Panel sur la foi : les militaires et paramilitaires sur les pas du Christ afin de mieux servir

dimanche 22 mars 2015 à 22h15min

Dans le cadre des activités du 1er pèlerinage national des forces de défense et de sécurité, un panel a été organisé ce samedi 21 mars 2015 au palais de la culture Jean Pierre Guingané. Placé sous le thème « Homme de tenue engagé dans la foi, soit un soldat de la réconciliation, de la justice et de la paix », ce rendez-vous qui a rassemblé plusieurs autorités religieuses, militaires et paramilitaires, a été animé par l’archevêque de Bobo, Monseigneur Paul Ouédraogo et le Colonel-major Joseph André Tiendrébéogo et modéré par M. Eli Ouédraogo.

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Panel sur la foi : les militaires et paramilitaires sur les pas du Christ afin de mieux servir

Nous semblons connaitre les hommes de tenue ! Toujours assimilé au thème de la violence, sentiment qui tire ses racines dans le manque d’amour, l’intolérance et le manque de dialogue, le militaire ou le paramilitaire doit restaurer son image en menant d’abord une « guerre » tout au fond de lui-même. Il doit offrir sa vie à Dieu. D’où l’intérêt du panel qui se tient en présence du Cardinal Philippe Ouédraogo, du représentant du Chef d’Etat-Major général des Armées, du Président de la CENI et d’autres personnalités militaires et paramilitaires de notre pays.

Loin d’être une improvisation, au regard de la situation politique actuelle, l’organisation du pèlerinage national des forces de défense et de sécurité a été conçue, il y a longtemps. Cet évènement exceptionnel, qui intervient dans un contexte particulier, est une première, dont le but est de rapprocher le soldat de son Créateur. Qui donc mieux qu’un religieux qui a 40 ans de vie de sacerdotal et un homme de tenue qui a 50 ans de vie militaire, pour rappeler au soldat burkinabè qu’il doit être « artisan pour construire la paix, soldat pour la défendre, et sentinelle pour regarder au loin et prévenir le danger ».

« N’ayez pas peur de la paix »

« Sans justice, aucune réconciliation et paix n’est possible », reconnait Monseigneur Paul Ouédraogo. Pour lui, les hommes et femmes de tenue doivent se tenir debout avec « la vérité pour ceinture, la justice pour cuirasse, et pour chaussure, le zèle à propager l’évangile de la paix » comme le dit l’évangile. Ce dépassement de soi auquel ils doivent aspirer est la clé pour un monde réconcilié. « Celui qui veut la paix, prépare la paix », soutient toujours l’Archevêque en prenant le contre - pied de cette pensée populaire qui prétend que la recherche de la stabilité passe par la préparation de la guerre. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la paix et la réconciliation loin d’être l’affaire d’un groupe de personnes, doivent interpeller tout un chacun y compris les hommes de tenue. Nous sommes donc comptables de la déchirure sociale et « chacun doit rentrer en soi-même et reconnaitre sa responsabilité devant le Seigneur », recommande le panéliste.

Aux soldats, Monseigneur Paul Ouédraogo a demandé de « ne pas avoir peur de la paix car elle est un don de Dieu, un signe de sa présence au milieu de nous ». Plus loin dans sa communication, il maintient que le Burkina Faso a plus besoin d’écoles de paix dans les familles, les communautés, les corps et régiments que d’écoles de guerre. Car dans ces écoles de paix « les grades et les connaissances techniques pèsent peu, par contre ce qui est très important, c’est la compétence du cœur ».

Il doit redorer son blason

A travers une lecture qu’il a faite sur l’évolution du règlement de discipline générale dans les forces armées nationales, le Colonel-Major Joseph André Tiendrébéogo montre que les choses ont évolué même si le Colonel Bayala, présent dans l’assistance, estime qu’il y a encore du chemin à faire pour que « la tenue serve de retenue ». En effet, d’ « obéir par soumission » en 1930, le règlement de l’armée française - sur lequel s’est fondé celui de notre armée - va passer de « l’obéissance par discipline » à « l’obéissance par adhésion » en passant par « l’obéissance par respect des lois ». L’homme de tenue n’est pas un surhomme, il est issu d’une société qui attend beaucoup de lui et le juge sur la base des actes qu’il pose et qui devraient être à priori, justes, nobles. Et parlant d’actes, la CENI que dirige Me Barthélémy Kéré, pourrait initier une formation au profit des militaires et paramilitaires qui sont beaucoup sollicités lors de l’enrôlement biométrique et des élections.
En rappel, avant le panel, les militaires ont observé une minute de silence en mémoire du Général Tiemoko Marc Garango et tous les soldats, tombés sur le champ de bataille afin que se dresse haut l’étendard de notre patrie.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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