Assainissement du secteur de la micro-finance au Burkina : Ismaël Zerbo propose ses solutions

mercredi 18 mars 2015 à 23h49min

La soutenance publique est le dernier passage obligé pour l’obtention du diplôme du cycle A de l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF). A cet exercice, Ismaël Zerbo s’est prêté à l’issue de recherches sur le thème « La prolifération des structures illégales de microfinance au Burkina Faso : une menace pour le secteur. » C’était le mercredi 18 mars 2015 dans les locaux de l’Ecole à Ouagadougou, où l’impétrant a tenu - devant un jury présidé par la directrice de la Surveillance et du contrôle des systèmes financiers décentralisés, Mme Ida Ouédraogo - à révéler les maux dudit secteur du fait de structures illégales, et à émettre des recommandations.

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Assainissement du secteur de la micro-finance au Burkina : Ismaël Zerbo propose ses solutions

La micro-finance se rapporte à la prestation de service de crédit et/ou d’épargne aux agents économiques vulnérables, en l’occurrence ceux exclus du système bancaire classique. Toute chose qui leur permet de réaliser des activités génératrices de revenus, et de créer des emplois. Correctement effective, la pauvreté devra s’en trouver éradiquée sinon réduite ; et le développement économique, amorcé au sein de diverses couches sociales.
Et comme tout secteur de transaction financière, le secteur de la micro-finance doit être assis sur la confiance bien encadrée. Dans ce sens, rappelle Ismaël Zerbo, notre pays s’est doté d’un arsenal juridique construit autour, d’abord d’une loi du 15 décembre 1994, puis de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009 portant réglementation des Systèmes financiers décentralisés. Cette dernière, adoptée dans le cadre d’une vision communautaire- axée sur la préservation et le renforcement de la stabilité financière – arrêtée par les Etats membres de l’Union monétaire et économique ouest-africaine (UEMOA), encadre la création et le fonctionnement des structures de micro-finance dans notre pays.
Mais au constat, des structures existent et fonctionnent en violation des termes de cette loi, mettant ainsi à mal, la confiance pourtant censée être la valeur cardinale du secteur de la micro-finance. Un constat qui a aiguisé en M. Zerbo, l’élan de contribuer à faire rectifier le tir. En effet, précise-t-il, le thème du présent mémoire a été choisi « avec pour objectif principal de mettre à la disposition des responsables du secteur de la microfinance, des mesures adéquates tendant à lutter efficacement contre les structures illégales de microfinance au Burkina Faso ».

Mettre en place un fonds pour indemniser les victimes

Pour ce faire, Ismaël Zerbo préconise non seulement d’exiger des structures habilitées à collecter l’épargne du public « la production de garanties financières en termes de Capital social minimum avant le début de leurs activités », mais aussi de « mettre à la disposition du Comité d’Assainissement et de Consolidation du Secteur de la Microfinance (CAC-SMF) des moyens financiers et matériels afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans l’assainissement du secteur ».
En sus, il faut, et « promouvoir une démarche de supervision qui associe davantage les SFD, c’est-à-dire un contrôle doublé de formation et de renforcement des capacités », et « renforcer la stratégie de communication permanente par des campagnes d’information et de sensibilisation pour assainir le secteur ». Au-delà, il importe, selon lui, de « mettre en place un fonds pour indemniser les victimes en cas de fermeture d’une structure illégale ». Ce qui, estime-t-il, « contribuera certainement à donner une image crédible au secteur ».

Si la donne actuelle ne change pas…

Ce sont autant de recommandations qu’a formulées Ismaël Zerbo, pour un secteur de micro-finance débarrassé de structures exerçant sans l’agrément requis et foulant aux pieds les principes élémentaires en matière de transaction financière. La mise en œuvre de ces recommandation est, foi de M. Zerbo, à même de rendre le secteur crédible et de recréer la confiance auprès des partenaires et de la population ; le tout dans le souci de concilier les intérêts des différentes parties prenantes.
Si la donne actuelle ne change pas, prévient l’impétrant, le secteur de la micro-finance connaîtra une folle concurrence déloyale sur fond d’escroquerie effrénée. Déjà, relève-t-il, ils sont nombreux, les Systèmes financiers décentralisés qui développent de multiples subterfuges pour échapper aux contrôles et à la supervision des structures habilitées à cet effet.
Mais ces recommandations, à en croire la présidente du jury, renvoient à des actions que mène déjà la Direction de la Surveillance et du contrôle des systèmes financiers décentralisés. Un jury qui a octroyé à l’impétrant, la note de 14,5/20, le rendant ainsi titulaire du diplôme du cycle A de l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF) après 18 mois d’études.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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