Actualité politique nationale : Le mouvement soyons sérieux donne signe de vie

dimanche 29 mars 2015 à 22h18min

Le mouvement soyons sérieux (MSS) a tenu son traditionnel point de presse mensuel ce vendredi 27 mars 2015 à Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre avec les médias, est de donner leur avis sur les faits qui ont marqué l’actualité de la vie politique nationale, notamment ceux liés aux velléités d’exclusion de burkinabè aux élections d’octobre 2015, la démilitarisation de la politique, le programme socio-politique d’urgence de la transition, la commission de réconciliation nationale et des réformes et le rôle des organisations de la société civile dans un Etat de droit.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Actualité politique nationale : Le mouvement soyons sérieux donne signe de vie

Frédéric Zoungrana et ses camarades du MSS, comme d’habitude ont tenu à donner leur point de vue sur la vie socio-politique et économique qui prévaut actuellement. Ainsi, le mouvement a, dans un premier temps porté son regard sur le regain d’activisme politique de l’ancien parti au pouvoir et ses alliés, qui suscite beaucoup de débats au sein de la classe politique et de la société. Certains acteurs pensent que ces derniers ne doivent pas participer à l’animation de la vie politique.
Et d’ailleurs, les dispositions de la constitution du 2 juin 1991 en son article 166, et de la charte africaine de la démocratie en son article 25 alinéa 4 stipule ceci : « la trahison de la patrie et l’atteinte à la constitution constituent les crimes les plus graves commis à l’encontre du peuple ». Ainsi que l’article 25 alinéa 4 de la charte africaine de la démocratie qui dit que : « les acteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilités dans les institutions politiques de leur Etats ».

La modification de l’article 37 était légale

Face à ses dispositions, le M2S souhaite que le gouvernement de la transition éclaire leur lanterne sur les interrogations suivantes : peut-on parler d’atteinte à la constitution si on sait que le projet de modification de l’article 37 était légal selon l’article 161 à 165 de la constitution ? Qui sont les acteurs de ce changement anticonstitutionnel ? Le mouvement souhaite de ce fait, des autorités une suite favorable aux requérants et invite par ailleurs la classe politique dans son ensemble à s’évertuer davantage au respect des lois et règlements en vigueur pour une compétition électorale ouverte, libre, saine et transparente.
Le mouvement s’est prononcé par la suite sur la question de la démilitarisation de la politique. Il estime en effet, que tous les burkinabé naissent libres et égaux en droits et en devoirs. De plus, un militaire étant un civil en tenue, il jouit des mêmes droits civils et politiques et peut donc se porter candidat à un poste électif à la seule condition de déposer sa tenue. Ceci en réponse à ceux qui demandent le retrait définitif des militaires de la scène politique (cas du général Djibril Bassolet et du colonel Yacouba Ouédraogo). Car les arguments avancés par les protagonistes ne sont que des manœuvres pour écarter les sérieux adversaires politiques de la compétition. Il faudrait, si l’on veut être logique, commencer avec la démilitarisation de la transition avec le départ pure et simple des militaires du gouvernement de la transition, ajoute-t-il.

Justice pour les victimes et les ayants-droit de l’insurrection

Le M2S durant ce point de presse, est également revenu sur le programme socio-économique d’urgence de la transition (PSUT) par le gouvernement. Il s’inquiète notamment de l’effectivité de la mise en œuvre du programme quand on sait bien que l’argent destiné à sa mise en œuvre n’est pas encore disponible et devant provenir de la réduction drastique du train de vie de l’Etat. Il dénonce le non allègement des critères et modalités du financement qui sont identiques au mécanisme d’accompagnement des jeunes et des femmes déjà existant.
Le volet construction des infrastructures sont à leur avis, sans aucune urgence. L’amélioration de l’accès à la santé aux couches vulnérables, ainsi que de l’amélioration des conditions de vie et d’études des élèves et étudiants sont selon le MSS d’une si grande importance. Il attire de ce fait, l’attention des autorités sur les questions plus urgentes à savoir, l’assistance et la justice pour les victimes et les ayants-droit de l’insurrection, une baisse significative du prix des hydrocarbures, une réglementation du prix des denrées de grande consommation (riz, huile, etc) et l’épurement de la dette extérieure.

Un désaveu du président du CRNR

La mise en place de la commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) était aussi inscrite à l’ordre du jour de ce point de presse mensuel du MSS. En effet, si tôt mise en place, la commission connait déjà des défections au sein des membres. Le mouvement estime que c’est un désaveu du président du CRNR, l’archevêque Paul Ouédraogo et au-delà de lui, celui des autorités par l’imposition des membres au niveau des présidences de sous-commissions.
Enfin, le mouvement est revenu sur ses auditions par la gendarmerie et la police suite à son point de presse du 25 février au cours duquel, il a dénoncé les manquements des autorités de la transition. Après avoir été auditionné à trois reprises, le mouvement pense que ce sont des tentatives d’intimidations à leur égard et une violation de leur droit d’organisation de la société civile qui doit jouer un rôle de veille et d’interpellation du pouvoir. Il fustige le gouvernement de la transition qui semble être devenu allergique aux critiques.

Kabore S. Rosine (stagiaire)
Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés