ACF-TAPOA : le projet « Water facility » qui facilite le quotidien des communautés

dimanche 17 mai 2015 à 08h21min

Quatre ans après son lancement dans la Tapoa, le projet « Water facility » mis en oeuvre par Action Contre la Faim arrive à échéance. Fidèle à l’une de ses valeurs qu’est la transparence, l’ONG a organisé du 11 au 14 mai, une mission au profit d’une dizaine de journalistes afin que ceux-ci s’imprègnent des acquis majeurs du projet pour les porter aux partenaires et aux communautés. De Diapaga en passant par Tansarga et Logobou jusqu’à Nayouli, les visiteurs se sont prêtés à un exercice d’appréciation des réalisations et d’échanges avec les bénéficiaires.

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ACF-TAPOA : le projet « Water facility »  qui facilite le quotidien des communautés

« Nous buvons plus de 90% de nos maladies », déclarait Louis Pasteur. Deux siècles plus tard, le sujet est toujours d’actualité surtout dans les pays pauvres où la situation de l’accès à l’eau potable et aux ouvrages d’assainissement de base reste encore précaire et préoccupante. A cela s’ajoutent les mentalités archaïques des communautés réfractaires au changement, ce qui constitue le terreau des maladies d’origine hydrique. Au Burkina Faso, la Tapoa est désormais l’une des provinces « bienheureuses » où « la morbidité ne sera plus comme avant ». Ceci grâce au projet ambitieux « Water facility » mis en œuvre par l’ONG Action contre la faim (ACF) de concert avec SOS Sahel et l’Association d’appui à la promotion du développement durable des communautés (APDC). Les activités terrain du projet prendront fin le 31 mai prochain mais avant, Water Facility a permis d’engranger d’énormes acquis dans les huit communes que compte la Tapoa. Ceux-là méritent, selon Charles Kirigo coordonnateur terrain d’ACF Diapaga, d’être portés à la connaissance des bénéficiaires mais aussi des partenaires techniques et financiers. La transparence et professionnalisme sont donc les principes qui ont guidé ce voyage de presse au cours duquel des forages et des latrines ont été visités.

De l’ « or bleu » et de sa gestion

Financé à plus de 2 milliards de F CFA par l’Union européenne, l’Agence française de développement, et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, « Water Facility » est un projet de grande envergure qui a su redonner un souffle profond à la province, autrefois « orpheline », de la Tapoa. En témoigne les multiples ouvrages réalisés qui profiteront à 60.000 bénéficiaires directs pour l’accès à l’eau potable, 7.800 bénéficiaires directs pour les installations sanitaires et 310.000 bénéficiaires directs pour l’éducation et la promotion de l’hygiène.

Ainsi, sur les 200 forages prévus par le projet, 112 ont été déjà réhabilités et 77 nouveaux forages ont été réceptionnés. Quant à ceux restants, rappelons que 10 sont en cours dans la commune de Botou et un autre forage dans celle de Namounou. Une visite guidée à Diakonli, un quartier de la commune de Tansarga et une autre à Nayouli dans le village de la Tapoa Gourma, a permis aux journalistes de mesurer l’impact que ces pompes à motricité humaines ont sur le quotidien des populations. Selon la gestionnaire du forage, Yentema Yonli, l’avènement de l’eau potable dans la localité est la solution pour lutter contre la diarrhée et les autres maladies d’origine hydriques.

Et étant donné que l’accès à cette ressource rare doit être suivi de pratiques d’hygiène adéquates, les bénéficiaires ont réaffirmé leur engagement à prendre toute les dispositions nécessaires pour la propreté de l’ouvrage. Rappelons qu’en plus d’un gestionnaire, il existe un hygiéniste et l’association des usagers d’eau (AUE) présidée par Emmanuel Yonli. Cette unité a entre autres le devoir de responsabiliser les communautés sur la gestion de l’eau, de collecter les fonds et de veiller à ce que les pompes en panne soient réparées. Concernant cet aspect, le projet a formé 16 artisans réparateurs dont 2 par commune. Et pour l’entretien de l’ouvrage, il est demandé à chaque femme de verser la somme de 250 F par mois. De plus, les AUE doivent reverser chaque année la somme de 10 000 F C CFA comme redevance au niveau de la commune.

Toujours dans le volet « accès à l’eau potable », notons que 8 boutiques de vente de pièces de rechanges des forages ont été installées dans les 8 communes que compte la Tapoa. C’est celle de Diapaga qui a été visitée par la mission. Pour le président de la délégation spéciale Ouri Konaté, ces boutiques disséminées dans la province viendront résorber le manque de pièces et réduire la distance qui s’imposaient aux AUE qui étaient obligés de se rendre à Fada ou à Ouagadougou pour se procurer le matériel manquant.

Latrines, vitrines d’assainissement

La lutte contre la morbidité liée aux maladies hydriques implique également la construction d’infrastructures d’assainissement adéquates. C’est ainsi que grâce à Water facility, 794 latrines sur les 837 prévues ont été construites à Botou et Logobou à la date du 27 avril 2015. Parmi ces ouvrages figurent 16 latrines ECOSAN – le reste étant des latrines San Plat – dont l’utilisation des excrétas a fait l’objet d’une formation en fin février au profit des bénéficiaires. Pour Natacha Guiguemdé, responsable du projet, cela permettra d’accroitre la production maraichère des familles et lutter parallèlement contre la malnutrition, principal combat de l’ONG Action contre la faim au Burkina depuis 2008. Dans la commune de Logobou, la vieille Nanon Ouali est un modèle pour M. Youssouf Porgo de SOS Sahel car elle aurait participé à toutes les étapes de la construction de sa latrine. A Hoanré, un maçon dont le travail force l’admiration a reçu la visite de la mission. Il s’agit de Yacouba Gnoula qui a à son actif une vingtaine de latrines construites. Soulignons au passage que tous les 16 maçons ont reçu été formés dans le cadre du projet.
Certes, les ouvrages réalisés sont de qualité et en quantité suffisante mais la réduction de la morbidité passe avant tout par la sensibilisation. Le changement de comportement s’avère donc une nécessité pour la réussite totale du projet. C’est donc fort de cela, que huit journées évènementielles supplémentaires ont été organisées à l’issue des trois enquêtes CAP (Connaissance – Attitude – Pratique). La dernière enquête avait révélé que deux indicateurs – couverture de récipients de stockage et propreté des latrines – étaient en baisse passant respectivement de 3,1% et de 15,49%.

Difficultés et perspectives

Aucune œuvre humaine n’est parfaite et le projet a accusé du retard notamment dans la construction des latrines et la mise en place des boutiques de pièces de rechange des pompes à motricité humaine. La résiliation de certains contrats due à la défaillance de certains prestataires a également contribué à retarder certains chantiers. Même si le projet arrive à terme, les acteurs ne doivent perdre de vue les acquis engrangés. Dans sa présentation lors de l’atelier bilan communal, Youssouf Porgo souligne qu’au niveau communal il faudra mettre en place, entre autre, un comité de suivi/contrôle des boutiques de pièces de rechange tandis que du côté des bénéficiaires ; les hygiénistes et surtout les gestionnaires doivent continuer les sensibilisations autour des points d’eau et poursuivre l’entretien du forage.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

Charles Kirigo

Bénéficiaires et méthodes de transports d’eau à nayouli

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