux vit avec cette maladie qui est pourtant très handicapante sur le moyen et long terme. C’est donc pour appuyer sa lutte au niveau local et national que le projet 3E a été initié par l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE, Burkina Faso) en collaboration avec l’Ecole Polytechnique de Lausanne (EPFL, Suisse) et d’autres universités suisses pour venir à bout du mal. Un atelier de restitution dudit projet a eu lieu ce vendredi 22 mai 2015. L’objectif était de permettre aux populations et aux chercheurs d’être au même niveau d’information et de compréhension de la maladie.

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Santé des populations : Schistosomiase, une maladie « très » handicapante

Il convient de noter que la schistosomiase est une maladie tropicale négligée très répandue et elle touche plus de 200 millions de personnes dans le monde dont la grande majorité se trouve en Afrique subsaharienne. A Lioulgou dans la région du Centre-Est, l’agriculture demeure l’activité principale des populations - notamment la riziculture -. Ce qui les amène naturellement à être en contact quasi-permanent avec les eaux de surface en saison humide. En clair, explique Dr Dakouré/Sou Mariam, enseignante chercheur à 2iE, c’est dans les eaux que la contamination a lieu. Les enfants ne sont pas épargnés par cette maladie. Il y a, indique l’enseignante chercheur, un grand risque à leur niveau au regard de leur fragilité. Handicapante dans le moyen et long terme, les complications de la maladie sont aussi dangereuses. « Tout l’arbre urinaire peut en prendre un coup », confie le représentant du coordinateur national du projet Maladie Tropicale Négligée (Ouédraogo Hamado), par ailleurs chef d’élimination de la schistosomiase au Burkina. Il s’agit notamment du cancer de la vessie, de la stérilité, des avortements à répétition, des fibromes tissulaires, très souvent chronique, de l’insuffisance rénale…

Projet 3E. Schistosomiase et perception locale de la maladie

Le choix de Lioulgou n’est pas fortuit selon Jean-Marc Froehlich, représentant le coordinateur du projet 3E. Il réside, dit-il, du fait du taux de prévalence très élevé de la maladie dans le village.

Le projet 3E dans son volet 1.1.1 sur la schistosomiase est établi sur une durée de trois ans. Sa coordination conjointe est assuré par le 2iE et l’ EPFL sur financement de la Coopération Suisse, dans le cadre d’un programme général qui dure 10 ans. Il comprend, selon Dr Dakouré, différentes composantes dont la recherche sur les maladies d’origine hydrique, plus particulièrement la schistosomiase. C’est en effet, un projet qui se veut participatif. Et l’atelier de restitution de Lioulgou s’inscrivait dans le cadre de la tenue d’un autre partage d’expérience de façon participative sur la thématique de la bilharziose, son mode de transmission, ses hôtes intermédiaires et la perception locale de la maladie dans le village de Tougou, commune rurale de Namissigma en Février 2015.

Une journée aura suffi pour permettre aux participants –hommes et femmes- d’avoir une idée claire sur la maladie. Un objectif visiblement atteint étant entendu qu’il s’agit à travers cet atelier de recueillir toutes les différentes perceptions – bonnes ou mauvaises – qu’a la population sur la maladie. A en croire Dr Dakouré, la schistosomiase a un grand intérêt public sur le plan médical. En ce sens que jusqu’à présent, beaucoup de personnes pensent que manger des arachides grillées ou encore des grenouilles peut entrainer la maladie ou encore que la schistosomiase est sexuellement transmissible. « C’est n’est pas vrai », dit-elle.
C’est pourquoi il a été question de trier le faux du vrai à travers des travaux de groupes avant de donner une définition plus correcte de la maladie. Puis s’en ait suivie une présentation du cycle de la maladie et de la démarche à suivre lorsqu’on constate des symptômes (présences de sang dans l’urine, fatigue etc.).
Au constat des signes, il faut absolument se rendre dans une formation sanitaire pour une consultation. Un traitement à base de praziquantel est disponible qui, selon Dr Dakouré est gratuitement distribué aux populations, soit après diagnostic, soit pour la campagne. A ce niveau également, des appréhensions ont été levées sur les effets secondaires après la prise des médicaments.

Des résultats plutôt satisfaisants à mi-parcours du projet

Le projet sur la schistosomiase intervient dans trois sites (Tougou, Lioulgou, Panamasso) dont les deux derniers sont par ailleurs des sites sentinelles du programme d’élimination de la schistosomiase au Burkina. C’est, en effet, grâce aux données nationales que le projet a pu identifier deux sites dont Lioulgou dans la région du Centre-Est et un autre dans la région des Hauts-Bassins. A mi-parcours, les résultats selon Dakouré/Sou Mariam sont satisfaisants. Toutefois la sensibilisation continue dans la perspective d’atteindre l’élimination totale de la maladie.
Somme toute, il faut noter que le projet 3E (2iE, EPFL) dans sa composante Eau et Environnement a pour objectif, entre autres, d’étudier la transmission de la bilharziose (ou Schistosomiase, maladie invalidante d’origine hydrique afin de mieux cerner sa dynamique de transmission et de renforcer la lutte pour son élimination aux niveaux local et national.

Bassératou KINDO
Lefaso.net

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