Sondages préélectoraux : Un outil à utiliser avec dextérité !

jeudi 23 avril 2015 à 23h17min

L’élection présidentielle du 11 octobre prochain revêt un enjeu capital pour la démocratie burkinabè, faisant du coup la traite des sondages d’opinion dans l’animation de la vie politique nationale. Une bonne chose mais qui mérite d’être comprise dans sa philosophie.

Sondages préélectoraux : Un outil à utiliser avec dextérité !

Pratique courante dans les pays à démocratie « avancée », les sondages sont en train de gagner du terrain dans les pays africains ces dernières années. Et le Burkina n’échappe à l’exercice, surtout depuis la mise en place de la transition qui annonce la tenue d’une « élection historique » pour la magistrature suprême. Les sondages d’opinion donnent une vue d’ensemble de la popularité des leaders politiques et/ou des partis politiques à un instant précis (T). Ils ont cela d’intéressant également qu’ils ne se limitent pas à collecter les intentions de vote ; ils vont plus loin en faisant des analyses plus poussées sur bien d’autres facteurs qui peuvent aider les éventuels candidats et partis politiques dans leur quête de l’espace politique.
Mais, sont-ils de nature aussi à influencer le choix des citoyens ? Là-dessus, les analyses sont partagées. Pour une partie de l’opinion, les sondages influencent le choix des citoyens, à telle enseigne qu’ils pourraient être instigués par des partis politiques pour jouer sur la conscience des populations et/ou pour préparer aux résultats à venir. Pour l’autre opinion par contre, ce sont des exercices qui peuvent éclairer les citoyens mais sans pouvoir changer leur choix final. Dans l’un ou l’autre cas, il s’impose une compréhension par les populations, de la philosophie de ce type d’exercices dans la dynamique de la vie démocratique. Car, mal compris, ils peuvent conduire à des lendemains électoraux difficiles.

La gestion des premières heures du scrutin, un moment sensible !

La compréhension est d’autant impérative que l’enjeu pour Kosyam est colossal. Au regard des passions que déchaîne la politique depuis un certain moment ; de sorte qu’un parti qui viendrait à remporter l’élection ne soit pas perçu comme celui « qu’on voyait venir », parce que les sondages l’avaient placé en pole position ou « qui ne le mérite pas » parce que n’ayant pas été prévu par les sondages. Des cas sont-là pour nous enseigner à mieux faire usage des sondages.
On se souviendra par exemple, en 2001, en France que tous les sondages avaient montré un duel au deuxième tour en Jacques Chirac et Lionel Jospin. Bon nombre de citoyens se sont laissés influencés par cette tendance (ils étaient sûrs) et ont voté pour d’autres candidats. Résultat ? Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen sont les deux au second tour.

Au Burkina, il est, en effet, fréquent de voir certains citoyens ne plus faire l’effort d’aller accomplir leur acte de vote ; estimant que leur candidat va passer à tous les coups. Cet excès de confiance peut aussi produire l’effet contraire… Sans oublier les nombreux autres facteurs qui vont influencer les intentions de vote.
Tout cela mérite d’être pris en compte par les acteurs de l’animation de la vie publique pour, non seulement motiver à une participation massive au scrutin mais également, et surtout, pour une issue de scrutin heureuse. C’est tout le pays qui en sortira gagnant et grandi. C’est en cela qu’il faut saluer la clairvoyance de certains leaders politiques, à l’image du Larlé Naaba, qui, au cours d’une rencontre avec les siens, a tenu à souligner que dans une compétition électorale, rien n’est joué à l’avance, invitant les uns et les autres à se mettre au travail. Et tous les leaders de parti politique doivent intégrer cet éveil des consciences dans leur animation de la vie politique. C’est cela aussi qui fait le charme du jeu politique ! « Jusqu’à l’isoloir, l’intention du citoyen peut changer… ». La seule vérité est celle sortie des urnes. C’est important pour la gestion des résultats des urnes. Un moment extrêmement sensible que, nous ne doutons pas, les leaders politiques sauront gérer dans l’intérêt général.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Messages

  • En tout cas nous constatons que des parti comme le MPP et le PDC travaillent et même très dure. Malgré tout ce que le CDP subit aujourd’hui un travail sérieux est mené sur le terrain et l’UPC qui entend profiter du duel CDP*MPP risque d’être surpris s’il change pas. A moins qu’il va soutenir le CDP si second tour il en aura(jouer à l’ADF/RDA).

  • nous souhaitons que Laurent BAGBO purge sa peine au BURKINA c’est aussi le soutien du bon visinage .
    on va voir si le puissant de COTE D’IVOIRE va bien dormir

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