Modification du Code électoral : « L’inéligibilité évoquée ne concerne ni de près ni de loin, les militants du parti, encore moins Djibrill Y. Bassolé », dit le 2e vice-président de la NAFA

dimanche 12 avril 2015 à 23h58min

A travers une conférence de presse tenue le 10 avril 2015 à son siège sis aux 1200 logements, la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) a donné de la voix sur la loi portant modification du code électoral et protesté contre l’arrestation de ses membres dont le président du parti. Une rencontre présidée par le 2e vice-président du parti, entouré d’autres membres du bureau exécutif national.

Modification du Code électoral : « L’inéligibilité évoquée ne concerne ni de près ni de loin, les militants du parti, encore moins Djibrill Y. Bassolé », dit le 2e vice-président de la NAFA

« A peine créée le 31 janvier 2015, la Nouvelle Alliance du Faso fait l’objet d’une traque injuste et sans merci de la part du ministère en charge de la sécurité et on ne sait pour quelle raison. Cette intimidation administrative et acharnement sur notre jeune parti se sont amplifiés depuis l’obtention de notre arrêté de reconnaissance officielle le 3 avril dernier. Depuis lors, plusieurs interpellations ou poursuites de militants ou sympathisants de la NAFA ont été opérées à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso », a introduit le 2e vice-président du parti, Hama Mamoudou Dicko.

Il s’agit, explique M. Dicko, de l’interpellation dans la nuit du dimanche 5 avril 2015, du président du parti, Rasmané Ouédraogo. Et selon les conférenciers, le ministre en charge de l’administration du territoire, de la décentralisation et de la sécurité (MATDS), Auguste Denise Barry, reprocherait au parti d’avoir tenu une conférence de presse (le 4 avril, ndlr) illégale parce que le parti n’a pas d’arrêté de reconnaissance officielle. « Sur ces faits, la NAFA a présenté aux gendarmes, une copie dudit arrêté signé du même ministre le 3 avril 2015. Il a été par conséquent relâché ce même jour aux environs de 22 heures. Il sera de nouveau interpellé dans la nuit du lundi, 6 avril, par la Police nationale et gardé, semble-t-il, à la Direction générale de la Police nationale », a relevé le 2e vice-président, avant d’affirmer qu’il était, à la date de la tenue de la conférence, détenu au commissariat de Police de Wemtenga.

« Volonté délibérée du pouvoir d’étouffer le poussin dans l’œuf »

Dans la capitale économique, Bobo-Dioulasso, six militants et sympathisants, constitués essentiellement de jeunes, ont été arrêtés le 7 avril 2015 par les forces de l’ordre « pour avoir marché pacifiquement et dénoncé les amendements suicidaires d’inéligibilités apportés par le CNT (Conseil national de la transition, ndlr) au code électoral qui privent d’office certains citoyens de participer aux élections à venir (présidentielle, législatives et municipales) ». Il y a également été interpellé, le 1er secrétaire national adjoint à l’organisation du parti, Sita Ouattara. Précisant par la suite que les six jeunes susmentionnés ont été relâchés dans la nuit du 8 avril.

Pour les conférenciers, de tels « agissements » et « acharnements » contre les militants de leur parti ne sont plus qu’une volonté délibérée du pouvoir de la transition, notamment du ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité de chercher à étouffer le poussin dans l’œuf. « C’est comme si ces autorités regrettaient de nous avoir donné notre arrêté de reconnaissance et d’inventer tous les prétextes et autres manigances pour déstabiliser l’implantation de notre parti et frapper le moral des militants acquis à la cause de la NAFA et celle de son potentiel candidat aux élections d’octobre 2015 », ont-ils déploré.

Pour eux, ces détentions et interpellations sont « arbitraires », « humainement injustes », « politiquement autocratiques ». « Les raisons fallacieuses avancées pour ces arrestations qui évoluent aux humeurs du plus fort, expliquent la visée du MATDS à créer coûte que coûte son propre pou sur une tête rasée afin de la décapiter totalement », ont-ils dit, logeant dans cette perception, les « raisons d’activités illégales » et « troubles à l’ordre public » portées contre le parti.
Pour M. Dicko, ces « raisons imaginaires » ne peuvent en aucun cas justifier cet « acharnement » sur leur parti dont « l’hymne est la justice sociale » et qui a toujours inscrit et exercé ses activités dans le respect des règles républicaines.
« Forte de ce qui précède, et conscient de la grande menace qui pèse sur nos camarades détenus voire sur tous les militants de notre parti, la NAFA s’insurge contre ces pratiques et méthodes d’Etat d’exception qui confisquent sans autres mesures les libertés individuelles et collectives, les libertés d’opinion et d’association, condamne avec la dernière énergie la détention arbitraire de nos camarades, exige leur libération immédiate et sans conditions », a lancé Hama Mamoudou Dicko, prenant à témoin la communauté nationale et internationale sur ce qu’il a qualifié de dérives et le caractère partisan qu’il décèle de certains éléments et institutions de la transition.

Code électoral : « pratique discriminatoire contraire à la déclaration universelle des droits de l’homme … »

Pour le 2e vice-président, ces agissements sont susceptibles de porter un grand préjudice à la paix et à la cohésion sociale, condition sine qua non pour aller à des élections justes et transparentes. Le parti « prend également à témoin, la communauté nationale et internationale sur la l’utilisation abusive des médias notamment certaines radios privées qui se positionnent comme des relais pour ensemencer la haine et la violence, toute chose dont les conséquences présentes et futures ne peuvent être maîtrisées par personne. Les pays qui ont utilisé ces intermédiaires de division ont payé les frais », a-t-il déclaré, lançant un appel à la responsabilité du Conseil supérieur de la communication.

Sur le code électoral, le parti fait remarquer que le projet de loi initialement soumis par le gouvernent ne contenait aucune clause d’exclusion. Les amendements d’exclusion ont été, soutient le parti, introduits et discutés par le CNT. Le parti s’insurge donc contre cette pratique discriminatoire contraire à la déclaration universelle des droits de l’homme, la charte des nations-unies, la charte constitutive de l’Union africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance, le protocole additionnel de la CEDEAO, le protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, la Constitution burkinabè, etc.

Après des analyses, les animateurs de la conférence sont arrivés à la conclusion que l’inéligibilité évoquée dans les dispositions ne concerne ni de près ni de loin, les militants de la NAFA, encore moins Djibril Y. Bassolé qui, soulignent-ils, sera le candidat du parti à l’élection présidentielle du 11 octobre 2015.
Ils exigent donc du gouvernement, des élections libres, transparentes et démocratiques, laissant le peuple faire souverainement le choix de ses représentants.
Ils interpellent également le CNT, la communauté nationale et internationale notamment, le Groupe de contact international à s’investir pour le respect de la Constitution, de la Charte de transition ainsi que les instruments juridiques supranationaux.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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