CDP Houet : On a parlé de Salia Sanou, de « l’incompréhensible loi électorale », de la réhabilitation du siège…

dimanche 19 avril 2015 à 22h19min

En assemblée générale ce samedi 18 avril 2015, des militants et cadres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de la province du Houet ont évoqué le sort de leurs camarades en détention. En plus des détenus, les militants du CDP-Houet ont dénoncé le jeu « partisan » des acteurs de la Transition burkinabè. L’iniquité de la nouvelle loi électorale, la réhabilitation du siège du CDP-Houet, les voies et moyens pour maintenir, voire consolider le leadership du parti dans le Houet ont également été évoqués. Jusque-là inconnu du grand public, l’ex député des Banwa, Aboubacar Sanou s’est fait remarquer au cours de cette rencontre…

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CDP Houet : On a parlé de Salia Sanou, de « l’incompréhensible loi électorale », de la réhabilitation du siège…

Encore marqués par l’arrestation et la détention de leurs camarades, des militants et cadres du CDP-Houet se sont retrouvés au siège du parti. Venus pour ressouder les rangs et pour se plancher sur des questions locales et nationales, les militants et cadres du CDP Houet ont surtout souligné la partialité de la Transition burkinabè. Chargé par le parti de conduire les activités dans le Houet, l’ex député et pharmacien Alfred Sanou a conduit les débats. D’entrée, il a évoqué le sort de ses camarades qui croupissent à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo (MACB).

Et selon Alfred Sanou, Salia Sanou aurait été arrêté initialement pour trouble à l’ordre public, à la veille du vote de la nouvelle loi électorale. Après le vote, le motif officiel de l’arrestation du Secrétaire général du CDP Houet s’est mû en des malversations dans des opérations de lotissement. Le même motif serait à l’origine de l’arrestation de Seydou Sanou et de Karim Barro, respectivement anciens maires et secrétaires généraux CDP des arrondissements 05 et 06 de Bobo. Pour défendre leurs camarades, le directoire national du CDP et la section Houet de ce parti ont engagé des avocats. Le moral haut, les néo-détenus ont demandé à leurs camarades de continuer le combat, de maintenir et de faire rayonner le flambeau du CDP dans le Houet. Via Alfred Sanou, Salia Sanou a demandé à ses militants de poursuivre la lutte politique. De ne surtout pas baisser la main dans l’adversité. Car, au CDP, l’on est sûr que des mains souterraines rêvent d’en finir avec le parti.

Réhabilitation du siège et dénonciation du jeu partisan de la Transition

Dévasté au cours de l’insurrection populaire, la réhabilitation du siège du CDP Houet nécessiterait 3.000.000 F CFA. Pour la notoriété du parti, Alfred Sanou a demandé aux militants de mettre la main dans la poche pour réhabiliter la « maison CDP » dans le Houet. Tout aussi dommage, voire plus dommage, « le jeu partisan de la Transition burkinabè » a été souligné par la quasi-totalité des intervenants. Ainsi, au CDP Houet, on déplore le fait que le couperet de la transition ne s’abatte que sur les militants du parti de Blaise Compaoré. Sans être contre une quelconque opération main propre, les intervenants ont demandé aux nouveaux maitres du Burkina de fouiner partout et dans tous les partis. A leur entendement, le pouvoir de Blaise Compaoré n’a pas commencé le 04 janvier 2014 (démission des anciens ténors du CDP dont Rock Mark Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré) ou avec son dernier gouvernement.
Aboubacar Sanou à propos de la nouvelle loi électorale : Si je ne suis pas candidat, il n’y aura ni campagne ni élection dans ma région
Récusée par le Front républicain, par le directoire du CDP au niveau national, la nouvelle loi électorale du Burkina est également la malvenue au CDP Houet. Rejetée unanimement par les militants et par les cadres, elle a fait l’objet de plusieurs commentaires. « Incompréhensible » pour Alfred Sanou, cette loi serait simplement liberticide pour nombre de militants. Jusque-là méconnu dans les rouages du CDP Houet, l’ex député des Banwa, Aboubacar Sanou a été le plus virulent. Pour lui, tout est politique et le rapport de force déterminera la suite à donner aux évènements au Burkina. Pour contrer cette loi, il a demandé aux militants de passer à la sensibilisation. De tourner et d’échanger avec les populations pour démotiver les uns et les autres à cautionner ce qui ressemble à une forfaiture. Et comme la rue semble être le « juge du moment » au Burkina Faso, il a demandé aux militants CDP et à tous les burkinabè indignés par la nouvelle loi électorale à s’organiser pour manifester publiquement leur opposition à la nouvelle loi électorale. Pour sa part, l’ex député se veut catégorique. « Si je ne suis pas candidat, il n’y aura ni campagne ni élection dans ma région »

