Balai Citoyen : Des raisons de la cassure entre « Bobo » et « Ouaga »

mardi 24 mars 2015 à 23h52min

Lavé en famille depuis quelques mois, le linge sale du mouvement le Balai Citoyen risque de faire son irruption sur la place publique dans les jours à venir. En tout cas, la récente dissolution de la coordination de Bobo de cette organisation de la société civile est en train de radicaliser les positions des « Cibals et Cibelles ». Chronique d’un divorce envisagé depuis le 29 juin 2014.

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Balai Citoyen : Des raisons de la cassure entre « Bobo » et « Ouaga »

La sentence a fini par tomber. Et l’épée de Damoclès de la coordination nationale du mouvement le Balai Citoyen (appelée Balai Ouaga par des cibals de Bobo) a fini par décapiter son démembrement de Bobo. « Envisagée » depuis juin 2014, la « mise à mort » du Balai Citoyen Bobo a eu lieu au travers d’un mail annonçant la dissolution de la « coordination provisoire du Balai citoyen à Bobo ». Depuis, c’est la guerre ouverte entre des balayeurs qui risqueront de se balayer dans les jours à venir. Dans la mesure où « Bobo » envisage de créer son « Balai » là où Ouaga menace de tout déballer, de lever le voile sur des forfaitures commises par des anciens ténors du mouvement à Bobo. Officiel depuis le 18 mars passé, le divorce entre la coordination nationale du Balai Citoyen et son démembrement de Bobo était pourtant attendu depuis un bon bout de temps. Chaque camp accusant l’autre de diktat ou d’instrumentalisation du mouvement. Déjà difficile, la relation entre la structure mère et ses représentants de Bobo s’est détériorée d’avantage depuis la marche du 29 juin 2014. Organisée par le Balai Bobo pour interpeller Salia Sanou sur sa gestion déficiente de la mairie de Bobo, cette marche n’avait pas reçu le soutien des Ouagalais. Ce qui avait poussé Kaba Diakité et sa bande à outrepasser les consignes venues de Ouaga.

Des raisons du divorce selon Bobo

Pour des responsables de ce qui était la coordination Bobo du Balai Citoyen, les choses étaient claires dès le départ : Ouaga voulait se débarrasser de Bobo. Avivée par la personnalité de Kaba Diakité, la section de Bobo estime avoir été victime de ses succès sur le terrain. Pour ainsi dire, le rayonnement de Kaba Diakité et de sa section aurait été mal vécu à Ouaga. Pour l’intéressé, nombre de cibals ouagalais le jalouseraient pour son leadership, son cran et son refus d’être caporalisé.
Non moins important, la trahison de la « parole donnée au peuple » aurait également joué sur les rapports entre le Balai Bobo et le Balai national. Pour les balayeurs de Bobo, Ouaga a usé de tromperie. Et cette tromperie aurait pris forme avec l’entrée du juge Bagoro (le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme) au gouvernement de la Transition. Jugé très proche de maitre Guy Hervé Kam, l’homme serait membre d’une structure très importante du Balai Citoyen. Après Bagoro, Guy Hervé kam « himself », le porte-parole du Balai Citoyen s’est fait prendre en acceptant un poste dans la commission de réconciliation nationale et des réformes. Alors qu’auparavant, on avait fermé les portes du Conseil national de la transition (CNT) à Kaba Diakité et à Serge Dao ; au motif que le Balai ne participerait pas aux instances de la transition.
« Marginalisés », ces balayeurs frustrés de Bobo dénoncent également la gestion des retombés du mouvement. Pour eux, les Ouagalais refuseraient de partager les fruits de leur engagement commun. Notamment, le refus d’envoyer un cibal bobolais dans des colloques et autres séminaires dans des pays où le mouvement est invité à partager son expérience (Canada, Etats-Unis, Niger, Centre Afrique…).
A Ouaga, on parle plutôt de Balai national et de l’ex coordination provisoire de Bobo
Pour un activiste du Balai, les termes Balai Ouaga et Balai Bobo sont des supercheries de Serge Dao et de Kaba Diakité. Pour lui, la dissolution de la coordination de Bobo répond à un souci de structuration. Le Balai Bobo étant une coordination provisoire, vielle de deux ans. En plus du souci de structuration, cette dissolution entrerait également dans une série de sanction à l’encontre des membres du Balai Bobo qui auraient fauté : « Des fautifs ont été identifiés dans la coordination régionale du Balai. Ils ont fauté et c’est bien pour cela ils ont été exclus du mouvement. Pour des mesures conservatoires, cette coordination régionale qui était provisoire a été dissoute, les affaires courantes seront gérées en attendant la mise en place de la coordination régionale des Hauts-Bassins, avec tous les acteurs qui veulent préserver les valeurs et les principes du mouvement ».

Serge Dao serait-il le nœud du problème

« Ame damnée » pour des responsables nationaux, le nom de Serge Dao, « l’idéologue » aux multiples profils sur facebook serait le cerveau de la bande à Kaba. Très actif à l’avènement du Balai, l’homme réclamerait la paternité du slogan, du cri de guerre, du logo…, du mouvement le Balai Citoyen. Créateur et animateur des pages Facebook et twitter du Balai selon ses proches, il est tombé rapidement en disgrâce avec les leaders emblématiques du mouvement. On lui reprocherait notamment une gestion litigieuse de la communication du mouvement au cours de la marche du 29 juin 2014 (marche non autorisée contre Salia Sanou et réprimée par les autorités d’alors).

Ousséni Bancé
Lefaso.net

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