Dialogue interreligieux au Burkina : faire de cette « réalité », une véritable culture

jeudi 19 février 2015 à 12h57min

Face à la situation de troubles sociaux observés à travers le monde, occasionnés par les conflits religieux, l’Etat burkinabè a entrepris la mise en place d’un mécanisme de veille aux contenus médiatiques à caractère religieux, de suivi des pratiques cultuelles et de promotion de la tolérance et du dialogue interreligieux. Un mécanisme qui sera incarné par l’Observatoire national des faits religieux (ONAFAR) crée en janvier en janvier 2015. C’est pour, d’une part offrir un cadre d’échanges et de dialogue aux leaders des différentes communautés religieuses et, d’autre part mieux faire connaître cette structure que le ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, avec l’appui de l’ONG Diakonia, organise un atelier de concertation les 18 et 19 février à Ouagadougou.

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Dialogue interreligieux au Burkina : faire de cette « réalité », une véritable culture

« Prévention des conflits religieux au Burkina Faso : quelle synergie d’actions dans un contexte de pluralité religieuse pour un maintien de la coexistence pacifique ». C’est autour de ce thème que s’inscrit ce cadre d’échanges qui regroupe les leaders religieux, des représentants du ministère de tutelle, l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité et du Conseil supérieur de la communication. En l’absence du ministre, c’est son conseiller technique, Placide Nikiéma, qui a présidé l’ouverture des travaux.
Face aux leaders religieux, le conseiller technique a marqué son enthousiasme à « la disponibilité » de ceux-ci à la promotion constante du dialogue interreligieux, « gage de paix et de développement durable ».

Pour M. Nikiéma, ce thème est d’actualité et interpelle chaque individu de la société, et d’une manière impérative. « A l’instar des autres continents, l’Afrique fait face aujourd’hui à de multiples conflits religieux qui menacent la paix sociale et mettent parfois en mal, la stabilité et la souveraineté des Etats. Ces situations sont le plus souvent le fait, de personnes marginales et sont à l’origine de nombreuses atteintes, tant à l’intégrité physique, morale des populations qu’à la dignité de milliers, voire de millions de personnes. C’est fort de ce constat, que le gouvernement burkinabè a fait de la promotion du dialogue interreligieux, son cheval de bataille. La création de l’ONAFAR est la traduction de la préoccupation au plus haut niveau de l’Etat, de la volonté de garantir à l’ensemble des citoyens, la liberté de conscience religieuse, tout en préservant la tranquillité de l’ordre public. C’est dans cette même dynamique que s’inscrit l‘organisation au cours du mois de décembre 2015, des ateliers dans plusieurs régions sur le thème : « Rôle des communautés religieuses dans la promotion de la paix sociale au Burkina Faso », a développé le représentant du ministre, Placide Nikiéma. Convaincu également qu’aucun développement n’est possible sans une véritable cohésion sociale.


Préserver, coûte que coûte, l’existant !

Selon le chargé de programme du Diakoni, Lucien Ouédraogo, cet appui s’inscrit dans la dynamique d’accompagner, à travers un certain nombre d’actions prioritaires, la transition politique pour aboutir aux élections et consolider la démocratie au Burkina. « Tant qu’il n’y a pas la paix, tout ce que nous avons planifié ne peut être accompli. Diakonia accompagne toutes les actions allant dans le sens de la recherche de la paix et de la consolidation de la démocratie au Burkina », a soutenu M. Ouédraogo. Se réjouissant de la coexistence pacifique entre différentes entités religieuses au Burkina. « C’est ce qu’il faut préserver ; travailler à ce que cette paix perdure, pour éviter certaines choses qui vont remettre en cause cette coexistence pacifique », a-t-il prôné.
« Le simple fait même de causer avec quelqu’un, qu’on ne connaît pas, amoindri le risque de friction et de bagarre. Et les arabes ont coutume de dire que l’homme est ennemi de ce qu’il ignore. Donc, mieux on se connaîtra, plus facilement, on vivra ensemble », a, pour sa part, apprécié Imam Ismaël Tiendrébéogo, représentant de la Fédération des associations islamiques au Burkina à l’ONAFAR.

De son avis, toute concertation, spécifiquement dans le cadre interreligieux, est très importante « parce que les incendies qui partent de ces confrontations sont difficilement maîtrisables ». C’est dans cette dynamique qu’il a salué les cadres de promotion qui existent déjà entre les différentes confessions au Burkina parmi lesquels on note le Comité mixte de dialogue inter-religieux de l’Université de Ouagadougou, la commission du dialogue islamo-chrétien.
Pour le président de l’ONAFAR, abbé Jean-Baptiste Sanou, les défis sont dictés par les contextes national, régional et international marqués par une certaine fébrilité, même une certaine angoisse due au phénomène religieux qui menace de rompre la cohésion sociale et même de mettre du désordre dans l‘ordre international. L’ONAFAR a donc pour rôle de faire en quelque sorte de la prévention et, le cas échéant, faire de la médiation.
Il s’agit donc de travailler à faire du dialogue interreligieux, une culture. « Quand il y a une crise, ce qui résiste, c’est ce qui est devenu une culture. Si ce n’est pas devenu une culture, ça ne résiste pas », a étayé le président de l’ONAFAR, Abbé Sanou.

L’ONAFA a des missions qui consistent à susciter des conseils ou susciter de la part du gouvernement, un certain nombre de recommandations. Il émet des avis pour permettre la promotion du dialogue interreligieux, une culture de paix et de tolérance au Burkina, de sorte à éviter que certains faits à connotation religieuse ne donnent lieu à des situations conflictuelles. C’est donc une structure de veille.
La présidence de l’ONAFAR est tournante entre confessions religieuses (Catholique, Musulmane, Protestante). La structure est composée de dix membres dont deux du ministère de tutelle et du Conseil supérieur de la communication.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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