Ousséni Bancé
Lefaso.net

« 1.000 jeunes, recrutés dans les 12 arrondissements de Ouagadougou sont en formation militaire dans un pays voisin. Ils ont été recrutés pour un seul objectif, nous éliminer politiquement ou physiquement. Ces jeunes constitueront une guérilla urbaine et dites-vous que nos adversaires ne sont pas des enfants de cœur. Sachez qu’initialement, ils avaient prévu d’éliminer un certain nombre de personnes au cours des 30 et 31 octobre 2014. Après l’échec de cette première tentative, une deuxième est en maturation. Et c’est dans ce cadre qu’il va falloir inscrire certaines actions, notamment la nouvelle loi électorale et la création de la Haute cour de justice. Ces instruments serviront à nous éliminer politiquement. Et ceux qui y échapperont, n’échapperont pas certainement à d’autres conspirations. Ce qu’il faut savoir, c’est que des milieux politiques, en connivence avec des organisations de la société civile sont en train de préparer l’opinion publique à admettre des crimes. Ces gens-là travaillent pour convaincre des burkinabè qu’on peut tuer, au nom de la colère populaire, toute personne qui s’opposerait à la nouvelle loi électorale… », Ces propos de l’ex député Aboubacar Sanou, « disséqués » pour des raisons d’éthique ont fait peur à plus d’une personne au cours de la rencontre de la section Houet du CDP.

Comme lui, des cadres ou simple militants du CDP se disent être en dangers. Pour différentes raisons. Acculés et pourchassés de tout part, les anciens maîtres du Burkina reprochent bien de chose aux nouveaux maitres. Ainsi, l’on impute au gouvernement de la Transition un certain laxisme vis-à-vis des Organisations dites de la société civile. En vogue depuis l’insurrection populaire, certaines OSC fonctionneraient comme des cours de justice ou des forces de répressions publiques. S’octroyant le pouvoir d’interdire des burkinabè de participer à la vie publique. Condamnant des burkinabè avant même la justice.

Pour le renouveau du Burkina, l’on demande à ces anciens barrons du système Compaoré de répondre, ou de se préparer à répondre devant les juridictions. Ce qui est normal. Au nom de cette même justice, de la confiance que l’on placerait aux hommes en robe, de la pluralité qu’impose l’esprit démocratique, on devrait permettre aux militants et cadre du CDP d’exprimer leur militantisme tant que les limites de la légalité le permette.

Plus urgent pour la cohésion sociale, l’Etat central devra également travailler à rassurer l’ex majorité sur son impartialité. De même, et même dans la tempête dans laquelle la Transition zigzague, elle doit également se plancher sur le devenir des OSC au Burkina Faso. Loin d’être des contrepouvoirs qui se battent pour la prise en compte des aspirations des populations, certaines Organisations ressemblent de plus en plus à des milices à la solde de X ou de Y. A ces OSC, Auguste Barry, le MATDS et visiblement homme fort du moment au Pays des hommes intègres doit également consacrer du temps. Pour rappeler les missions, les devoirs, les contraintes et surtout, les limites à ne pas franchir… Pourquoi pas des Etats généraux sur le fonctionnement des OSC.

O.B
Lefaso.net

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